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dimanche 27 octobre 2013

Albert Préjean : "La crise est finie !"

Il faut bien le dire, il devient de plus en plus pénible de regarder ou de lire un journal, d'entendre chaque jour les effets néfastes de la Crise. Voilà le mot que nous prononçons presque tous les jours, comme un Grand Mal absolu, invisible mais présent partout, tout le temps. En 1934, Albert Préjean tournait, sous la direction de Robert Siodmak, un grand film musical intitulé La crise est finie !


Pour fêter avec vous, comme j'en ai l'habitude, l'anniversaire de naissance d'Albert Préjean - qui aurait eu aujourd'hui 119 ans - je vous propose de revoir en vidéo les dernières minutes du film, ainsi que la formidable chanson qu'interprète l'acteur, en version longue ! Pour une fois, vous me pardonnerez, j'ai été obligé de reprendre l'extrait en question à partir d'une vidéo déjà existante sur YouTube - l'auteur voudra bien, j'espère, me pardonner.

Il n'est pas forcément question de la même crise, économique, encore que ... On ne peut que rire jaune en écoutant ces formidables artistes des années 1930 nous crier que la crise est finie ! Ou alors, on peut s'en inspirer, tant bien que mal.

jeudi 7 mars 2013

"LES CAVES DU MAJESTIC" (de Richard Pottier, 1945)

En quelques mots : Monsieur et Madame Petersen passent quelques jours de vacances au palace Majestic, à Paris. Quand le mari s'envole pour Rome, son épouse et sa secrétaire, qui ne peuvent s'entendre, restent seules avec l'enfant du couple. Le lendemain matin, quand un employé des cuisines ouvre son casier, il découvre le corps mort de Madame Petersen, étranglée. Le commissaire Maigret est chargé de l'enquête.

Albert Préjean en commissaire Maigret, voilà qui continue de faire jaser aujourd'hui ; certains ne peuvent regarder les trois films sans maugréer dans leur coin ; d'autres s'en font un véritable plaisir coupable - et j'en suis ! Dans son Simenon à l'écran (1992), Claude Gauteur, plutôt dur contre les trois adaptations de la Continental, rappelle la phrase de Jacques Siclier : [avec Albert Préjean] de Maigret il ne restait que la pipe ! René Clair, plus gentil, se contente de résumer à sa façon la situation : Il change, à coup sûr, la nature de l'oeuvre qu'il est chargé d'interpréter, mais nous avons pas à nous plaindre, car il a toujours la même séduction. Certes, les lecteurs assidus des romans du célèbre directeur de la Police Judiciaire ne retrouvent pas l'épaisse charpente du commissaire sous les traits du sportif et souriant Albert Préjean, mais il faut lui reconnaître le mérite de ne pas sombrer dans ce que Claude Gauteur qualifie d'ersatz de privé américain. On est loin de Nestor "Dynamite" Burma. Quoique parfois ...

Dernier film produit par la Continental, Les Caves du Majestic fut tourné en février 1944, dans un contexte particulier, rappelé en partie dans le film de Bertrand Tavernier, Laissez-Passer (2002). Le scénariste Charles Spaak était emprisonné à Fresnes et surveillé par la Gestapo qui refusa de le libérer pour ses obligations professionnelles : ainsi, il écrivit les dialogues du film en prison, jour après jour, dans des conditions très difficiles. Lui qui ne mangeait pas à sa faim prit un plaisir quasi masochiste à multiplier les séquences culinaires - ainsi des dialogues inutiles sur les sauces avec le chef du Majestic ou de la recette alléchante du lapin dans la maison de Arthur Donge, sans parler du fastueux dîner final, où les deux convives ne mangent rien ! Les Caves du Majestic ne fut distribué au cinéma que l'année suivante, en août 1945, par la nouvelle Union Générale Cinématographique (UGC).



Évoquer ce film policier nous oblige à parler de la grande Histoire, mais il ne faudrait pas oublier la petite. Qu'en est-il finalement de ces caves de palace ? Il faut reconnaître que cette intrigue policière est très agréable à suivre, dans la veine identique de Picpus (Pottier, 1943) et Cécile est morte (Tourneur, 1944), et qu'elle maintient son suspens jusqu'à la dernière seconde, avec une pléiade de bons seconds rôles : de Suzy Prim en épouse assassinée à Charpin en juge d'instruction (peut-être pas son meilleur rôle) en passant par Jacques Baumer, René Génin et Denise Grey. Sans oublier l'excellent André Gabriello en fidèle Lucas dont les élans bégayants pourraient bien devenir cultes. C'est immmmpressssionnnant ! A noter un très beau plan-séquence dans les cuisines du palace.

lundi 14 janvier 2013

"PICPUS" (de Richard Pottier, 1943)



En quelques mots : Alors qu'il est en vacances incognito et ne souhaite pas être dérangé, le commissaire Maigret doit reprendre du service : une femme qui vient de déménager a retrouvé un cadavre dans son armoire. Le lendemain, elle est assassinée après que l'assassin a prévenu de son crime dans les journaux, signé Picpus.

Picpus est le premier opus de la trilogie Maigret avec Albert Préjean dans le rôle du célèbre commissaire, avant Cécile est morte (Maurice Tourneur, 1944) et Les caves du Majestic (Richard Pottier, 1944), produite par la Continental-Films. Au casting donc, on retrouve des têtes que nous aimons : Jean Tissier en doux excentrique, Noël Roquevert comme écrivain en mal d'inspiration, Pierre Palau en médecin légiste, Edouard Delmont en vieux fou - des amis de la famille en somme, dans leurs rôles de prédilection. Mais il faut s'arrêter sur celui, peut-être moins connu, qui s'impose aux côtés de Albert Préjean, André Gabriello, en inspecteur lourdingue au vif débit de paroles et qui ponctue toutes ses phrases d'un C'est immmmpressiooonnnant ! Un régal !

L'adaptation de Jean-Paul Le Chanois reste très efficace, autant que la mise en scène de Richard Pottier qui utilise au début du film, pour résumer les faits au commissaire Maigret qui conduit une voiture, un petit encadré où défilent des images ; une sorte de split screen avant l'heure, assez rare au cinéma avant les années 1960 ! De Paris à la Bretagne, Albert Préjean poursuit son enquête avec le sourire au coin des lèvres tout en gardant sa classe dans les situations les plus excentriques - à l'image de la coiffe indienne qu'il porte lors d'un gala de charité (dans Cécile est morte, on se souvient d'une poursuite en tandem !). Les dialogues permettent à tous les acteurs secondaires de faire leur petit numéro avec talent. Classique mais efficace.



La foule se presse voir Picpus lors de sa sortie au cinéma Normandie à Paris(1943)


jeudi 3 janvier 2013

"MÉTROPOLITAIN" (de Maurice Cam, 1939)



En quelques mots : Alors qu'il est dans le métro pour aller à son travail, Pierre, simple ouvrier marié à une standardiste de nuit qu'il ne fait que croiser le matin, surprend à la fenêtre d'un immeuble un homme qui tente de poignarder sa femme. Il accourt avec un policier, empêche le drame et devient un héros. Mais il ne tarde pas à apprendre qu'il s'agissait d'un couple d'artistes en répétition.

Curiosité sortie chez René Chateau, Métropolitain vaut surtout pour son couple d'acteurs vedette, Albert Préjean en sympathique ouvrier parisien toujours prêt à rendre service, et Ginette Leclerc en garce ambitieuse et manipulatrice - leurs emplois habituels. Si le titre et les affiches laissent augurer une certaine plongée dans le métro des années 30, il n'en est pourtant pas question et on peut se demander pourquoi ce choix de titre. Toutefois, un des grands mérites du film est de dépeindre sans vouloir le faire la vie quotidienne de milliers de parisiens à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale et on se plait à observer ces métiers aujourd'hui disparus, tels le poinçonneur dans le métro ou la standardiste d'hôtel, et le cadre urbain qui les entourait, à l'image du chantier sur les quais de Seine où travaille Albert Préjean. Avec un rien de nostalgie, on se prendrait presque à rêver de cette époque où Paris semblait encore un peu à taille humaine ... et le métro un lieu sympathique et convivial (avec ce cher Marcel Pérès) ! En outre, ce Métropolitain permet d'apprécier la manière dont, au montage, on pouvait foncer de noir le ciel d'une pellicule pour faire croire à la nuit d'une scène tournée le jour - effet spécial redoutable !



Du reste, ce vaudeville très classique est totalement convenu et n'aurait d'intérêt sans ses acteurs - une jolie prestation de André Brulé dans un rôle d'artiste désabusé où Louis Jouvet aurait fait des merveilles. On se prend quand même à suivre cette intrigue mollassonne car ça ne dure jamais bien longtemps et parce que la fin relève un peu l'ensemble.

dimanche 2 décembre 2012

"L'ALIBI" (de Pierre Chenal, 1938)

En quelques mots : Dans le cabaret où il a un numéro quotidien, le célèbre professeur Winckler retrouve un ancien ennemi américain qu'il assassine froidement dans la nuit. Prévoyant, il s'achète un alibi en la personne de la jolie Hélène, entraineuse dans son club. Hélas pour lui, le commissaire a très vite compris son manège et cherche à prouver par tous les moyens qu'il est bien l'assassin.

Sur un schéma très classique, L'alibi de Pierre Chenal offre de très beaux moments de cinéma grâce à son casting impressionnant et impeccable : Louis Jouvet en commissaire malin et manipulateur, Albert Préjean en gentleman de ces dames pas si alcoolique que ça, Jany Holt en entraineuse scrupuleuse et le génial Erich Von Stroheim en télépathe assassin, qui s'offrait là un de ses premiers rôles dans le cinéma français. Face à d'autres acteurs prestigieux et charismatiques, il écrase de toute sa stature le reste de la distribution, bien que sa voix soit toujours aussi douce - elle devait être un cauchemar pour les opérateurs du son.

Pierre Chenal est un très bon metteur en scène et je découvre ses films avec un grand bonheur jour après jour. S'il n'atteint pas la qualité de L'homme de nulle part (1937) qu'il avait tourné un an auparavant, ce gentil film policier teinté d'humour réjouira les amateurs du genre car il ne présente presque pas de défauts, sinon ceux de l'époque (transparences pénibles), pas même une longueur excessive.

A noter qu'il s'agit, sauf erreur de ma part, du premier film où Louis Jouvet incarne un policier, un rôle qu'il interpréta toujours de la même façon, avec élégance et cynisme pour masquer son caractère manipulateur. Comparse dans L'alibi, il n'en est pas moins parfait à chacune de ses apparitions.

mercredi 21 novembre 2012

"AU BONHEUR DES DAMES" (de André Cayatte, 1943)

En quelques mots : Denise a quitté sa Normandie natale pour venir s'installer à Paris chez son oncle Baudu, vendeur de tissus. Hélas l'époque n'est pas des plus propices car le vieil homme souffre de la terrible concurrence du nouveau grand magasin "Au bonheur des dames", dirigé par le séduisant Mouret qui veut racheter toutes les boutiques du quartier. Contre toute attente, Denise se fait embaucher chez lui et tape dans l'oeil du patron, au grand dam de son oncle.

Il faut saluer la bonne idée de France 2 de diffuser ce film dans son Ciné-Club du mardi soir, à une heure un peu tardive, certes. Deuxième adaptation du roman éponyme de Émile Zola, une dizaine d'années après celle, muette, de Julien Duvivier, Au bonheur des dames (1943) a été vilipendé à sa sortie et après la guerre au motifs qu'il était tourné pour la Continental (au service des Allemands) et qu'il transformait une fin originellement plus cynique en un plaidoyer pétainiste où s’efface la lutte des classes au profit d'une belle entente des travailleurs et du patron capitaliste. Revoir ce film aujourd'hui permet de se reposer ces questions et de répondre avec force de recul que cette accusation est infondée puisque la fin proposée par André Cayatte est terriblement conformiste - à la limite du crédible - et devait avant tout chercher à faire plaisir à des spectateurs qui vivaient encore en état d'Occupation étrangère. La fatalité qui aurait sied davantage aux communistes en 1945 n'était peut-être pas des plus égayantes deux ans plus tôt. En outre, cette association du travail et du capital n'est que la belle image d'une réalité plus terrible, celle de Michel Simon écrasé par une voiture de livraison du grand magasin et une rue vidée de tous ses commerces. De quoi poser quelques nuances !

Pourtant, cette fin alambiquée et probablement opportuniste peut gêner un peu la conclusion d'un très beau film, aujourd'hui introuvable en DVD malgré son casting des plus alléchants : Michel Simon en vieillard rabougri et défenseur du petit commerce, Albert Préjean, un peu sous exploité hélas, en grand patron séducteur, Suzy Prim en femme intéressée et manipulatrice, Blanchette Brunoy en jolie vendeuse, Pierre Bertin en créancier et Jean Tissier, élément comique du film, en contremaitre élégant et pédant à souhait ("Premier et dernier avertissement !" répète-t-il à qui veut l'entendre tout au long du film).

Tourné en 1943, le film bénéficie des importants moyens de la Continental et s'offre un magnifique plateau où le grand magasin "Au bonheur des dames" est reconstitué au cœur d'un quartier où fait tâche la pauvre petite boutique de Michel Simon. Celui-ci tente pourtant d'organiser, avec une caisse de communauté, la résistance des petits commerçants face à l'écrasante machine de Albert Préjean où l'on vend aux femmes "tout ce qui leur est indispensable, c'est à dire tout ce qui leur est inutile". La mise en scène de Cayatte est sobre mais s'offre pourtant le luxe de plans de grue et de plans larges sur son magnifique décor photographié avec le talent de Armand Thirard. Non crédité au générique du film, c'est bel et bien Jean Devaivre qui fut assistant metteur en scène, grâce à son expérience.

Difficilement trouvable dans le commerce hélas, ce film reste un formidable exemple de ce qui fut produit par la Continental sous l'Occupation, de 1941 à 1944, et fait montre de contradictions qui ne tendent qu'à réévaluer cette période sombre où l'on croit pouvoir vite porter des jugements définitifs. Ici par exemple, cette société dirigée par les Allemands accepta de financer un film adapté d'un auteur ... prohibé par les nazis !

(Les photos de cet article proviennent du site toutlecine.com)

vendredi 9 novembre 2012

Patrick Préjean accepte d'être le parrain du blog !

C'était une évidence. Quand j'ai entrepris la lecture de l'ouvrage Albert Préjean par son fils Patrick, j'ai vite caressé l'idée que celui-ci devienne le parrain de ce blog consacré à l'âge d'or du cinéma français. Dans la droite lignée de son père, star des années 1930 et 1940, célèbre pour ses collaborations avec René Clair (Sous les toits de Paris), Marcel Carné (Jenny), Robert Siodmark (Mollenard), Albert Valentin (La vie de plaisir), Maurice Tourneur (Cécile est morte) ou Richard Pottier (Picpus), et de Lysiane Rey, sa mère actrice, Patrick Préjean s'est retrouvé à donner la réplique aux plus grands, Bourvil, Louis de Funès, David Niven, Jean-Paul Belmondo, Robert Hirsch ou Terry-Thomas, alternant succès au cinéma et au théâtre.

De Albert Préjean, qui débuta véritablement sa carrière dans les années 1920, à son fils Patrick qui n'a pas arrêté de tourner depuis le milieu des années 1960, c'est près de neuf décennies de cinéma français qui s'étalent devant nous, parsemées de tous les genres, de toutes les vedettes, des périodes les plus sombres aux plus légères, avec une constante envie de rendre heureux ce public qui se déplace dans les salles. J'ai souvent évoqué dans des articles de ce blog (et dans un avant-propos) ma volonté de ne pas rendre élitiste un cinéma qui est avant tout populaire, par des jugements surannés et une distance que l'on retrouvent facilement chez certains critiques d'hier et d'aujourd'hui. J'aime à vous proposer de redécouvrir un classique intemporel comme Le quai des brumes (1938) et évoquer le lendemain un nanar comme A pied, à cheval et en spoutnik (1958) ou un brûlot engagé, à l'image de Avoir 20 ans dans les Aurès (1972). Ni les acteurs, ni les films, ni les techniciens ne sont hiérarchisés de quelque sorte dès l'instant qu'ils œuvrent à un seul dessein, celui-là même pour lequel vous êtes probablement arrivé ici, une passion pour le cinéma.

Avec Albert et Patrick Préjean, j'ai l'impression de voir une représentation de ce que je décris, une succession de films, deux carrières différentes et pourtant réunies dans un même partage d'émotions et de sentiments sur nos écrans. Albert Préjean débuta au cinéma presque par hasard et fut une idole dans des films dramatiques ou comiques - même dans la comédie musicale (La crise est finie, 1934) - changeant de registre au gré des propositions, tout comme son fils Patrick, un jour contemporain de l'an II, le lendemain gendarme à Saint-Tropez.

Oui, demander à Patrick Préjean d'être parrain de ce blog est une évidence. La continuité familiale et artistique représentent un peu la mémoire, qui fait parfois défaut aux chaines de télévision qui ne programment plus, ou tard ou en guise d'hommage, les films de notre patrimoine et que je me propose modestement, avec d'autres blogs, de faire (re)découvrir ici ; sa carrière riche et généreuse est à l'image de ce qu'est véritablement le cinéma, un art de divertissement, une transmission d'émotions durables.

Je tiens à remercier ici chaleureusement Patrick Préjean qui a bien voulu, avec la grande gentillesse qui le caractérise, devenir le parrain de ce blog. C'est une très grande fierté pour moi.

samedi 27 octobre 2012

Bon anniversaire à ... Albert Préjean (1894-1979)

D'aucun diront qu'il n'y a pas de hasard, mais avouez qu'il fait parfois bien les choses. Je termine à peine mon article sur Cécile est morte (1944) où Albert Préjean incarne le commissaire Maigret devant la caméra de Maurice Tourneur, que je me rends compte que nous fêtons aujourd'hui l'anniversaire de sa naissance. Pour la peine, puisque le DVD est encore dans l'ordinateur, voici une nouvelle photo du film !


Né le 27 octobre 1894, Albert Préjean aurait fêté aujourd'hui ses 118 ans !

"CÉCILE EST MORTE" (de Maurice Tourneur, 1944)


En quelques mots : Une jeune fille nommée Cécile harcèle littéralement le commissaire Maigret, toujours avec la même histoire à coucher dehors : toutes les nuits, un homme entrerait chez elle sans rien y voler. Le policier ne la prend pas au sérieux, d'autant qu'il est appelé sur les lieux d'un crime particulièrement sordide où une jeune femme a été décapitée. Le lendemain, Cécile est retrouvée morte.

Les aventures du commissaire Maigret furent beaucoup adaptées au cinéma sous l'Occupation, et Albert Préjean endosse une deuxième fois le costume du célèbre commissaire de Simenon, après Picpus (1942) et avant Les caves du Majestic la même année. Les amateurs spécialistes de l'écrivain et de son personnage le plus célèbre sont probablement très durs quand il s'agit d'évoquer la meilleure composition de Jules Maigret à l'écran, n'étant pas de ceux-là je peux me permettre de dire que j'ai trouvé Albert Préjean tout à fait efficace dans ce rôle, qui lui sied très bien, et qu'il endosse avec classe et autorité.

Le scénario de Cécile est morte, adapté par Jean-Paul Le Chanois, est étrangement simple, pour ne pas dire simpliste (peut-être le roman est-il ainsi) et il est d'autant plus surprenant de voir à quelle vitesse le film est mené. Peut-on faire plus efficace en terme de narration que ces séquences qui s'enchainent en à peine 1h20 ? Le contexte de production aidant peut-être, cette intrigue intéressante au départ montre vite ses limites car on imagine assez rapidement qui est le coupable, et l'expédition à La Rochelle - formidable occasion de voir Albert Préjean faire du tandem ! - paraît presque superflue. Heureusement, cette histoire est agrémentée de plusieurs personnages secondaires parfaits : André Gabriello en adjoint de Maigret, très drôle dans sa manière rapide de s'exprimer, Luce Fabiole en concierge qui termine toutes ses phrases par "Sauf votre respect" ou encore Yves Deniaud en cousin qui veut le magot. Jean Brochard, impeccable, campe l'individu un peu suspect, au rôle très important dans l'histoire, avec tout le talent qu'on lui connaît.


Cécile est morte est aussi un des derniers films réalisés par Maurice Tourneur, que j'évoque régulièrement sur ce blog avec beaucoup d'admiration. Deux ans après La main du diable (1942), il est un peu décevant de voir que la mise en scène fait plus penser à celle d'un honnête artisan que d'un auteur. On sait que le metteur en scène connu quelques problèmes personnels pendant la guerre, ce qui peut, peut-être, expliquer cette faiblesse. Toutefois, on peut retrouver un certain sens du cadre, une photographie très soignée et une tendance à expédier très rapidement ses fins de films - celle-ci est remarquable dans le genre !

Voici, pour le plaisir, un petit extrait audio d'une scène entre Albert Préjean et Charles Blavette, acteur marseillais qui n'est pas sans ressemblance physique et vocale avec ... Patrick Bosso !

Extrait audio : "Et si je vous foutais ma main sur la gueule, vieille chèvre ?"
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