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samedi 22 septembre 2012
"LE DERNIER DES SIX" (de Georges Lacombe, 1941)
En quelques mots : Six amis qui vivent sous le même toit gagnent une grosse somme d'argent aux jeux. Plutôt que de continuer à vivoter, ils décident de faire fortune séparément et de se retrouver pour partager le magot. Cinq ans plus tard, deux d'entre eux sont assassinés, les autres ouvertement menacés. Le commissaire Wens (P. Fresnay) est chargé de l'enquête.
Le dernier des six est un des premiers films produits par la Continental Films (dirigée par les Allemands sous l'Occupation). L'adaptation de Stanislas-André Steeman est confiée à Henri-Georges Clouzot, qui signe là un brillant scénario ponctué de dialogues très amusants. Le film annonce bien évidemment son Assassin habite au 21 (adapté du même auteur) par bien des aspects : le commissaire Wens déjà interprété par Pierre Fresnay, affublé d'une maîtresse à la grande gueule - délicieuse Suzy Delair - qui se démène avec nonchalance pour résoudre une série de meurtres dans un groupe fermé.
Georges Lacombe signe une mise en scène impeccable, servie par une très belle photographie (de Robert Lefebvre), et insuffle une ambiance propre à un suspens qui tient jusqu'à la dernière minute. Seuls ombres au tableau, les scènes de music-hall apparaissent curieusement datées : le réalisateur refusa d'ailleurs d'en tourner autant que prévu, et son contrat avec la Continental fut rompu.
Sous une forme policière, le film propose pourtant un mélange de suspens et de comédie : Pierre Fresnay campe un commissaire cynique et flegmatique, qui ne semble jamais dépassé par les événements. Suzy Delair (Mila Malou) cherche déjà à se faire engager comme chanteuse, et passe son temps à gouailler contre son Jules ou la Terre entière, pour notre plus grand plaisir. Le reste du casting fait forcément plus pâle figure, malgré la présence toujours sympathique de Jean Tissier et la prestation plus sérieuse de André Luguet, véritable vedette du scénario. La jolie Michèle Alfa, qui remplaça Marie Déa à la dernière minute, ne parvient pas véritablement à tenir tête à tous ces gentlemen.
Gaumont a eu la très bonne idée d'éditer Le dernier des six, difficilement trouvable, en DVD (collection Gaumont à la demande). Non restaurée, la copie est tout de même de très bonne facture et il ne faut pas hésiter une seconde à se procurer ce très bon policier tourné dans les années noires.
Je vous propose un court extrait audio du film où Suzy Delair envoie son amant Pierre Fresnay corriger comme il se doit le patron du music-hall qui a refusé de l'engager !
Extrait audio : "Un conseil en vaut un autre !"
mercredi 19 septembre 2012
Bertrand Tavernier et les oubliés du cinéma français !
On le sait, le réalisateur Bertrand Tavernier est une des grandes références de la cinéphilie en France. C'est avec et grâce à lui que j'ai exploré pendant plusieurs années le cinéma américain (et je ne saurais que trop conseiller la lecture des indispensables Amis américains et 50 ans de cinéma américain). Un des projets de Tavernier est encore aujourd'hui de réaliser un Voyage à travers le cinéma français (sur le modèle du Voyage dans le cinéma américain de Martin Scorsese), idée qui est, entre autres, à l'origine de ce blog.
En fin connaisseur de notre cinéma national, Bertrand Tavernier a participé à une malle aux trésors au Forum des Images, à Paris, et que je vous propose d'écouter ici en intégralité (environ 2 heures !). Découvrez des films insolites et oubliés tels que Bonne chance de Sacha Guitry, Jericho de Henri Calef, L'homme de nulle part de Pierre Chenal ou Le café du cadran de Henri Decoin !
En fin connaisseur de notre cinéma national, Bertrand Tavernier a participé à une malle aux trésors au Forum des Images, à Paris, et que je vous propose d'écouter ici en intégralité (environ 2 heures !). Découvrez des films insolites et oubliés tels que Bonne chance de Sacha Guitry, Jericho de Henri Calef, L'homme de nulle part de Pierre Chenal ou Le café du cadran de Henri Decoin !
lundi 17 septembre 2012
Lumière sur ... Pierre Mirat (1924-2008)
TF1 diffusait ce soir une énième fois Mais où est donc passée la 7ème compagnie ?, de plus en plus difficile à retrouver car coupée par trois publicités ! Mais elle avait ce soir un goût particulier puisque programmée en hommage à Pierre Mondy. Et c'est avec malice que je me suis rappelé que Pierre Mirat, ce sympathique comédien populaire, y avait un petit rôle. L'occasion de revenir pour ce blog sur les quelques rôles marquants de cette figure que tout le monde connaît - sans parfois le savoir !
La photo doit rapidement mettre le cinéphile sur la voie ! Pierre Mirat, c'est en effet le fameux sourdingue de Cent mille dollars au soleil (Henri Verneuil, 1964), le marchand d'essence et de boisson, un peu dur de la feuille, ce qui lui vaut son surnom. Une infirmité qui ne l'empêche pas de se faire casser la gueule - en même temps que tout son commerce - par un Lino Ventura peut amène de passer pour un imbécile.
Ce rôle est de loin son plus marquant, et il faut souvent bien chausser ses lunettes pour le retrouver à l'écran, malgré une filmographie assez volumineuse. Outre un très grand nombre de téléfilms - parmi lesquels Le voyageur des siècles (1971), que j'évoquais il y a quelques jours, où il incarne le Roi de France Louis XVI -, on peut le retrouver par deux fois face à Louis de Funès : dans Comme un cheveu sur la soupe, en agent de police souriant, et dans Le Tatoué, en ministre de la culture. Avec Noël-Noël, il incarne Viviani dans A pied, à cheval et en voiture et A pied, à cheval et en spoutnik, et incarne à nouveau un policier dans 125, rue Montmartre. Milicien dans Fortunat, on le voit dans Un nommé La Rocca et, comme tout le monde, dans Paris brûle-t-il ? (en patron de bistrot).
Pierre Mirat est au générique avec Fernandel dans L'homme à la buick puis Heureux qui comme Ulysse. Il termine sa carrière dans T'aime, seule et unique réalisation de Patrick Sébastien, en 2000.
Extrait audio : "Vous n'êtes pas des amusants !"
La photo doit rapidement mettre le cinéphile sur la voie ! Pierre Mirat, c'est en effet le fameux sourdingue de Cent mille dollars au soleil (Henri Verneuil, 1964), le marchand d'essence et de boisson, un peu dur de la feuille, ce qui lui vaut son surnom. Une infirmité qui ne l'empêche pas de se faire casser la gueule - en même temps que tout son commerce - par un Lino Ventura peut amène de passer pour un imbécile.
Ce rôle est de loin son plus marquant, et il faut souvent bien chausser ses lunettes pour le retrouver à l'écran, malgré une filmographie assez volumineuse. Outre un très grand nombre de téléfilms - parmi lesquels Le voyageur des siècles (1971), que j'évoquais il y a quelques jours, où il incarne le Roi de France Louis XVI -, on peut le retrouver par deux fois face à Louis de Funès : dans Comme un cheveu sur la soupe, en agent de police souriant, et dans Le Tatoué, en ministre de la culture. Avec Noël-Noël, il incarne Viviani dans A pied, à cheval et en voiture et A pied, à cheval et en spoutnik, et incarne à nouveau un policier dans 125, rue Montmartre. Milicien dans Fortunat, on le voit dans Un nommé La Rocca et, comme tout le monde, dans Paris brûle-t-il ? (en patron de bistrot).
Pierre Mirat est au générique avec Fernandel dans L'homme à la buick puis Heureux qui comme Ulysse. Il termine sa carrière dans T'aime, seule et unique réalisation de Patrick Sébastien, en 2000.
Extrait audio : "Vous n'êtes pas des amusants !"
mardi 4 septembre 2012
Vision du futur de ... 1981 !
La redécouverte récente de l'étonnante série télévisée de Noël-Noël, Le voyageur des siècles (1971), réalisée par Jean Dréville, offre un petit moment d'humour du futur dans le prologue "L'étrange disparition de Philippe d'Audigné" !
On y voit tout d'abord Roland Giraud dans l'un de ses premiers rôles à la télévision, en présentateur télé (speaker), rare personne a avoir interviewé Philippe d'Audigné.
Un peu plus loin, c'est le véritable Georges de Caunes qui apparaît dans le poste de télévision du futur (en fait une projection sans toile) pour annoncer qu'une cinquième chaîne existe, que Georges Brassens vient d'être reçu à l'Académie Française et Jean Marais à la Comédie Française ! Qui aurait pu se douter que dans la véritable année 1981 (dix après le tournage de cette mini-série), Georges de Caunes serait réellement présentateur sur la cinquième chaine ?
Extrait audio : "Le vénéré doyen Jean Marais"
On y voit tout d'abord Roland Giraud dans l'un de ses premiers rôles à la télévision, en présentateur télé (speaker), rare personne a avoir interviewé Philippe d'Audigné.
Un peu plus loin, c'est le véritable Georges de Caunes qui apparaît dans le poste de télévision du futur (en fait une projection sans toile) pour annoncer qu'une cinquième chaîne existe, que Georges Brassens vient d'être reçu à l'Académie Française et Jean Marais à la Comédie Française ! Qui aurait pu se douter que dans la véritable année 1981 (dix après le tournage de cette mini-série), Georges de Caunes serait réellement présentateur sur la cinquième chaine ?
Extrait audio : "Le vénéré doyen Jean Marais"
jeudi 30 août 2012
"LE BOSSU" (de André Hunebelle, 1960)
En quelques mots : Philippe de Gonzague, jaloux de son cousin le Duc de Nevers, décide de l'assassiner et de convoiter sa jolie femme et ses biens. C'est sans compter sur l'acharnement et le dévouement du chevalier de Lagardère, décidé à venger le Duc assassiné et à protéger sa fille.
En écrivant mon article sur les sorties des films de Jean Marais en Blu-ray, j'ai voulu revoir Le Bossu, un des films de ma jeunesse que je connaissais par cœur fut un temps. On peut encore lui reprocher beaucoup de choses, concernant le personnage de Jean Marais notamment, trop plein de panache et de grandes envolées lyriques assez improbables :
"Sache que je suis innocent du crime dont on m'accuse, et souviens toi que mon seul chemin est celui de l'honneur !" (Jean Marais)
En d'autres circonstances, on pourrait rire de ces belles paroles, mais Marais était tellement taillé pour ce genre de personnages que tout devenait naturel. Ses détracteurs lui reprocheront sa tendance à déclamer ses répliques sur un ton solennel qui manque de réalisme, mais c'est ce qui fait encore la force de ses films. Je ne me lasserai jamais de cette vision idéalisée des gentilshommes du XVIIIe siècle, se faisant des politesses après avoir tués une douzaine d'hommes.
"Monseigneur, à vos ordres !" / "S'il vous plaît Monsieur !" (Jean Marais/Hubert Noël)Bourvil, comme dans Le Capitan, n'est qu'un comparse comique, faire valoir de Jean Marais, et son rôle n'est guère intéressant - sinon pour la longue séquence du marché où l'on prend sa tête pour une pastèque. Mais on rigole encore de ses mimiques et de son rire si sympathique. On regrette également François Chaumette quand on regarde la version (honnête) de Philippe de Broca, où Gonzague est interprété par Fabrice Luchini, beaucoup moins aristocratique que son prédécesseur. Jean Le Poulain, grande figure du théâtre populaire, complète le casting.
Extrait audio : "Mon seul chemin est celui de l'honneur !"
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samedi 18 août 2012
"LA RIVIERE DES 3 JONQUES" (de André Pergament, 1957)
En quelques mots : A Saïgon, les chefs du réseau français de contre espionnage chargent une de leurs collaboratrices, Monique, de devenir secrétaire d'un couple de dangereux trafiquants. Surveillée et protégée par le capitaine Brisset, dont elle tombe amoureuse, elle découvre rapidement une piste. Démasquée, elle manque d'être torturée ...
C'est avec cette Rivière des 3 jonques que j'entends ouvrir les catégories "Aventures", "Espionnage" et ... "Nanar". Tout un programme, très exotique et pas franchement heureux, comme on peut s'en douter ! J'avais acheté ce film chez René Chateau parce que le titre me plaisait, qu'il sentait bon l'expérience unique d'un film d'aventures français, tourné dans les années 50 par un metteur en scène inconnu, sans véritable tête d'affiche et dans une ancienne colonie. Pour les besoins de cette critique, j'ai revu des extraits (difficile de revoir le film en entier) et mon avis n'a changé en rien : il s'agit d'un pur nanar, aux dialogues ridicules, à l'intrigue brouillonne et à la mise en scène épouvantable.
Le parti pris de départ est déjà un summum : l'agent secrète s'appelle Monique, elle est chargée de mettre à jour un trafic de bombes bactériologiques à Saïgon, et le chef du contre-espionnage est incarné par Robert Dalban (toujours aussi sympathique). Face à la jolie Dominique Wilms, on retrouve Howard Vernon (inoubliable Allemand du Silence de la mer, de Melville) et les moins réputés Lise Bourdin et Jean Gaven, ce dernier étant le héros viril du film, jeune premier baroudeur et désinvolte prêt à tout pour protéger sa belle.
Extrait audio : "Est-ce que vous savez faire un branchement ?"
Mille fois hélas pour eux, le réalisateur André Pergament ne semble pas maîtriser le zoom (ou alors, ils furent oubliés à Paris) et se contente tout au long du film de faire des plans très larges, sans champs/contre-champs, et de ne bouger sa caméra le moins possible, ce qui imprime une terrible lourdeur à un scénario pas très digeste. Les situations et les dialogues improbables ("Toutes les épidémies commencent en Asie !" / - "Est-ce que vous savez faire un branchement ? - A la maison, c'est toujours moi qui réparait les plombs") achèvent de cataloguer ce navet, que l'on peut prendre plaisir à regarder en rigolant.
Extrait audio : "Toutes les épidémies commencent en Asie"
Il faut avoir vu Howard Vernon dans un improbable slip de bain mauve moulant, au bord de la piscine, à se servir du champagne ("Quand vous la regardez, on dirait que vous lui faites l'amour") ; l'enlèvement de la vraie secrétaire au début du film, uniquement en plan large, sans musique et sans la moindre dose d'action ; Jean Gaven face à l'incendie de la jonque sourire comme Clark Gable quand Howard Vernon le menace de son arme ...
Pour le reste, achetez le DVD chez René Chateau, qui propose une assez bonne copie. C'est déjà ça ! --- A noter qu'il existe un film similaire, tourné en même temps et qui annonce de savoureuses réjouissances, Les aventuriers du Mékong. Prochainement sur ce blog, je l'espère !
C'est avec cette Rivière des 3 jonques que j'entends ouvrir les catégories "Aventures", "Espionnage" et ... "Nanar". Tout un programme, très exotique et pas franchement heureux, comme on peut s'en douter ! J'avais acheté ce film chez René Chateau parce que le titre me plaisait, qu'il sentait bon l'expérience unique d'un film d'aventures français, tourné dans les années 50 par un metteur en scène inconnu, sans véritable tête d'affiche et dans une ancienne colonie. Pour les besoins de cette critique, j'ai revu des extraits (difficile de revoir le film en entier) et mon avis n'a changé en rien : il s'agit d'un pur nanar, aux dialogues ridicules, à l'intrigue brouillonne et à la mise en scène épouvantable.
Le parti pris de départ est déjà un summum : l'agent secrète s'appelle Monique, elle est chargée de mettre à jour un trafic de bombes bactériologiques à Saïgon, et le chef du contre-espionnage est incarné par Robert Dalban (toujours aussi sympathique). Face à la jolie Dominique Wilms, on retrouve Howard Vernon (inoubliable Allemand du Silence de la mer, de Melville) et les moins réputés Lise Bourdin et Jean Gaven, ce dernier étant le héros viril du film, jeune premier baroudeur et désinvolte prêt à tout pour protéger sa belle.
Extrait audio : "Est-ce que vous savez faire un branchement ?"
Mille fois hélas pour eux, le réalisateur André Pergament ne semble pas maîtriser le zoom (ou alors, ils furent oubliés à Paris) et se contente tout au long du film de faire des plans très larges, sans champs/contre-champs, et de ne bouger sa caméra le moins possible, ce qui imprime une terrible lourdeur à un scénario pas très digeste. Les situations et les dialogues improbables ("Toutes les épidémies commencent en Asie !" / - "Est-ce que vous savez faire un branchement ? - A la maison, c'est toujours moi qui réparait les plombs") achèvent de cataloguer ce navet, que l'on peut prendre plaisir à regarder en rigolant.
Extrait audio : "Toutes les épidémies commencent en Asie"
Il faut avoir vu Howard Vernon dans un improbable slip de bain mauve moulant, au bord de la piscine, à se servir du champagne ("Quand vous la regardez, on dirait que vous lui faites l'amour") ; l'enlèvement de la vraie secrétaire au début du film, uniquement en plan large, sans musique et sans la moindre dose d'action ; Jean Gaven face à l'incendie de la jonque sourire comme Clark Gable quand Howard Vernon le menace de son arme ...
Pour le reste, achetez le DVD chez René Chateau, qui propose une assez bonne copie. C'est déjà ça ! --- A noter qu'il existe un film similaire, tourné en même temps et qui annonce de savoureuses réjouissances, Les aventuriers du Mékong. Prochainement sur ce blog, je l'espère !
"UN FLIC" (de Jean-Pierre Melville, 1972)
En quelques mots : Dans une station balnéaire déserte balayée par la pluie, quatre individus masqués dévalisent une banque. L'un d'eux est blessé mais ils parviennent à s'enfuir avec une grosse somme d'argent qui doit servir à financer un trafic plus important. Le commissaire Coleman (A. Delon) est chargé de l'enquête mais ignore encore que plusieurs de ses relations sont impliquées.
Alain Delon et les rôles de flics ... on pourrait y consacrer un mémoire de recherche et s'interroger sur ses apports au personnage dans le cinéma français. Dans ce polar assez classique, il campe un commissaire froid, silencieux et implacable, énième variation sur le même thème de son rôle du Samouraï (l'affiche y ressemble un peu). Seulement, à force de silences et de regards noirs, certaines répliques font presque involontairement sourire :
"S'ils ne comprennent pas le français dans 10 secondes, je vais leur parler une autre langue !" (Alain Delon)Ce personnage annonce les caricatures grotesques des années 80, où Delon (comme Belmondo, dans un autre genre) se baladait avec des manteaux sombres et des flingues dans le pantalon en déclarant avec aplomb : "Faut pas réveillez un flic qui dort !"
L'intérêt, donc, de ce film policier est la mise en scène signée Jean-Pierre Melville, dont c'est le dernier film. Florence Moncorgé-Gabin fut scripte sur le plateau et offre un témoignage intéressant : Melville, dans sa mégalomanie, lui déclara "Avec ce film, je vais montrer à Monsieur Verneuil, qui vient de faire Le Casse, ce qu'est un vrai hold-up". Et de fait, cette séquence d'ouverture est très réussie.
Les rapports entre Delon et le réalisateur furent tendus, la star devant se laisser pousser les cheveux pour un prochain film, ce qui déplaisait à Melville, excédé de devoir attendre qu'il sorte de sa loge. Pour autant, rares sont les metteurs en scène à avoir aussi bien filmés Alain Delon, notamment la puissance de son regard qui, dans plusieurs scènes, est réellement fascinant. Dans le même temps, il semble parfois jouer à l'instinct, sans franche direction (le passage à la morgue où il cite du Vidocq) et apparaît quelque fois absent.
Le film tient ses promesses, malgré une séquence ferroviaire très datée (les maquettes sont risibles aujourd'hui, surtout celle de l'hélicoptère) et un affrontement Delon/Deneuve quasiment inexistant ; leur jeu tout en retenue s'annule au lieu d'être complémentaire. Loin des meilleurs Melville mais dans une lignée de bons films noirs, qui s'intéressent plus à l'humain qu'à l'action proprement dite (qui dans le cas présent n'est qu'un prétexte à filmer des personnages). Ainsi on trouve en toile de fond une jolie galerie de personnages secondaires.
J'avais détesté ce film la première fois, il y a quelques années, et je n'avais même pas été au bout, voyant dans Un flic un policier terne et franchement pénible. Cette deuxième vision améliore mon jugement mais j'ose croire qu'un certains nombre de cinéphiles doivent détester cette œuvre.
Extrait audio : "On fait un pari ?"
jeudi 16 août 2012
Alain Delon : "Il vous en faut du monde contre un homme seul !"
Sur fond de polémiques concernant les évacuations des camps de Roms et les gendarmes tués en service, je repense à une de mes répliques préférées dans la longue carrière d'Alain Delon, dans Le Gitan de José Giovanni (1975) :
"Je ne suis pas un assassin moi ! Allez ouvre la porte, et va retrouver ton petit chef. Il vous en faut du monde contre un homme seul !" (Alain Delon)Extrait audio :
mercredi 15 août 2012
"TARTARIN DE TARASCON" (de Francis Blanche, 1962)
En quelques mots : A Tarascon, dans le Sud de la France, les animaux sauvages se méfient des hommes et on préfère chasser à la casquette. Le plus fort en gueule de tous est Tartarin, dont les exploits exotiques font l'admiration des habitants du village. Seulement à force de trop parler, le voilà - lui qui n'a en fait jamais chassé de sa vie - forcé de partir pour l'Afrique, chasser le lion de l'Atlas.
Adapté pour la troisième fois au cinéma (après les versions de George Méliès en 1908, et de Raymond Bernard en 1934 avec Raimu), le célèbre roman de Alphonse Daudet tombe dans les mains du comique Francis Blanche, qui signe les dialogues, la mise en scène et l'interprétation du rôle principal. Avec son impressionnant casting, le film donne clairement envie mais ne parvient jamais à susciter de réel enthousiasme, le scénario n'étant pas à la hauteur de la tâche bien qu'il fut curieusement ambitieux !
En effet, réalisé au début des années 1960, ce Tartarin de Tarascon entend s'adapter à son époque et, de fait, à la chute de l'empire colonial français, l'idée étant d'envoyer un provincial aux idées exotiques dans une nouvelle Afrique, libre et émancipée. Si l'idée est bonne, les clichés ne manquent pas : ainsi Tartarin débarque dans une ville industrielle, loge dans un palace, s'étonne de voir des noirs dans un bistrot et rencontre l'inévitable caïd du désert qui parle un français soutenu car il a fait ses études à la métropole. Il y a donc un parfum d'anticolonialisme assez sympathique dans ce film qui ne parvient, hélas, jamais à décoller, faute à une mise en scène lourde et quelques séquences comiques laborieuses (la scène de chant au début).
Extrait audio : "L'homme du midi ne ment pas ..."
Francis Blanche est un bon Tartarin, truculent, drôle et émouvant, mais sa réalisation et son adaptation plombent un peu le film ; la plupart des gags sont démodés, usés ou franchement pas drôles. Restent évidemment de bons seconds rôles : Paul Préboist, Jacqueline Maillan, Darry Cowl (lunaire) et Hubert Deschamps.
Pourtant, malgré une première partie africaine très pénible (l'amourette avec la fille de Pigalle), le film se laisse regarder gentiment, et on s'émeut même du sort de ce pauvre candide de Tartarin, désolé de s'être fait rouler par un faux noble du Monténégro (sympathique Alfred Adam) et de voir que ses rêves d'aventures s'arrêtent à un vieux lion de foire, malade. Le retour à Tarascon est, en outre, tout à fait étonnant.
Suivi par un chameau, aidé par le capitaine Michel Galabru, Francis Blanche se retrouve dans un train, dans une ambiance western, avec un type qui chante (Joe Sentieri) une balade mélancolique. Là où on s'attend logiquement à voir débarquer Gary Cooper fatigué, apparaissent Bourvil, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Raymond Devos et ... Henri Salvador. Un final en fanfare qui égaye un peu cette gentille comédie pas complètement réussie mais divertissante.
Adapté pour la troisième fois au cinéma (après les versions de George Méliès en 1908, et de Raymond Bernard en 1934 avec Raimu), le célèbre roman de Alphonse Daudet tombe dans les mains du comique Francis Blanche, qui signe les dialogues, la mise en scène et l'interprétation du rôle principal. Avec son impressionnant casting, le film donne clairement envie mais ne parvient jamais à susciter de réel enthousiasme, le scénario n'étant pas à la hauteur de la tâche bien qu'il fut curieusement ambitieux !
En effet, réalisé au début des années 1960, ce Tartarin de Tarascon entend s'adapter à son époque et, de fait, à la chute de l'empire colonial français, l'idée étant d'envoyer un provincial aux idées exotiques dans une nouvelle Afrique, libre et émancipée. Si l'idée est bonne, les clichés ne manquent pas : ainsi Tartarin débarque dans une ville industrielle, loge dans un palace, s'étonne de voir des noirs dans un bistrot et rencontre l'inévitable caïd du désert qui parle un français soutenu car il a fait ses études à la métropole. Il y a donc un parfum d'anticolonialisme assez sympathique dans ce film qui ne parvient, hélas, jamais à décoller, faute à une mise en scène lourde et quelques séquences comiques laborieuses (la scène de chant au début).
Extrait audio : "L'homme du midi ne ment pas ..."
Francis Blanche est un bon Tartarin, truculent, drôle et émouvant, mais sa réalisation et son adaptation plombent un peu le film ; la plupart des gags sont démodés, usés ou franchement pas drôles. Restent évidemment de bons seconds rôles : Paul Préboist, Jacqueline Maillan, Darry Cowl (lunaire) et Hubert Deschamps.
Pourtant, malgré une première partie africaine très pénible (l'amourette avec la fille de Pigalle), le film se laisse regarder gentiment, et on s'émeut même du sort de ce pauvre candide de Tartarin, désolé de s'être fait rouler par un faux noble du Monténégro (sympathique Alfred Adam) et de voir que ses rêves d'aventures s'arrêtent à un vieux lion de foire, malade. Le retour à Tarascon est, en outre, tout à fait étonnant.
Suivi par un chameau, aidé par le capitaine Michel Galabru, Francis Blanche se retrouve dans un train, dans une ambiance western, avec un type qui chante (Joe Sentieri) une balade mélancolique. Là où on s'attend logiquement à voir débarquer Gary Cooper fatigué, apparaissent Bourvil, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Raymond Devos et ... Henri Salvador. Un final en fanfare qui égaye un peu cette gentille comédie pas complètement réussie mais divertissante.
Comiques et Religion : de sacrés numéros !
Quelle meilleure occasion que ce 15 août, jour de l'assomption de Marie, pour s'offrir quelques drôles de numéros de grands comiques du cinéma français ... dans une église ! Ainsi de Michel Simon dans Le diable et les dix commandements (de Julien Duvivier, 1962), Fernandel en inoubliable Don Camillo prêt à briser un cierge sur le dos de Peppone, Louis de Funès déguisé en Bonne Sœur chanteuse pour les besoins d'une traque aux extraterrestres, et Bourvil dans Un drôle de paroissien (de Jean-Pierre Mocky, 1963) en aristocrate fauché qui fait fortune grâce à l'argent contenu dans ... les troncs des églises !
Et pour conclure cet article de circonstance, deux extraits audio liés au Bon Dieu : Michel Simon (ci-dessus) jurant devant une Sœur, et Jean-Pierre Marielle qui se souvient de sa première communion (dans Calmos de Bertrand Blier, 1976) :
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mardi 14 août 2012
Pierre Brasseur, 40 ans déjà !
Avec sa voix et son visage imposant, Pierre Brasseur fut un acteur inoubliable du cinéma français, du Quai des brumes (1938) aux Mariés de l'an II (1971) en passant par Les enfants du paradis (1945), Les portes du paradis, Les grandes familles (1958), La vie à deux (1958) ou Les Bonnes causes (1962).
Pierre Brasseur est mort le 14 août 1972, il y a 40 ans jour pour jour, sur le tournage du film La plus belle soirée de ma vie.
Extrait audio : La métamorphose des cloportes (1965).
"KNOCK" (de Guy Lefranc, 1951)
En quelques mots : A Saint-Maurice, toute la population se porte bien, et le docteur du village n'est payé qu'une seule fois par an pour ses rares consultations. Lorsque le docteur Knock, pour qui "tout bien portant est un malade qui s'ignore", arrive en ville, tout change radicalement. Les habitants se découvrent des maladies, s'alitent et font fructifier les affaires de Knock et du pharmacien.
Alors que deux dentistes viennent récemment d'être condamnés parce qu'ils abîmaient volontairement les dents de leurs patients pour leur facturer des soins, la redécouverte de Knock, et de sa vision particulière de la médecine, peut faire froid dans le dos, ou rire jaune.
Comme César reste lié à Raimu et Rhett Butler à Clark Gable, on n'imagine mal le docteur Knock sous des traits différents que Louis Jouvet, les cheveux plaqués en arrière, parfois recouverts d'un chapeau melon, ses petits yeux cachés derrière des lunettes rondes. Pourtant voilà, plus qu'un autre, un film où les détracteurs de l'acteur se régaleront à argumenter que Jouvet déclame son texte comme un comédien sur scène, sans naturel, avec une intonation insupportable. Les autres, et j'en fais partie, répèteront à qui veut l'entendre que Jouvet était vraiment un des plus grands.
Objet de discordes entre les cinéphiles le docteur Knock ? Il fut déjà pendant son tournage l'enjeu de toutes les convoitises, puisque "tout Paris" voulait être de cette aventure, annoncée fameuse. Jouvet lui-même engagea quelques un de ses protégés, comme le jeune Jacques Monod, et se chargea de la direction artistique. Un des biographes de Louis de Funès, Jean-Jacques Jelot-Blanc*, rapporte que le tournage, de fait, fut houleux, entre un acteur "perdant son temps au cinéma" mais se mêlant constamment de la mise en scène, et un jeune réalisateur qui aurait bien aimé faire son travail. Jacques Becker, voisin de tournage, vint même parfois sur le plateau pour tenter de réconcilier les deux hommes, en vain !
Extrait audio : "J'ai perdu 100 grammes !" (Louis de Funès)
Les fils de Louis de Funès ont rappelé il y a quelques années à quel point leur père fut énervé par l'attitude des distributeurs qui ressortaient des films où il faisait une apparition alors qu'il était devenu une vedette. De fait, il n'est pas rare de trouver des affiches de Knock annonçant son nom dans les seconds rôles, alors qu'il n'apparaît que ... 10 secondes à l'écran. Jean Carmet quant à lui, a un vrai rôle, celui du moqueur qui devient infirmier. Le film est donc l'occasion de retrouver quelques bons acteurs, tels que Pierre Renoir en pharmacien soudain débordé, Pierre Bertin en instituteur candide, persuadé d'être porteur de germes, ou Jean Brochard en médecin confrère de Louis Jouvet. Ce personnage central de l'histoire est censé être le plus honnête docteur, veillant à la bonne santé de ses concitoyens, même si au début de l'histoire il vend son cabinet en arguant qu'il est très rentable.
Le texte est un classique du théâtre et l'adaptation cinématographique ne peut vraiment s'en démarquer, offrant souvent une succession de scènes, mais tellement réjouissantes qu'on oublie ce détail pourtant rédhibitoire dans bien des cas. La finesse des dialogues, leur humour noir et leurs réflexions cyniques sont un régal à écouter, d'autant que certains passages restent au delà de la farce des moments terriblement sombres et pessimistes quant à l'avenir des hommes face à la médecine (le passage près de la fenêtre entre Jouvet et Brochard).
La fin, sur un regard diabolique de Louis Jouvet, questionne encore : le médecin alité est-il le fruit de l'escroc Knock ou la preuve vivante de son génie de la médecine ?
* JELOT-BLANC, J.-J., Louis de Funès, une légende, Paris, Anne Carrière, 1993.
Alors que deux dentistes viennent récemment d'être condamnés parce qu'ils abîmaient volontairement les dents de leurs patients pour leur facturer des soins, la redécouverte de Knock, et de sa vision particulière de la médecine, peut faire froid dans le dos, ou rire jaune.
"Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous grattouille ?" (Louis Jouvet)
Comme César reste lié à Raimu et Rhett Butler à Clark Gable, on n'imagine mal le docteur Knock sous des traits différents que Louis Jouvet, les cheveux plaqués en arrière, parfois recouverts d'un chapeau melon, ses petits yeux cachés derrière des lunettes rondes. Pourtant voilà, plus qu'un autre, un film où les détracteurs de l'acteur se régaleront à argumenter que Jouvet déclame son texte comme un comédien sur scène, sans naturel, avec une intonation insupportable. Les autres, et j'en fais partie, répèteront à qui veut l'entendre que Jouvet était vraiment un des plus grands.
Objet de discordes entre les cinéphiles le docteur Knock ? Il fut déjà pendant son tournage l'enjeu de toutes les convoitises, puisque "tout Paris" voulait être de cette aventure, annoncée fameuse. Jouvet lui-même engagea quelques un de ses protégés, comme le jeune Jacques Monod, et se chargea de la direction artistique. Un des biographes de Louis de Funès, Jean-Jacques Jelot-Blanc*, rapporte que le tournage, de fait, fut houleux, entre un acteur "perdant son temps au cinéma" mais se mêlant constamment de la mise en scène, et un jeune réalisateur qui aurait bien aimé faire son travail. Jacques Becker, voisin de tournage, vint même parfois sur le plateau pour tenter de réconcilier les deux hommes, en vain !
Extrait audio : "J'ai perdu 100 grammes !" (Louis de Funès)
Les fils de Louis de Funès ont rappelé il y a quelques années à quel point leur père fut énervé par l'attitude des distributeurs qui ressortaient des films où il faisait une apparition alors qu'il était devenu une vedette. De fait, il n'est pas rare de trouver des affiches de Knock annonçant son nom dans les seconds rôles, alors qu'il n'apparaît que ... 10 secondes à l'écran. Jean Carmet quant à lui, a un vrai rôle, celui du moqueur qui devient infirmier. Le film est donc l'occasion de retrouver quelques bons acteurs, tels que Pierre Renoir en pharmacien soudain débordé, Pierre Bertin en instituteur candide, persuadé d'être porteur de germes, ou Jean Brochard en médecin confrère de Louis Jouvet. Ce personnage central de l'histoire est censé être le plus honnête docteur, veillant à la bonne santé de ses concitoyens, même si au début de l'histoire il vend son cabinet en arguant qu'il est très rentable.
Le texte est un classique du théâtre et l'adaptation cinématographique ne peut vraiment s'en démarquer, offrant souvent une succession de scènes, mais tellement réjouissantes qu'on oublie ce détail pourtant rédhibitoire dans bien des cas. La finesse des dialogues, leur humour noir et leurs réflexions cyniques sont un régal à écouter, d'autant que certains passages restent au delà de la farce des moments terriblement sombres et pessimistes quant à l'avenir des hommes face à la médecine (le passage près de la fenêtre entre Jouvet et Brochard).
La fin, sur un regard diabolique de Louis Jouvet, questionne encore : le médecin alité est-il le fruit de l'escroc Knock ou la preuve vivante de son génie de la médecine ?
* JELOT-BLANC, J.-J., Louis de Funès, une légende, Paris, Anne Carrière, 1993.
jeudi 2 août 2012
"LES GRANDES FAMILLES" (de Denys de la Patellière, 1958)
En quelques mots : Noël Schoudler (J. Gabin) règne sur un empire industriel familial en patriarche, et tente tant bien que mal de s'opposer aux vues réformatrices de son fils héritier (J. Desailly). Il décide même de lui donner une leçon de vie en lui confiant la responsabilité d'une partie de la société. Reste, en marge de la famille, un cousin excentrique (P. Brasseur), qui entend bien avoir sa part du gâteau.
On jubile d'avance à voir l'affiche et le casting de ce très bon film de Denys de la Patellière, regroupant autour de Jean Gabin, magistral, Pierre Brasseur dans le rôle du cousin "vilain petit canard", frivole et rusé, Jean Desailly et sa jeunesse aventureuse, Françoise Christophe en tendre épouse, Bernard Blier en secrétaire dévoué et Louis Seigner en banquier attiré par le gain. Le tout dialogué avec brio par Michel Audiard, d'après un roman de Maurice Druon.
Les grandes familles reste donc, on l'aura compris, un film de dialoguiste et d'acteurs - la mise en scène étant, comme toujours chez la Patellière, très sage (la présentation des personnages est l'illustration de cette lourdeur). Jean Gabin est évidemment tout trouvé pour ce rôle de patriarche imposant et respecté, tout comme Bernard Blier, encore habitué à cette époque aux personnages effacés et intelligents ; rôle qu'il fera évoluer quelques années plus tard, dans un même registre, avec Le Président (de Henri Verneuil, 1961), toujours face à Gabin.
Pierre Brasseur est l'élément comique du film, qui s'ouvre avec une scène très drôle dans une église, pour l'enterrement d'un personnage important de la famille, académicien. Le cousin indésirable arrive alors avec une femme à son bras, et s'installe derrière Gabin pour ironiser malicieusement de la situation. Le paroxysme est atteint lors de la quête, où il annonce, en lâchant quelques billets, "Laissez ! C'est ma tournée !"
Malgré ces quelques moments amusants, le film est grave, se concentrant sur la difficile relation père-fils (Gabin/Desailly) et sur les retors financiers d'une opération de restructuration de l'entreprise. En cette période de crise, Les grandes familles apparaît, à l'instar du film de Verneuil, encore plus intéressant, car largement en dessous de ce qui existe probablement aujourd'hui - les boursicoteurs et grands banquiers sont assez faciles à piéger.
La fin, classique, reste assez sobre et juste, après un tournant dramatique intense (où l'on voit même, fait rare, Gabin pleurer).
Extraits audio :
/ Pierre Brasseur sur les "Droites" :
/ Gabin/Desailly sur Picasso et la presse :
On jubile d'avance à voir l'affiche et le casting de ce très bon film de Denys de la Patellière, regroupant autour de Jean Gabin, magistral, Pierre Brasseur dans le rôle du cousin "vilain petit canard", frivole et rusé, Jean Desailly et sa jeunesse aventureuse, Françoise Christophe en tendre épouse, Bernard Blier en secrétaire dévoué et Louis Seigner en banquier attiré par le gain. Le tout dialogué avec brio par Michel Audiard, d'après un roman de Maurice Druon.
Les grandes familles reste donc, on l'aura compris, un film de dialoguiste et d'acteurs - la mise en scène étant, comme toujours chez la Patellière, très sage (la présentation des personnages est l'illustration de cette lourdeur). Jean Gabin est évidemment tout trouvé pour ce rôle de patriarche imposant et respecté, tout comme Bernard Blier, encore habitué à cette époque aux personnages effacés et intelligents ; rôle qu'il fera évoluer quelques années plus tard, dans un même registre, avec Le Président (de Henri Verneuil, 1961), toujours face à Gabin.
Pierre Brasseur est l'élément comique du film, qui s'ouvre avec une scène très drôle dans une église, pour l'enterrement d'un personnage important de la famille, académicien. Le cousin indésirable arrive alors avec une femme à son bras, et s'installe derrière Gabin pour ironiser malicieusement de la situation. Le paroxysme est atteint lors de la quête, où il annonce, en lâchant quelques billets, "Laissez ! C'est ma tournée !"
Malgré ces quelques moments amusants, le film est grave, se concentrant sur la difficile relation père-fils (Gabin/Desailly) et sur les retors financiers d'une opération de restructuration de l'entreprise. En cette période de crise, Les grandes familles apparaît, à l'instar du film de Verneuil, encore plus intéressant, car largement en dessous de ce qui existe probablement aujourd'hui - les boursicoteurs et grands banquiers sont assez faciles à piéger.
La fin, classique, reste assez sobre et juste, après un tournant dramatique intense (où l'on voit même, fait rare, Gabin pleurer).
Extraits audio :
/ Pierre Brasseur sur les "Droites" :
/ Gabin/Desailly sur Picasso et la presse :
| Bernard Blier et Jean Gabin dans Les grandes familles (1958) |
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