Affichage des articles dont le libellé est DVD. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est DVD. Afficher tous les articles

dimanche 6 janvier 2013

Quelques nouvelles de janvier !

Après Noël, les soldes ! Dans quelques temps, il sera bon de se promener dans les boutiques qui vendent des DVD pour voir si quelques classiques sont bradés. Si on peut souvent regretter l'absence de réelle culture cinéphile de la part de vendeurs dans les grandes enseignes (Orson qui ? Vous dites ?), le prix élevé des DVD/Blu-ray, il y a du bon à en tirer : parfois, il n'est pas rare de tomber sur un très bon film offert pour quelques euros parce qu'il n'est pas jugé classique !


Toujours est-il que Gaumont continue de ressortir des films de son catalogue, offrant au cinéphile une impressionnante collection de titres à (re)découvrir. Le 9 janvier, vous pourrez acheter Jusqu'au bout du monde (1963) de François Villiers avec Pierre Mondy et Marie Dubois notamment, Moi et les hommes de 40 ans (1965) de Jack Pinoteau avec Dany Saval, Paul Meurisse, Michel Serrault, Michel Galabru, Les nuits blanches de Saint-Pétersbourg (1938) un des premiers films de Jean Dréville avec Gaby Morlay et Pierre Renoir. Et c'est toujours un plaisir d'annoncer la sortie d'un film de Henri Decoin, Pourquoi viens-tu si tard (1959) avec Michèle Morgan et Henri Vidal. Côté Blu-ray, Gaumont s'attachera en janvier et février à faire redécouvrir en haute définition l'oeuvre de Maurice Pialat.



Chez René Chateau, quelques sorties à signaler : Une Java (1939) de Claude Orval avec Amos, Antonin Berval, Mila Parély et ... Fréhel qui chante sa fameuse Java bleue ! Un Jean Delannoy inédit en DVD, Le secret de Mayerling (1949) avec Jean Marais, Sylvie Monfort et Jean Debucourt ; et pour les amateurs, un Tino Rossi de 1936, Au son des guitares (Pierre Ducis).

Côté livres, janvier me semble bien maigre. Hormis les nombreuses biographies opportunistes qui sortent pour les 30 ans de la mort de Louis de Funès, signalons un ouvrage de Christian Dureau sur la charmante Micheline Presle, La belle de Paris. L'auteur semble être le seul à écrire toutes les biographies de cette collection, à un rythme impressionnant ! Ne cherchez donc pas une biographie fouillée ou une analyse de ses rôles à l'écran, mais plutôt une petite synthèse destinée à découvrir. Pas essentiel, surtout pour une petite vingtaine d'euros, mais l'occasion de se rappeler au bon souvenir de Micheline Presle.

Au cinéma, un film intitulé Renoir (Gilles Bourdos, 2013) dépeint l'histoire d'amour entre Jean Renoir (Vincent Rottiers, un excellent jeune acteur) et Andrée Heuschling (Christa Theret), muse du peintre Auguste Renoir (Michel Bouquet). La bande-annonce n'est pas spécialement prometteuse et je dois vous avouer que ce genre de film n'est pas du tout ma tasse de thé. Pourtant, je le verrai, pour l'incarnation cinématographique de Jean Renoir par Vincent Rottiers, et pour Michel Bouquet en vieux peintre. Si vous avez découvert ce film, en salles depuis le 2 janvier, n'hésitez pas à l'évoquer ici !
Signalons aussi une ressortie dans quelques salles de La mort en direct (1980) où Bertrand Tavernier s'attelait à imaginer une télé-réalité avant l'heure, avec Romy Schneider et Hervey Keitel.


L'âge d'or du Cinéma Français ?

Vous avez peut-être remarqué que la bannière du blog a de nouveau changé de visage après les fêtes. Et pour la première fois, j'ai intégré des repères chronologiques pour délimiter mon âge d'or du Cinéma Français : 1895-1983. La première date correspond, de manière classique, à l'invention du cinéma, avec la projection des trois petits films des frères Lumière le 28 décembre à Paris. Sur ce blog, peu de films des années 1890/1900/1910 évidemment, il s'agit plus d'une date symbolique. La seconde, plus précise, est à expliquer. Totalement subjective, 1983 correspond à la sortie de Papy fait de la résistance et à la mort de Louis de Funès (les deux étant liés car l'acteur comique devait incarner le fameux papy). Elle termine ainsi le règne de Funès sur le cinéma français et montre avec talent un passage de relais entre une ancienne génération et une nouvelle, en même temps qu'un regard neuf sur la Résistance, plus comique, après des années de glorification. Mon âge d'or du cinéma français est donc personnel, on s'en doute, je m'en étais déjà expliqué auparavant, et ne se limite pas aux décennies 1930/1940/1950. A ce jour, je n'ai jamais eu la moindre remarque à ce sujet, preuve que mes chers internautes ne semblent pas choqués !

mardi 4 décembre 2012

Quelques idées de cadeaux pour Noël ?

Le même problème se pose pour beaucoup d'entre nous tous les ans pour la période des fêtes. Quel cadeau offrir ? Cette année, osez le cinéma français ! Et pour les plus ambitieux, les plus insolents d'entre vous (et les plus riches), osez cet énorme coffret Jean-Pierre Mocky qui rassemble près de 50 films du génial réalisateur français, à mon sens l'un des meilleurs, hélas trop souvent boudé ou caricaturé. Pour 150€, retrouvez entre autres les films de sa collaboration avec Bourvil (La cité de l’indicible peur, Un drôle de paroissien, L'étalon et La grande lessive !) ou Michel Serrault (L'ibis rouge, A mort l'arbitre, Le miraculé ...) et quelques perles qu'il faut absolument (re)voir tels Y a-t-il un français dans la salle ? ou Les compagnons de la marguerite. 2013 sera donc probablement l'occasion de parler de Jean-Pierre Mocky, assez peu évoqué sur ce blog pour le moment. Pour les plus impatients, j'avais longuement évoqué sur un autre blog ce réalisateur que j'aime tant en me proposant modestement une brève analyse et évolution de sa carrière (voir « Jean-Pierre Mocky : le vrai cinéma ! »).


Gaumont à la demande, la collection incontournable, propose comme tous les mois de nouveaux titres à redécouvrir en DVD. Citons Pattes Blanches (1949) dont j'avais parlé très vite dans un article sur Michel Bouquet, excellent film de Jean Grémillon avec également Fernand Ledoux, Paul Bernard et Suzy Delair, le tout tourné dans un charmant petit port de pêche des Côtes d'Armor (Erquy). J'avais pu découvrir ce film au cinéma dans une copie affreusement sale - espérons que le transfert DVD ne sera pas trop mauvais. Toujours avec notre chère Suzy, sortie d'un Marcel Carné de 1962, Du mouron pour les petits oiseaux avec un énorme casting : Paul Meurisse, Dany Saval, Roland Lesaffre, Robert Dalban, Dominique Davray, Jean Richard et même Dany Logan, le chanteur rock'n'roll des Pirates !


A noter également une ressortie Gaumont de Ni vu, ni connu (1958) de Yves Robert avec Louis de Funès, charmante petite comédie qui permettra de rendre hommage à nouveau à Pierre Mondy (le DVD existait chez René Chateau mais semble épuisé). On retrouvera également Valse brillante (1949) de Jean Boyer, avec Lucien Barroux et Jan Kiepura et La Tendre ennemie (1936) de Max Ophüls avec Simone Berriau et Catherine Fonteney.

StudioCanal poursuit ses intéressantes sorties Blu-ray et propose ce mois le chef d'oeuvre de Jacques Becker, Casque d'or (1952) avec Simone Signoret, Claude Dauphin et Serge Reggiani. A noter un intéressant documentaire en bonus sur les coulisses du tournage mais l'abandon des autres suppléments du DVD.


Chez René Chateau, quelques sympathiques nouveautés dont un Raymond Bernard, cinéaste remis à l'honneur en cette fin d'année (voir le coffret Raymond Bernard chez Pathé) de 1937, Le coupable, avec Pierre Blanchar et Marguerite Moreno. On notera aussi Pamela (de Pierre de Hérain, 1945) avec Renée Saint-Cyr et Fernand Gravey ou encore Le messager (de Raymond Rouleau, 1937) avec Jean Gabin et Gaby Morlay.

Qui sera le Corniaud à Noël ?

Un coup d’œil rapide dans n'importe quel magasin et on retrouve les incontournables coffrets sur Louis de Funès. L'acteur comique le plus populaire du cinéma français continue de faire vendre ! On note évidemment, comme tous les ans et particulièrement ce Noël puisqu'on fêtera le triste anniversaire des 30 ans de sa disparition le 27 janvier prochain, une multitude d'ouvrages, à commencer par une biographie du tâcheron Sandro Cassati (Louis de Funès, Biographie intime) qu'il faudra probablement éviter, l'auteur étant le roi de la biographie commerciale dénuée de tout intérêt, tout comme Louis de Funès, le génie du rire de Christian Dureau qui a ici au moins le mérite de ne prétendre qu'à être une synthèse pour qui voudrait découvrir l'acteur. Les spécialistes de Louis de Funès semblent dire beaucoup de bien d'un abécédaire complet, écrit par Bertrand Dicale, Louis de Funès de A à Z, largement fourni en illustrations. Une rapide consultation en magasin me fait douter, pour ma part, de son intérêt si on connaît déjà bien ses classiques. Au lecteur de se faire son propre avis, tout comme sur l'énigmatique Louis de Funès, regardez-moi là, vous ! (Collectif) qui sortira après les fêtes. Et preuve, s'il en fallait une, de l'opportunisme de certains auteurs, cet ouvrage intitulé A table avec Louis de Funès qui propose de réunir les recettes de cuisine présentent dans ses films ! Grotesque ou vraie bonne idée ?

Les coffrets ne sont donc pas en reste. TF1 propose Louis de Funès, inoubliable, regroupant des archives télévisées inédites où l'on peut voir l'acteur chanter aux côtés de Michel Sardou ou Jean Carmet, tout comme des interviews de proches. La série des Fantômas ressort en Blu-ray dans un nouveau coffret (l'ancien avait été critiqué sur la qualité des transferts vidéo) même si j'ai l'impression que les bonus sont ceux du coffret DVD. Si vous n'avez pas encore ces films en votre possession, c'est peut-être une bonne occasion de toucher juste ! Et j'apprends même sur le site Autour de Louis de Funès qu'il est possible de trouver des T-shirt à l'effigie de l'acteur avec le slogan "Non ! Si ! Ohhh !". Je vous laisse juges ...



Quelques livres

Là aussi vous n'échapperez pas aux sorties opportunistes et tomberez encore une fois nez-à-nez avec le Grand livre des répliques cultes du cinéma ou des Répliques les plus drôles du cinéma ! Au milieu des monographies consacrées Marilyn Monroe ou James Dean, il sera bon de s'intéresser aux Méconnus du cinéma français : les acteurs de genre qui ont fait la grandeur de notre cinéma de Serge Regourd (déjà auteur du très bon Les seconds rôles du cinéma français) ou même au Scénario des Enfants du Paradis publié chez Gallimard !

Toujours dans le classique, Michel Audiard se vend bien. Outre l'excellent Audiard par Audiard chez René Chateau, on voit dans les rayons quelques livres sur Les tontons flingueurs ou Un singe en hiver. Annie Girardot, de manière plus opportuniste, est aussi à l'honneur de plusieurs ouvrages, dont le prochain sort en janvier (Annie Girardot, une vie dérangée de Bernard Pascuito).

Olivier Barrot nous entraine également dans une traversée du cinéma français - ce que j'essaye de faire avec ce blog -, espérons qu'il donnera une large part au cinéma des années 20 à 70 (Tout feu, tout flamme). Enfin, une jolie surprise découverte sur internet au gré de mes visites, les Mémoires d'un chevalier ciel, entendons bien sûr les souvenirs de Christian Marin qui nous a quitté cette année.

Pour rappel, le Jean Renoir de Pascal Mérigeau est toujours disponible dans la collection Grandes Biographies de Flammation, celle-là même qui publiera en février prochain Sacha Guitry, profession inventeur de Christophe Mirambeau, pour ceux qui continuent à faire des cadeaux après Noël !

lundi 5 novembre 2012

Quelques sorties : Max, Jean, Brigitte et les autres ...

Mon article sur Jeux interdits (1952) avait dû passer assez inaperçu puisqu'il n'a pas suscité d'indignations. Je me posais en effet la question de savoir si le film de René Clément était véritablement un chef d'oeuvre, ce dont je me permettais de douter, sans remettre en cause de très grandes qualités.

Toujours est-il que pour les amateurs sûrement nombreux du film, bonne nouvelle puisque StudioCanal annonce sa sortie en Blu-ray. L'édition DVD n'était déjà pas trop mauvaise, gageons que ça sera encore meilleur. Les Années Laser sont assez élogieux sur la restauration image et son du film, même si ils déplorent quelques absences de bonus présents sur l'édition DVD.

Toujours en Blu-ray chez StudioCanal, une très belle restauration du classique de Claude Sautet, César et Rosalie (1972) avec Yves Montand et Romy Schneider. Et puis allez, même si on sort un peu de notre période, signalons la sortie de la comédie de Gérard Oury, L'as des as (1982), avec l'inoubliable Jean-Paul Belmondo en haute définition ! Pour le coup, je ne m'en lasserai jamais et, au passage, je préfère la musique de Vladimir Cosma aux épouvantables accords de guitare de Jeux interdits.


Chez Gaumont, la collection à la demande s'étoffe encore un peu plus, pour notre plus grand bonheur. Signalons la sortie de Ophélia (1962) de Claude Chabrol (dans une copie apparemment assez sale), Le Bled (1929) de Jean Renoir, film de commande censé commémorer le centenaire de l'Algérie Française (dont l'aventure avait commencée en 1830 avec la prise d'Alger par les troupes de Charles X). Le DVD semble assez regardable malgré les imperfections du temps.

Je l'avais déjà évoqué pour un coffret dans un précédent article, Gaumont ressort dans cette même collection Atoll K (1951) de Léo Joannon, avec Suzy Delair face à Laurel et Hardy !


On ne parle pas assez de Max Linder, et ce blog n'échappe pas à cette triste règle. Alors je me rattrape comme je peux en évoquant ici la sortie d'un très beau coffret chez StudioCanal, en Blu-ray ! Celui dont Charles Chaplin disait qu'il était son "maître", qu'il avait "révélé le sens du comique" s'est suicidé en 1925 au fait de sa gloire, après avoir assassiné sa femme. Heureusement ses films restent et il est probable que ce très beau coffret soit pour les cinéphiles une très bonne occasion de les (re)découvrir.

lundi 15 octobre 2012

Quelques sorties : Carné, Renoir, Tourneur, Bernard, Bourvil ...

Le cinéma français dit "patrimonial" n'en finit plus de renaître de ses cendres grâce aux bonnes initiatives des grands distributeurs français, et à quelques passionnés !

A paraître très rapidement, le livre de Philippe Morisson et N.T. Binh "Les magiciens du cinéma", spécialiste du réalisateur Marcel Carné, et webmaster du site de référence et du blog sur l'auteur du Quai des brumes ! Préfacé par Jean-Pierre Jeunet, l'ouvrage se propose de rendre hommage à Marcel Carné, son dialoguiste Jacques Prévert et le décorateur Alexandre Trauner. Plus d'informations sur cette vidéo.

Déjà disponible à la vente, retrouvez pour environ 27€ une imposante biographie de Jean Renoir par Pascal Mérigeau, dans la très sérieuse et élégante collection "Grandes Biographies" de Flammarion. Je ne l'ai pas encore commandé (beaucoup de choses en ce moment !) alors j'attends vos impressions si vous l'avez lu. Pour vous donnez un peu envie, voici quelques mots de Bertrand Tavernier sur cet ouvrage :
Disons-le simplement, le Renoir de Pascal Mérigeau est sinon la meilleure biographie critique écrite sur un cinéaste, du moins l’une des deux ou trois meilleures. Qui évite tous les pièges de certains ouvrages américains qui sacrifient l’esthétique des films, leur force artistique, bref l’analyse critique à des détails biographiques, des ragots intimes le plus souvent haineux et rances. Welles ou Losey ont été les victimes de ces approches. Rien de tel ici. Les analyses de Mérigeau sont concises, denses, passionnées. Il débusque des touches, des inventions typiquement renoiriennes dans un film de commande (comme cet Amazing Mrs Holliday signé Bruce Manning, avec Deanna Durbin où, révélation stupéfiante, l’on découvre pour la première fois que Renoir a tourné quarante-sept jours sur les quarante-neuf du plan de travail initial), évoque merveilleusement les beautés de La Règle du jeu, de La Partie de campagne. Bref, il parle de la mise en scène, du style souvent génial, innovant du cinéaste.

Côté DVD, le coffret Maurice Tourneur de Pathé est déjà disponible sur Amazon, pour le prix annoncé de 50€. Là encore, j'espère que nous serons nombreux à échanger sur les qualités des films, des restaurations, des bonus de ce coffret attendu, que je ne manquerai pas de critiquer sur ce blog prochainement. A paraître également en novembre, signalons la sortie d'un coffret Raymond Bernard, cinéaste méconnu, qui proposera (pour 60€) Le miracle des loups (1924), Le joueur d'échecs (1926) et Tarakanova (1929), un documentaire et un livret.
En novembre également, pour le plaisir, évoquons la sortie d'un coffret Suzy Delair, qui se contente en fait de reprendre 3 DVD déjà distribués dans la collection Gaumont à la demande, L'assassin habite au 21 (1942), Lady Paname (1950) et Atoll K (1951).

Gaumont à la demande toujours, qui enchaîne les sorties inédites, pour notre plus grand plaisir. En novembre (et déjà en pré-commande pour les plus impatients), sortie du Chemin des écoliers (1959) avec Bourvil, Alain Delon et Pierre Mondy, Toi le venin (1959) de Robert Hossein avec Marina Vlady, La tendre ennemie (1936) de Max Ophüls avec Simone Berriau. Et pour les plus acharnés, un énorme coffret (pour 150€, style cadeau de Noël) regroupant 30 films de la collection rouge de Gaumont, accompagnés du livre "Musée Gaumont, morceaux choisis".
Signalons aussi au passage une initiative intéressante, un coffret regroupant les trois films autour de Caroline Chérie. Le premier (1951) est signé Richard Pottier, et m'a laissé un très mauvais souvenir (malgré une découverte au cinéma, sur copie d'origine), et je n'ai pas eu le courage de voir les deux suivants, réalisés par Jean Devaivre, Un caprice de Caroline Chérie (1953) et Le fils de Caroline Chérie (1955). Affaire à suivre...

samedi 13 octobre 2012

"JERICHO" (de Henri Calef, 1946)


En quelques mots : Dans une ville de province, sous l'Occupation, quelques jours avant le Débarquement. Des résistants font sauter une ligne de chemin de fer, immobilisant dans la gare un train allemand d'essence, exposé aux dangers. Pour prévenir de toute attaque, l'occupant fait arrêter 50 prisonniers qui seront exécutés à la moindre tentative d'attentat contre le train.

Découvrir Jericho aujourd'hui est une révélation quand on connaît les représentations que l'on se fait du cinéma français d'après-guerre traitant de la Résistance. Dès lors qu'avec La bataille du rail (de René Clément, 1946) - le plus représentatif du genre - le cinéma français se faisait l'écho de la pensée nationale : toute la France avait été résistante, dans un esprit, bien défendable, de réconciliation des français. A noter que même si les cinéastes ont su s'abroger de cette idée avec le temps, certains poursuivent à persister dans une logique plus ou moins uniforme (il n'y a qu'à voir les récentes Femmes de l'ombre pour s'en convaincre, ou Zone Libre de Christophe Malavoy).

Jericho, film méconnu et difficilement trouvable aujourd'hui , apporte un contre poids sensible au film de René Clément, tourné la même année. Le générique commence par Heidi, Heido, ce qui n'est pas commun (surtout quelques mois après la Libération), et s'ouvre classiquement sur un homme perdu cherchant et trouvant refuge chez un habitant du village, qui lui offre la protection et un repas. Une visite impromptue de l'occupant insuffle un peu de suspens, mais rien de bien original. On ne retrouve plus d'ailleurs, par la suite, ce genre de séquence, comme si Henri Calef voulait montrer qu'il entend se détacher des clichés.


Signé par Charles Spaak, que j'ai déjà évoqué ici à plusieurs reprises, le scénario entre dans l'intimité d'un bureau d'officier allemand, occupé à traiter avec un français, interprété avec grand talent par Pierre Brasseur. Celui-ci, peu scrupuleux, vend son âme au diable et lui vend tout ce qu'il désire - mais il n'en est pas récompensé pour autant. Je vous propose d'écouter un extrait audio de cette très belle scène, que l'on n'aurait pas soupçonné voir au cinéma en 1946 :

Extrait audio : "Maintenant que vous êtes là, on respire !"


Il y a d'autres personnages traitres ou peureux dans la France que montre Calef ; une très belle séquence montre la réunion d'un Conseil Municipal, chargé de trouver le nom des 50 otages. L'un des membres ne désire pas se désigner à la place des autres et s'en va ; un deuxième le suit. Les autres se constituent prisonniers dans une séquence que l'on voudrait héroïque, et pourtant ridiculisée par l'officier allemand ("C'est un geste à la française ça, pour faire honte au barbare que je suis. Ça me rappelle "Tirez les premiers messieurs les anglais" ... et vos bons amis se sont empressés de tirer !").

Certes, il y a quand même des braves, de toutes classes sociales : la cellule se compose d'un mendiant (formidable Pierre Larquey), d'un ouvrier, d'un aristocrate passionné par les marches militaires (lui aussi, malgré une attitude bien noble, est ridiculisé par la suite quand on lui souffle que ses marches militaires, on les chantera plus tard ... devant sa tombe !). L'arrangement des personnages pourrait être artificiel. Il n'en est rien, et ce malgré l'extraordinaire casting de gueules (on retrouve Jean Brochard, René Génin, Alfred Pasquali, Raymond Pellegrin ...), où tout le monde a sa place. Louis Seigner y campe d'ailleurs un médecin terne et résolu, qui confesse toutefois qu'il ne pourra pas pardonner aux Allemands.


La dernière demi-heure est remarquablement écrite et filmée. Parqués dans une église, les 50 otages passent leur dernière nuit. La plupart sont résolus et dignes, d'autres ont peur, et Pierre Brasseur incarnant toujours, à lui seul, la mauvaise conscience française se livre à un numéro (à la limite du cabotinage) très fort de lâcheté, et va même jusqu'à dire "Léchons leur les bottes, mais je ne veux pas mourir !". Cette séquence, filmée dans un contexte où tout le monde se prétendait résistant, est inoubliable, et je vous propose d'en écouter un extrait audio :

Extrait audio : "Léchons leur les bottes ! Mettons nous à genoux !"


Henri Calef n'est pas pour rien à cette belle réussite car il sait filmer ses personnages et utiliser les cadres pour accentuer leurs émotions ; ainsi d'une jolie scène où un aumônier allemand se propose de confesser les otages avant leur exécution, il donne l'absolution à un Louis Jouvet qui refuse de pardonner aux occupants. Ainsi également d'une scène amoureuse entre Raymond Pellegrin et Nadine Alari, très bien cadré, qui commence sur un baiser et s'achève sur une grenade lancée contre le train.

A noter que les séquences aériennes ont été tournées avec les véritables avions et pilotes qui servirent cette histoire authentique !

Jéricho est classé sur ce blog dans la catégorie "Chef-d’œuvre" et ce n'est pas pour rien ; j'entends ainsi montrer à quel point ce film est remarquable et inciter mes chers lecteurs à se le procurer. Hélas, ce n'est pas tout à fait évident. Il existe bien un DVD du film, sorti dans la Collection Ciné-Club mais ne le cherchez pas dans le commerce. On le trouve neuf ou d'occasion sur divers sites d'enchères, ou même sur Amazon. Je l'ai personnellement trouvé sur PriceMinister pour quelques euros. Le DVD ne possède aucun bonus, la copie est plutôt bonne malgré quelques problèmes de son de temps à autre. N'hésitez pas à vous le procurer, Jéricho est un véritable bijou !

jeudi 4 octobre 2012

DVD : "Henri-Georges Clouzot, le tyran éclairé"

D'abord méfiant face à ce genre de collection sur "les plus grands cinéastes français du XXe siècle", j'ai préféré emprunter ce DVD en bibliothèque plutôt que l'acheter. Le titre ambitieux, quoiqu'un rien racoleur - Henri-Georges Clouzot, le tyran éclairé - terme lourd de sens historique mais bien pratique pour désigner une personnalité ambiguë, ne cache en réalité pas grand chose d'autre qu'un simple documentaire où se croisent des témoignages et des commentaires en voix-off sur des images d'archives et des extraits de films.

Le commentaire est d'un classicisme éprouvant, débité par une voix-off lancinante et monocorde, et n'apprend absolument rien sur les films du grand Clouzot. Il faut dire que le concepteur du film a pris soin d'aller chercher quelques personnalités à questionner, et base ses "analyses" autour d'elles : ainsi on passe très rapidement sur les chefs d'oeuvre que sont Le Corbeau, Quai des orfèvres et Les Diaboliques (car personne à interviewer) mais on s'arrête largement sur Manon et plus encore sur La Vérité, où Brigitte Bardot raconte pendant 10 minutes son calvaire. Suzy Delair, qu'on est toujours très heureux de retrouver, évoque brièvement son mariage et ses films avec Clouzot, mais n'a pas autant de place dans le reportage que Cécile Aubry !

En bref, on n'est pas bien loin du reportage calibré pour TF1 ou TMC, sans recherche ni originalité, insistant largement là où il a quelques informations. Il n'est pas évoqué un instant que L'enfer fut inachevé, et le documentaire ne tente jamais (c'est peut-être mieux ainsi, d'un sens) une quelconque analyse de l’œuvre du cinéaste, se contentant de poncifs comme "tourmentée", "noire" ou "dramatique". Je ne sais pas vraiment pour qui ce DVD peut représenter un intérêt.

Dans la même collection, on retrouve Marcel Carné, Julien Duvivier ... J'essaierai de les voir également.

samedi 15 septembre 2012

"LE VOYAGEUR DES SIECLES" (Série TV, 1971)


En quelques mots : En 1981, le jeune Philippe d'Audigné est porté disparu ... et pour cause ! Grâce à une machine à remonter le temps, il est partit rejoindre son ancêtre le professeur François d'Audigné, à la fin du XIXe siècle ! De là, il entend avoir des explications sur le portrait de famille dont il est tombé amoureux, celui d'une jeune femme morte sur l'échafaud pendant la Révolution Française.

Le premier carton du générique annonce "Une Julvernerie moderne de Noël-Noël", celui-ci ayant en effet depuis très longtemps cet ambitieux projet de voyage à travers le temps pour le cinéma. Hélas, long et cher, il ne vit pas le jour comme le souhaitait son auteur, mais fut réalisé pour la télévision (avec des moyens réduits), en quatre épisodes. Diffusés pendant des vacances scolaires, il n'attira pas le public et passa complètement inaperçu. Noël-Noel lui-même, qui ne voyait pas son projet se concrétiser comme il l'aurait souhaité, n'y participe pas en tant qu'acteur. Toutefois, la mise en scène est signé de Jean Dréville, son complice de La cage aux rossignols ou A pied, à cheval et en spoutnik.

Cette mini-série télévisée, ressortie dernièrement en DVD (édité par l'INA), est une franche réussite inventive, où l'on prend plaisir à suivre les aventures dans le temps des Audigné, incarnés par les méconnus Robert Vattier et Hervé Jolly. Évidemment le manque de moyens se fait régulièrement sentir, surtout lorsqu'il s'agit de montrer le Paris de l'époque moderne, mais la mise en scène évite la plupart du temps ces plans larges, recentrant l'action sur les regards étonnés de nos deux héros. Et il y a de quoi s'étonner dans cette histoire de voyage à travers le temps !

  • Prologue : "L'étrange disparition de Philippe d'Audigné".
L'ouverture de la série est aussi la plus bavarde, peut-être la moins réussie. Si elle sème habilement le trouble dans nos esprits - on ne comprend rien à cette disparition -, elle laisse aussi le spectateur un peu en dehors de l'histoire. Les points les plus amusants sont encore les inventions du futur (l'épisode se déroule en 1981), où l'on découvre l'ancêtre du rétroprojecteur et des écrans de surveillance très particuliers. Roland Giraud et Georges de Caunes font une petite apparition très sympathique, où l'on apprend que Georges Brassens est entré à l'Académie Française et Jean Marais à la Comédie Française !

  • Épisode 1 : "L'homme au tricorne".
Mélange d'explication scientifiques et de visions du futur, ce premier épisode est tout à fait passionnant. On apprend que le jeune Philippe d'Audigné, en appliquant les recherches de son aïeul, a mis au point un appareil capable de réfléchir les miroirs à travers les siècles. Dans un miroir prêté par un ami conservateur, il a ainsi pu apercevoir quelques instants un vieux comédien en train de se maquiller ... Molière ! Le jeune homme débarque dans les années 1880 chez son aïeul, à qui il entend bien prouver que ses recherches étaient géniales. Il lui explique aussi l'autre but de sa visite : dans un miroir du château, il a vu le reflet d'une magnifique jeune femme qu'il entend bien aller retrouver.


  • Episode 2 : "L'album de famille".
Là commence le second voyage dans le temps, vers le règne de Louis XVI, quelques mois avant le début de la Révolution Française. Les deux explorateurs découvrent alors le Paris de 1788, ses coutumes, ses brigands et ses chemins de traverse (futures rues Miromesnil et boulevard Haussmann !). Cet épisode, peu riche en rebondissements (le moins attrayant des quatre), permet de comprendre le principe de la machine à remonter le temps et installe la suite des aventures.

  • Épisode 3 : "Le grain de sable".
Les deux Audigné partent vers leur château, à la rencontre de leurs aïeux (et de la belle jeune femme !). Une séquence est tout à fait amusante, surtout a posteriori : Philippe et François ont pris place dans une carriole qui doit les conduire vers le château, et la voix-off se plaît à commenter le voyage comme sur une route contemporaine ; ainsi les chauffards doublent vite et par la droite, certains se trainent et provoquent des bouchons, et tout le monde se calme quand deux chevaux avec des gendarmes mènent le cortège ! Une réplique du jeune homme est succulente : apostrophant un chauffard, il s'exclame "Alors ? on ne laisse pas passer la gauche ?", ce à quoi le paysan répond "Mais la gauche, elle passera jamais !" ... ironie du sort lorsque l'on sait que l'épisode a été écrit en 1971 mais que le jeune homme est censé venir de ... 1981 !

Au château, les deux hommes se jouent du temps : ils se présentent comme s'appelant Winston Churchill et Bob Dylan, récitent des vers de Verlaine et se prennent une cuite. Mais lorsque Philippe découvre sa belle en chair et en os, il décide de bouleverser le cours de l'Histoire ...

  • Épisode 4 : "Le bonnetier de la rue Tripette".
Dernier épisode savoureux de cette mini-série où nos deux héros se retrouvent, en 1808, dans une Histoire de France qu'ils ont modifiés eux-mêmes : la Révolution n'a jamais bouleversée la France, Louis XVI a fait de belles découvertes scientifiques et la guerre avec l'Allemagne menace. La Bourgogne, où habite la belle comtesse dont Philippe est amoureux, est assiégée par l'envahisseur et personne ne semble pouvoir y faire face. Les deux hommes décident alors d'appeler le seul capable de diriger une armée ... Napoléon Bonaparte, qui dans cette Histoire modifiée, a abandonné l'armée pour se marier et diriger une entreprise de lainage ! La rencontre avec l'illustre "petit caporal" est aussi émouvante que si nous la vivions nous même et conclut admirablement les aventures des Audigné !


Il faut avouer toutefois que la mise en scène laisse parfois à désirer, et qu'on ressent la sensation d'urgence de réalisation propre aux téléfilms. Cependant, elle ne gâche jamais le plaisir que l'on a à suivre cette Histoire revisitée. Curieusement, on se prend vite au jeu et les découvertes de Louis XVI ou Napoléon sont autant de moments très forts, comme si il s'agissait d'un extraordinaire documentaire !

Notons aussi le plaisir de reconnaître ça et là quelques figures sympathiques du cinéma ou du théâtre français : Lucien Raimbourg en professeur septique, Roger Carel en Napoléon Bonaparte, Laurence Badie en Madame Bonaparte, Guy Delorme en brigand ou Pierre Mirat en Louis XVI. La mini-série vaut aussi pour ses quelques inventions. Ci-dessous, découvrez pêle-mêle ce qui aurait pu exister en 1808 : un téléphone, une voiture à bras roulante, une sorte de voiture individuelle, ou en 1981 ... la voiture volante du facteur !


lundi 10 septembre 2012

Des nouvelles des Enfants du Paradis ... !

Un des très grands films de Marcel Carné, Les enfants du paradis (1945), était introuvable en DVD depuis quelques temps, sinon d'occasion dans la collection Pathé Classiques, et parfois dans des conditions assez déplorables. Une vieille édition traine encore sur le net, avec une image épouvantable et des problèmes de lecture. Triste destin pour ce film mythique ...

Heureusement, les temps s'annoncent bien meilleurs : Pathé annonce la sortie en DVD, Blu-ray et VOD des Enfants du paradis en version intégralement restaurée (image et son). Mieux, le film ressortira le même jour au cinéma, le 24 octobre, sur quelques copies. Il sera vraisemblablement difficile de le voir hors des grandes villes, comme d'habitude, mais c'est mieux que rien !

dimanche 2 septembre 2012

Actualités : sortie d'un coffret Maurice Tourneur !

Mise à jour de l'article du 29/07 : le coffret présent sortira en France le 10 octobre 2012 !

--------------------------

Bertrand Tavernier, par l'intermédiaire de son blog, a annoncé il y a quelques temps la sortie prochaine d'un coffret consacré au réalisateur français Maurice Tourneur, chez Pathé ! Une très bonne nouvelle pour tous les cinéphiles qui pourront découvrir ou redécouvrir Au nom de la loi (1932), avec Charles Vanel, Les gaietés de l'escadron (1932) avec Raimu, Gabin et Fernandel, Accusée levez vous ! (1930) et Justin de Marseille (1935).

Ces films ont été restaurés et seront agrémentés de plusieurs bonus, dont certains dirigés par Tavernier lui-même, ce qui ne laisse supposer que du bon. Rappelons que Gaumont avait réédité en DVD et Blu-ray le sublime film La main du diable (1943), du même Maurice Tourneur, dans une formidable copie restaurée. Toujours disponible à prix raisonnable (Amazon).

samedi 18 août 2012

Ils arrivent en DVD ! (juillet-août 2012)

Parmi les nombreuses sorties ou ressorties DVD de cet été 2012, signalons quelques films français de notre âge d'or, avec des stars telles que Louis Jouvet, Fernandel ou Danielle Darrieux.


Collection "Gaumont à la demande" : C'est d'abord La maison du Maltais de Pierre Chenal (1938) avec Viviane Romance, Louis Jouvet, Pierre Renoir et la chanteuse Fréhel, sans oublier l'incomparable plaisir de retrouver Marcel Dalio. Premier rendez-vous, de Henri Decoin (1941) permet de retrouver Danielle Darrieux, entourée notamment de Jean Tissier, Fernand Ledoux et Louis Jourdan à ses débuts. La Cavalcade des heures (1943), avec Fernandel, est restée célèbre puisqu'on y entend Charles Trenet chanter Que reste-t-il de nos amours ? et Débit de l'eau, débit de lait avec Francis Blanche. Enfin, la sympathique comédie de Yves Robert Les Copains (1965) est éditée, avec son impressionnant casting (Noiret, Lonsdale, Rich, Mondy, Bedos, Balutin, Piéplu, Lefebvre ...).

LCJ Productions : Curiosité, dont j'ignorais même l'existence, Le coup de grâce (1965), histoire de vengeance quelques années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, avec Danielle Darrieux et Michel Piccoli.

Pathé Classiques : Autre curiosité, Fortune Carrée (1955), réalisé par Bernard Borderie (le réalisateur des Angélique) avec en rôle principal l'acteur mexicain Pedro Armendariz (que j'aime toujours revoir chez John Ford, notamment dans Le fils du désert) et les français Paul Meurisse et Fernand Ledoux en ... juge musulman. Un film d'aventures qui promet beaucoup de dépaysement et d'action !

dimanche 5 août 2012

"LE MYSTERE SAINT-VAL" (de René Le Hénaff, 1945)

En quelques mots : Désiré Lesec, modeste employé au service de son oncle, remporte le premier prix du concours du détective amateur. Impressionné, son oncle le charge de mener une enquête au château de Saint-Val, où le maître de lieux vient d'être retrouvé mort dans d'étranges circonstances. Il y découvre bien vite six individus au comportement suspect.

Le mystère Saint-Val, que le biographe de Fernandel, Jacques Lorcey, qualifie très gentiment "d'honnête comédie policière", est le premier film tourné par la star après la Libération.

On sent d'emblée le manque de moyens évident de la production, qui n'utilise que peu de décors, assez pauvres, dans un studio qui ne semble pas chauffé - des nuages de vapeur d'eau se dégagent des bouches des acteurs dès qu'ils parlent. Pourtant, le film démarre comme une honnête petite comédie populaire, avec un Fernandel habituel, gaffeur et expressif, et des situations amusantes. Mais dès lors qu'il arrive au château de Saint-Val, le film devient la captation ratée d'une pièce de théâtre, pas franchement réussie. Les situations improbables s'enchainent sans logique, sans humour et il faut tout l’abatage de Fernandel pour ne pas s'endormir devant ces jeux démodés et cette mise en scène soporifique. Les dernières minutes révèlent le fin mot de l'intrigue et retrouvent un semblant d'intérêt parce qu'il se passe enfin quelque chose.


Le film existe chez René Chateau dans une édition DVD tout à fait correcte. Restaurée, cette version de 1945 ne présente que des défauts mineurs (même si on voit un petit bout de la pellicule brûler dans une scène !) sur l'image, et un son honnête. Toutefois, le DVD est vendu comme étant la version de 100 minutes, mais ne propose que celle de 82 minutes. Il semblerait que ce film ait été coupé (des scènes de chanson ?), d'où peut-être ce rythme très curieux et ces ellipses grotesques.
Acheter le DVD ici.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...