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samedi 9 mars 2013
"LE MONOCLE NOIR" (de Georges Lautner, 1961)
En quelques mots : Dans un vieux château breton se tient une réunion secrète. Des partisans de l'ordre, nostalgiques du IIIe Reich, se retrouvent discrètement en l'honneur d'un compagnon de route de Hitler qui doit prendre la tête de leur réseau. Le vieux marquis, propriétaire de la demeure, accueille alors un allemand, un italien et un mystérieux aveugle au monocle noir. Mais il semblerait que des espions rôdent autour du château.
Le monocle noir est un des premiers films de Georges Lautner - son cinquième - et le premier volet de sa trilogie du Monocle, suivi de L'oeil du monocle (1962) et du Monocle rit jaune (1964), toujours avec Paul Meurisse. Ce premier opus s'ouvre par un avant-propos de Bernard Blier, qui demande au spectateur de ne pas prendre trop au sérieux cette histoire d'espionnage - la marque Lautner diront certains, le réalisateur ayant toujours mélangé avec bonheur la comédie et le drame. Dans ses mémoires (On aura tout vu, 2005), Georges Lautner raconte que le roman était inadaptable à l'écran (avec une scène d'avortement où le marquis breton faisait brûler le fœtus de sa fille dans la cheminée), ce dont était bien conscient l'auteur, le Colonel Rémy, célèbre résistant et écrivain à succès. Du livre d'origine, il ne reste que le titre, le château en Bretagne et le Monocle écrit-il avant d'ajouter Je me suis amusé à faire des scènes très influencées par Orson Welles. De fait, la mise en scène de Georges Lautner est travaillée, très fluide et propose un grand nombre de cadrages intéressants, notamment pour les séquences de poursuite dans les sous-terrains du château.
Mais ce qui fait vraiment toute la force de cette histoire d'espionnage, c'est l'épatant casting réuni par Georges Lautner : les femmes d'abord, de la magnifique Elga Andersen, qui n'est pas sans rappeler un autre charme venu de l'est (Maria Schell) à Catherine Sola en passant par la jeune Marie Dubois, dans un petit rôle sans intérêt, hélas ; Le monocle noir s'inscrit ensuite dans la tradition de ces films de casting, où les petits rôles volent la vedette aux têtes d'affiches : Jacques Marin et Albert Rémy sont formidablement utilisés, presque à contre emploi, le premier en espion, le second en jeune romantique (!) et, accompagnés de Jacques Dufilho en guide à l'accent rustique et Bernard Blier en commissaire, font jeu égal avec les stars que sont Paul Meurisse, impeccable de snobisme flegmatique, et Pierre Blanchar, dont c'est le dernier rôle à l'écran. On s'amuse beaucoup de penser que celui qui tourna des films en Allemagne dans les années 1930, s'exila pendant la guerre, résista, revint à Paris à la tête d'un comité d'épuration termine sa carrière en citant du Hitler, concluant sur un Ah ! Cher Adolf ! nostalgique.
Le monocle noir, rare en DVD (il a été édité chez Pathé) est une excellente petite comédie d'espionnage, moins caricaturale que Les Barbouzes (1964), peut-être moins drôle aussi, malgré quelques bons dialogues, et qui ne doit pas rester méconnue. Gros succès à sa sortie, Georges Lautner avoue que c'est le film qui lança définitivement sa carrière.
vendredi 11 janvier 2013
Jacques Marin dans "Charade" (Stanley Donen, 1963)
Pour inaugurer la catégorie Transatlantique (les acteurs français à Hollywood), voici un bel exemple qui a de quoi nous faire pâlir de jalousie ! S'il joue son personnage de policier à l'air grave, je n'ose imaginer quelle émotion ressent Jacques Marin lors de cette scène où la sublime Audrey Hepburn se jette dans ses bras !
Dans le très bon Charade (1963) réalisé par Stanley Donen (Chantons sous la pluie, Un jour à New York, Voyage à deux), Jacques Marin se retrouve en policier français, très classique, à donner la réplique à Audrey Hepburn et Cary Grant ... rien que ça ! Loin d'être un simple figurant, son rôle est même assez étoffé et il apparaît à plusieurs reprises dans le film. La classe !
mercredi 26 septembre 2012
"JEUX INTERDITS" (de René Clément, 1952)
En quelques mots : En 1940, alors que des milliers de civils se retrouvent sur les routes, les Allemands tuent dans leurs bombardements les parents et le chien de la petite Paulette. Désaxée, elle trouve refuge dans une ferme de la région, et rencontre Michel, de quelques années son aîné. Les deux enfants décident de créer un cimetière pour animaux et de voler des croix pour les tombes.
Et si Jeux interdits était surestimé ? Et si j'osais dire sur ce blog que je ne considère par un des films les plus connus de René Clément, un des films les plus populaires de son temps comme le chef d’œuvre annoncé ? Je vais m'y risquer ici, à mes risques et périls. Les temps troublés que nous connaissons ne prêtent pas à vouloir pratiquer l'insolence, sous peine de devenir une cible, mais gageons que le sûrement très influent fan-club de Jeux Interdits me laissera la vie sauve.
Bien entendu, loin de moi l'idée de classer ce film dans la catégorie "nanar" ou "navet". De très bonne facture, l'histoire a l'intérêt de montrer la guerre à travers le regard de deux enfants, et plus encore l'apprentissage de la religion catholique, si présente à cette époque, d'autant qu'elle accompagne les rituels liés à la mort. Cette dernière est bien présente dans le film, et constitue même la colonne vertébrale de tout le scénario : la mort des parents de Paulette, la mort de Georges, la mort des animaux.
La guerre n'est pas omniprésente à l'écran, mais en toile de fond - une des meilleures séquences du film est d'ailleurs la petite chanson que chante Brigitte Fossey en marchand et en pleurant aux côtés de Michel qui porte les croix.
Mais de récit initiatique, puisqu'il est question de l'apprentissage de la vie et de la découverte du monde par des enfants, Jeux interdits manque d'ambition, à l'ombre de ses thèmes forts (la mort, la guerre, l'orphelinat, la rigueur rurale). Tout reste assez convenu et, si l'ensemble se suit avec plaisir, difficile de retrouver la puissance d'un film comme Les contrebandiers de Moonfleet, tourné quelques années après, où un enfant fait l'apprentissage de la violence du monde qui l'entoure.
Les dernières images, j'imagine, sèment le trouble chez le spectateur : les plus ardents défenseurs y voient la marque du chef d’œuvre ; les plus dubitatifs dans mon genre trouvent ça bâclé,voire un peu facile - si j'osais, je dirais même un peu pompier. Reste un film habilement mis en scène par René Clément, dont je ne vais tout de même pas renier le savoir faire - la scène de la mort de Jacques Marin est d'ailleurs absolument remarquable, dans la manière de la filmer et de placer les personnages qui fait immédiatement penser à un tableau. L'écriture de Aurenche et Bost est aussi très appréciable.
Il est facile de comprendre le succès de ce film, assez émouvant, d'autant plus au sortir de la guerre. A voir les nombreux prix prestigieux récoltés, j'ai immédiatement penser à Marty, film américain avec Ernest Borgnine, de bonne facture lui aussi, qui récolta en son temps une (bien curieuse) moisson de récompenses. Peut-être suis-je trop désenchanté pour apprécier la simplicité de ces œuvres ?
lundi 10 septembre 2012
"MAIGRET ET L'AFFAIRE SAINT-FIACRE" (de Jean Delannoy, 1959)
En quelques mots : Le commissaire Maigret est appelé dans le village où il a passé son enfance car la châtelaine a reçu une menace de mort. Croyant plutôt à un mauvais plaisantin, la vieille dame est pourtant retrouvée morte le lendemain, dans les églises, sous les yeux du policier. Celui-ci commence alors son enquête, entre un curé qui en sait long, un fils dépensier et un secrétaire particulier bien étrange.
Jean Gabin endossait en 1959 le costume du célèbre commissaire de Georges Simenon pour la seconde fois, après Maigret tend un piège. Force est de constater l'efficacité de ce policier très classique sur la forme et le fond, où les personnages sont intéressants et l'intrigue menée jusqu'à son terme avec suspens. On retrouve avec plaisir Robert Hirsch en secrétaire particulier de la comtesse qui ne semble pas avoir l'esprit tranquille, interprété avec beaucoup d’ambiguïté ; Michel Auclair en jeune comte et fils à maman dépensier, dragueur et insolent ; Paul Frankeur en médecin de campagne bonhomme et pas très malin ; ainsi que des troisièmes couteaux du cinéma français, tels un Jacques Marin antipathique en chauffeur de madame, et Marcel Pérès en sacristain au regard sombre.
Quant à Jean Gabin, est-il besoin de préciser qu'il colle très bien au personnage de Simenon, bourru, silencieux, malin et un rien cynique.
Je n'ai pas encore vu le dernier Maigret avec Jean Gabin (réalisé par Gilles Grangier) mais il n'est plus dialogué par Michel Audiard qui, il faut l'avouer, fait beaucoup pour assurer l'intérêt dans cette enquête policière classique, avec ses dialogues précis et taillés sur mesure. La mise en scène de Jean Delannoy, qui semble l'homme idéal pour ce genre de film, est honnête, comme toujours, servie par une jolie photographie. La scène finale, autour d'une grande table, reste le meilleur moment du film.
N'étant pas spécialement un expert de Simenon et de Maigret, j'aimerais l'avis des amateurs/spécialistes sur son incarnation par Gabin et cette adaptation du roman au cinéma (peut-être différente des adaptations à la télévision ?).
samedi 11 août 2012
"LES VIEUX DE LA VIEILLE" (de Gilles Grangier, 1960)
En quelques mots : Deux vieux amis (J. Gabin, Noël-Noël) coulent des jours paisibles dans un village de Vendée, où ils passent leurs journées à boire et râler contre la Terre entière. Lorsqu'un troisième luron les rejoint (P. Fresnay), ils décident de partir finir leurs jours dans une maison de retraite où l'on prendra soin d'eux.
Je n'avais qu'un très vieux souvenir de ce film, que j'avais dû voir lorsque j'avais une dizaine d'années, et je ne me souvenais que de Jean Gabin (le seul acteur que je connaissais) et de ... Paul Mercey (grâce aux films de Louis de Funès !). Que reste-t-il aujourd'hui des Vieux de la vieille, dont les trois représentants ornent la bannière de ce blog depuis quelques jours ?
Des dialogues avant tout, et j'oserai même dire que c'est à peu près tout, tant le jeu des acteurs - pourtant brillants - est démodé et exagéré, et la mise en scène conventionnelle. J'avais oublié les terribles accents campagnards des personnages principaux, qui exaspèrent plus qu'ils n'amusent (guère plus de quelques scènes). Passent encore l'abattage de Jean Gabin et Noël-Noël, c'est surtout Pierre Fresnay qui ne trouve jamais sa place, peu convaincant en plouc râleur, bien qu'il lance à un chauffeur de bus la meilleure réplique du film :
"Si vous y allez aussi vite que j'vous emmerde, pour une fois vous serez en avance sur l'horaire !" (Pierre Fresnay)
Quelques bonnes séquences comiques sauvent le film, notamment un arrêt pinard et souvenirs dans un cimetière, où les trois compères ont fort à faire avec Robert Dalban, le fossoyeur, ou l'enfer qu'ils vivent dans la maison de retraite, agissant comme des collégiens qui veulent faire le mur. Les scènes répétitives de bagarres et d'engueulades fatiguent vite, tout comme le périple à pieds, assez mollasson. Reste une gentille comédie réunissant trois grandes figures du cinéma populaire de l'entre-deux guerres, derniers tours de piste de Pierre Fresnay et Noël-Noël.
Je n'avais qu'un très vieux souvenir de ce film, que j'avais dû voir lorsque j'avais une dizaine d'années, et je ne me souvenais que de Jean Gabin (le seul acteur que je connaissais) et de ... Paul Mercey (grâce aux films de Louis de Funès !). Que reste-t-il aujourd'hui des Vieux de la vieille, dont les trois représentants ornent la bannière de ce blog depuis quelques jours ?
Des dialogues avant tout, et j'oserai même dire que c'est à peu près tout, tant le jeu des acteurs - pourtant brillants - est démodé et exagéré, et la mise en scène conventionnelle. J'avais oublié les terribles accents campagnards des personnages principaux, qui exaspèrent plus qu'ils n'amusent (guère plus de quelques scènes). Passent encore l'abattage de Jean Gabin et Noël-Noël, c'est surtout Pierre Fresnay qui ne trouve jamais sa place, peu convaincant en plouc râleur, bien qu'il lance à un chauffeur de bus la meilleure réplique du film :
"Si vous y allez aussi vite que j'vous emmerde, pour une fois vous serez en avance sur l'horaire !" (Pierre Fresnay)
Quelques bonnes séquences comiques sauvent le film, notamment un arrêt pinard et souvenirs dans un cimetière, où les trois compères ont fort à faire avec Robert Dalban, le fossoyeur, ou l'enfer qu'ils vivent dans la maison de retraite, agissant comme des collégiens qui veulent faire le mur. Les scènes répétitives de bagarres et d'engueulades fatiguent vite, tout comme le périple à pieds, assez mollasson. Reste une gentille comédie réunissant trois grandes figures du cinéma populaire de l'entre-deux guerres, derniers tours de piste de Pierre Fresnay et Noël-Noël.
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