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vendredi 21 décembre 2012

"SI PARIS NOUS ÉTAIT CONTÉ" (de Sacha Guitry, 1956)

En quelques mots : Las des vieux livres d'Histoire fait de suppositions, des étudiants demandant à un vieux professeur de leur raconter l'Histoire de Paris avec ses souvenirs et ses yeux contemporains. Comme ils reviennent, il leur conte les aventures de la capitale française, des Rois médiévaux à la Libération de Paris en 1944.

De retour de quelques jours passés à visiter le Paris des Rois de France, je n'ai pu que constater l'omniprésence dans les boutiques de souvenirs des derniers films historiques de Sacha Guitry sur Versailles, Napoléon et Paris. Référence s'il en est, Si Paris nous était conté impressionne toujours par son formidable casting de stars et son ambition de retracer en deux petites heures plusieurs siècles d'histoire d'une des capitales les plus importantes du monde. Pari insurmontable me direz vous et vous n'auriez que trop raison ! Bien que l'ouverture soit très amusante avec un vieux Sacha Guitry qui se joue des historiens et de leur Histoire - riant même dès lors qu'on évoque la francisque ... - et se propose de raconter à des étudiants Paris telle qu'il la voit à travers des souvenirs et des anecdotes. L'Histoire anecdotique est dangereuse car réductrice mais elle est toujours matière à assurer un très bon divertissement de cinéma. Hélas, comme avec son Si Versailles m'était conté trois ans plus tôt, Sacha Guitry se prend les pieds dans le tapis de l'académisme ronronnant et de l'Histoire à deux balles pour ne laisser place rapidement qu'à un véritable ennui - où les deux petites heures du film deviennent subitement très longues !

Au milieu de longues séquences de dialogues inventés, parfois inspirés, on peut s'amuser à retrouver Jean Marais en François Ier qui ne pense qu'à faire l'amour (comme son Louis XV à Versailles en 1954 !), Robert Lamoureux en Latude, célèbre prisonnier de la Bastille qui s'évada plusieurs fois (dont on peut encore admirer l'échelle de corde au Musée Carnavalet à Paris), Michèle Morgan en Gabrielle d'Estrées (maîtresse de Henri IV) dans un très beau dialogue avec Jean Martinelli et bien sûr Sacha Guitry en Louis XI qui s'offre le très beau rôle d'un Roi important mais méconnu. Les plus tolérants y ajouteront Gérard Philipe en troubadour qui revient à toutes les époques pour nous conter fleurette plus que Paris. Il faut reconnaître d'ailleurs que la ville n'est qu'un prétexte à évoquer quelques pages de l'Histoire de France qui n'ont parfois pas grand rapport (le procès de Marie-Antoinette, le bal de Napoléon III et Eugénie). Restent quelques idées de mise en scène, comme les différentes entrées militaires en plan séquence, ou de scénario, à l'image un peu trop voyante d'une taverne pendant la guerre de cent ans où rôde déjà le marché noir ...



Un Si Paris nous était conté tout aussi décevant que son précédent versaillais pour ma part, que je n'ai pas pris grand plaisir à découvrir. Il peut servir, à la rigueur, de grand Qui est-ce ? du cinéma français des années 1950.

mardi 20 novembre 2012

"MONSIEUR VINCENT" (de Maurice Cloche, 1947)



En quelques mots : Au XVIIe siècle, le nouveau curé de Châtillon, Vincent de Paul, découvre avec effroi que les habitants laissent mourir une femme pestiférée et s'enferment dans leurs maisons. Avec un ancien soldat, il l'enterre et sauve sa petite fille. Dès lors, une aura entoure le nouveau prêtre qui doit bien vite retourner à Paris où sa réputation le précède.

Vincent de Paul est devenu Saint en 1737, près de 80 ans après sa mort et représente pour beaucoup, encore aujourd'hui, un modèle de charité et de dévouement envers son prochain. Réaliser un film sur un Saint est très compliqué car il ne s'agit pas de tomber dans l'hagiographie sans nuances ou de montrer volontairement des choses qui pourraient entacher une telle figure. Monsieur Vincent, du surnom qu'on lui donna de son vivant, échappe à ces deux extrêmes et tente de représenter une partie de la vie de celui qui fonda La Congrégation de la Mission et Les Sœurs de Saint Vincent de Paul, particulièrement sa prise de conscience de la misère et des inégalités du monde qui l'entoure. Réalisé en 1947, le film est aussi une ode à l'apaisement des tensions entre toutes les couches de la société, riches et pauvres, et montre que dans des temps difficiles il y a toujours un homme de bien qui fait honneur à l'Humanité. Pierre Fresnay, qui avait connut des difficultés au sortir de la guerre pour son engagement à la Continental et pour sa participation au Corbeau (1942), incarne ici l'un des hommes les plus admirés de l'Histoire de France, des plus rassembleurs, bien au dessus de tout clivage.

Évidemment, ce thème reste d'actualité - il y a même fort à parier qu'il sera de plus en plus universel - et le film conserve une grande force pour des séquences qui font écho à ce que nous entendons au quotidien dans les médias. Face à Monsieur Vincent qui vient demander du pain et de l'argent, il n'est pas étonnant d'entendre le chancelier dire que "la France aussi a faim : de sécurité, d'ordre" et d'ajouter qu'il n'y aura plus de pauvres car ils vont être arrêtés et internés. La figure du mal nourri est toujours très justement replacée dans sa dualité, écart immense entre le misérable que l'on veut aider mais qui nous répugne par sa misère. Les scènes majeures du film sont d'ailleurs toutes là, des discussions de riches dames qui se concurrencent pour savoir qui va aider le plus de pauvres ou de religieuses qui finissent pas baisser les bras devant des affamés qui ne les respectent pas.


Au milieu de tout ça, Vincent de Paul fait figure de Saint, c'est le cas de le dire. La transformation physique de Pierre Fresnay est tout à fait étonnante de mimétisme, l'acteur disparaissant progressivement au profit de l'âme du religieux, particulièrement dans une des dernières scènes du film où Monsieur Vincent, vieillard admiré de tous, discute avec la Reine de France au coin du feu. On ne peut s'étonner qu'il fut récompensé à la Biennale de Venise par le prix d'interprétation masculine, qui n'est pas dû qu'au maquillage.

D'un classicisme de circonstance, le réalisateur Maurice Cloche n'offre pas une mise en scène de génie mais adaptée à son scénario - il aurait d'ailleurs été vain de vouloir en faire trop avec une telle histoire - et habilement mise en lumière par l'excellent Claude Renoir qui joue sans cesse avec les contrastes comme dans cette magnifique séquence où les bienfaitrices demandent à en faire moins, Vincent passant de l'obscurité à la lumière. On peut également louer le travail de Jean Anouilh et Jean-Bernard Luc sur le scénario et les dialogues, offrant à leur interprète principal des moments pour la mémoire (la séquence finale). On peut aussi avoir plaisir à retrouver Jean Debucourt, Jean Carmet, Pierre Dux ou Gabrielle Dorziat. Michel Bouquet, dans son premier rôle au cinéma, fait comprendre à Vincent, par un très beau monologue, que les pauvres ne peuvent pas s'attendrir sur la misère des pauvres ; Marcel Pérès obtient un tout aussi beau rôle de soldat au cœur tendre sous une allure insolente.

Pour autant, le film ne plaira pas au plus grand nombre ; certains y verront la pénible histoire d'un homme sans défauts, les autres un film où l'académisme s’étouffe dans les bons sentiments et la caricature. J'ose y voir quant à moi l'histoire d'un Saint homme restituée le plus humblement possible par un grand acteur. C'est déjà beaucoup et ça fait du bien.

samedi 17 novembre 2012

"MAIGRET TEND UN PIEGE" (de Jean Delannoy, 1958)

En quelques mots : Un énigmatique tueur de femme sévit dans Paris sans que la police ne possède la moindre piste. Le commissaire Maigret, pris à partie directement par l'assassin, le soupçonne d'être un orgueilleux et se décide à le provoquer en faisant arrêter un faux coupable pour que le vrai agisse à nouveau lors d'une reconstitution. Si il parvient à s'enfuir, un inspecteur observe l'étrange comportement d'une jeune femme...

Première adaptation d'un roman de Georges Simenon avec Jean Gabin dans le rôle du célèbre commissaire, ce film signé du sérieux réalisateur Jean Delannoy connut un très grand succès à sa sortie, à tel point que l'équipe fut presque obligée de rempiler pour un second épisode que j'ai déjà chroniqué sur ce blog, Maigret et l'affaire Saint-Fiacre. J'ai d'ailleurs, curieusement, préféré cette "suite" à ce piège tendu par un Maigret qui ne semble pas très concerné par son affaire. Il faut dire qu'elle n'est pas bien originale et qu'on découvre très vite de quoi il retourne. Les dernières séquences sont toutefois réussies, en cela qu'elles démontrent qu'un responsable n'est pas toujours le coupable, et inversement. Hélas, ce thème est aujourd'hui bien trop éculé pour être original et la mise en scène sage de Delannoy n'impose rien d'autre qu'un académisme parfois redoutable. Restent, heureusement, les savoureux dialogues de Michel Audiard, inspiré.

Pour autant, Maigret tend un piège n'est pas un mauvais film, je dirais même qu'il se suit très agréablement grâce aux comédiens, Gabin en tête. Annie Girardot est toujours très à l'aise, bien plus que Jean Desailly peu crédible en salaud au rire sadique (grotesque). Les seconds rôles, comme souvent, sont les meilleurs : Paulette Dubost en femme d'un boucher incarné par Alfred Adam, Lino Ventura en policier qui se fait mettre à terre en public par une femme (!), Jean Tissier que j'adore ou encore Jean Debucourt, dans son dernier rôle.

Tout ça plaira aux aficionados du commissaire de Simenon et aux amoureux des acteurs du cinéma français. Le DVD est disponible chez René Chateau, dans une bonne copie.

dimanche 7 octobre 2012

"LA DAME D'ONZE HEURES" (de Jean Devaivre, 1948)

En quelques mots : Stanislas-Octave Seminario (P. Meurisse), dit SOS, retrouve la famille Pescara, à son retour d'Afrique. Il découvre, par l'intermédiaire de la jolie Muriel (M. Francey), que la famille reçoit depuis plus d'un an des lettres anonymes de menaces. Il mène tranquillement son enquête jusqu'au jour où le fils de la famille, Charles, meurt dans d'étranges circonstances, non sans lui avoir révélé un certain nombre d'éléments.

Les droits de La dame d'onze heures semblent bloqués à l'heure où j'écris cet article, et il est impossible de le voir en DVD, ni même à la télévision. Seules quelques copies VHS trainent sur le net, vendues à prix d'or. Ce constat est bien triste, tant ce film mérite d'être redécouvert par le plus grand nombre, tant il s'inscrit dans une excellente tradition de film policier français, agrémenté d'une mise en scène particulièrement efficace.

D'emblée, il y a de quoi faire envie : Paul Meurisse en tête d'affiche, c'est l'assurance d'un premier rôle de choix, et quelle joie de voir au générique les excellents Pierre Renoir, Jean Tissier et Jean Brochard, merveilleux seconds rôles ; Gilbert Gil en fils à papa qui mène son enquête, et bien sûr la magnifique Micheline Francey dont je me fais, depuis les débuts de ce blog, l'ardent défenseur.

Ce petit monde se retrouve au centre d'une étrange affaire policière, menée de main de maître par Paul Meurisse, où les membres de la famille Pescara semblent les proies de graves menaces. L'ouverture du film est absolument notable : elle montre en plans très rapides les grandes étapes du film, brouillant les pistes sans ne donner aucun indice, mais elle met en appétit en présentant les personnages, tirés par les ficelles d'une main (celle du diable ?). Une sorte de bande-annonce du film. L'originalité vient de son montage - normal puis inversé - que l'on voit assez rarement en introduction d'un film policier (les metteurs en scène préfèrent la plupart du temps un meurtre avec des plans sur une main, des pieds ...). Jean Devaivre, qui fut un excellent assistant-réalisateur pendant l'Occupation, notamment auprès de Maurice Tourneur ou Richard Pottier, s'impose ici comme un très bon metteur en scène. A plusieurs reprises, il utilise ses acteurs et sa caméra de telle manière que l'on pense qu'ils s'adressent à nous - à tort : ainsi de la lettre anonyme où Pierre Renoir parle à la caméra - en réalité subjective -, du dossier ouvert par Paul Meurisse où les témoins de l'affaire parlent face caméra.


L'enquête est banale et pas franchement intéressante, le dénouement attendu ... et pourtant, impossible de décrocher. Jean-Paul Le Chanois signe un scénario et des dialogues qui permettent à Jean Devaivre d'en faire ce qu'il veut - est-ce ainsi que l'on reconnait un auteur ? -, avec une mise en scène enlevée, un rythme rapide et des acteurs à leurs aises (Jean Tissier pourrait agacer, car il en fait des tonnes comme toujours, mais il contribue ainsi à créer le mystère autour de son personnage).

Le rythme faiblit légèrement dans la dernière partie du film, qui devient tout à coup conventionnelle - comme si Devaivre voulait à tout prix offrir une fin classique à son film -, quoiqu'il n'y a aucune fioriture lors de la dernière séquence, tout ce qui doit se passer après est parsemé dans diverses séquences pendant le film (histoire d'amour ...).

Je vous présente ici un extrait vidéo, comme la plupart du temps quand je peux le faire, avec cette particularité qu'il s'agit là de l'ouverture dont j'ai parlé plus haut. J'ose ainsi espérer vous donner envie de voir la suite ...

mardi 2 octobre 2012

Le dernier rôle à l'écran de ... Jean Debucourt !

Il fut l'un des grands seconds rôles du cinéma français, en même temps qu'un pilier du théâtre, Jean Debucourt était Sociétaire de la Comédie Française. Il promena sa belle allure et sa voix reconnaissable (la voix du Christ dans la série des Don Camillo, c'était lui !) au travers une centaine de films.



Son dernier rôle est modeste, à son image. Dans Maigret tend un piège (1958), il incarne le temps d'une courte scène le supérieur hiérarchique de Jean Gabin, confiant dans l'audacieux projet du célèbre commissaire. Avare de mots, il lui redonne pourtant tout son soutient et sa confiance. Jean Delannoy filme un Jean Debucourt âgé et un peu amaigri, mais qui n'a rien perdu de sa superbe. Il s'est éteint moins de deux mois après la sortie du film, en janvier 1958.

lundi 1 octobre 2012

"NEZ DE CUIR, Gentilhomme d'amour" (de Yves Allégret, 1952)

En quelques mots : Le jeune Roger de Tainchebraye (J. Marais) est gravement blessé lors de la Campagne de France de 1814. Défiguré, il doit porter un masque et, dès lors, il devient un frénétique coureur de jupons, cynique et mécréant. Pour se prouver à lui-même qu'une femme peut encore l'aimer, il laisse la belle Judith tomber amoureuse de lui.

Il y a quelque chose de pathétiquement beau dans l'histoire de cet homme défiguré, incapable d'aimer puisqu'il se sait devenu monstre, caché sous un masque, et qui termine sa vie seul dans son château, après avoir joué avec l'amour des autres. Le roman original, signé Jean de La Varende, était l'un des préférés de René Barjavel, qui le tenait au rand de chef d’œuvre. Quand Yves Allégret décida de l'adapter avec son scénariste Jacques Sigurd, Jean Marais devenait familier des rôles en costumes (il venait de tourner Ruy Blas et Les chouans notamment), et il fut choisit naturellement. Le rôle lui convient d'ailleurs assez bien, et le jeune acteur adopte sa démarche particulièrement reconnaissable à plusieurs reprises, marchant droit, les bras près du corps, la tête haute et le sourire en coin.


Hélas, cela ne suffit pas à sauver cette pénible adaptation littéraire, privée de toute ambition de mise en scène ou de photographie. Passées les premières séquences où Jean Marais tente de se familiariser avec son nouveau visage (et la présence de Missimo Girotti en médecin, le personnage le plus intéressant du film), il faut beaucoup de courage et/ou d'admiration pour l'acteur vedette (et c'est mon cas) pour aller au bout de cette bluette sans saveur. Jean Debucourt, peu exploité, n'y change rien, et préfère se laisser mourir !

Françoise Christophe minaude pendant des heures pour nous faire comprendre qu'elle aime le beau Jean Marais mais que c'est bien difficile, à peu près autant que Mariella Lotti (présente parce que c'est une co-production franco-italienne). Seule Yvonne de Bray et son personnage de bonne dévouée fait sourire quand elle sort avec ses deux pistolets, prête à faire feu. Restes quelques scènes amusantes, trop rares pour que le film mérite qu'on s'y arrête. Le monologue final de Jean Marais à sa belle est aussi long qu'insupportable, et le soulagement est grand lorsqu'arrive enfin la dernière séquence - assez réussie par ailleurs.

Le DVD édité par Pathé tient mieux la route que le film ; l'image est très bonne, les quelques bonus divertissent plus qu'ils passionnent mais le petit livret est bien écrit et apporte quelques informations intéressantes sur le roman et son adaptation (plus une biographie de Jean Debucourt).

mardi 11 septembre 2012

"LE RETOUR DE DON CAMILLO" (de Julien Duvivier, 1953)


En quelques mots : Don Camillo est exilé dans un petit village de montagne, difficilement accessible et plongé dans le froid. A Brescello, devant la menace d'une terrible inondation, Peppone fait tout pour construire une digue, mais se heurte au refus d'un grand propriétaire de vignes. Devant son incapacité à régler le problème et la fuite de certains habitants, il décide de rappeler Don Camillo.

Le film commence exactement là où Le petit monde de Don Camillo (1952) s'était arrêté, lorsque le célèbre curé partait pour son exil. On le retrouve donc dans le train, prêt à découvrir sa nouvelle paroisse, perdue dans une montagne cachée par le brouillard. Peppone non plus n'a pas changé et exerce son autorité de maire communiste avec force, méprisant le nouveau curé et forçant un propriétaire terrien à céder ses terres pour le bien des camarades. Il est même affublé d'une petite troupe de choc, pas loin d'être une milice prête à tout pour arriver à ses fins.

Cette suite des aventures de Don Camillo est toujours mise en scène avec talent par Julien Duvivier, qui propose de très jolis cadrages (malgré quelques transparences aujourd'hui pénibles), et il faut noter la très belle photographie de Anchise Brizzi.

Rien ne change réellement dans cette suite où le pouvoir civil et le pouvoir religieux s'affrontent gentiment, mais elle reste tout à fait au niveau de l'original, avec quelques très belles séquences : Don Camillo qui passe un dimanche après-midi avec le fils de Peppone, malheureux dans son collège, ou la séquence de fin et le sermon du curé devant le village engloutis par les flots (émouvant).


Jean Debucourt assure encore la magnifique voix de Jésus, qui parle régulièrement à Don Camillo et s'amuse avec lui ; quant à Édouard Delmont, il est un des personnages comiques du film, jouant un vieux médecin qui n'arrête pas de mourir et de ressusciter. Un des autres jolis moments du film est la Passion du Christ de Camillo qui retourne une nuit chercher sa croix et la remonte seul, sur le dos, le long de sa montagne, sous la neige. Épuisé, il est sauvé par Jésus lui-même, symbolique assez marquante que l'on retrouve à la fin, avec l’inondation, qui n'est pas sans rappeler le Déluge.

Je vous propose de revoir un des passages les plus amusants du film, lorsqu'un ancien adversaire de Camillo et Peppone revient en ville et que les deux compères entendent bien se venger avec de l'huile de ricin :

dimanche 9 septembre 2012

"IL EST MINUIT DOCTEUR SCHWEITZER" (de André Haguet, 1952)

En quelques mots : Dans les années 1910, Albert Schweitzer (P. Fresnay), pasteur alsacien, étudie la médecine pendant plusieurs années dans le but de partir en Afrique aider ceux qui souffrent. Installé au Gabon avec une jeune infirmière (J. Moreau), il construit un hôpital de fortune et tente de soigner autant de malades qu'il peut. Mais la guerre en Europe menace d'éclater et le docteur Schweitzer est rattrapé par ses origines.

Largement inspiré de la vie du véritable docteur Schweitzer, prix Nobel de la paix et important théologien, le film raconte les semaines qui précédèrent son arrestation à Lambaréné, au Gabon. Alsacien, donc né dans un territoire sous contrôle allemand, le docteur fut placé en résidence surveillé par les français pendant toute la première guerre mondiale, avant de repartir en Afrique, pour y mourir en 1965.

Retracer le parcours d'un vrai héros au cinéma est toujours difficile, le personnage manquant la plupart du temps singulièrement de défauts. Le docteur Schweitzer n'y coupe pas, tout comme le personnage de curé, incarné par Jean Debucourt. Il faut dans ce cas toute la force d'une mise en scène brillante et de dialogues précis pour ne pas tomber dans l'ennui (comme c'est le cas pour la kitch Odyssée du Dr. Wassell, avec Gary Cooper). Hélas, ce film n'a rien de tout ça.


L'histoire est plaisante mais tellement mollassonne qu'elle perd rapidement tout son intérêt. Même Pierre Fresnay, avec son terrible accent, ne semble pas y croire et le déluge de bons sentiments n'y fait rien. Seul Jean Debucourt a un (court) rôle intéressant, celui d'un missionnaire isolé. Jeanne Moreau impose son antipathie habituelle et des larmes de pacotille ; quant à Raymond Rouleau et André Valmy, ils ne sont que des comparses sans relief. Même la scène la plus célèbre du film (l'arrestation du docteur) manque de dynamisme et on est plutôt heureux que tout cela se termine !

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