Né le 3 octobre 1919 à Valenciennes, Jean Lefebvre aurait fêté aujourd'hui ses 93 ans !
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mercredi 3 octobre 2012
Bon anniversaire à ... Jean Lefebvre (1919-2004)
Pour l'anniversaire de Jean Lefebvre, qu'on connaît tous et que j'ai déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog, je me souviens d'une petite scène très amusante de La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry, où il interprète un chef comptable, incapable de répondre à un calcul mental imposé par Louis de Funès. Ce dernier le remet à sa place rapidement, en lui confisquant le panneau "chef".
jeudi 30 août 2012
Jean Lefebvre dans "C'est pas parce qu'on a rien à dire ..." (1975)
Après Michel Serrault dans C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule (1975), voici le trombinoscope de Jean Lefebvre qui compose avec humour plusieurs personnages hauts en couleurs ! Ma préférence va pour le sous-marinier, parfaitement improbable avec sa pipe.
samedi 18 août 2012
Do you, do you Saint-Tropez ?
Tout le monde connaît la fameuse série populaire du Gendarme de Saint-Tropez. Tout le monde sait le nom de ce gendarme, Cruchot, et son interprète, Louis de Funès. A peu près tout le monde sait le nom de son adjudant, Gerber, et son interprète, Michel Galabru. Mais qui se souvient des noms, et surtout des acteurs, qui composèrent à l'écran la brigade de Saint-Tropez ? Pas toujours évident, d'autant qu'ils ont changés au fil des films.
Pour les 4 premiers épisodes, soit Le gendarme de Saint-Tropez, Le gendarme à New-York, Le gendarme se marie et Le gendarme en balade, l'équipe, assez efficace, reste la même : Michel Galabru en adjudant Jérôme Gerber, Louis de Funès en maréchal des logis Ludovic Cruchot sont entourés par Jean Lefebvre (1) dans le rôle de Fougasse, Christian Marin (2) dans le rôle de Merlot, Michel Modo (3) en Berlicot et Guy Grosso (4) en Tricard.
On sait qu'après le troisième épisode, les relations entre Louis de Funès et Jean Lefebvre, qui commençait à devenir célèbre, furent houleuses (il s'en explique dans son autobiographie), et celui-ci fut contraint de quitter l'équipe, remplacé par Maurice Risch (5) en gendarme Beaupied, habitué des tournages avec Louis de Funès. Quant à Christian Marin, lassé de la série qui tournait en rond, il fut remplacé par deux fois : pour Le Gendarme et les extraterrestres, c'est Jean-Pierre Rembal qui arriva dans la brigade, sans parvenir à marquer de son emprunte son personnage de Taupin, probable raison pour laquelle il fut lui aussi remplacé dans Le gendarme et les gendarmettes par Patrick Préjean (6), dans le rôle de Perlin.
Seuls Grosso et Modo, amis et partenaires réguliers des films de Louis de Funès, gardèrent leurs rôles dans les six épisodes. Une grande partie de leur renommée vient de là.
On sait qu'après le troisième épisode, les relations entre Louis de Funès et Jean Lefebvre, qui commençait à devenir célèbre, furent houleuses (il s'en explique dans son autobiographie), et celui-ci fut contraint de quitter l'équipe, remplacé par Maurice Risch (5) en gendarme Beaupied, habitué des tournages avec Louis de Funès. Quant à Christian Marin, lassé de la série qui tournait en rond, il fut remplacé par deux fois : pour Le Gendarme et les extraterrestres, c'est Jean-Pierre Rembal qui arriva dans la brigade, sans parvenir à marquer de son emprunte son personnage de Taupin, probable raison pour laquelle il fut lui aussi remplacé dans Le gendarme et les gendarmettes par Patrick Préjean (6), dans le rôle de Perlin.
Seuls Grosso et Modo, amis et partenaires réguliers des films de Louis de Funès, gardèrent leurs rôles dans les six épisodes. Une grande partie de leur renommée vient de là.
mercredi 1 août 2012
Jean Lefebvre : "Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?"
Je suis un grand amateur de biographies et d'autobiographies d'acteurs ou actrices, et c'est avec joie que j'avais découvert, il y a quelques mois maintenant, chez un bouquiniste, ce petit livre écrit de la main de Jean Lefebvre (1919-2004). Rien de tout à fait fondamental, mais quel plaisir de lire les anecdotes et les turpitudes de vie de celui qui fut un comique très populaire en son temps, et qui demeure dans la mémoire populaire grâce à quelques rôles passés à la postérité : Fougasse dans la série du Gendarme, le soldat Pitivier de la Septième Compagnie ou Paul Volfoni des Tontons flingueurs.
Et pourtant, de cinéma, il n'en que peu question dans ce livre où l'acteur entend plutôt nous raconter sa vie personnelle, celle que l'on ne connait pas, ou peu. C'est d'abord des femmes, très importantes, de sa mère à ses épouses, mères de ses nombreux enfants. Lefebvre écrit chapitre après chapitre ses bonheurs et des chagrins, avec un peu trop d'intérêt à mon goût - ses déboires amoureux sont très banals et peu influents sur sa carrière, on s'en fatigue vite (reste sa relation avec son fils, émouvante).
Heureusement, cette vie bien remplie ne se limite pas à ces histoires de cœur, et Jean Lefebvre prend plaisir à se souvenir de ses tranches de vie dignes d'un film - comme lorsqu'il fut arrêté par les allemands pendant la guerre, enfermé dans un camp et condamné au poteau d'exécution avant d'être sauvé in extremis par un contre-ordre -, ou d'anecdotes sur les gens du métier (sur ses copains joueurs, comme Darry Cowl).
Curieusement, Jean Lefebvre ne s'étale pas sur ses expériences cinématographiques, privilégiant plutôt le théâtre et le cabaret, ses vraies passions, celles où le public est là tous les soirs. Pourtant, quelques détails montrent son attachement au grand écran, et à ses maîtres, comme lorsqu'il traversa la France en voiture, de nuit, pour tourner quelques secondes avec Henri-Georges Clouzot (un ami à qui il s'amusait à jouer des tours).
La dernière partie du livre, très intéressante, est consacrée à ses souvenirs sur quelques grands noms du cinéma français (Gabin, Bourvil, Brasseur ...). Il s'y explique notamment sur sa relation houleuse avec Louis de Funès (qu'il avait accusé publiquement de l'avoir coupé au montage dans Le gendarme en ballade), et montre à cette occasion une grande humanité et une gentillesse qui étaient les caractéristiques de ceux qui voulaient le décrire.
Extrait :
Je n'ai revu de Funès qu'une fois, des années plus tard, dans un cocktail. Il était là, avec sa femme, et il m'observait de loin, sans rien dire. Je suis allé vers lui et je l'ai obligé à me saluer. Sa femme, elle, a refusé de me tendre la main. Alors j'ai forcé l'explication, car il me semblait qu'il fallait régler ce problème une fois pour toutes.
- Écoute, Louis, tu es dans le métier depuis assez longtemps maintenant pour comprendre ce que j'ai à te dire. Lorsque je t'ai attaqué publiquement, j'étais fou de colère. Je commençais à avoir un petit nom et en me supprimant arbitrairement mes scènes, tu m'as fait du tort. Tu sais combien il est difficile de se faire connaître dans ce métier. [...] Il me semble que la moindre des choses aurait été de m'en avertir, d'avoir le courage de me prévenir. [...]
De Funès a gardé le silence pendant quelques instants, puis il s'est levé.
- Tu as raison, m'a-t-il dit.
Et il s'est retourné vers sa femme.
- Embrasse-le ...
Alors, enfin, elle m'a tendu la main et je me suis rendu compte que c'était un homme qui reconnaissait ses torts.
Pour aller plus loin :
* Jean Lefebvre, Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?, Paris, Éditions J'ai Lu, 1992 (édition originale chez Michel Lafon, 1984).
Et pourtant, de cinéma, il n'en que peu question dans ce livre où l'acteur entend plutôt nous raconter sa vie personnelle, celle que l'on ne connait pas, ou peu. C'est d'abord des femmes, très importantes, de sa mère à ses épouses, mères de ses nombreux enfants. Lefebvre écrit chapitre après chapitre ses bonheurs et des chagrins, avec un peu trop d'intérêt à mon goût - ses déboires amoureux sont très banals et peu influents sur sa carrière, on s'en fatigue vite (reste sa relation avec son fils, émouvante).
Heureusement, cette vie bien remplie ne se limite pas à ces histoires de cœur, et Jean Lefebvre prend plaisir à se souvenir de ses tranches de vie dignes d'un film - comme lorsqu'il fut arrêté par les allemands pendant la guerre, enfermé dans un camp et condamné au poteau d'exécution avant d'être sauvé in extremis par un contre-ordre -, ou d'anecdotes sur les gens du métier (sur ses copains joueurs, comme Darry Cowl).
| Dans La bonne occase (1965) avec Michel Serrault et Jean Poiret |
Curieusement, Jean Lefebvre ne s'étale pas sur ses expériences cinématographiques, privilégiant plutôt le théâtre et le cabaret, ses vraies passions, celles où le public est là tous les soirs. Pourtant, quelques détails montrent son attachement au grand écran, et à ses maîtres, comme lorsqu'il traversa la France en voiture, de nuit, pour tourner quelques secondes avec Henri-Georges Clouzot (un ami à qui il s'amusait à jouer des tours).
La dernière partie du livre, très intéressante, est consacrée à ses souvenirs sur quelques grands noms du cinéma français (Gabin, Bourvil, Brasseur ...). Il s'y explique notamment sur sa relation houleuse avec Louis de Funès (qu'il avait accusé publiquement de l'avoir coupé au montage dans Le gendarme en ballade), et montre à cette occasion une grande humanité et une gentillesse qui étaient les caractéristiques de ceux qui voulaient le décrire.
Extrait :
Je n'ai revu de Funès qu'une fois, des années plus tard, dans un cocktail. Il était là, avec sa femme, et il m'observait de loin, sans rien dire. Je suis allé vers lui et je l'ai obligé à me saluer. Sa femme, elle, a refusé de me tendre la main. Alors j'ai forcé l'explication, car il me semblait qu'il fallait régler ce problème une fois pour toutes.
- Écoute, Louis, tu es dans le métier depuis assez longtemps maintenant pour comprendre ce que j'ai à te dire. Lorsque je t'ai attaqué publiquement, j'étais fou de colère. Je commençais à avoir un petit nom et en me supprimant arbitrairement mes scènes, tu m'as fait du tort. Tu sais combien il est difficile de se faire connaître dans ce métier. [...] Il me semble que la moindre des choses aurait été de m'en avertir, d'avoir le courage de me prévenir. [...]
De Funès a gardé le silence pendant quelques instants, puis il s'est levé.
- Tu as raison, m'a-t-il dit.
Et il s'est retourné vers sa femme.
- Embrasse-le ...
Alors, enfin, elle m'a tendu la main et je me suis rendu compte que c'était un homme qui reconnaissait ses torts.
Pour aller plus loin :
* Jean Lefebvre, Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?, Paris, Éditions J'ai Lu, 1992 (édition originale chez Michel Lafon, 1984).
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