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mercredi 29 janvier 2014

Rencontre avec Jean-Pierre Mocky (1933)

Quai Voltaire, en plein cœur de Paris. L'appartement où nous reçoit Jean-Pierre Mocky surplombe avec majesté la Seine et offre un panorama rare sur le Louvre et le jardin des Tuileries. C'est dans cet immeuble magnifique, à quelques minutes de Saint-Germain-des-Prés, que le réalisateur a installé les bureaux de sa société de production. Dans ce cadre privilégié, l'appartement dénote : quelques meubles épars, des dossiers dans tous les coins et, au mur, les affiches de tous ses films. Il est un peu à l'image de la carrière de Jean-Pierre Mocky, une enclave fauchée dans un système où scintillent des étoiles inaccessibles. Face à nous, sur une chaise, le réalisateur aux 60 films en 50 ans nous accorde une petite heure d'entretien, l’œil fixé sur une horloge, la main sur un téléphone portable, le regard vers une fenêtre et les pensées pour un prochain film dont il nous montre l'affiche.



Jean-Pierre Mocky : Alors, qu'est-ce que vous voulez ? Me parler des vieux acteurs ?

Julien Morvan : Oui ... mais avant, juste un mot sur votre propre carrière d'acteur. Vous avez tourné avec Marcel Carné, avec...

Jean-Pierre Mocky : Oui, j'ai tourné avec Carné, j'ai tourné en Italie avec Antonioni, Maselli, Bianchi, De Santis, j'ai tourné avec beaucoup de monde. J'ai fait à peu près cent films avec tout le monde, avec Cocteau, avec Pinoteau, avec Gilles Grangier. Généralement, à l'époque, la carrière était celle de De Funès, c'est à dire qu'il a fait cent films où il ne dit qu'un mot ... et à 49 ans, il a fait Le gendarme de Saint-Tropez (Girault, 1964) et il est devenu une star. (Il se lève et rappelle son chien) Oui, j'ai tourné avec tous ces gens-là mais il faut penser que beaucoup d'acteurs sont arrivés très tard, De Funès étant le champion parce qu'il avait près de 50 ans. Marlène Jobert a commencé à 36 ans aussi, il y a eu Sharon Stone en Amérique. Lino Ventura, j'ai fait son premier film, Le Gorille vous salue bien (Borderie, 1957) où je jouais. En principe, les acteurs qui commencent tard ne sont pas dans la tradition des acteurs classiques qui font le Conservatoire, qui commencent leurs études à 19 ans comme Belmondo, moi ou d'autres. Les autres sont des gens du peuple : Gabin, ce n'était pas un acteur, Aznavour non plus. Jouvet, par exemple, c'était un pharmacien. Il y a beaucoup de médecins qui sont devenus acteurs.

Tanguy Métrope : Est-ce que les réalisateurs que vous avez côtoyé - Autant-Lara, Carné - ont pu influencer votre travail ?

Jean-Pierre Mocky : Pas vraiment. Autant-Lara, j'ai été son assistant, j'ai fait Occupe-toi d'Amélie (1949) parce que j'habitais chez lui, il m'aimait bien. Ce type là était un manuel, un ancien décorateur, il travaillait sur plans. Il faisait tous les plans de ses films, ce qu'on appelle aujourd'hui un story-board. Il dessinait tout et une fois que c'était fait, il n'y changeait plus rien. Carné, c'était un peu ça aussi, c'était un technicien. Les techniciens, c'est des gens qui ont des œillères, qui n'aiment pas trop bouleverser. Ils disaient "La caméra est là, et là !" et quand ils tournaient, ils ne mettaient pas la caméra ailleurs que sur le dessin. Tandis que Godard, moi et beaucoup d'autres, on est à l'impro ... on a un fil conducteur mais on improvise. Tarantino improvise aussi, c'est un copain. C'est au théâtre qu'on donne des places, le théâtre est immuable (rires). Les acteurs peuvent improviser dans une phrase mais pas dans un mouvement.

Tanguy Métrope : Cocteau aussi ?

Jean-Pierre Mocky : Non Cocteau, c'était un gars formidable pour lequel j'avais une grande sympathie, il m'a aidé énormément. Je n'ai fait qu'un seul film avec lui, Orphée (1949), je ne dis qu'une seule phrase. Mais Jean n'étais pas metteur en scène, jamais il ne l'a été, il faisait faire ses films, soit par Pinoteau pour Orphée, soit par René Clément pour La Belle et la Bête (1946). Il était là, comme vous êtes là, il regardait et il avait un conseiller technique. Beaucoup de gens ont eu un conseiller, comme Sacha Guitry. C'étaient des gens qui ne connaissaient pas le cinéma, qui avaient envie d'en faire mais c'était le technicien qui faisait tout. Il y a eu beaucoup d'auteurs dramatiques qui sont devenus metteurs en scène, aux Etats-Unis aussi.

Julien Morvan : A cette époque, vous avez tourné dans Le comte de Monte-Cristo (Vernay, 1954) et Dieu a besoin des hommes (Delannoy, 1950). Avez vous des souvenirs d'acteurs comme Pierre Fresnay ?

Jean-Pierre Mocky : Pierre Fresnay c'est mon parrain ! J'étais chauffeur de taxi, c'est lui qui m'a mis dans le métier. J'avais 18 ans, je l'ai pris dans mon taxi et il m'a mis dans une pièce, puis dans ce film. Après, curieusement, je n'ai jamais tourné avec lui quand je suis devenu metteur en scène. C'était un acteur qui n'aimait pas le cinéma, il n'aimait que le théâtre. Vers la fin de sa carrière, il ne tournait que des trucs comme Les vieux de la vieille (Grangier, 1960) avec Gabin, il tournait avec ses copains. Il n'aimait pas prendre des risques, tourner avec des jeunes ou des sujets particuliers. Après Le Corbeau (Clouzot, 1943) et quelques autres, il n'a tourné que des conneries. Aujourd'hui il y a Jacques Weber, Pierre Arditi ... Arditi, c'est le nouveau Pierre Fresnay. A la télévision, il ne fait que des conneries ; au cinéma, moi je l'ai eu dans un film mais je n'ai plus voulu le prendre après parce qu'il ne faisait que des bêtises. Ce sont des gens qui n'aiment que le théâtre alors au cinéma ils sont désorientés face aux autres acteurs. Dussollier avec un revolver, il a l'air d'un con. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas son truc, ce n'est pas Lino Ventura ! Aujourd'hui, il n'y a que des acteurs de télévision ou de théâtre et ce sont eux qu'on engage pour faire des films. Regardez la carrière de Dujardin ... jamais il n'y aurait eu un acteur comme ça sur le plateau à l'époque. Celui qui me fait penser à Dujardin, c'est Albert Préjean, un acteur extraordinaire ... mais c'était le bouche trou, c'était l'acteur qui représentait le public parce qu'il n'avait pas vraiment de physique. Il était là dans L'alibi (Chenal, 1937) face à Louis Jouvet et Erich Von Stroheim mais il était complètement écrasé. (rires) Il était là parce qu'il fallait un gars comme ça, un gars du peuple, normal par rapport à des monstres comme les deux autres. Albert Préjean dans Mollenard (Siodmak, 1937) était complètement écrasé par Harry Baur.

Julien Morvan : Dans les Maigret, il est intéressant tout de même ...

Jean-Pierre Mocky : Oui, dans Cécile est morte (Tourneur, 1944), on le passe en ce moment dans mon cinéma. Ça marche bien d'ailleurs, il y a beaucoup de monde ! Je sais pas pourquoi mais bon ...

Julien Morvan : Dans votre livre, vous écrivez qu'après la sortie de La cité de l'indicible peur (1964), un distributeur vous a dit : "Vous n'avez pas fait ce que vous disiez ! Avec tous ces vieux ringards ..."

Jean-Pierre Mocky : Parce que le problème de l'âge se répercute partout ! Vous êtes jeunes ... mais regardez actuellement il y a un film assez marrant, c'est Stallone et De Niro qui jouent des vieux boxeurs. J'étais avec De Niro l'autre fois à dîner à la gare Saint-Lazare parce qu'il est venu faire un film avec Besson, qui n'a pas marché d'ailleurs ... Le film s'est cassé la gueule, c'était une catastrophe parce qu'on ne peut pas déraciner un type qui a fait Casino (Scorsese, 1995) ou Taxi Driver (Scorsese, 1976) et le mettre dans une ferme en Normandie. Vous voyez le décalage ! On ne peut pas transplanter un bananier dans le Nord. (rires) Il y avait eu un film aussi avec Kirk Douglas et Burt Lancaster - Kirk, je le connais bien - genre O.K. Corral mais des années après, et ça n'a pas marché.

Julien Morvan : Coup double (Kanew, 1986), en français !

Jean-Pierre Mocky : Voilà, exactement. Alors ces vieux acteurs ... aujourd'hui les producteurs les appellent des ringards, d'ailleurs moi-même on m'appelle un ringard ! Pourquoi ? Si vous connaissez le vieux cinéma, prenez mes amis Lautner, Molinaro, Pinoteau, Deray, Carné, Gance, Autant-Lara ... il y a une tradition dans le civil : quand vous avez 60 ans, on vous met à la retraite, on considère que vous allez vous mettre dans une mare avec des canards et attendre la mort. Mais le cinéma, c'est un métier où on ne prend pas de retraite, surtout tant que le type a ses moyens. Prenez l'exemple de mon copain Oliveira qui a 107 ans et qui est en train de tourner ! Lautner, ça faisait dix-sept ans que personne ne lui avait demandé de faire un film, Molinaro pareil, Verneuil pareil. Autant-Lara est resté trente ans sans travailler. 70 ans, la cloche sonne : "Allez va te faire foutre !", quel que soit le succès du type ! Les grands acteurs n'aimaient pas les gens comme moi car ils avaient un peu l'habitude de diriger les films. Moi, j'ai eu beaucoup de mal quand j'ai tourné avec Fernandel car il voulait toujours dire quelque chose ; Alberto Sordi pareil ... mais je les ai tenu ! J'avais trouvé le moyen, je leur disais "Tu veux faire une scène ? Vas-y, fais là, moi je suis payé je m'en vais" et ça ... ils ne supportaient pas.



Tanguy Métrope : En prenant quelques exemples justement ... Marcel Pérès ?

Jean-Pierre Mocky : Marcel était un acteur que j'adorais, un second rôle. Il était formidable mais c'était un garçon totalement analphabète, un gars de la rue. C'était comme si on avait pris le charbonnier du coin et qu'on en avait fait une vedette ... parce qu'il avait un naturel. Après, il a joué pas mal au théâtre aussi. Moi je l'ai utilisé beaucoup. Je n'ai pas pu utiliser Carette parce qu'il est mort, brûlé, au moment où je débutais. Je n'ai pas pu utiliser Jules Berry parce que j'étais son secrétaire et il est mort avant que je débute. Je n'ai pas pu utiliser Louis Jouvet parce qu'il est mort quand j'étais au Conservatoire, c'était mon professeur avec Belmondo. Tous ces acteurs ... Larquey, j'ai tourné avec lui dans Maternité clandestine (Gourguet, 1953), j'ai tourné avec Delmont aussi mais ce film n'est jamais sorti !

Julien Morvan : Vous auriez pu faire tourner Maurice Chevalier dans Le renard jaune !

Jean-Pierre Mocky : Oui ! Maurice, c'est l'homme qui m'a lancé. Il habitait avenue Foch, à côté des Champs-Elysées et mon film, Les Dragueurs (1959) ne sortait que dans une seule salle, qui était pleine. Il a été intrigué, il est rentré dans la salle, il a vu le film et en a dit beaucoup de bien par la suite dans une émission de télévision. Alors quand j'ai voulu faire Le renard jaune avec Bourvil, j'ai voulu prendre Maurice Chevalier parce que je voulais lui renvoyer l'ascenseur. Seulement ... les gens n'en voulaient plus. C'est encore l'histoire des ringards ...

Julien Morvan : Vous avez aussi été l'un des derniers à faire tourner des acteurs qui avaient une grande carrière, comme Alexandre Rignault ou Alice Tissot.

Jean-Pierre Mocky : Alice Tissot, oui ! (rires) Elle était folle de jalousie parce qu'elle détestait Pauline Carton, l'amie de Sacha Guitry qui tournait dans tous ses films. Dès qu'il y avait un truc marrant, c'était elle ou Marguerite Pierry. Et Marguerite était la concurrente de Alice Tissot ! Alors Alice ... (rires) ne tournait que dans des conneries. Je l'ai fait tourner une fois !



Tanguy Métrope : Et des gens comme Roger Legris ? Vous avez fait 8 films avec lui !

Jean-Pierre Mocky : Alors Roger Legris, son problème était assez grave : il était l'ami de Le Vigan, grand acteur que j'ai jamais pu faire tourner puisqu'il était exilé en Amérique du Sud. C'était un acteur formidable Roger Legris, je l'ai utilisé pas mal de fois, dans Les compagnons de la marguerite (1967), dans La grande lessive (!) (1969) parce que je l'aimais beaucoup seulement ... on s'est fâchés ! Il a tourné le sacristain dans Un drôle de paroissien (1963) et quand il a vu le film, il a trouvé que c'était sacrilège. Il est mort sans que je le sache, c'est une tristesse. Je l'avais vu dans Pépé le Moko (Duvivier, 1937), je l'avais trouvé formidable et après je guettais tous les films où il était.

Julien Morvan : Vous alliez chercher vos acteurs parce que vous les aviez vu au cinéma ?

Jean-Pierre Mocky : Oui ! Et Alexandre Rignault, c'était un très grand acteur. Je n'ai malheureusement fait qu'une petite scène avec lui, quand il regarde le derrière de Andréa Ferréol. Il avait eu de beaux rôles principaux.

Julien Morvan : Toujours dans les seconds rôles, deux acteurs que nous adorons ... Noël Roquevert et Jacques Dufilho !

Jean-Pierre Mocky : Ah oui, Dufilho je lui ai donné des premiers rôles ! Il a tourné beaucoup avec moi ...

Tanguy Métrope : De Funès avait d'ailleurs dit que c'était un acteur sous-exploité !

Jean-Pierre Mocky : Oui, oui mais je vais vous dire ... il avait des points communs avec Louis, il aurait pu faire sa carrière. Mais il était homosexuel et les gens, à l'époque, ne les appréciaient pas toujours, leur carrière était un peu freinée. Tissier aussi a été un peu freiné, c'était un acteur exceptionnel ! Je l'avais pris parce que j'avais tourné un film avec lui et Saturnin Fabre quand j'étais acteur ... mais le film n'est jamais sorti parce qu'il n'y avait pas de pellicule dans la caméra. Ça s'appelait Les nuits de Montmartre, on peut voir l'affiche d'ailleurs dans un livre qui va paraître. Il y a aussi La fleur de l'âge de Marcel Carné.



Julien Morvan : Vous avez aussi fait tourner Gabriello, dont on ne parle plus beaucoup aujourd'hui.

Jean-Pierre Mocky : Ah oui, Gabriello je l'ai fait tourner dans La bourse ou la vie (1965) ; c'est le seul film qui n'est pas dans mon coffret mais on l'aura l'année prochaine.

Julien Morvan : On a réussi à le voir grâce à la vidéo !

Jean-Pierre Mocky : Ah il existe en VHS ? Oui, Gabriello fait un des trois Robinhoude. C'était un personnage connu, il faisait le second d'Albert Préjean dans les Maigret.

Tanguy Métrope : Et vous avez mis des acteurs dans des situations atypiques, je pense à Jess Hahn dans Un linceul n'a pas de poche (1974) ... il est un diable en slip !

Jean-Pierre Mocky : Oui Jess, c'était un brave type, un américain exilé en France. Mais Noël Roquevert, malheureusement, je n'ai tourné que deux films avec lui comme acteur et un seul en tant que metteur en scène. Il était exceptionnel lui ... (rires) plein d'humour ! Pasquali aussi c'était un type marrant.

Julien Morvan : Les vedettes, vous en avez souvent parlé mais si vous deviez en garder un souvenir ... Francis Blanche par exemple ?

Jean-Pierre Mocky : Francis était un ami et un auteur, on a beaucoup travaillé ensemble. Quand je l'ai connu, il était mince comme vous. Il a eu un choc psychologique et il a grossi ... d'ailleurs dans sa carte d'identité des Compagnons de la marguerite, il a une photo de jeunesse. On était vraiment sur la même longueur d'onde, on a travaillé avec lui et Queneau sur plusieurs films. Mais quand on prend un second rôle, il faut que l'acteur vedette soit formidable sinon le second rôle écrase le premier. Aujourd'hui avec le misérabilisme des premiers rôles, on ne pourrait pas mettre Jean Dujardin face à Saturnin Fabre ou Jules Berry, il serait bouffé complètement ! (rires) Au fur et à mesure des années, même Michel Serrault n'aimait pas beaucoup que je lui mette des acteurs avec beaucoup de personnalité. Il n'en avait pas lui, il avait un physique banal. C'était un acteur formidable mais on ne lui a pas fait de scène avec Michel Simon dans L'ibis rouge (1975), il avait peur de la confrontation, il avait peur d'être écrasé. C'est pour ça qu'aujourd'hui, vous n'avez que très peu de seconds rôles.

Julien Morvan : Dans L'assassin habite au 21 (Clouzot, 1941), Larquey, Tissier et Roquevert écrasent presque Pierre Fresnay !

Jean-Pierre Mocky : Presque oui !

Tanguy Métrope : Vous aviez une réelle envie de faire tourner Michel Simon ?

Jean-Pierre Mocky : Oui mais je devais le faire tourner bien avant ! C'était le premier spectateur de Snobs ! en 1961 et je ne l'ai fait tourner que quatorze ans après. C'est un peu la même chose que Gabin, j'étais très copain avec lui et il devait tourner Le Témoin (1978), dix jours avant, il est mort. Je n'ai tourné qu'un seul film avec lui, comme acteur, Le rouge est mis (Grangier, 1957) où j'ai une petite scène. Coluche devait tourner Le miraculé (1987), vingt jours avant il est mort. Il parlait du film tous les jours dans son émission de radio. Là, je viens de tourner avec son fils Marius !

Julien Morvan : C'est vous qui avez offert ses plus beaux rôles à Jacqueline Maillan également.

Jean-Pierre Mocky : Oui ! Je suis fâché avec Delahousse, qui est un con fini, parce qu'il a fait une émission Un jour, un destin sur Jacqueline Maillan sans parler de mes films. Il a passé un peu du Miraculé pour Serrault et un bout d'émission sur Bourvil mais ... c'est un bandit, un fossoyeur, il gagne de l'argent avec les morts. Il a laissé entendre que Jacqueline Maillan était lesbienne ... elle n'a jamais été lesbienne, jamais ! C'est comme l'autre con de Cédric Kahn qui a fait La Môme [ndlr : il s'agit en réalité du réalisateur Olivier Dahan]. Il n'y a rien de vrai dans tout ça, moi j'étais très copain avec Edith Piaf. En même temps, avec ses gros yeux de vache, elle n'a rien à voir physiquement avec Piaf, qui était toute petite avec des petits yeux. J'appelle ça des profanateurs de sépultures. Maintenant je refuse de faire tout ce qu'il propose.

Tanguy Métrope : Juste un mot sur Bourvil et Fernandel ?

Jean-Pierre Mocky : Ils se détestaient. C'étaient des gens qui, humainement, étaient des braves types mais ils se détestaient. Un drôle de paroissien aurait dû être tourné par Fernandel mais son agent n'a pas voulu à cause des histoires de Don Camillo et de la religion. Je ne connaissais pas beaucoup Bourvil, qui avait fait beaucoup de conneries avec Berthomieu. Je lui ai remis le scénario, une heure après il m'a appelé pour me dire qu'il le faisait, gratuitement. Comme je connaissais Fufu, je l'ai appelé pour lui proposer le rôle du policier, ce qu'il a accepté, mais son con d'agent a demandé une fortune alors qu'il n'était pas encore très connu.

Julien Morvan : C'est un regret ?

Jean-Pierre Mocky : J'aurais dû en refaire un, j'ai eu un procès avec La Zizanie (Zidi, 1978) et Fechner, ils m'ont piqué mon sujet. On m'a donné beaucoup d'argent pour que je renonce à mon projet. Pour Fernandel, ça a été une amitié aussi pour La bourse et la vie. Marco Ferreri disait que c'était un de mes meilleurs films. Voyez la vie ... après ils ont tourné La cuisine au beurre (Grangier, 1963), ils se sont disputé pendant tout le tournage, ça n'a pas marché entre eux.

Tanguy Métrope : Vous auriez voulu les associer ?

Jean-Pierre Mocky : Non, non ... c'est des tempéraments similaires, ce sont deux doubles, des comiques dramatiques. Mais les mettre ensemble, c'était pas très valorisant. Le contraste avec De Funès était bien, dans La grande vadrouille (Oury, 1966), ils étaient bien ensemble ! J'aurais dû être le premier à les réunir mais le destin fait que ...

Julien Morvan : Un dernier acteur que nous aimons beaucoup, c'est Raymond Rouleau !

Jean-Pierre Mocky : Ah, Raymond, c'est toute une histoire ! C'était mon acteur favori quand j'étais figurant dans Dernier atout (Becker, 1942) qu'on avait tourné à Nice avec Pierre Renoir, Mireille Balin et Georges Rollin, qui était un type pas mal aussi ... plus personne ne parle de lui, il était gentil comme tout. On avait mis Raymond Rouleau, qui était petit, sur une petite estrade en bois pour qu'il soit aussi grand que Mireille Balin. Il est devenu mon idole, je le trouvais formidable. Je l'avais abordé quand j'étais figurant et il était très content que je connaisse tous ses films. Je l'ai retrouvé en 1952 lorsqu'il montait Thé et sympathie avec Ingrid Bergman. Après, en 1964, Jean-Louis Barrault m'a suggéré Raymond Rouleau pour jouer le maire dans La cité de l'indicible peur.



Julien Morvan : Une question triviale pour terminer ... si vous ne deviez garder qu'un seul film du cinéma français ?

Jean-Pierre Mocky : C'est à dire qu'il y en a plein ! J'aime tous les films français entre 1930 et 1960 ... Pépé le Moko, La rue sans joie (Hugon, 1938). J'aime les réalisateurs comme Maurice Tourneur, Fritz Lang, Pierre Chenal que j'aimais beaucoup, j'étais très copain avec lui.

Julien Morvan : On n'en parle plus beaucoup hélas.

Jean-Pierre Mocky : J'ai failli tourner un film avec lui en Amérique du Sud mais il a pris Maurice Ronet, ça s'appelait Section des disparus (1956). Je devais jouer le rôle mais c'est Maurice qui est parti car moi je tournais un autre film. Il a fait des films formidables ... Crime et Châtiment (1935). Moi, si vous voulez, le film que je préfère, c'est un film japonais. Les visiteurs du soir (Carné, 1942) aussi c'est formidable ! Et j'ai tourné un film avec Johnny Hallyday, qui a disparu, parce qu'il l'a acheté pour qu'on ne connaisse pas son âge ! C'est Dossier 1413 (Rode, 1962), je vous le recommande si vous le trouvez ! Il a 75 ans lui, mais il ne le dit pas. A chaque fois je me marre ...

Jean-Pierre Mocky se lève, il doit partir manger quelque part dans Paris. Pendant notre entretien, il a reçu plusieurs coups de téléphone, joué avec son chien, marché de long en large, évoqué près de huit décennies de cinéma entre souvenirs, carrière et amis. Nous sommes restés assis dans le seul canapé de cette grande pièce vide à l'écouter, à poser quelques questions. Nous sommes à peine levés qu'il est déjà sur le départ, en mouvement permanent, toujours courtois, toujours pressé. Nos 25 ans respectifs nous paraissent presque lourds à porter face à ce diable d'homme qui n'accuse ses 80 ans que parce qu'il entend encore en vivre vingt autres. A toute vitesse !


Par Julien Morvan et Tanguy Métrope,
Paris, le 26 janvier 2014


samedi 4 janvier 2014

"Y'A-T-IL UN FRANÇAIS DANS LA SALLE ?" (de Jean-Pierre Mocky, 1982)



En quelques mots : Le puissant président d'un parti politique apprend la mort d'un vieil oncle, qui l'avait élevé. Face à ce suicide imprévu, il cherche à récupérer une lettre du défunt qui pourrait révéler son lourd passé pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais il n'est pas seul à s'y intéresser : un policier pervers et un journaliste en quête de scoop épient le politicien.

Quand la France salace et corrompue de Frédéric Dard rencontre l'univers explosif de Jean-Pierre Mocky, on peut prévoir des embolies. L'évidence de cette rencontre est presque tardive en 1982, qu'importe puisque le résultat n'en fini de pas déconcerter. J'ai revu ce film hier soir avec la petite appréhension de ne pas être aussi enthousiasmé que la première fois ... idée vite dissipée dès lors que l'infernale machine de destruction se met en marche. Certes, les grivoiseries ne sont pas toutes du plus bon effet dans les premières séquences et gâchent presque un film qui pourrait faire référence en matière de drame politique. Mais Mocky sera toujours Mocky et on s'habitue à ces voix-off perverses, reflets très terre-à-terre des pensées de tous lors d'un enterrement, d'une entrevue ministérielle etc. Si cet ornement est une des pattes du metteur en scène, le principal est ailleurs : adapté d'un roman de Frédéric Dard (dont je connais très mal l'oeuvre, hélas), Y'a-t-il un français dans la salle ? s'inscrit dans la série des plus grandes réussites de Jean-Pierre Mocky en matière de jeu de massacre (avec L'ibis rouge ou A mort l'arbitre notamment). Là encore, personne n'est épargné, du cheminot idolâtre de Georges Marchais au président de parti politique corrompu en passant par la voisine épieuse, le journaliste fouille-merde, le flic pervers ou l'oncle geôlier. Avec les plus grands acteurs (Victor Lanoux, Jacqueline Maillan, Jean-François Stévenin, Jacques Dutronc, Andréa Ferréol, Dominique Lavanant, Emmanuelle Riva, Dominique Zardi, Michel Galabru ou Alexandre Rignault dans un de ses derniers rôles), Mocky filme une société à la dérive, pourrie, irrécupérable.



Le personnage interprété par Jacques Dufilho est tout à fait étonnant : maître chanteur séquestré depuis près de deux décennies dans la petite maison de l'oncle décédé, il est celui qui détient le secret (le brillant politique dénonça des juifs pendant la guerre) et fait office de bonne conscience qu'il faut nourrir. Presque fantasmé ou rêvé, ce personnage improbable permet à Victor Lanoux de se réveiller par une tirade miraculeuse dont l'écho résonne toujours depuis trente ans : "Bien que maître-chanteur professionnel, je reste citoyen français. Ce qui m'a frappé c'est que ... personne ne croit plus en rien. Je les écoute tous sur mon transistor. Au milieu des invectives de l'assemblée, je me suis brusquement demandé : y'a-t-il ... un français dans la salle ? Un seul ? Un vrai ? ... Votre bannière c'est la SOFRES, votre patrie c'est la télévision."

Pessimiste dans l'âme - à moins qu'il ne s'agisse d'une cruelle lucidité -, Jean-Pierre Mocky n'épargne pas ses personnages. Si le politique change de registre, avec un petit succès, ce n'est pas sans être puni de ses lâchetés : son monde s'écroule, sa conscience disparaît dans les flammes. "Pas d'autres victimes ?"

vendredi 3 janvier 2014

"LA CITÉ DE L'INDICIBLE PEUR" (de Jean-Pierre Mocky, 1964)



En quelques mots : Les inspecteurs Triquet et Virgus arrêtent à Paris un redoutable faux-monnayeur, lequel échappe de justesse à la guillotine en s'échappant. Les deux policiers se lancent à sa poursuite, chacun de leur côté. C'est ainsi que Triquet débarque dans la petite cité de Barges où règne un épouvantable malaise dans la population locale, harcelée par une bête mystérieuse.

Si je voulais être pompeux, et audacieux, je dirais que La Cité de l'indicible peur (titré La grande frousse à sa sortie en 1964, pour des raisons commerciales) est un mélange réussi des Contrebandiers de Moonfleet (Lang, 1955) et de L'assassinat du Père Noël (Christian-Jaque, 1941). Adapté du roman de Jean Rey, le sixième long métrage de Jean-Pierre Mocky s'inscrit dans la jolie tradition du cinéma fantastique français, où les personnages, plus que des monstres ou créatures de cauchemars, créent l'ambiance mystérieuse qui entoure l'intrigue. Mais fidèle à l'univers unique qu'il va mettre en place tout au long de cinq décennies de cinéma, Jean-Pierre Mocky ajoute à cette histoire, servie par un casting impressionnant, des touches d'absurdité comique, parfois même de burlesque, qui font du film un objet à part. On se perd volontairement à chercher où se situe l'intérêt : est-ce que la traque ? le destin des citoyens ? l'aventure de Triquet ? les découvertes à venir ? Une même séquence peut exploser de toutes ses fantaisies pour le plus grand plaisir du spectateur : des étonnements béats de Bourvil à la froideur rigide de Jean-Louis Barrault entouré d'une cohorte d'huissiers silencieux dans une mairie musée où le maire, souriant à outrance, ponctue ses phrases avec des "Quoi ?". Du pur Mocky !



Du reste, La cité de l'indicible peur est une autre dénonciation du conformisme petit-bourgeois provincial français. Le septième juré (Lautner, 1962) l'évoquait dramatiquement peu avant mais Jean-Pierre Mocky s'attache à n'épargner personne. Si les coupables principaux sont bien les petites élites locales (le maire, le secrétaire de mairie, le pharmacien etc.), les petites gens, d'ordinaire bien traitées, sont ici les mesquins et lâches colporteurs de ragots et autres légendes populaires, quitte à se grimer eux-mêmes en terrifiantes bêtes. Le seul épargné semble être le policier incarné par Bourvil, candide et bon enfant, qui ne veut arrêter personne et s'excuse de découvrir des morts. Pourtant, Mocky s'amuse à faire mentir cette image dans les derniers plans du film, quand un petit garçon se vante qu'il ne sera ni policier, ni voleur mais un honnête homme. Quand on a vu le comportement des honnêtes hommes tout au long du film, on se dit que le pessimisme du réalisateur insoumis n'a pas attendu les années 1970 pour éclore.



Le film, comme souvent chez Jean-Pierre Mocky, fut un échec cinglant à sa sortie - mais trouva une nouvelle carrière quelques années plus tard lors des ressorties. Il y a de quoi aujourd'hui s'extasier devant un tel casting, digne des ambitions du réalisateur à s'entourer des grandes vedettes de l'époque, accompagnées des meilleurs seconds rôles du cinéma français : autour d'un excellent Bourvil transfiguré, on retrouve Jean Poiret en policier en proie à des tics buccaux ; Jean-Louis Barrault, froid et énigmatique admirateur des légendes locales ; l'excellent Raymond Rouleau et ses "Quoi ?" à chaque phrase ; Marcel Pérès en flic parisien (dans un grand rôle, pour une fois !) ; Jacques Dufilho en hôte peureux et causant ; Francis Blanche en épieur cardiaque ; Victor Francen en médecin alcoolique obsédé par la calvitie ; Roger Legris en pharmacien peureux ; Dominique Zardi en agent ou Pasquali en chef de la police. On retrouve aussi la jolie Véronique Nordey, habituée des premiers films de Jean-Pierre Mocky.

mardi 4 décembre 2012

Quelques idées de cadeaux pour Noël ?

Le même problème se pose pour beaucoup d'entre nous tous les ans pour la période des fêtes. Quel cadeau offrir ? Cette année, osez le cinéma français ! Et pour les plus ambitieux, les plus insolents d'entre vous (et les plus riches), osez cet énorme coffret Jean-Pierre Mocky qui rassemble près de 50 films du génial réalisateur français, à mon sens l'un des meilleurs, hélas trop souvent boudé ou caricaturé. Pour 150€, retrouvez entre autres les films de sa collaboration avec Bourvil (La cité de l’indicible peur, Un drôle de paroissien, L'étalon et La grande lessive !) ou Michel Serrault (L'ibis rouge, A mort l'arbitre, Le miraculé ...) et quelques perles qu'il faut absolument (re)voir tels Y a-t-il un français dans la salle ? ou Les compagnons de la marguerite. 2013 sera donc probablement l'occasion de parler de Jean-Pierre Mocky, assez peu évoqué sur ce blog pour le moment. Pour les plus impatients, j'avais longuement évoqué sur un autre blog ce réalisateur que j'aime tant en me proposant modestement une brève analyse et évolution de sa carrière (voir « Jean-Pierre Mocky : le vrai cinéma ! »).


Gaumont à la demande, la collection incontournable, propose comme tous les mois de nouveaux titres à redécouvrir en DVD. Citons Pattes Blanches (1949) dont j'avais parlé très vite dans un article sur Michel Bouquet, excellent film de Jean Grémillon avec également Fernand Ledoux, Paul Bernard et Suzy Delair, le tout tourné dans un charmant petit port de pêche des Côtes d'Armor (Erquy). J'avais pu découvrir ce film au cinéma dans une copie affreusement sale - espérons que le transfert DVD ne sera pas trop mauvais. Toujours avec notre chère Suzy, sortie d'un Marcel Carné de 1962, Du mouron pour les petits oiseaux avec un énorme casting : Paul Meurisse, Dany Saval, Roland Lesaffre, Robert Dalban, Dominique Davray, Jean Richard et même Dany Logan, le chanteur rock'n'roll des Pirates !


A noter également une ressortie Gaumont de Ni vu, ni connu (1958) de Yves Robert avec Louis de Funès, charmante petite comédie qui permettra de rendre hommage à nouveau à Pierre Mondy (le DVD existait chez René Chateau mais semble épuisé). On retrouvera également Valse brillante (1949) de Jean Boyer, avec Lucien Barroux et Jan Kiepura et La Tendre ennemie (1936) de Max Ophüls avec Simone Berriau et Catherine Fonteney.

StudioCanal poursuit ses intéressantes sorties Blu-ray et propose ce mois le chef d'oeuvre de Jacques Becker, Casque d'or (1952) avec Simone Signoret, Claude Dauphin et Serge Reggiani. A noter un intéressant documentaire en bonus sur les coulisses du tournage mais l'abandon des autres suppléments du DVD.


Chez René Chateau, quelques sympathiques nouveautés dont un Raymond Bernard, cinéaste remis à l'honneur en cette fin d'année (voir le coffret Raymond Bernard chez Pathé) de 1937, Le coupable, avec Pierre Blanchar et Marguerite Moreno. On notera aussi Pamela (de Pierre de Hérain, 1945) avec Renée Saint-Cyr et Fernand Gravey ou encore Le messager (de Raymond Rouleau, 1937) avec Jean Gabin et Gaby Morlay.

Qui sera le Corniaud à Noël ?

Un coup d’œil rapide dans n'importe quel magasin et on retrouve les incontournables coffrets sur Louis de Funès. L'acteur comique le plus populaire du cinéma français continue de faire vendre ! On note évidemment, comme tous les ans et particulièrement ce Noël puisqu'on fêtera le triste anniversaire des 30 ans de sa disparition le 27 janvier prochain, une multitude d'ouvrages, à commencer par une biographie du tâcheron Sandro Cassati (Louis de Funès, Biographie intime) qu'il faudra probablement éviter, l'auteur étant le roi de la biographie commerciale dénuée de tout intérêt, tout comme Louis de Funès, le génie du rire de Christian Dureau qui a ici au moins le mérite de ne prétendre qu'à être une synthèse pour qui voudrait découvrir l'acteur. Les spécialistes de Louis de Funès semblent dire beaucoup de bien d'un abécédaire complet, écrit par Bertrand Dicale, Louis de Funès de A à Z, largement fourni en illustrations. Une rapide consultation en magasin me fait douter, pour ma part, de son intérêt si on connaît déjà bien ses classiques. Au lecteur de se faire son propre avis, tout comme sur l'énigmatique Louis de Funès, regardez-moi là, vous ! (Collectif) qui sortira après les fêtes. Et preuve, s'il en fallait une, de l'opportunisme de certains auteurs, cet ouvrage intitulé A table avec Louis de Funès qui propose de réunir les recettes de cuisine présentent dans ses films ! Grotesque ou vraie bonne idée ?

Les coffrets ne sont donc pas en reste. TF1 propose Louis de Funès, inoubliable, regroupant des archives télévisées inédites où l'on peut voir l'acteur chanter aux côtés de Michel Sardou ou Jean Carmet, tout comme des interviews de proches. La série des Fantômas ressort en Blu-ray dans un nouveau coffret (l'ancien avait été critiqué sur la qualité des transferts vidéo) même si j'ai l'impression que les bonus sont ceux du coffret DVD. Si vous n'avez pas encore ces films en votre possession, c'est peut-être une bonne occasion de toucher juste ! Et j'apprends même sur le site Autour de Louis de Funès qu'il est possible de trouver des T-shirt à l'effigie de l'acteur avec le slogan "Non ! Si ! Ohhh !". Je vous laisse juges ...



Quelques livres

Là aussi vous n'échapperez pas aux sorties opportunistes et tomberez encore une fois nez-à-nez avec le Grand livre des répliques cultes du cinéma ou des Répliques les plus drôles du cinéma ! Au milieu des monographies consacrées Marilyn Monroe ou James Dean, il sera bon de s'intéresser aux Méconnus du cinéma français : les acteurs de genre qui ont fait la grandeur de notre cinéma de Serge Regourd (déjà auteur du très bon Les seconds rôles du cinéma français) ou même au Scénario des Enfants du Paradis publié chez Gallimard !

Toujours dans le classique, Michel Audiard se vend bien. Outre l'excellent Audiard par Audiard chez René Chateau, on voit dans les rayons quelques livres sur Les tontons flingueurs ou Un singe en hiver. Annie Girardot, de manière plus opportuniste, est aussi à l'honneur de plusieurs ouvrages, dont le prochain sort en janvier (Annie Girardot, une vie dérangée de Bernard Pascuito).

Olivier Barrot nous entraine également dans une traversée du cinéma français - ce que j'essaye de faire avec ce blog -, espérons qu'il donnera une large part au cinéma des années 20 à 70 (Tout feu, tout flamme). Enfin, une jolie surprise découverte sur internet au gré de mes visites, les Mémoires d'un chevalier ciel, entendons bien sûr les souvenirs de Christian Marin qui nous a quitté cette année.

Pour rappel, le Jean Renoir de Pascal Mérigeau est toujours disponible dans la collection Grandes Biographies de Flammation, celle-là même qui publiera en février prochain Sacha Guitry, profession inventeur de Christophe Mirambeau, pour ceux qui continuent à faire des cadeaux après Noël !
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