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mardi 19 mars 2013

"Je suis ministre, je ne sais rien faire !"

Jérôme Cahuzac, éphémère ministre du Budget, vient donc de tomber en disgrâce et d'être remplacé sur le champs dans ses fonctions. Cela ne vous rappelle rien ? Il y a quelques décennies déjà, Don Salluste, ministre incorruptible et adoré de son peuple, était injustement révoqué de la Cour du Roi d'Espagne. On se souvient tous, avec émotion, de l'instant où il apprit la triste réalité.



Extrait audio : "Qu'est-ce que j'ai fait ?!"


Certes, les choses se passent plus calmement aujourd'hui pour les ministres de la République et Mediapart a remplacé les enfants illégitimes, mais la folie des grandeurs est intacte ! A cette différence que les barbaresques ont les plus parfums plus chocolatés de la Suisse. Les époques passent, les méthodes restent. Et les répliques de garder leurs effets ...

Qu'est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire !


lundi 28 janvier 2013

Les débuts à l'écran de ... Louis de Funès !



L'occasion d'un hommage à Louis de Funès s'y prête bien, voici donc sa participation à la rubrique Les débuts à l'écran de ... Force est de reconnaître que l'acteur comique fut avant tout un grand second rôle du cinéma français dans les années 1950. Dans La Tentation de Barbizon (J. Stelli, 1946), il apparaît pour la première fois à l'écran face à l'un des seconds rôles les plus marquants de son époque, Pierre Larquey, dans un petit rôle de portier. Il y prononce deux phrases, Par ici Monsieur puis Il a son compte celui-là aujourd'hui. Je ne peux m'empêcher de préciser que pour le début de sa carrière cinématographique, Louis de Funès ouvre la porte d'un lieu appelé ... le Paradis ! Doit-on y voir un signe ?


dimanche 27 janvier 2013

30 ans avec Louis de Funès !

Voilà déjà trois décennies que Louis de Funès, le comique le plus célèbre des années 1960 et 1970 s'est éteint - nous fêtons ce triste anniversaire aujourd'hui jour pour jour. Et pourtant, jamais celui qui fut à l'écran les légendaires Cruchot, Don Salluste, Juve ou Monsieur Septime, n'a été aussi présent sur nos (petits) écrans et dans nos librairies. Il existe pléthore de livres biographiques, d'analyses ou de compilations des meilleurs extraits de films, et il en sort encore souvent. Pas une année sans qu'une chaîne de télévision pense original de lui consacrer une émission, avec des interviews inédites. Pas un mois enfin sans qu'une soirée ne soit ponctuée par une énième rediffusion d'un classique de sa filmographie. Étonnamment, Bourvil et Fernandel ne connaissent pas le même sort malgré de grands films, et le phénomène de Funès fait un peu figure d'argument commercial avant tout. Ainsi le champion du box-office adoré des producteurs est devenu après sa mort le champion de l'audimat.

Louis de Funès fut pendant quelques années de mon adolescence une obsession, une idole dont il fallait collectionner tout ce qui portait sa marque, connaître tous les détails de sa vie, quitte à se rendre comme un pèlerinage dans le village où il possédait son château. A mes débuts sur internet, j'avais même envisagé de créer un site consacré à l'acteur comique, sans suites, faute à une opulence déjà réelle des sites de fans et à l’imbécillité de son fils aîné qui tenta un temps de régenter la communauté des admirateurs de son père. Puis vint le cinéma américain et d'autres idoles, plus viriles, plus laconiques aussi.

Je suis revenu à Louis de Funès avec ma redécouverte du cinéma français, il y a quelques années, en le trouvant ça et là dans des petits rôles. Serge Regourd, dans son excellent ouvrage Les seconds rôles du cinéma français, grandeur et décadence, revient sur le parcours atypique d'un second rôle inimitable qui devint la plus grande star française, et il faut bien reconnaître une qualité aux diverses émissions qui tentent de voir dans la moindre petite apparition l'éclair de son génie : ils ne se trompent pas. L'auteur rappelle, avec toute l'objectivité qui est la sienne, à quel point Funès parvint à éclipser régulièrement les stars avec quelques minutes de présence à l'écran. Dans la seule décennie 1950, il tourna plus encore que Noël Roquevert, enchaînant parfois plus de 15 films dans une seule année ! Quant aux centaines d'expressions de son visage, fait de sa gloire comme de son mépris, il se contente avec justesse d'écrire Quand la charge paraît relever de l'Être et non du Faire, ce n'est plus une charge. Mais du talent. Du reste, que seraient devenus les Homme orchestre, Sur un arbre perché, Soupe aux choux sans la présence de Louis de Funès ?

Michel Galabru ne manque jamais l'occasion de rappeler que Louis de Funès souffrait terriblement des critiques envers ses films ou sa personne, qu'entendre qu'il était un ringard le poussait à vouloir plaire aux cinéphiles exigeants, type Les Cahiers du cinéma, ou même à vouloir tourner avec Polanski. 30 ans après sa mort, les mauvaises langues sont rares et quand bien même elles se fatiguent de sa folie grimaçante, elles reconnaissent toujours, malgré tout, le talent de leur auteur. Louis de Funès continue de s'exporter avec succès en Europe - ce fut même un jour pour moi un efficace moyen de communication avec une polonaise, ravie de se trouver dans le pays du Gendarme !



Je reste donc un inconditionnel de Louis de Funès, en sachant toutefois modérer mon enthousiasme pour des films que je connais par coeur. Peut-être par snobisme, peut-être parce que les comédies américaines de Billy Wilder ou Franck Capra m'ont ouvert d'autres horizons. Toujours est-il que le mot FIN que l'acteur redresse à la fin de Certains l'aiment froide (J. Bastia, 1959) ne lui sied pas bien. A l'image de l'emprunte indélébile qu'il a laissé dans le cinéma français, et qui se perpétue de génération en génération depuis maintenant 30 ans, son personnage ne parvient pas à poser le point sur le i, le met dans sa poche et s'en va dans un plan étonnamment chaplinesque, en arrachant un petit morceau d'éternité à un mot qui n'a pas beaucoup de sens quand on parle de lui.

mardi 1 janvier 2013

Un réveillon anglais pour Louis de Funès et Maurice Risch !

Nouvelle année oblige, je n'ai pu échapper au traditionnel réveillon, comme la plupart d'entre vous j'imagine. A la différence que je me suis rendu en Angleterre pour déguster un repas typique, avec deux amis qui vous sont familiers, Louis de Funès et Maurice Risch. Reste que nous n'avons pas été déçu du voyage !






Très originale, l'entrée était servie d’huîtres dans de la soupe au lait. Étonnant !






Non ce n'est pas la tarte finale, il s'agit du deuxième plat, du haddock aux petites mandarines et cerises, agrémenté d'une sauce mayonnaise à la menthe. Delicious !




Loin d'être le dessert, ce n'est que la viande ... à la chantilly ! Marvelous !

Tellement marvelous que j'ai calé et que nous ne connaîtrons pas le dessert. A ce qu'on m'a dit, Maurice Risch, émerveillé par cette fine cuisine, est resté pour finir tous les plats. Je vous laisse seuls juges des têtes de mes deux convives !


samedi 15 décembre 2012

Où est Louis de Funès dans "Du Guesclin" (1949) ?

J'ai parlé récemment des nombreux coffrets et livres qui sortent sur Louis de Funès à l'occasion de Noël et puisque Laurent Delahousse lui a consacré une émission entière - assez inégale à mon sens, comme à celui de beaucoup d'inconditionnels de l'acteur j'imagine -, je me prête également, avec un opportunisme affiché, à parler un peu plus de celui qui reste un des acteurs comiques les plus populaires en France.

Je me suis prêté au petit jeu de Où est Charlie ?, rebaptisé pour l'occasion Où est Louis de Funès ?, dans le film de Bernard de Latour, Du Guesclin (1949) avec Fernand Gravey dans le rôle du Connétable de France. Cité au générique, il y a souvent désaccord sur le nombre de ses performances dans le film. Je vais essayer ici d'en faire une liste que j'espère complète.

3m30 : "Il était bon entre les bons"
Louis de Funès n'apparaît pas à l'écran mais prononce cette courte phrase en voix-off quand le petit garçon demande à sa mère qui est l'homme représenté devant lui.




37m59 : "Si ce capitaine doit commander l'armée, l'honneur m'en revient !"
Louis de Funès incarne ici un seigneur de France qui aspire à commander l'armée du Dauphin contre les Anglais. "En égard pour mon rang...", phrase qu'il ne peut finir, indique que son personnage est influent à la Cour et probablement dans une partie du Royaume. On peut lire souvent sur internet qu'il s'agit d'un astrologue mais il n'en est rien.




1h03m : "Je connais l'Espagne, c'est un pays sec comme un nombril de couleuvre"
Funès apparaît d'abord en transparence, pour le même personnage, celui de Martin Oriquez "l'espagnol, plus venimeux que vipère". On le retrouve face à Du Guesclin pour cette réplique amusante - la famille de Louis de Funès était d'origine espagnole - et une jolie composition d'un mercenaire des Grandes Compagnies du XIVe siècle, et non un mendiant comme écrit souvent.





1h13m : Rôle muet
Enfin, Louis de Funès apparaît lors de la cérémonie où Du Guesclin est fait Connétable (chef de l'armée) par le Roi de France Charles V ... incarné par Gérard Oury, son futur metteur en scène et ami, un des artisans de sa gloire. Ce rôle n'en est pas un, il s'agit plus d'une figuration où il reprend son rôle de Seigneur.



On peut donc compter deux rôles parlés et une voix-off pour Louis de Funès dans Du Guesclin. Pas de quoi s'affoler puisque ces performances misent bout à bout peinent à dépasser les 2 minutes d'apparition à l'écran, mais un joli coup du hasard puisqu'il retrouva Gérard Oury quelques années plus tard pour des heures plus glorieuses.

mercredi 12 décembre 2012

"DU GUESCLIN" (de Bernard de Latour, 1949)



En quelques mots : Enfant turbulent, fils d'une petite noblesse bretonne, Bertrand Du Guesclin brille par son aptitude au combat. Vainqueur d'un tournoi où il défait de nombreux chevaliers, il devient un combattant de renom. Au service du Roi de France Charles V, il est fait connétable et décide aux destinées de l'armée royale.

A trop regarder des films, on prend un jour l'assurance de pouvoir en réaliser un - du moins on en rêve secrètement. Et comme les idées coûtent moins chères que les tournages, j'ai développé avec les années plusieurs rêveries : réaliser une vie de Hector Berlioz (d'où peut-être ma déception en regardant La symphonie fantastique), une adaptation de Michel Strogoff (elle aussi assez décevante dans sa version de 1956) et une vie de Bertrand Du Guesclin que j'avais intitulée « Le Dogue Noir ». Acclamé ou méprisé, le connétable de Charles V ne laisse pas indifférent et fait figure aujourd'hui encore de référence quand on évoque les grands noms de la chevalerie française. Longtemps j'ai voulu voir ce film de Bernard de Latour, dont certaines scènes ont été tournées à Dinan (Côtes d'Armor), non loin de chez moi. L'ouverture m'a presque rendu jaloux car dans mon scénario aussi l'action débutait à la basilique Saint-Denis, nécropole des Rois de France où fut inhumé Du Guesclin à sa mort - à la différence que j'ouvrais mon « Dogue Noir » lors des profanations de la Révolution Française, qui n'épargnèrent pas le tombeau du Connétable !

Hélas, cette bonne idée passée, le film s'enfonce avec assurance dans le grotesque du carton-pâte y compris ... pour les extérieurs réels ! La vie de Du Guesclin est caricaturée, vidée de toute ambiguïté - celle-là même qui suscite toujours la colère des nationalistes bretons qui n'hésitent pas à faire sauter les statues du Chevalier - et teintée d'un mysticisme de carnaval. Il faut voir Du Guesclin dire, en plein jour, "Regardez ! L'étoile a disparu !". Les poncifs sur la période médiévale s'accumulent aussi rapidement que défile la vie du héros, sans qu'on ne puisse voir une seule bataille - manque de moyens probablement, de volonté sûrement. Il ne faut pas non plus s'attendre à comprendre quoique ce soit au contexte difficile de l'époque puisque les séquences s'enchainent mécaniquement, presque sans logique et se concentrent autour de Du Guesclin et de son fidèle compagnon. On ne peut s'empêcher de sourire en les voyant se battre à deux, dos au mur, et lancer des coups d'épée sur des adversaires qui tombent comme si on soufflait dessus. Ainsi des grandes étapes de la vie du Connétable, n'espérons pas comprendre ce qu'il part faire en Espagne et comment il a pu devenir le chef des armées royales.



Hélas vraiment, car l'interprétation est de qualité et sauve le film du naufrage. Fernand Gravey apporte beaucoup de crédibilité à son personnage et peut ressembler à l'idée que l'on se fait de Du Guesclin, froid, spadassin et presque analphabète. Gérard Oury campe un sobre Charles V de France, tout comme Junie Astor en Tiphaine et Gisèle Casadesus en Jeanne de Penthièvre. Noël Roquevert n'est pas à sa place dans le rôle du fidèle compagnon et fait beaucoup pour rendre le film involontairement comique (tout comme Howard Vernon en Duc de Lancastre), à la différence d'un jeune Louis de Funès que l'on s'amuse à retrouver dans plusieurs petits rôles ! De quoi, égoïstement, me rendre heureux de penser qu'on est loin du grand film que l'on pourrait consacrer au plus célèbre des Connétables de France.

mardi 4 décembre 2012

Quelques idées de cadeaux pour Noël ?

Le même problème se pose pour beaucoup d'entre nous tous les ans pour la période des fêtes. Quel cadeau offrir ? Cette année, osez le cinéma français ! Et pour les plus ambitieux, les plus insolents d'entre vous (et les plus riches), osez cet énorme coffret Jean-Pierre Mocky qui rassemble près de 50 films du génial réalisateur français, à mon sens l'un des meilleurs, hélas trop souvent boudé ou caricaturé. Pour 150€, retrouvez entre autres les films de sa collaboration avec Bourvil (La cité de l’indicible peur, Un drôle de paroissien, L'étalon et La grande lessive !) ou Michel Serrault (L'ibis rouge, A mort l'arbitre, Le miraculé ...) et quelques perles qu'il faut absolument (re)voir tels Y a-t-il un français dans la salle ? ou Les compagnons de la marguerite. 2013 sera donc probablement l'occasion de parler de Jean-Pierre Mocky, assez peu évoqué sur ce blog pour le moment. Pour les plus impatients, j'avais longuement évoqué sur un autre blog ce réalisateur que j'aime tant en me proposant modestement une brève analyse et évolution de sa carrière (voir « Jean-Pierre Mocky : le vrai cinéma ! »).


Gaumont à la demande, la collection incontournable, propose comme tous les mois de nouveaux titres à redécouvrir en DVD. Citons Pattes Blanches (1949) dont j'avais parlé très vite dans un article sur Michel Bouquet, excellent film de Jean Grémillon avec également Fernand Ledoux, Paul Bernard et Suzy Delair, le tout tourné dans un charmant petit port de pêche des Côtes d'Armor (Erquy). J'avais pu découvrir ce film au cinéma dans une copie affreusement sale - espérons que le transfert DVD ne sera pas trop mauvais. Toujours avec notre chère Suzy, sortie d'un Marcel Carné de 1962, Du mouron pour les petits oiseaux avec un énorme casting : Paul Meurisse, Dany Saval, Roland Lesaffre, Robert Dalban, Dominique Davray, Jean Richard et même Dany Logan, le chanteur rock'n'roll des Pirates !


A noter également une ressortie Gaumont de Ni vu, ni connu (1958) de Yves Robert avec Louis de Funès, charmante petite comédie qui permettra de rendre hommage à nouveau à Pierre Mondy (le DVD existait chez René Chateau mais semble épuisé). On retrouvera également Valse brillante (1949) de Jean Boyer, avec Lucien Barroux et Jan Kiepura et La Tendre ennemie (1936) de Max Ophüls avec Simone Berriau et Catherine Fonteney.

StudioCanal poursuit ses intéressantes sorties Blu-ray et propose ce mois le chef d'oeuvre de Jacques Becker, Casque d'or (1952) avec Simone Signoret, Claude Dauphin et Serge Reggiani. A noter un intéressant documentaire en bonus sur les coulisses du tournage mais l'abandon des autres suppléments du DVD.


Chez René Chateau, quelques sympathiques nouveautés dont un Raymond Bernard, cinéaste remis à l'honneur en cette fin d'année (voir le coffret Raymond Bernard chez Pathé) de 1937, Le coupable, avec Pierre Blanchar et Marguerite Moreno. On notera aussi Pamela (de Pierre de Hérain, 1945) avec Renée Saint-Cyr et Fernand Gravey ou encore Le messager (de Raymond Rouleau, 1937) avec Jean Gabin et Gaby Morlay.

Qui sera le Corniaud à Noël ?

Un coup d’œil rapide dans n'importe quel magasin et on retrouve les incontournables coffrets sur Louis de Funès. L'acteur comique le plus populaire du cinéma français continue de faire vendre ! On note évidemment, comme tous les ans et particulièrement ce Noël puisqu'on fêtera le triste anniversaire des 30 ans de sa disparition le 27 janvier prochain, une multitude d'ouvrages, à commencer par une biographie du tâcheron Sandro Cassati (Louis de Funès, Biographie intime) qu'il faudra probablement éviter, l'auteur étant le roi de la biographie commerciale dénuée de tout intérêt, tout comme Louis de Funès, le génie du rire de Christian Dureau qui a ici au moins le mérite de ne prétendre qu'à être une synthèse pour qui voudrait découvrir l'acteur. Les spécialistes de Louis de Funès semblent dire beaucoup de bien d'un abécédaire complet, écrit par Bertrand Dicale, Louis de Funès de A à Z, largement fourni en illustrations. Une rapide consultation en magasin me fait douter, pour ma part, de son intérêt si on connaît déjà bien ses classiques. Au lecteur de se faire son propre avis, tout comme sur l'énigmatique Louis de Funès, regardez-moi là, vous ! (Collectif) qui sortira après les fêtes. Et preuve, s'il en fallait une, de l'opportunisme de certains auteurs, cet ouvrage intitulé A table avec Louis de Funès qui propose de réunir les recettes de cuisine présentent dans ses films ! Grotesque ou vraie bonne idée ?

Les coffrets ne sont donc pas en reste. TF1 propose Louis de Funès, inoubliable, regroupant des archives télévisées inédites où l'on peut voir l'acteur chanter aux côtés de Michel Sardou ou Jean Carmet, tout comme des interviews de proches. La série des Fantômas ressort en Blu-ray dans un nouveau coffret (l'ancien avait été critiqué sur la qualité des transferts vidéo) même si j'ai l'impression que les bonus sont ceux du coffret DVD. Si vous n'avez pas encore ces films en votre possession, c'est peut-être une bonne occasion de toucher juste ! Et j'apprends même sur le site Autour de Louis de Funès qu'il est possible de trouver des T-shirt à l'effigie de l'acteur avec le slogan "Non ! Si ! Ohhh !". Je vous laisse juges ...



Quelques livres

Là aussi vous n'échapperez pas aux sorties opportunistes et tomberez encore une fois nez-à-nez avec le Grand livre des répliques cultes du cinéma ou des Répliques les plus drôles du cinéma ! Au milieu des monographies consacrées Marilyn Monroe ou James Dean, il sera bon de s'intéresser aux Méconnus du cinéma français : les acteurs de genre qui ont fait la grandeur de notre cinéma de Serge Regourd (déjà auteur du très bon Les seconds rôles du cinéma français) ou même au Scénario des Enfants du Paradis publié chez Gallimard !

Toujours dans le classique, Michel Audiard se vend bien. Outre l'excellent Audiard par Audiard chez René Chateau, on voit dans les rayons quelques livres sur Les tontons flingueurs ou Un singe en hiver. Annie Girardot, de manière plus opportuniste, est aussi à l'honneur de plusieurs ouvrages, dont le prochain sort en janvier (Annie Girardot, une vie dérangée de Bernard Pascuito).

Olivier Barrot nous entraine également dans une traversée du cinéma français - ce que j'essaye de faire avec ce blog -, espérons qu'il donnera une large part au cinéma des années 20 à 70 (Tout feu, tout flamme). Enfin, une jolie surprise découverte sur internet au gré de mes visites, les Mémoires d'un chevalier ciel, entendons bien sûr les souvenirs de Christian Marin qui nous a quitté cette année.

Pour rappel, le Jean Renoir de Pascal Mérigeau est toujours disponible dans la collection Grandes Biographies de Flammation, celle-là même qui publiera en février prochain Sacha Guitry, profession inventeur de Christophe Mirambeau, pour ceux qui continuent à faire des cadeaux après Noël !

samedi 20 octobre 2012

"LES PÉPÉES FONT LA LOI" (de Raoul André, 1955)

En quelques mots : Une jeune femme, propriétaire d'une boutique de chaussures, est enlevée et interrogée violemment. Sa mère, une ancienne femme de gangster, qui possède encore un petit réseau d'informateurs, fait entrer ses filles dans la confidence et voici que les trois belles se décident à affronter la pègre parisienne.

C'est Raoul André, spécialiste du nanar (La polka des menottes, Le bourgeois gentil mec, Mission spéciale à Caracas) qui signe cette farce policière, où l'on retrouve pourtant un joli casting, composé des jolies Dominique Wilms, Claudine Dupuis et Louis Carletti en sœurs, filles de Suzy Prim, que l'on retrouve dans un rôle de vieille affranchie, étrangement ressemblante à la Françoise Rosay de Faut pas prendre les enfants du bon Dieu... (1969) de Michel Audiard. Autour d'eux, quelques acteurs sympathiques tels que Jean Gaven en écrivain spécialiste du Milieu, René Havard qui se fait torturer au tisonnier et Louis de Funès en barman gangster, très drôle par moments.

Le film n'a pas beaucoup d'autre intérêt que de divertir gentiment un spectateur qui sait très bien à quoi s'attendre : des dialogues au rabais, des cascades hilarantes (le gangster qui tombe dans une baignoire au début, remarquable) et des gags faciles. Pourtant, contre toute attente, on se laisse prendre par cette petite histoire, grâce au charme des trois comédiennes qui s'évertuent à parler avec l'argot des voyous - quelques scènes sont d'ailleurs amusantes à ce petit jeu -, et grâce à Suzy Prim, étonnante, voire déconcertante, dans son rôle de "Maman Gangster". Rien de bien passionnant mais une petite comédie pas désagréable à voir.

Je vous propose d'écouter sur ce blog la chanson du film, Les pépées font la loi, assez amusante car elle annonce, vous allez l'entendre, avec beaucoup d'avance le fameux Être une femme de Michel Sardou, dans un style plus années 1950. Film féministe alors ? Je n'irais pas jusqu'à là.

Extrait audio : Chanson "Les pépées font la loi"


mercredi 3 octobre 2012

"MON FRANGIN DU SÉNÉGAL" (de Guy Lacourt, 1953)


En quelques mots : Jules Pinson, le photographe du village, est fou amoureux de la belle Annette, la fille de l'épicier. Seulement, celle-ci ne jure que par l'aventure qu'elle voit toutes les semaines au cinéma, et ne voudrait pour mari qu'un véritable héros. Jules s'invente alors un frère jumeau, César, tout droit revenu du Sénégal. Les problèmes commencent.

Raymond Bussières est un acteur que j'adore, toujours très juste et amusant ; il y a quelque chose de Buster Keaton chez lui quand il ne parle pas (même dans le physique), et le début de ce Frangin du Sénégal le confirme largement, tant l'acteur parvient à faire rire sans prononcer le moindre mot, ou presque. Le scénario est simpliste et très classique (la fameuse histoire du jumeau inventé, qui entraine gags et péripéties) mais les dialogues sont suffisamment efficaces pour que l'on ne s'endorme pas devant tant de poncifs. La mise en scène de Guy Lacourt s'adapte bien à ce genre de comique de situation, et certaines scènes rapides sont mêmes assez réussies (le réveil de Jules, qui doit changer de chambre le plus rapidement possible). Seules les scènes finales avec le lion dans la forêt, trop longues, alourdissent un peu le film.

Nous parlions de cinéma colonial avec Avoir 20 ans dans les Aurès, ici les clichés du genre (aventure, brousse, dangers, courage) sont largement détournés et tournés en dérision. Il faut se souvenir de l'engagement communiste de Raymond Bussières, de fait probablement anticolonialiste, qu'il est amusant de voir grimé en explorateur avec casque colonial, fusil et petite moustache à la Errol Flynn. Une réplique du film est d'ailleurs très drôle : à un "Salut la Colonie", Bussières dépité, qui veut faire croire qu'il est suicidaire, n'y répond que "Au train où ça va ... adieu la Colonie !". Quelques mois avant la défaite de Diên Biên Phu et la chute de l'empire colonial français, c'est presque de la réplique militante !


L'autre force de cette gentille petite comédie est son casting : outre Raymond Bussières, on retrouve sa jolie épouse Annette Poivre (et leur fille Sophie Sel) ainsi que Noël Roquevert en épicier dépassé, Marcelle Arnold, éternelle "vraie jeune fille" et Louis de Funès en docteur myope et incompétent (qui en fait des tonnes). Dans l'extrait que je vous présente en vidéo, nous retrouvons également la toujours charmante Paulette Dubost, vexée d'avoir été traitée de "gourgandine" !

samedi 18 août 2012

Do you, do you Saint-Tropez ?

Tout le monde connaît la fameuse série populaire du Gendarme de Saint-Tropez. Tout le monde sait le nom de ce gendarme, Cruchot, et son interprète, Louis de Funès. A peu près tout le monde sait le nom de son adjudant, Gerber, et son interprète, Michel Galabru. Mais qui se souvient des noms, et surtout des acteurs, qui composèrent à l'écran la brigade de Saint-Tropez ? Pas toujours évident, d'autant qu'ils ont changés au fil des films.


Pour les 4 premiers épisodes, soit Le gendarme de Saint-Tropez, Le gendarme à New-York, Le gendarme se marie et Le gendarme en balade, l'équipe, assez efficace, reste la même : Michel Galabru en adjudant Jérôme Gerber, Louis de Funès en maréchal des logis Ludovic Cruchot sont entourés par Jean Lefebvre (1) dans le rôle de Fougasse, Christian Marin (2) dans le rôle de Merlot, Michel Modo (3) en Berlicot et Guy Grosso (4) en Tricard.


On sait qu'après le troisième épisode, les relations entre Louis de Funès et Jean Lefebvre, qui commençait à devenir célèbre, furent houleuses (il s'en explique dans son autobiographie), et celui-ci fut contraint de quitter l'équipe, remplacé par Maurice Risch (5) en gendarme Beaupied, habitué des tournages avec Louis de Funès. Quant à Christian Marin, lassé de la série qui tournait en rond, il fut remplacé par deux fois : pour Le Gendarme et les extraterrestres, c'est Jean-Pierre Rembal qui arriva dans la brigade, sans parvenir à marquer de son emprunte son personnage de Taupin, probable raison pour laquelle il fut lui aussi remplacé dans Le gendarme et les gendarmettes par Patrick Préjean (6), dans le rôle de Perlin.

Seuls Grosso et Modo, amis et partenaires réguliers des films de Louis de Funès, gardèrent leurs rôles dans les six épisodes. Une grande partie de leur renommée vient de là.

mercredi 15 août 2012

Comiques et Religion : de sacrés numéros !


Quelle meilleure occasion que ce 15 août, jour de l'assomption de Marie, pour s'offrir quelques drôles de numéros de grands comiques du cinéma français ... dans une église ! Ainsi de Michel Simon dans Le diable et les dix commandements (de Julien Duvivier, 1962), Fernandel en inoubliable Don Camillo prêt à briser un cierge sur le dos de Peppone, Louis de Funès déguisé en Bonne Sœur chanteuse pour les besoins d'une traque aux extraterrestres, et Bourvil dans Un drôle de paroissien (de Jean-Pierre Mocky, 1963) en aristocrate fauché qui fait fortune grâce à l'argent contenu dans ... les troncs des églises !


Et pour conclure cet article de circonstance, deux extraits audio liés au Bon Dieu : Michel Simon (ci-dessus) jurant devant une Sœur, et Jean-Pierre Marielle qui se souvient de sa première communion (dans Calmos de Bertrand Blier, 1976) :

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mardi 14 août 2012

"KNOCK" (de Guy Lefranc, 1951)

En quelques mots : A Saint-Maurice, toute la population se porte bien, et le docteur du village n'est payé qu'une seule fois par an pour ses rares consultations. Lorsque le docteur Knock, pour qui "tout bien portant est un malade qui s'ignore", arrive en ville, tout change radicalement. Les habitants se découvrent des maladies, s'alitent et font fructifier les affaires de Knock et du pharmacien.

Alors que deux dentistes viennent récemment d'être condamnés parce qu'ils abîmaient volontairement les dents de leurs patients pour leur facturer des soins, la redécouverte de Knock, et de sa vision particulière de la médecine, peut faire froid dans le dos, ou rire jaune.

"Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous grattouille ?" (Louis Jouvet)

Comme César reste lié à Raimu et Rhett Butler à Clark Gable, on n'imagine mal le docteur Knock sous des traits différents que Louis Jouvet, les cheveux plaqués en arrière, parfois recouverts d'un chapeau melon, ses petits yeux cachés derrière des lunettes rondes. Pourtant voilà, plus qu'un autre, un film où les détracteurs de l'acteur se régaleront à argumenter que Jouvet déclame son texte comme un comédien sur scène, sans naturel, avec une intonation insupportable. Les autres, et j'en fais partie, répèteront à qui veut l'entendre que Jouvet était vraiment un des plus grands.

Objet de discordes entre les cinéphiles le docteur Knock ? Il fut déjà pendant son tournage l'enjeu de toutes les convoitises, puisque "tout Paris" voulait être de cette aventure, annoncée fameuse. Jouvet lui-même engagea quelques un de ses protégés, comme le jeune Jacques Monod, et se chargea de la direction artistique. Un des biographes de Louis de Funès, Jean-Jacques Jelot-Blanc*, rapporte que le tournage, de fait, fut houleux, entre un acteur "perdant son temps au cinéma" mais se mêlant constamment de la mise en scène, et un jeune réalisateur qui aurait bien aimé faire son travail. Jacques Becker, voisin de tournage, vint même parfois sur le plateau pour tenter de réconcilier les deux hommes, en vain !

Extrait audio : "J'ai perdu 100 grammes !" (Louis de Funès)


Les fils de Louis de Funès ont rappelé il y a quelques années à quel point leur père fut énervé par l'attitude des distributeurs qui ressortaient des films où il faisait une apparition alors qu'il était devenu une vedette. De fait, il n'est pas rare de trouver des affiches de Knock annonçant son nom dans les seconds rôles, alors qu'il n'apparaît que ... 10 secondes à l'écran. Jean Carmet quant à lui, a un vrai rôle, celui du moqueur qui devient infirmier. Le film est donc l'occasion de retrouver quelques bons acteurs, tels que Pierre Renoir en pharmacien soudain débordé, Pierre Bertin en instituteur candide, persuadé d'être porteur de germes, ou Jean Brochard en médecin confrère de Louis Jouvet. Ce personnage central de l'histoire est censé être le plus honnête docteur, veillant à la bonne santé de ses concitoyens, même si au début de l'histoire il vend son cabinet en arguant qu'il est très rentable.

Le texte est un classique du théâtre et l'adaptation cinématographique ne peut vraiment s'en démarquer, offrant souvent une succession de scènes, mais tellement réjouissantes qu'on oublie ce détail pourtant rédhibitoire dans bien des cas. La finesse des dialogues, leur humour noir et leurs réflexions cyniques sont un régal à écouter, d'autant que certains passages restent au delà de la farce des moments terriblement sombres et pessimistes quant à l'avenir des hommes face à la médecine (le passage près de la fenêtre entre Jouvet et Brochard).

La fin, sur un regard diabolique de Louis Jouvet, questionne encore : le médecin alité est-il le fruit de l'escroc Knock ou la preuve vivante de son génie de la médecine ?



* JELOT-BLANC, J.-J., Louis de Funès, une légende, Paris, Anne Carrière, 1993.

mercredi 1 août 2012

Jean Lefebvre : "Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?"

Je suis un grand amateur de biographies et d'autobiographies d'acteurs ou actrices, et c'est avec joie que j'avais découvert, il y a quelques mois maintenant, chez un bouquiniste, ce petit livre écrit de la main de Jean Lefebvre (1919-2004). Rien de tout à fait fondamental, mais quel plaisir de lire les anecdotes et les turpitudes de vie de celui qui fut un comique très populaire en son temps, et qui demeure dans la mémoire populaire grâce à quelques rôles passés à la postérité : Fougasse dans la série du Gendarme, le soldat Pitivier de la Septième Compagnie ou Paul Volfoni des Tontons flingueurs.

Et pourtant, de cinéma, il n'en que peu question dans ce livre où l'acteur entend plutôt nous raconter sa vie personnelle, celle que l'on ne connait pas, ou peu. C'est d'abord des femmes, très importantes, de sa mère à ses épouses, mères de ses nombreux enfants. Lefebvre écrit chapitre après chapitre ses bonheurs et des chagrins, avec un peu trop d'intérêt à mon goût - ses déboires amoureux sont très banals et peu influents sur sa carrière, on s'en fatigue vite (reste sa relation avec son fils, émouvante).


Heureusement, cette vie bien remplie ne se limite pas à ces histoires de cœur, et Jean Lefebvre prend plaisir à se souvenir de ses tranches de vie dignes d'un film - comme lorsqu'il fut arrêté par les allemands pendant la guerre, enfermé dans un camp et condamné au poteau d'exécution avant d'être sauvé in extremis par un contre-ordre -, ou d'anecdotes sur les gens du métier (sur ses copains joueurs, comme Darry Cowl).

Dans La bonne occase (1965) avec Michel Serrault et Jean Poiret

Curieusement, Jean Lefebvre ne s'étale pas sur ses expériences cinématographiques, privilégiant plutôt le théâtre et le cabaret, ses vraies passions, celles où le public est là tous les soirs. Pourtant, quelques détails montrent son attachement au grand écran, et à ses maîtres, comme lorsqu'il traversa la France en voiture, de nuit, pour tourner quelques secondes avec Henri-Georges Clouzot (un ami à qui il s'amusait à jouer des tours).

La dernière partie du livre, très intéressante, est consacrée à ses souvenirs sur quelques grands noms du cinéma français (Gabin, Bourvil, Brasseur ...). Il s'y explique notamment sur sa relation houleuse avec Louis de Funès (qu'il avait accusé publiquement de l'avoir coupé au montage dans Le gendarme en ballade), et montre à cette occasion une grande humanité et une gentillesse qui étaient les caractéristiques de ceux qui voulaient le décrire.

Extrait :
Je n'ai revu de Funès qu'une fois, des années plus tard, dans un cocktail. Il était là, avec sa femme, et il m'observait de loin, sans rien dire. Je suis allé vers lui et je l'ai obligé à me saluer. Sa femme, elle, a refusé de me tendre la main. Alors j'ai forcé l'explication, car il me semblait qu'il fallait régler ce problème une fois pour toutes.
- Écoute, Louis, tu es dans le métier depuis assez longtemps maintenant pour comprendre ce que j'ai à te dire. Lorsque je t'ai attaqué publiquement, j'étais fou de colère. Je commençais à avoir un petit nom et en me supprimant arbitrairement mes scènes, tu m'as fait du tort. Tu sais combien il est difficile de se faire connaître dans ce métier. [...] Il me semble que la moindre des choses aurait été de m'en avertir, d'avoir le courage de me prévenir. [...]
De Funès a gardé le silence pendant quelques instants, puis il s'est levé.
- Tu as raison, m'a-t-il dit.
Et il s'est retourné vers sa femme.
- Embrasse-le ...
Alors, enfin, elle m'a tendu la main et je me suis rendu compte que c'était un homme qui reconnaissait ses torts.

Pour aller plus loin :
* Jean Lefebvre, Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?, Paris, Éditions J'ai Lu, 1992 (édition originale chez Michel Lafon, 1984).
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