En quelques mots : La France vit à nouveau sous le joug de Fantômas qui envoie désormais des hommes et des femmes à sa place pour commettre ses forfaits. Préalablement rendus fous, ils sont arrêtés mais ne peuvent témoigner. Un médecin célèbre qui se vantait de pouvoir changer l'âme des hommes a disparu. Est-ce Fantômas ? Est-il un complice du génie du crime ? Ou assiste-t-on un affrontement entre deux êtres maléfiques ? Juve et Fandor mènent l'enquête.
Deux ans après le Fantômas de Jean Sacha avec Simone Signoret et Marcel Herrand, que j'avais trouvé assez mauvais, c'est au tour de Robert Vernay de mettre en scène une nouvelle adaptation de l'oeuvre de Marcel Allain et Pierre Souvestre, toujours avec l'excellent Alexandre Rignault en inspecteur Juve. Celui-ci fait presque figure de comparse, tout comme Fantômas d'ailleurs, laissant grande place à Fandor (Yves Furet) et Marcelle Chantal dans un rôle fort peu intéressant. On se réjouira de retrouver quelques seconds rôles savoureux à l'image de Marcel Pérès en aubergiste inconditionnel de la musique militaire !
Si le film peine à imposer son rythme avec une grosse demi-heure emprunte d'ennui et de mystère, Fantômas contre Fantômas devient attrayant dès lors que Juve et Fandor ont trouvé la piste du malfaiteur. Tourné en 1949, le film porte les stigmates d'une période sombre qui se termine juste et dont les français subissent encore les conséquences; ainsi on retrouve un personnage de médecin fou qui pratique des expériences sur les humains, une thématique hélas inspirée de la réalité (Josef Mangele ou Marcel Petiot pour la France) qui sera l'objet de nombreux films. Fantômas lui-même est représenté comme un continuateur de la barbarie de l'ancien Occupant en rachetant un vieux laboratoire de tortures de la Gestapo (avec prisons et piscine d'acide sulfurique) où il déclare "A ce point-là, le crime atteint au lyrisme, à la poésie pure. Je ne fais pas de politique mais je rends hommage ! Je suis sensible à cette trouvaille comme un poème de Prévert." Ce nouvel aspect revisité du personnage le rend encore plus terrifiant, surtout qu'on ne le voit presque pas et qu'il ne cache jamais son visage sous un masque (très bon Maurice Teynac).
De film policier, Fantômas contre Fantômas offre de belles séquences assez originales; ainsi après un meurtre de sang froid dans un hôpital, on assiste à une course poursuite derrière un corbillard, le tout filmé comme un burlesque américain des années 20 ! Basé sur le cerveau de l'homme, le film fait montre de jolies scènes oniriques effrayantes (la mère qui revoit son petit garçon assassiné). Entre drame pur, enquête policière et morceaux comiques, cette aventure du génie du crime laisse sans voix, et on passe aisément les faiblesses de la narration pour ne retenir qu'une curiosité à découvrir !
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vendredi 7 décembre 2012
mercredi 17 octobre 2012
Fantômas contre le cinéma français !
Personnage incontournable de la littérature populaire du début du XXe siècle, Fantômas, créé par Marcel Allain et Pierre Souvestre au début des années 1910 a captivé les foules. Il était normal que le cinéma français s'en empare pour créer quelques films marquants, et qui connurent souvent le succès. Je vais essayer ici d'en dresser la liste, avec à chaque fois l'acteur qui interprète le maître de tout et de tous !
// Au cinéma, les premières adaptations débutent deux ans après la publication des romans. Le légendaire Louis Feuillade connaît le succès en adaptant, en muet et avec quelques colorations, les aventures criminelles du héros masqué : ainsi de Fantômas à l'ombre de la guillotine (1913), Juve contre Fantômas (1913), Le mort qui tue (1913), Le policier apache (1914) et Le faux magistrat (1914). Ce rôle fit la gloire de son interprète, René Navarre ! Une série qui a été éditée en DVD, et qui vaut largement le coup d’œil pour sa belle mise en scène.
Première adaptation parlante de l’œuvre écrite, Fantômas de Paul Féjos (1932) avec Jean Galland dans le rôle titre, difficilement trouvable aujourd'hui, hormis chez quelques collectionneurs avertis. Je ne l'ai pas encore vu, et ne saurait donc en parler davantage.
Il faut attendre 1947 et le film de Jean Sacha, Fantômas, pour entendre à nouveau parler du célèbre criminel au cinéma français (il existe une adaptation américaine de 1920). Marcel Herrand interprète avec beaucoup de conviction le personnage principal, face à Alexandre Rignault en Juve et Simone Signoret en Hélène. Une adaptation ratée, que j'ai évoqué sur ce blog. Deux ans plus tard, c'est Maurice Teynac qui s'y colle, sous la direction de Robert Vernay, dans Fantômas contre Fantômas. Le génie du crime est toujours recherché par Juve/Rignault et s'inscrit là dans la continuité de la barbarie de la Gestapo en rachetant un ancien laboratoire et en cherchant à transformer les hommes en monstres ! Une adaptation réussie qu'il faut découvrir.
En 1964, c'est une adaptation bien éloignée des romans originaux que livre Jean Halain à André Hunebelle, lequel immortalisera par trois fois un Fantômas aux allures de monstre, interprété par un Jean Marais qui en dessine lui-même le masque. Fantômas (1964), Fantômas se déchaine (1965) et Fantômas contre Scotland Yard (1967) sont probablement les plus célèbres de tous, car ils permirent à Louis de Funès d'exercer son talent comique. Ils sont d'ailleurs souvent décriés par les cinéphiles acharnés, qui y voient un Funès grimaçant à l'extrême et une trahison des romans originaux ; quant aux fans de Jean Marais, ils voient leur idole recalée au rang de second couteau (il n'y a qu'à voir comment la trilogie est expédiée par Carole Weisweiller dans son "Jean Marais, le bien aimé"). Pour ma part, ils sont liés à d'excellents souvenirs d'enfance, et la voix de Raymond Pellegrin (excellente idée) reste terriblement marquante !
// A la télévision, on peut noter une adaptation fidèle des romans, mise en scène par Claude Chabrol et Juan Luis Bunuel. Épouvantablement filmée, avec des moyens de télévision et des acteurs inégaux, elle met toutefois en scène un Fantômas énigmatique et très convaincant grâce à la prestation de Helmut Berger, face à Jacques Dufilho, très bon Inspecteur Juve. Quatre épisodes, un peu désuets mais agréables, diffusés en 1980 et aujourd'hui disponibles en DVD grâce à l'INA.
A noter que dans la préface d'une anthologie des romans signés Souvestre et Allain, ce dernier explique que les auteurs voulaient appeler leur héros du mal ... Fantômus ! L'éditeur, qui avait mal lu, leur déclara "Ah oui Fantômas, c'est formidable !" ...
// Au cinéma, les premières adaptations débutent deux ans après la publication des romans. Le légendaire Louis Feuillade connaît le succès en adaptant, en muet et avec quelques colorations, les aventures criminelles du héros masqué : ainsi de Fantômas à l'ombre de la guillotine (1913), Juve contre Fantômas (1913), Le mort qui tue (1913), Le policier apache (1914) et Le faux magistrat (1914). Ce rôle fit la gloire de son interprète, René Navarre ! Une série qui a été éditée en DVD, et qui vaut largement le coup d’œil pour sa belle mise en scène.
Première adaptation parlante de l’œuvre écrite, Fantômas de Paul Féjos (1932) avec Jean Galland dans le rôle titre, difficilement trouvable aujourd'hui, hormis chez quelques collectionneurs avertis. Je ne l'ai pas encore vu, et ne saurait donc en parler davantage.
Il faut attendre 1947 et le film de Jean Sacha, Fantômas, pour entendre à nouveau parler du célèbre criminel au cinéma français (il existe une adaptation américaine de 1920). Marcel Herrand interprète avec beaucoup de conviction le personnage principal, face à Alexandre Rignault en Juve et Simone Signoret en Hélène. Une adaptation ratée, que j'ai évoqué sur ce blog. Deux ans plus tard, c'est Maurice Teynac qui s'y colle, sous la direction de Robert Vernay, dans Fantômas contre Fantômas. Le génie du crime est toujours recherché par Juve/Rignault et s'inscrit là dans la continuité de la barbarie de la Gestapo en rachetant un ancien laboratoire et en cherchant à transformer les hommes en monstres ! Une adaptation réussie qu'il faut découvrir.
En 1964, c'est une adaptation bien éloignée des romans originaux que livre Jean Halain à André Hunebelle, lequel immortalisera par trois fois un Fantômas aux allures de monstre, interprété par un Jean Marais qui en dessine lui-même le masque. Fantômas (1964), Fantômas se déchaine (1965) et Fantômas contre Scotland Yard (1967) sont probablement les plus célèbres de tous, car ils permirent à Louis de Funès d'exercer son talent comique. Ils sont d'ailleurs souvent décriés par les cinéphiles acharnés, qui y voient un Funès grimaçant à l'extrême et une trahison des romans originaux ; quant aux fans de Jean Marais, ils voient leur idole recalée au rang de second couteau (il n'y a qu'à voir comment la trilogie est expédiée par Carole Weisweiller dans son "Jean Marais, le bien aimé"). Pour ma part, ils sont liés à d'excellents souvenirs d'enfance, et la voix de Raymond Pellegrin (excellente idée) reste terriblement marquante !
// A la télévision, on peut noter une adaptation fidèle des romans, mise en scène par Claude Chabrol et Juan Luis Bunuel. Épouvantablement filmée, avec des moyens de télévision et des acteurs inégaux, elle met toutefois en scène un Fantômas énigmatique et très convaincant grâce à la prestation de Helmut Berger, face à Jacques Dufilho, très bon Inspecteur Juve. Quatre épisodes, un peu désuets mais agréables, diffusés en 1980 et aujourd'hui disponibles en DVD grâce à l'INA.
A noter que dans la préface d'une anthologie des romans signés Souvestre et Allain, ce dernier explique que les auteurs voulaient appeler leur héros du mal ... Fantômus ! L'éditeur, qui avait mal lu, leur déclara "Ah oui Fantômas, c'est formidable !" ...
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