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samedi 4 janvier 2014

"Y'A-T-IL UN FRANÇAIS DANS LA SALLE ?" (de Jean-Pierre Mocky, 1982)



En quelques mots : Le puissant président d'un parti politique apprend la mort d'un vieil oncle, qui l'avait élevé. Face à ce suicide imprévu, il cherche à récupérer une lettre du défunt qui pourrait révéler son lourd passé pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais il n'est pas seul à s'y intéresser : un policier pervers et un journaliste en quête de scoop épient le politicien.

Quand la France salace et corrompue de Frédéric Dard rencontre l'univers explosif de Jean-Pierre Mocky, on peut prévoir des embolies. L'évidence de cette rencontre est presque tardive en 1982, qu'importe puisque le résultat n'en fini de pas déconcerter. J'ai revu ce film hier soir avec la petite appréhension de ne pas être aussi enthousiasmé que la première fois ... idée vite dissipée dès lors que l'infernale machine de destruction se met en marche. Certes, les grivoiseries ne sont pas toutes du plus bon effet dans les premières séquences et gâchent presque un film qui pourrait faire référence en matière de drame politique. Mais Mocky sera toujours Mocky et on s'habitue à ces voix-off perverses, reflets très terre-à-terre des pensées de tous lors d'un enterrement, d'une entrevue ministérielle etc. Si cet ornement est une des pattes du metteur en scène, le principal est ailleurs : adapté d'un roman de Frédéric Dard (dont je connais très mal l'oeuvre, hélas), Y'a-t-il un français dans la salle ? s'inscrit dans la série des plus grandes réussites de Jean-Pierre Mocky en matière de jeu de massacre (avec L'ibis rouge ou A mort l'arbitre notamment). Là encore, personne n'est épargné, du cheminot idolâtre de Georges Marchais au président de parti politique corrompu en passant par la voisine épieuse, le journaliste fouille-merde, le flic pervers ou l'oncle geôlier. Avec les plus grands acteurs (Victor Lanoux, Jacqueline Maillan, Jean-François Stévenin, Jacques Dutronc, Andréa Ferréol, Dominique Lavanant, Emmanuelle Riva, Dominique Zardi, Michel Galabru ou Alexandre Rignault dans un de ses derniers rôles), Mocky filme une société à la dérive, pourrie, irrécupérable.



Le personnage interprété par Jacques Dufilho est tout à fait étonnant : maître chanteur séquestré depuis près de deux décennies dans la petite maison de l'oncle décédé, il est celui qui détient le secret (le brillant politique dénonça des juifs pendant la guerre) et fait office de bonne conscience qu'il faut nourrir. Presque fantasmé ou rêvé, ce personnage improbable permet à Victor Lanoux de se réveiller par une tirade miraculeuse dont l'écho résonne toujours depuis trente ans : "Bien que maître-chanteur professionnel, je reste citoyen français. Ce qui m'a frappé c'est que ... personne ne croit plus en rien. Je les écoute tous sur mon transistor. Au milieu des invectives de l'assemblée, je me suis brusquement demandé : y'a-t-il ... un français dans la salle ? Un seul ? Un vrai ? ... Votre bannière c'est la SOFRES, votre patrie c'est la télévision."

Pessimiste dans l'âme - à moins qu'il ne s'agisse d'une cruelle lucidité -, Jean-Pierre Mocky n'épargne pas ses personnages. Si le politique change de registre, avec un petit succès, ce n'est pas sans être puni de ses lâchetés : son monde s'écroule, sa conscience disparaît dans les flammes. "Pas d'autres victimes ?"

mercredi 13 mars 2013

Un nouveau souffle pour les catholiques ?

C'est la grande question de tous les journalistes à la suite de l'élection du Pape François Ier, originaire de l'Amérique latine. L'Eglise retrouvera-t-elle un nouveau souffle, un nouveau visage ? L'âge d'or du Cinéma Français, toujours présent en direct pour les grands évènements, a déjà quelques témoignages venus de la place Saint-Pierre, à Rome.



Max/André Pousse, fidèle serviteur de la Princesse dans Elle cause plus ... elle flingue ! (Audiard, 1972) a été le premier à reconnaître Jésus Christ parmi les hommes. Il était présent ce soir au Vatican et semblait ému, avec son baluchon sur l'épaule.



Le cardinal Michel Galabru se voyait pape lui aussi, mais il n'a pas été élu - bien qu'il fut un des premiers à visiter les quartiers les plus pauvres des environs de la capitale française, à se prosterner aux pieds de celui qu'il avait reconnu comme Jésus-Christ. La prochaine fois peut-être ?

samedi 27 octobre 2012

Bon anniversaire à ... Michel Galabru (1922-...)

Il semble faire partie de la famille aujourd'hui, comme un grand-père sympathique à qui l'on pardonne tout, et surtout ses nanars les plus terribles, pour payer ses impôts. C'est toujours un grand plaisir pour moi de rappeler que Michel Galabru est en pleine forme - je l'ai encore rencontré il y a quelques mois - et qu'il fête aujourd'hui ses 90 ans !

Cette photo souvenir a été prise à Saint-Malo en 2010, où le génial Michel Galabru s'arrêta dans le hall du théâtre pour signer des autographes et faire des photos avec tout le monde !

mardi 16 octobre 2012

"LE PION" (de Christian Gion, 1978)

En quelques mots : Bertrand Barabi (H. Guybet) est professeur auxiliaire de français et surveillant dans un lycée de province. Méprisé par sa hiérarchie, et la femme dont il est amoureux et chahuté par ses élèves, il n'en rêve pas moins de grande littérature et écrit une nouvelle qu'il propose, sans succès, au cercle littéraire de sa ville. La mère d'un de ses élèves (C. Jade) l'encourage toutefois à continuer, et à en faire un roman.

Je n'avais jamais vu ce film dont j'avais beaucoup entendu parler, et j'ai cru rester sur ma (maigre) faim dès les premiers instants, assez plats, pour ne pas dire banals quand on a vu quelques fois Les Sous-doués (1980). Petit à petit pourtant, le film prend sa vitesse de croisière, et on commence à s'attacher aux personnages : Claude Piéplu campe un formidable "censeur" (qui aujourd'hui pourrait imaginer qu'un tel métier puisse exister dans un établissement scolaire ?), Michel Galabru amuse en inspecteur d'académie chahuté par toutes les classes, la jolie Maureen Kerwin fait la potiche inaccessible, Bernard Musson le littéraire bègue et Claude Dauphin, dont c'est le dernier rôle à l'écran, un écrivain de très grande renommée. Henri Guybet est inhabituel dans ce rôle de surveillant timide et souriant, mais il n'a aucun mal à convaincre, et ce film restera, je pense, un de ses meilleurs rôles.

Du reste, ce n'est pas un grand film, entre mise en scène hasardeuse (pourtant quelques scènes très réussies) et histoire difficilement crédible, mais il reste tout à fait sympathique à visionner. Le plus frappant reste ses larges similitudes avec La cage aux rossignols (1945) de Jean Dréville, avec Noël-Noël en vedette : l'histoire d'un surveillant se rêvant grand écrivain, qui raconte son histoire pour en faire un succès littéraire, tombant amoureux de la mère d'un élève (avec un final en mariage entouré des enfants), écrivant la nuit quand il surveille l'internat et faisant jouer ses élèves dans un spectacle. Si ce n'est un plagiat, c'est un hommage, mais dans tous les cas, il semblerait que le gros succès de 1945 soit une source d'inspiration évidente de ce film.

vendredi 7 septembre 2012

"LE BON ROI DAGOBERT" (de Pierre Chevalier, 1963)

En quelques mots : Le jeune Bébert, pour avoir préféré échanger des billes avec un camarade pendant un cours d'histoire, reçoit pour punition d'écrire une centaine de lignes sur le Roi mérovingien Dagobert Ier. Privé de sa série télévisée favorite, il s'imagine les aventures du Roi Dagobert sous les traits de son propre père (Fernandel).

Certains pesteront probablement du fait que je n'ai pas classé ce film dans la catégorie Nanar ! Mais je dois avouer que la découverte de ce film que je croyais avoir vu il y a longtemps m'a laissé une agréable sensation de plaisir. Certes, la comédie est légère et ne fait jamais dans la finesse, mais elle ne prétend pas autre chose, et remplit parfaitement son contrat en jouant à fond dans la parodie et les détails anachroniques. Mêlés à la vision enfantine de l'Histoire (elle est racontée par Bébert pour sa punition), passent les pires fantaisies et soucis de réalisme, prétextes à rire de notre passé et de ses grandes déclamations. Ainsi Michel Galabru (le fidèle Pépin) et Fernandel s'amusent-ils à trouver un mot historique pour le Roi, passant de "L’État c'est moi !" à "Nous sommes ici par la volonté du peuple ...".

" - Un petit souper aux chandelles ? - Forcément aux chandelles, à quoi pourrait-on s'éclairer en 631 ?" (Pascale Roberts/Fernandel)

Ne cherchez pas la mise en scène, inexistante, ni la vraisemblance des décors.

Le film est truffé de répliques assez amusantes lâchées par des interprètes qui n'attendent que ça : outre Fernandel (génial même quand les films sont mauvais), Darry Cowl compose avec décalage un bourreau "à la carte", Michel Galabru un Pépin qui cherche le mot historique ("Ça pourrait faire une parole historique J'y suis, j'y reste !"), Pierre Doris une crapule amie de Dominique Zardi, Jean Tissier un Connétable en fin de carrière, qui peine à grimper à cheval, ou encore Jacques Dufilho en espion prêt à se déguiser en femme ou en turc ! Gino Cervi, doublé en français pour son rôle de Saint Eloi, fait figure de clown blanc, sage et en retrait, sans véritable séquences comiques.

Revoir ce film pour ce qu'il est, une gentille petite comédie parodique et anachronique (qui annonce Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, de Jean Yanne), est un plaisir que je ne boude pas. Et je vous propose un petit extrait vidéo du film :


Pour la petite anecdote, la chanson populaire "Le bon Roi Dagobert", largement évoquée dans le film, a été composée en réalité à la Révolution Française pour se moquer de Louis XVI. Évoquant un Roi lointain, elle permettait d'éviter la censure, tout en riant des prétendus défauts du souverain (maladresse ...).

samedi 18 août 2012

Do you, do you Saint-Tropez ?

Tout le monde connaît la fameuse série populaire du Gendarme de Saint-Tropez. Tout le monde sait le nom de ce gendarme, Cruchot, et son interprète, Louis de Funès. A peu près tout le monde sait le nom de son adjudant, Gerber, et son interprète, Michel Galabru. Mais qui se souvient des noms, et surtout des acteurs, qui composèrent à l'écran la brigade de Saint-Tropez ? Pas toujours évident, d'autant qu'ils ont changés au fil des films.


Pour les 4 premiers épisodes, soit Le gendarme de Saint-Tropez, Le gendarme à New-York, Le gendarme se marie et Le gendarme en balade, l'équipe, assez efficace, reste la même : Michel Galabru en adjudant Jérôme Gerber, Louis de Funès en maréchal des logis Ludovic Cruchot sont entourés par Jean Lefebvre (1) dans le rôle de Fougasse, Christian Marin (2) dans le rôle de Merlot, Michel Modo (3) en Berlicot et Guy Grosso (4) en Tricard.


On sait qu'après le troisième épisode, les relations entre Louis de Funès et Jean Lefebvre, qui commençait à devenir célèbre, furent houleuses (il s'en explique dans son autobiographie), et celui-ci fut contraint de quitter l'équipe, remplacé par Maurice Risch (5) en gendarme Beaupied, habitué des tournages avec Louis de Funès. Quant à Christian Marin, lassé de la série qui tournait en rond, il fut remplacé par deux fois : pour Le Gendarme et les extraterrestres, c'est Jean-Pierre Rembal qui arriva dans la brigade, sans parvenir à marquer de son emprunte son personnage de Taupin, probable raison pour laquelle il fut lui aussi remplacé dans Le gendarme et les gendarmettes par Patrick Préjean (6), dans le rôle de Perlin.

Seuls Grosso et Modo, amis et partenaires réguliers des films de Louis de Funès, gardèrent leurs rôles dans les six épisodes. Une grande partie de leur renommée vient de là.

mercredi 15 août 2012

"TARTARIN DE TARASCON" (de Francis Blanche, 1962)

En quelques mots : A Tarascon, dans le Sud de la France, les animaux sauvages se méfient des hommes et on préfère chasser à la casquette. Le plus fort en gueule de tous est Tartarin, dont les exploits exotiques font l'admiration des habitants du village. Seulement à force de trop parler, le voilà - lui qui n'a en fait jamais chassé de sa vie - forcé de partir pour l'Afrique, chasser le lion de l'Atlas.

Adapté pour la troisième fois au cinéma (après les versions de George Méliès en 1908, et de Raymond Bernard en 1934 avec Raimu), le célèbre roman de Alphonse Daudet tombe dans les mains du comique Francis Blanche, qui signe les dialogues, la mise en scène et l'interprétation du rôle principal. Avec son impressionnant casting, le film donne clairement envie mais ne parvient jamais à susciter de réel enthousiasme, le scénario n'étant pas à la hauteur de la tâche bien qu'il fut curieusement ambitieux !


En effet, réalisé au début des années 1960, ce Tartarin de Tarascon entend s'adapter à son époque et, de fait, à la chute de l'empire colonial français, l'idée étant d'envoyer un provincial aux idées exotiques dans une nouvelle Afrique, libre et émancipée. Si l'idée est bonne, les clichés ne manquent pas : ainsi Tartarin débarque dans une ville industrielle, loge dans un palace, s'étonne de voir des noirs dans un bistrot et rencontre l'inévitable caïd du désert qui parle un français soutenu car il a fait ses études à la métropole. Il y a donc un parfum d'anticolonialisme assez sympathique dans ce film qui ne parvient, hélas, jamais à décoller, faute à une mise en scène lourde et quelques séquences comiques laborieuses (la scène de chant au début).

Extrait audio : "L'homme du midi ne ment pas ..."


Francis Blanche est un bon Tartarin, truculent, drôle et émouvant, mais sa réalisation et son adaptation plombent un peu le film ; la plupart des gags sont démodés, usés ou franchement pas drôles. Restent évidemment de bons seconds rôles : Paul Préboist, Jacqueline Maillan, Darry Cowl (lunaire) et Hubert Deschamps.

Pourtant, malgré une première partie africaine très pénible (l'amourette avec la fille de Pigalle), le film se laisse regarder gentiment, et on s'émeut même du sort de ce pauvre candide de Tartarin, désolé de s'être fait rouler par un faux noble du Monténégro (sympathique Alfred Adam) et de voir que ses rêves d'aventures s'arrêtent à un vieux lion de foire, malade. Le retour à Tarascon est, en outre, tout à fait étonnant.

Suivi par un chameau, aidé par le capitaine Michel Galabru, Francis Blanche se retrouve dans un train, dans une ambiance western, avec un type qui chante (Joe Sentieri) une balade mélancolique. Là où on s'attend logiquement à voir débarquer Gary Cooper fatigué, apparaissent Bourvil, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Raymond Devos et ... Henri Salvador. Un final en fanfare qui égaye un peu cette gentille comédie pas complètement réussie mais divertissante.

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