En quelques mots : Bobby Guibert et son meilleur ami Patrice passent leur jeunesse dorée dans des soirées mondaines, entre filles et alcool, avec l'aide financière d'une vieille tante. Celle-ci, alarmée par son comptable sur l'état des finances, décide d'envoyer son neveu aux colonies où elle possède une exploitation. Quand il apprend qu'il devra travailler comme un employé, Bobby échange sa place avec son ami mais tombe amoureux de la fille du propriétaire.
Adapté d'une célèbre opérette éponyme de Henri Duvernois et Albert Willemetz, Toi c'est moi ne doit pas être considéré aujourd'hui pour autre chose que ce qu'il était lors de sa sortie, un divertissement sans prétentions. Oubliés alors les évocations sans complexes de la période coloniale, l'usage abusif du mot nègre (qui vaut aujourd'hui à Quentin Tarantino une petite polémique, pour son nouveau film) et l'exotisme de pacotille d'Antilles de studio. La décontraction des acteurs et l'humour bon enfant de l'ensemble rendent cette comédie musicale tout à fait charmante, à l'image de cette séquence où Tabet et Junie Astor sont poursuivis par un crocodile grotesque (gonflable ?) qu'il faut prendre au second degré. Pills et Tabet sont sympathiques dans leurs premiers rôles bondissants, tout autant que les actrices du film, Claude May en superbe fille de planteur, Junie Astor en fille de gouverneur et Pauline Carton dans un rôle de bourgeoise qui lui change un peu des soubrettes. Saturnin Fabre et André Berley complètent le casting.
Film de vacances par excellence, Toi c'est moi reflète une certaine idée de l’insouciance qui a pu exister dans des esprits de la France de 1936, gouvernée pour la première fois par des socialistes, prometteurs de nouveaux espoirs. On s'étonne même de quelques libertés prises dans le scénario, à l'image d'un amour entre un blanc et une noire, des seins apparents de Claude May partie se baigner nue ou de la chanson restée célèbre, Sous les palétuviers, dont les paroles sont équivoques.
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samedi 19 janvier 2013
mercredi 26 décembre 2012
ON VEUT VOIR : le porno de Bourvil !
Alors, alors ... du calme ! Comprenez le pauvre petit blogueur que je suis et qui cherche parfois à faire un peu de promotion à son blog sur les moteurs de recherche ! Le titre volontairement provocateur de cet article est purement commercial et ne vise pas les plus cinéphiles d'entre vous, qui voient déjà où je veux en venir. Les acharnés de Bourvil doivent le savoir, sa toute dernière apparition sur les écrans, après sa mort, est un petit caméo dans le film Clodo, réalisé par Georges Clair. Selon les informations du net, il jouerait un portrait vivant dans un tableau pendant quelques secondes - environ une journée de tournage alors qu'il était déjà très malade. Le film fut distribué dans quelques salles et retiré tout aussi tôt. L'affaire serait déjà intéressante si elle ne se corsait par la suite. Des producteurs, aussi peu scrupuleux que moi avec ce titre aguicheur, décidèrent de remonter ce film et d'y insérer des séquences pornographiques. Ainsi naquit Clodo et les vicieuses qui fut distribué quelques temps en 1975 ... je vous laisse juge de l'affiche qui circule sur internet ! Ce film, on ne saurait s'en étonner, fut parfaitement oublié mais sortit tout de même en VHS dans les années 1990 dans sa version originelle, copie qui fut d'ailleurs projetée dans le cinéma de Jean-Pierre Mocky à Paris. Depuis, Clodo reste introuvable, presque légendaire. Tout ceci a-t-il d'ailleurs existé ? Ne serait-ce pas un conte de Noël pour adultes ?
Reste qu'un festival de cinéma bis le programmait encore il y a quelques temps ... alors L'âge d'or du cinéma français veut le voir ! Pour la curiosité d'abord, pour Bourvil ensuite et surtout. Par ailleurs, le film se targue d'un casting intéressant avec Raymond Souplex, Colette Renard, Jacques Jouanneau et même Pauline Carton. De fait, imaginer la seconde version avec les inserts relève tout à coup du surréaliste !
Comme toujours dans ce cas, avis aux amateurs et aux cinéphiles qui auraient peut-être en leur possession une vieille VHS de ce Clodo bien intriguant. Une capture d'écran du dernier rôle de Bourvil serait la bienvenue !
Reste qu'un festival de cinéma bis le programmait encore il y a quelques temps ... alors L'âge d'or du cinéma français veut le voir ! Pour la curiosité d'abord, pour Bourvil ensuite et surtout. Par ailleurs, le film se targue d'un casting intéressant avec Raymond Souplex, Colette Renard, Jacques Jouanneau et même Pauline Carton. De fait, imaginer la seconde version avec les inserts relève tout à coup du surréaliste !
Comme toujours dans ce cas, avis aux amateurs et aux cinéphiles qui auraient peut-être en leur possession une vieille VHS de ce Clodo bien intriguant. Une capture d'écran du dernier rôle de Bourvil serait la bienvenue !
vendredi 21 décembre 2012
"SI PARIS NOUS ÉTAIT CONTÉ" (de Sacha Guitry, 1956)
En quelques mots : Las des vieux livres d'Histoire fait de suppositions, des étudiants demandant à un vieux professeur de leur raconter l'Histoire de Paris avec ses souvenirs et ses yeux contemporains. Comme ils reviennent, il leur conte les aventures de la capitale française, des Rois médiévaux à la Libération de Paris en 1944.
De retour de quelques jours passés à visiter le Paris des Rois de France, je n'ai pu que constater l'omniprésence dans les boutiques de souvenirs des derniers films historiques de Sacha Guitry sur Versailles, Napoléon et Paris. Référence s'il en est, Si Paris nous était conté impressionne toujours par son formidable casting de stars et son ambition de retracer en deux petites heures plusieurs siècles d'histoire d'une des capitales les plus importantes du monde. Pari insurmontable me direz vous et vous n'auriez que trop raison ! Bien que l'ouverture soit très amusante avec un vieux Sacha Guitry qui se joue des historiens et de leur Histoire - riant même dès lors qu'on évoque la francisque ... - et se propose de raconter à des étudiants Paris telle qu'il la voit à travers des souvenirs et des anecdotes. L'Histoire anecdotique est dangereuse car réductrice mais elle est toujours matière à assurer un très bon divertissement de cinéma. Hélas, comme avec son Si Versailles m'était conté trois ans plus tôt, Sacha Guitry se prend les pieds dans le tapis de l'académisme ronronnant et de l'Histoire à deux balles pour ne laisser place rapidement qu'à un véritable ennui - où les deux petites heures du film deviennent subitement très longues !
Au milieu de longues séquences de dialogues inventés, parfois inspirés, on peut s'amuser à retrouver Jean Marais en François Ier qui ne pense qu'à faire l'amour (comme son Louis XV à Versailles en 1954 !), Robert Lamoureux en Latude, célèbre prisonnier de la Bastille qui s'évada plusieurs fois (dont on peut encore admirer l'échelle de corde au Musée Carnavalet à Paris), Michèle Morgan en Gabrielle d'Estrées (maîtresse de Henri IV) dans un très beau dialogue avec Jean Martinelli et bien sûr Sacha Guitry en Louis XI qui s'offre le très beau rôle d'un Roi important mais méconnu. Les plus tolérants y ajouteront Gérard Philipe en troubadour qui revient à toutes les époques pour nous conter fleurette plus que Paris. Il faut reconnaître d'ailleurs que la ville n'est qu'un prétexte à évoquer quelques pages de l'Histoire de France qui n'ont parfois pas grand rapport (le procès de Marie-Antoinette, le bal de Napoléon III et Eugénie). Restent quelques idées de mise en scène, comme les différentes entrées militaires en plan séquence, ou de scénario, à l'image un peu trop voyante d'une taverne pendant la guerre de cent ans où rôde déjà le marché noir ...
Un Si Paris nous était conté tout aussi décevant que son précédent versaillais pour ma part, que je n'ai pas pris grand plaisir à découvrir. Il peut servir, à la rigueur, de grand Qui est-ce ? du cinéma français des années 1950.
De retour de quelques jours passés à visiter le Paris des Rois de France, je n'ai pu que constater l'omniprésence dans les boutiques de souvenirs des derniers films historiques de Sacha Guitry sur Versailles, Napoléon et Paris. Référence s'il en est, Si Paris nous était conté impressionne toujours par son formidable casting de stars et son ambition de retracer en deux petites heures plusieurs siècles d'histoire d'une des capitales les plus importantes du monde. Pari insurmontable me direz vous et vous n'auriez que trop raison ! Bien que l'ouverture soit très amusante avec un vieux Sacha Guitry qui se joue des historiens et de leur Histoire - riant même dès lors qu'on évoque la francisque ... - et se propose de raconter à des étudiants Paris telle qu'il la voit à travers des souvenirs et des anecdotes. L'Histoire anecdotique est dangereuse car réductrice mais elle est toujours matière à assurer un très bon divertissement de cinéma. Hélas, comme avec son Si Versailles m'était conté trois ans plus tôt, Sacha Guitry se prend les pieds dans le tapis de l'académisme ronronnant et de l'Histoire à deux balles pour ne laisser place rapidement qu'à un véritable ennui - où les deux petites heures du film deviennent subitement très longues !
Au milieu de longues séquences de dialogues inventés, parfois inspirés, on peut s'amuser à retrouver Jean Marais en François Ier qui ne pense qu'à faire l'amour (comme son Louis XV à Versailles en 1954 !), Robert Lamoureux en Latude, célèbre prisonnier de la Bastille qui s'évada plusieurs fois (dont on peut encore admirer l'échelle de corde au Musée Carnavalet à Paris), Michèle Morgan en Gabrielle d'Estrées (maîtresse de Henri IV) dans un très beau dialogue avec Jean Martinelli et bien sûr Sacha Guitry en Louis XI qui s'offre le très beau rôle d'un Roi important mais méconnu. Les plus tolérants y ajouteront Gérard Philipe en troubadour qui revient à toutes les époques pour nous conter fleurette plus que Paris. Il faut reconnaître d'ailleurs que la ville n'est qu'un prétexte à évoquer quelques pages de l'Histoire de France qui n'ont parfois pas grand rapport (le procès de Marie-Antoinette, le bal de Napoléon III et Eugénie). Restent quelques idées de mise en scène, comme les différentes entrées militaires en plan séquence, ou de scénario, à l'image un peu trop voyante d'une taverne pendant la guerre de cent ans où rôde déjà le marché noir ...
Un Si Paris nous était conté tout aussi décevant que son précédent versaillais pour ma part, que je n'ai pas pris grand plaisir à découvrir. Il peut servir, à la rigueur, de grand Qui est-ce ? du cinéma français des années 1950.
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dimanche 25 novembre 2012
"BONNE CHANCE !" (de Sacha Guitry, 1935)
En quelques mots : Alors qu'elle va porter son linge chez une cliente, la jolie Marie se voit souhaiter "Bonne chance" par un peintre bohème. Convaincue, elle achète un billet de loterie et gagne un gros lot qu'elle entend bien partager avec son ami porte-bonheur. Celui-ci lui propose de faire un voyage d'une dizaines de jours et de dépenser sa part, soit près d'un million de francs. Fiancée, elle accepte pourtant de le suivre.
Bonne chance ! est la première fiction originale écrite par Sacha Guitry pour le cinéma et témoigne de la manière unique qu'avait le fameux auteur de concevoir le divertissement sur grand écran, une farandole de plaisirs égoïstes qui ravissent tous les spectateurs. Guitry est libre devant et derrière la caméra et son film regorge de cette sensation rare de liberté artistique : sur un fond noir on entend Pauline Carton déclarer "Bonne chance !", Guitry s'arrête au coin d'une rue et voyant qu'elle porte le nom d'Albert Willemetz (l'un des plus fameux paroliers de Maurice Chevalier notamment !) il s'exclame "Ah ? Déjà !" ou se délecte à déclarer lors d'un repas "Ce qu'il y a d'embêtant avec les bateaux, c'est que la sauce des asperges ne reste jamais où on la met !". Sacha Guitry dialogue ce film de 75 minutes avec bonheur et nous offre une petite pépite qui se déguste comme une sucrerie. Son immense talent d'auteur comique se retrouve dans une des meilleures scènes du film, celle du repas, que je vous propose d'écouter ici, où les trois personnages se livrent à une joute verbale parfaitement improbable mais magnifique ! A l'image du film, Guitry accumule des scènes inutiles à l'histoire juste pour le plaisir de les tourner.
On image sans mal que Sacha Guitry s'est plu à écrire cette petite comédie romantique pour sa compagne de l'époque, la jolie Jacqueline Delubac, qu'il courtise tout au long du film en jouant de sa différence d'âge, sans se soucier d'une trame scénaristique très faible et d'une mise en scène approximative. Toutes ces faiblesses importent heureusement peu face à la bonne humeur ambiante et à la finesse des mots !
Extrait audio : "Poulet cocotte ? Mais oui coco !"
Bonne chance ! est la première fiction originale écrite par Sacha Guitry pour le cinéma et témoigne de la manière unique qu'avait le fameux auteur de concevoir le divertissement sur grand écran, une farandole de plaisirs égoïstes qui ravissent tous les spectateurs. Guitry est libre devant et derrière la caméra et son film regorge de cette sensation rare de liberté artistique : sur un fond noir on entend Pauline Carton déclarer "Bonne chance !", Guitry s'arrête au coin d'une rue et voyant qu'elle porte le nom d'Albert Willemetz (l'un des plus fameux paroliers de Maurice Chevalier notamment !) il s'exclame "Ah ? Déjà !" ou se délecte à déclarer lors d'un repas "Ce qu'il y a d'embêtant avec les bateaux, c'est que la sauce des asperges ne reste jamais où on la met !". Sacha Guitry dialogue ce film de 75 minutes avec bonheur et nous offre une petite pépite qui se déguste comme une sucrerie. Son immense talent d'auteur comique se retrouve dans une des meilleures scènes du film, celle du repas, que je vous propose d'écouter ici, où les trois personnages se livrent à une joute verbale parfaitement improbable mais magnifique ! A l'image du film, Guitry accumule des scènes inutiles à l'histoire juste pour le plaisir de les tourner.
On image sans mal que Sacha Guitry s'est plu à écrire cette petite comédie romantique pour sa compagne de l'époque, la jolie Jacqueline Delubac, qu'il courtise tout au long du film en jouant de sa différence d'âge, sans se soucier d'une trame scénaristique très faible et d'une mise en scène approximative. Toutes ces faiblesses importent heureusement peu face à la bonne humeur ambiante et à la finesse des mots !
Extrait audio : "Poulet cocotte ? Mais oui coco !"
samedi 1 septembre 2012
"A PIED, A CHEVAL ET EN SPOUTNIK" (de Jean Dréville, 1958)
En quelques mots : Léon Martin devient amnésique après un léger accident de voiture, et va se reposer à la campagne, loin de toute nouvelle du monde. Quand un spoutnik atterrit dans son jardin avec un chien à son bord, il croit reconnaitre son propre animal, disparu quelques années avant. Alertée, l'administration intervient chez Martin qui accepte de ramener le chien jusqu'en URSS.
Qu'est venu faire Noël-Noël dans cette galère galactique ? Réalisé par son complice Jean Dréville, sans génie comme bien souvent, ce nanar au titre admirable (!) tentait de surfer - ou plutôt de décoller - sur l'actualité spatiale de l'époque, l'envoi de deux satellites soviétiques dans l'espace, dont un qui contenait la fameuse chienne Laïka. Suite de A pied, à cheval et en voiture (1957), cette comédie très datée n'a nul autre intérêt que son impressionnant casting.
Difficile de trouver quelque chose à sauver sinon les échanges de sourds entre Noël-Noël et Darry Cowl - "l'attaché détaché" - (qui en fait des tonnes, comme d'habitude) et quelques effets spéciaux amusants (Monsieur Martin en apesanteur dans la fusée). Le reste du film lasse assez vite, comme cette interminable séquence où Noël-Noël est retranché dans sa grange contre le reste du village, où les gags de seconde zone s'accumulent sans honte. La séquence de l'accident est épouvantable et les transparences en URSS achèvent le tout. A voir pour sourire de l'abattage de l'acteur vedette et pour les plaisanteries de Noël Roquevert.
Qu'est venu faire Noël-Noël dans cette galère galactique ? Réalisé par son complice Jean Dréville, sans génie comme bien souvent, ce nanar au titre admirable (!) tentait de surfer - ou plutôt de décoller - sur l'actualité spatiale de l'époque, l'envoi de deux satellites soviétiques dans l'espace, dont un qui contenait la fameuse chienne Laïka. Suite de A pied, à cheval et en voiture (1957), cette comédie très datée n'a nul autre intérêt que son impressionnant casting.
Difficile de trouver quelque chose à sauver sinon les échanges de sourds entre Noël-Noël et Darry Cowl - "l'attaché détaché" - (qui en fait des tonnes, comme d'habitude) et quelques effets spéciaux amusants (Monsieur Martin en apesanteur dans la fusée). Le reste du film lasse assez vite, comme cette interminable séquence où Noël-Noël est retranché dans sa grange contre le reste du village, où les gags de seconde zone s'accumulent sans honte. La séquence de l'accident est épouvantable et les transparences en URSS achèvent le tout. A voir pour sourire de l'abattage de l'acteur vedette et pour les plaisanteries de Noël Roquevert.
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