En quelques mots : André Cartier, célèbre chanteur qui a fait fortune aux Etats-Unis, revient en France et entame un tour de chant dans une grande salle parisienne. Au même moment, Fred, son frère jumeau sort de prison et, face à la pression de son intrigante fiancée, décide d'obtenir de l'argent de son richissime frère. D'abord conciliant, le chanteur cède puis refuse de payer.
D'emblée, je dois préciser que cet achat chez René Chateau n'est motivé que par la présence de Micheline Francey au générique et par la curiosité de voir Tino Rossi faire l'acteur devant la caméra. Destins lui est tout entier dévoué et n'est qu'un prétexte à contenter les aficionados du chanteur, qui enchaîne cinq ou six chansons, dont son célèbre Petit Papa Noël. L'histoire se résume à une classique rivalité entre frères jumeaux (quelques séquences réussies par ailleurs) et à un enlèvement convenu, servis par une mise en scène pantouflarde de Richard Pottier, qui n'a d'autre choix que de subir l'omniprésence de sa vedette. Le projet est tellement peu crédible que personne ne s'embarrasse, par exemple, de cette interminable scène de chanson dans un parc, où plusieurs midinettes entonnent Y'a d'l'amour, en marge de l'histoire, de toute cohérence scénaristique. Seule la version live de Petit Papa Noël (que l'on entend quand même trois fois dans le film !), mélancolique, reste appréciable aujourd'hui.
Du reste, Destins se suit quand même sans déplaisir. Tino Rossi assure correctement son double rôle, sans éclat mais avec sa présence habituelle. Les seconds rôles ne sont pas gâtés par la faiblesse du scénario mais je retrouve avec plaisir Micheline Francey en secrétaire fidèle - ainsi que son fils Thierry qui interprète le petit Jackie - et Mila Parély, seul rôle un peu intéressant, en garce manipulatrice et intéressée. A noter également, la jolie composition de Armand Bernard, en imprésario au bord de la crise de nerf. A réserver principalement aux inconditionnels de Tino Rossi.
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vendredi 19 juillet 2013
jeudi 7 mars 2013
"LES CAVES DU MAJESTIC" (de Richard Pottier, 1945)
En quelques mots : Monsieur et Madame Petersen passent quelques jours de vacances au palace Majestic, à Paris. Quand le mari s'envole pour Rome, son épouse et sa secrétaire, qui ne peuvent s'entendre, restent seules avec l'enfant du couple. Le lendemain matin, quand un employé des cuisines ouvre son casier, il découvre le corps mort de Madame Petersen, étranglée. Le commissaire Maigret est chargé de l'enquête.
Albert Préjean en commissaire Maigret, voilà qui continue de faire jaser aujourd'hui ; certains ne peuvent regarder les trois films sans maugréer dans leur coin ; d'autres s'en font un véritable plaisir coupable - et j'en suis ! Dans son Simenon à l'écran (1992), Claude Gauteur, plutôt dur contre les trois adaptations de la Continental, rappelle la phrase de Jacques Siclier : [avec Albert Préjean] de Maigret il ne restait que la pipe ! René Clair, plus gentil, se contente de résumer à sa façon la situation : Il change, à coup sûr, la nature de l'oeuvre qu'il est chargé d'interpréter, mais nous avons pas à nous plaindre, car il a toujours la même séduction. Certes, les lecteurs assidus des romans du célèbre directeur de la Police Judiciaire ne retrouvent pas l'épaisse charpente du commissaire sous les traits du sportif et souriant Albert Préjean, mais il faut lui reconnaître le mérite de ne pas sombrer dans ce que Claude Gauteur qualifie d'ersatz de privé américain. On est loin de Nestor "Dynamite" Burma. Quoique parfois ...
Dernier film produit par la Continental, Les Caves du Majestic fut tourné en février 1944, dans un contexte particulier, rappelé en partie dans le film de Bertrand Tavernier, Laissez-Passer (2002). Le scénariste Charles Spaak était emprisonné à Fresnes et surveillé par la Gestapo qui refusa de le libérer pour ses obligations professionnelles : ainsi, il écrivit les dialogues du film en prison, jour après jour, dans des conditions très difficiles. Lui qui ne mangeait pas à sa faim prit un plaisir quasi masochiste à multiplier les séquences culinaires - ainsi des dialogues inutiles sur les sauces avec le chef du Majestic ou de la recette alléchante du lapin dans la maison de Arthur Donge, sans parler du fastueux dîner final, où les deux convives ne mangent rien ! Les Caves du Majestic ne fut distribué au cinéma que l'année suivante, en août 1945, par la nouvelle Union Générale Cinématographique (UGC).
Évoquer ce film policier nous oblige à parler de la grande Histoire, mais il ne faudrait pas oublier la petite. Qu'en est-il finalement de ces caves de palace ? Il faut reconnaître que cette intrigue policière est très agréable à suivre, dans la veine identique de Picpus (Pottier, 1943) et Cécile est morte (Tourneur, 1944), et qu'elle maintient son suspens jusqu'à la dernière seconde, avec une pléiade de bons seconds rôles : de Suzy Prim en épouse assassinée à Charpin en juge d'instruction (peut-être pas son meilleur rôle) en passant par Jacques Baumer, René Génin et Denise Grey. Sans oublier l'excellent André Gabriello en fidèle Lucas dont les élans bégayants pourraient bien devenir cultes. C'est immmmpressssionnnant ! A noter un très beau plan-séquence dans les cuisines du palace.
Albert Préjean en commissaire Maigret, voilà qui continue de faire jaser aujourd'hui ; certains ne peuvent regarder les trois films sans maugréer dans leur coin ; d'autres s'en font un véritable plaisir coupable - et j'en suis ! Dans son Simenon à l'écran (1992), Claude Gauteur, plutôt dur contre les trois adaptations de la Continental, rappelle la phrase de Jacques Siclier : [avec Albert Préjean] de Maigret il ne restait que la pipe ! René Clair, plus gentil, se contente de résumer à sa façon la situation : Il change, à coup sûr, la nature de l'oeuvre qu'il est chargé d'interpréter, mais nous avons pas à nous plaindre, car il a toujours la même séduction. Certes, les lecteurs assidus des romans du célèbre directeur de la Police Judiciaire ne retrouvent pas l'épaisse charpente du commissaire sous les traits du sportif et souriant Albert Préjean, mais il faut lui reconnaître le mérite de ne pas sombrer dans ce que Claude Gauteur qualifie d'ersatz de privé américain. On est loin de Nestor "Dynamite" Burma. Quoique parfois ...
Dernier film produit par la Continental, Les Caves du Majestic fut tourné en février 1944, dans un contexte particulier, rappelé en partie dans le film de Bertrand Tavernier, Laissez-Passer (2002). Le scénariste Charles Spaak était emprisonné à Fresnes et surveillé par la Gestapo qui refusa de le libérer pour ses obligations professionnelles : ainsi, il écrivit les dialogues du film en prison, jour après jour, dans des conditions très difficiles. Lui qui ne mangeait pas à sa faim prit un plaisir quasi masochiste à multiplier les séquences culinaires - ainsi des dialogues inutiles sur les sauces avec le chef du Majestic ou de la recette alléchante du lapin dans la maison de Arthur Donge, sans parler du fastueux dîner final, où les deux convives ne mangent rien ! Les Caves du Majestic ne fut distribué au cinéma que l'année suivante, en août 1945, par la nouvelle Union Générale Cinématographique (UGC).
Évoquer ce film policier nous oblige à parler de la grande Histoire, mais il ne faudrait pas oublier la petite. Qu'en est-il finalement de ces caves de palace ? Il faut reconnaître que cette intrigue policière est très agréable à suivre, dans la veine identique de Picpus (Pottier, 1943) et Cécile est morte (Tourneur, 1944), et qu'elle maintient son suspens jusqu'à la dernière seconde, avec une pléiade de bons seconds rôles : de Suzy Prim en épouse assassinée à Charpin en juge d'instruction (peut-être pas son meilleur rôle) en passant par Jacques Baumer, René Génin et Denise Grey. Sans oublier l'excellent André Gabriello en fidèle Lucas dont les élans bégayants pourraient bien devenir cultes. C'est immmmpressssionnnant ! A noter un très beau plan-séquence dans les cuisines du palace.
lundi 14 janvier 2013
"PICPUS" (de Richard Pottier, 1943)
En quelques mots : Alors qu'il est en vacances incognito et ne souhaite pas être dérangé, le commissaire Maigret doit reprendre du service : une femme qui vient de déménager a retrouvé un cadavre dans son armoire. Le lendemain, elle est assassinée après que l'assassin a prévenu de son crime dans les journaux, signé Picpus.
Picpus est le premier opus de la trilogie Maigret avec Albert Préjean dans le rôle du célèbre commissaire, avant Cécile est morte (Maurice Tourneur, 1944) et Les caves du Majestic (Richard Pottier, 1944), produite par la Continental-Films. Au casting donc, on retrouve des têtes que nous aimons : Jean Tissier en doux excentrique, Noël Roquevert comme écrivain en mal d'inspiration, Pierre Palau en médecin légiste, Edouard Delmont en vieux fou - des amis de la famille en somme, dans leurs rôles de prédilection. Mais il faut s'arrêter sur celui, peut-être moins connu, qui s'impose aux côtés de Albert Préjean, André Gabriello, en inspecteur lourdingue au vif débit de paroles et qui ponctue toutes ses phrases d'un C'est immmmpressiooonnnant ! Un régal !
L'adaptation de Jean-Paul Le Chanois reste très efficace, autant que la mise en scène de Richard Pottier qui utilise au début du film, pour résumer les faits au commissaire Maigret qui conduit une voiture, un petit encadré où défilent des images ; une sorte de split screen avant l'heure, assez rare au cinéma avant les années 1960 ! De Paris à la Bretagne, Albert Préjean poursuit son enquête avec le sourire au coin des lèvres tout en gardant sa classe dans les situations les plus excentriques - à l'image de la coiffe indienne qu'il porte lors d'un gala de charité (dans Cécile est morte, on se souvient d'une poursuite en tandem !). Les dialogues permettent à tous les acteurs secondaires de faire leur petit numéro avec talent. Classique mais efficace.
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| La foule se presse voir Picpus lors de sa sortie au cinéma Normandie à Paris(1943) |
mardi 30 octobre 2012
"VIOLETTES IMPÉRIALES" (de Richard Pottier, 1952)
En quelques mots : En Espagne, lors d'une halte à Grenade, la belle Eugénie se faire dire la bonne aventure par une gitane du nom de Violetta. Celle-ci lui prédit un destin royal. De fait, lors d'un voyage en France, Eugénie devient l'épouse de l'empereur Napoléon III. Son cousin Juan, coureur souriant et beau parleur, tombe amoureux de Violetta lorsque celle-ci arrive en France.
Alors, je vous entends d'ici, vous allez me dire "Qu'est-ce que c'est que ça ? Il nous parle de Louis Jouvet, Jean Gabin, vénère Pierre Fresnay et voilà qu'on se retrouve avec une bluette musicale de Luis Mariano !" Certes, vous n'auriez pas tort. Mais que ne ferait-on pas pour la belle Micheline Francey ? C'est bien elle, en effet, dans un petit rôle, qui a guidé ce visionnage (et même cet achat ...). Hélas pour l'inconditionnel que je suis, elle n'apparaît pas très longtemps à l'écran, juste le temps de servir d'esclave à Luis Mariano et de se faire promettre un éphémère rendez-vous galant qui n'aura probablement jamais lieu. Quel goujaterie !
Au delà de ça, regarder Violettes impériales un soir, après une dure semaine de travail (ça doit bien arriver à quelques uns d'entre vous) n'est pas désagréable puisqu'on rigole du début à la fin. Il faut quand même voir Luis Mariano chanter une sérénade romantique à cheval, galopant derrière une calèche sur les routes d'Espagne, avec un immense sourire qui masque, tout au long du film, son terrible jeu d'acteur. Prétexte à entendre quelques jolies chansons de l'idole, selon les goûts, cette comédie romantique a des qualités dans les décors, les costumes et la mise en scène honnête de Richard Pottier. Simone Vallère en impératrice n'est pas ridicule, ni moins que Carmen Sevilla en gitane de cinéma. Tout pourrait en faire en nanar mais au final cette désuétude assumée est sympathique.
Regrettons juste que ça ne soit pas à la belle Micheline Francey que Luis Mariano chante (deux fois !) que L'amour est un bouquet de violettes ...
Alors, je vous entends d'ici, vous allez me dire "Qu'est-ce que c'est que ça ? Il nous parle de Louis Jouvet, Jean Gabin, vénère Pierre Fresnay et voilà qu'on se retrouve avec une bluette musicale de Luis Mariano !" Certes, vous n'auriez pas tort. Mais que ne ferait-on pas pour la belle Micheline Francey ? C'est bien elle, en effet, dans un petit rôle, qui a guidé ce visionnage (et même cet achat ...). Hélas pour l'inconditionnel que je suis, elle n'apparaît pas très longtemps à l'écran, juste le temps de servir d'esclave à Luis Mariano et de se faire promettre un éphémère rendez-vous galant qui n'aura probablement jamais lieu. Quel goujaterie !
Au delà de ça, regarder Violettes impériales un soir, après une dure semaine de travail (ça doit bien arriver à quelques uns d'entre vous) n'est pas désagréable puisqu'on rigole du début à la fin. Il faut quand même voir Luis Mariano chanter une sérénade romantique à cheval, galopant derrière une calèche sur les routes d'Espagne, avec un immense sourire qui masque, tout au long du film, son terrible jeu d'acteur. Prétexte à entendre quelques jolies chansons de l'idole, selon les goûts, cette comédie romantique a des qualités dans les décors, les costumes et la mise en scène honnête de Richard Pottier. Simone Vallère en impératrice n'est pas ridicule, ni moins que Carmen Sevilla en gitane de cinéma. Tout pourrait en faire en nanar mais au final cette désuétude assumée est sympathique.
Regrettons juste que ça ne soit pas à la belle Micheline Francey que Luis Mariano chante (deux fois !) que L'amour est un bouquet de violettes ...
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