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jeudi 3 janvier 2013
"MÉTROPOLITAIN" (de Maurice Cam, 1939)
En quelques mots : Alors qu'il est dans le métro pour aller à son travail, Pierre, simple ouvrier marié à une standardiste de nuit qu'il ne fait que croiser le matin, surprend à la fenêtre d'un immeuble un homme qui tente de poignarder sa femme. Il accourt avec un policier, empêche le drame et devient un héros. Mais il ne tarde pas à apprendre qu'il s'agissait d'un couple d'artistes en répétition.
Curiosité sortie chez René Chateau, Métropolitain vaut surtout pour son couple d'acteurs vedette, Albert Préjean en sympathique ouvrier parisien toujours prêt à rendre service, et Ginette Leclerc en garce ambitieuse et manipulatrice - leurs emplois habituels. Si le titre et les affiches laissent augurer une certaine plongée dans le métro des années 30, il n'en est pourtant pas question et on peut se demander pourquoi ce choix de titre. Toutefois, un des grands mérites du film est de dépeindre sans vouloir le faire la vie quotidienne de milliers de parisiens à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale et on se plait à observer ces métiers aujourd'hui disparus, tels le poinçonneur dans le métro ou la standardiste d'hôtel, et le cadre urbain qui les entourait, à l'image du chantier sur les quais de Seine où travaille Albert Préjean. Avec un rien de nostalgie, on se prendrait presque à rêver de cette époque où Paris semblait encore un peu à taille humaine ... et le métro un lieu sympathique et convivial (avec ce cher Marcel Pérès) ! En outre, ce Métropolitain permet d'apprécier la manière dont, au montage, on pouvait foncer de noir le ciel d'une pellicule pour faire croire à la nuit d'une scène tournée le jour - effet spécial redoutable !
Du reste, ce vaudeville très classique est totalement convenu et n'aurait d'intérêt sans ses acteurs - une jolie prestation de André Brulé dans un rôle d'artiste désabusé où Louis Jouvet aurait fait des merveilles. On se prend quand même à suivre cette intrigue mollassonne car ça ne dure jamais bien longtemps et parce que la fin relève un peu l'ensemble.
dimanche 25 novembre 2012
"BONNE CHANCE !" (de Sacha Guitry, 1935)
En quelques mots : Alors qu'elle va porter son linge chez une cliente, la jolie Marie se voit souhaiter "Bonne chance" par un peintre bohème. Convaincue, elle achète un billet de loterie et gagne un gros lot qu'elle entend bien partager avec son ami porte-bonheur. Celui-ci lui propose de faire un voyage d'une dizaines de jours et de dépenser sa part, soit près d'un million de francs. Fiancée, elle accepte pourtant de le suivre.
Bonne chance ! est la première fiction originale écrite par Sacha Guitry pour le cinéma et témoigne de la manière unique qu'avait le fameux auteur de concevoir le divertissement sur grand écran, une farandole de plaisirs égoïstes qui ravissent tous les spectateurs. Guitry est libre devant et derrière la caméra et son film regorge de cette sensation rare de liberté artistique : sur un fond noir on entend Pauline Carton déclarer "Bonne chance !", Guitry s'arrête au coin d'une rue et voyant qu'elle porte le nom d'Albert Willemetz (l'un des plus fameux paroliers de Maurice Chevalier notamment !) il s'exclame "Ah ? Déjà !" ou se délecte à déclarer lors d'un repas "Ce qu'il y a d'embêtant avec les bateaux, c'est que la sauce des asperges ne reste jamais où on la met !". Sacha Guitry dialogue ce film de 75 minutes avec bonheur et nous offre une petite pépite qui se déguste comme une sucrerie. Son immense talent d'auteur comique se retrouve dans une des meilleures scènes du film, celle du repas, que je vous propose d'écouter ici, où les trois personnages se livrent à une joute verbale parfaitement improbable mais magnifique ! A l'image du film, Guitry accumule des scènes inutiles à l'histoire juste pour le plaisir de les tourner.
On image sans mal que Sacha Guitry s'est plu à écrire cette petite comédie romantique pour sa compagne de l'époque, la jolie Jacqueline Delubac, qu'il courtise tout au long du film en jouant de sa différence d'âge, sans se soucier d'une trame scénaristique très faible et d'une mise en scène approximative. Toutes ces faiblesses importent heureusement peu face à la bonne humeur ambiante et à la finesse des mots !
Extrait audio : "Poulet cocotte ? Mais oui coco !"
Bonne chance ! est la première fiction originale écrite par Sacha Guitry pour le cinéma et témoigne de la manière unique qu'avait le fameux auteur de concevoir le divertissement sur grand écran, une farandole de plaisirs égoïstes qui ravissent tous les spectateurs. Guitry est libre devant et derrière la caméra et son film regorge de cette sensation rare de liberté artistique : sur un fond noir on entend Pauline Carton déclarer "Bonne chance !", Guitry s'arrête au coin d'une rue et voyant qu'elle porte le nom d'Albert Willemetz (l'un des plus fameux paroliers de Maurice Chevalier notamment !) il s'exclame "Ah ? Déjà !" ou se délecte à déclarer lors d'un repas "Ce qu'il y a d'embêtant avec les bateaux, c'est que la sauce des asperges ne reste jamais où on la met !". Sacha Guitry dialogue ce film de 75 minutes avec bonheur et nous offre une petite pépite qui se déguste comme une sucrerie. Son immense talent d'auteur comique se retrouve dans une des meilleures scènes du film, celle du repas, que je vous propose d'écouter ici, où les trois personnages se livrent à une joute verbale parfaitement improbable mais magnifique ! A l'image du film, Guitry accumule des scènes inutiles à l'histoire juste pour le plaisir de les tourner.
On image sans mal que Sacha Guitry s'est plu à écrire cette petite comédie romantique pour sa compagne de l'époque, la jolie Jacqueline Delubac, qu'il courtise tout au long du film en jouant de sa différence d'âge, sans se soucier d'une trame scénaristique très faible et d'une mise en scène approximative. Toutes ces faiblesses importent heureusement peu face à la bonne humeur ambiante et à la finesse des mots !
Extrait audio : "Poulet cocotte ? Mais oui coco !"
mardi 23 octobre 2012
"COPIE CONFORME" (de Jean Dréville, 1947)
En quelques mots : Un escroc plein d'audace sévit depuis plusieurs mois un peu partout en France, volant des sommes très importantes grâce à d'habiles déguisements. Monsieur Dupon, solitaire et taciturne petit employé, est chargé par son patron d'aller démarcher un client dans l'hôtel de luxe. Là, il est confondu par des témoins et accusé d'être le célèbre voleur.
Cette gentille petite comédie d'après-guerre impose le thème "classique" des jumeaux, ou sosies, prétexte à une cascade de gags et de situations amusantes. De fait, les premières séquences, où Louis Jouvet se déguise et enchaine les répliques tranchantes, sont très réussies et laissent entrevoir l'hypothèse d'une excellente comédie. La surprise passée, le film reprend un rythme moins entrainant et enchaine les banalités du genre, avec une certaine efficacité. Il faut dire que Jouvet est absolument formidable dans ses cinq personnages et ne laisse pas beaucoup de place aux autres. La pauvre Suzy Delair n'est qu'une comparse potiche, un personnage inintéressant malgré quelques belles répliques ("S'aimer comme des pauvres, ça doit être chic quand on sait qu'on a de l'argent !"), tout comme Annette Poivre, toujours aussi jolie, et Georges Pally, inexistant et sans envergure.
Orchestré sobrement par Jean Dréville, cette comédie romantico-policière laisse libre court aux talents de comédien de Louis Jouvet, omniprésent à l'écran, parfois même en double ! Ces quelques scènes sont d'ailleurs réussies d'un point de vue technique.
Le dialogue est signé Henri Jeanson, ce qui assure en prime quelques bons moments, particulièrement les scènes du début où Jouvet incarne un Duc ("Appelez moi excellence, comme tout le monde") puis un livreur d'armoire. Quelques phrases sont marquantes : "Les femmes ne valent que par les désirs qu'elles nous inspirent" ou "La majuscule est un coup de chapeau calligraphique".
Je vous propose de (re)découvrir un extrait du film, un des plus amusants où Louis Jouvet vend un château dont il n'est pas le propriétaire (Jean-Paul Belmondo ne fera pas autre chose quelques années plus tard, avec autant de talent, dans L'incorrigible !), déguisé en aristocrate.
A noter une fin amusante, où Louis Jouvet se retourne vers la caméra pour dire "C'est la fin !", laissant place à un générique où il apparaît en bonne place !
Cette gentille petite comédie d'après-guerre impose le thème "classique" des jumeaux, ou sosies, prétexte à une cascade de gags et de situations amusantes. De fait, les premières séquences, où Louis Jouvet se déguise et enchaine les répliques tranchantes, sont très réussies et laissent entrevoir l'hypothèse d'une excellente comédie. La surprise passée, le film reprend un rythme moins entrainant et enchaine les banalités du genre, avec une certaine efficacité. Il faut dire que Jouvet est absolument formidable dans ses cinq personnages et ne laisse pas beaucoup de place aux autres. La pauvre Suzy Delair n'est qu'une comparse potiche, un personnage inintéressant malgré quelques belles répliques ("S'aimer comme des pauvres, ça doit être chic quand on sait qu'on a de l'argent !"), tout comme Annette Poivre, toujours aussi jolie, et Georges Pally, inexistant et sans envergure.
Orchestré sobrement par Jean Dréville, cette comédie romantico-policière laisse libre court aux talents de comédien de Louis Jouvet, omniprésent à l'écran, parfois même en double ! Ces quelques scènes sont d'ailleurs réussies d'un point de vue technique.
Le dialogue est signé Henri Jeanson, ce qui assure en prime quelques bons moments, particulièrement les scènes du début où Jouvet incarne un Duc ("Appelez moi excellence, comme tout le monde") puis un livreur d'armoire. Quelques phrases sont marquantes : "Les femmes ne valent que par les désirs qu'elles nous inspirent" ou "La majuscule est un coup de chapeau calligraphique".
Je vous propose de (re)découvrir un extrait du film, un des plus amusants où Louis Jouvet vend un château dont il n'est pas le propriétaire (Jean-Paul Belmondo ne fera pas autre chose quelques années plus tard, avec autant de talent, dans L'incorrigible !), déguisé en aristocrate.
A noter une fin amusante, où Louis Jouvet se retourne vers la caméra pour dire "C'est la fin !", laissant place à un générique où il apparaît en bonne place !
samedi 6 octobre 2012
"ALLO BERLIN ? ICI PARIS !" (de Julien Duvivier, 1932)
Il y a quelque chose de magnifique à voir des Allemands chanter au son de "vive la liberté" quelques mois avant l'arrivée de Hitler au pouvoir suprême. 1932 sous l’œil de Julien Duvivier semble encore être une époque de plaisir et de fête. Des tavernes de Berlin au plus vieux cabaret de Montmartre, le film est un hymne à l'amitié franco-allemande qu'il est très plaisant de découvrir aujourd'hui, à l'heure où les dirigeants des deux pays ont fêtés les ... 50 ans de la réconciliation. De quoi conforter les nostalgiques adeptes du classique "c'était mieux avant !", et les cinéphiles qui peuvent constater à quel point le réalisateur français n'est pas surestimé.
Car l'adhésion qu'emporte Allo Berlin ? Ici Paris ! est due en grande partie à la mise en scène inventive de Julien Duvivier, qui se plait à faire bouger sa caméra pour créer des séquences originales, telle la visite de Paris dans un bus trop rapide ou l'arrivée pluvieuse du président d'un organisme à Berlin.
Le film est à plusieurs niveaux une transition. D'abord dans le contexte historique - l'Allemagne entre dans les années nationales-socialistes l'année suivante ; dans la carrière de Duvivier qui s'apprête à tourner ses films les plus connus ; en ce qui concerne la sonorisation du film : Allo Berlin ? Ici Paris ! n'est pas un film muet mais il en contient les derniers stigmates (longues séquences sans dialogues, bruits de téléphones absents, omniprésence ou absence d'une musique qui accompagne l'intensité dramatique) ; dans le genre qu'il amorce enfin, le film étant à l'évidence une sorte d'ancêtre de la screwball comedy américaine (les comédies de Capra, Hawks, Cukor) avec ses situations comiques involontaires au cœur d'une intrigue amoureuse.
Une scène est particulièrement belle et audacieuse, celle où l'on voit Josette Day se changer, en ombres chinoises derrière un rideau - ce même rideau qui apparaît et tombe dans New York-Miami de Frank Capra.
Évidemment le film souffre des années, notamment quand il faut assimiler les personnages (aucune star, si ce n'est la belle Josette Day) et les situations, ou dans certaines séquences muettes où l'on aimerait qu'il se passe quelque chose. Toutefois, il me semble essentiel de ne pas passer a côté de ce formidable film de Julien Duvivier, que Gaumont à eu la bonne idée d'éditer en DVD (collection à la demande). L'image est terriblement sale, le son pas toujours heureux, mais la copie reste largement visible.
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