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mardi 6 mai 2014

Décès de l'acteur Jean Gaven (1922-2014)

Jean Gaven n'est pas un acteur de mon enfance, je l'ai découvert bien plus tard dans ses folles escapades post-coloniales de La rivière des 3 jonques (Pergament, 1957) et des Aventuriers du Mékong (Bastia, 1958). Le tempérament aventureux de cet acteur à gueule, un rien nonchalant dans ses sourires en coin, m'avait séduit tout autant que la présence énigmatique de son épouse Dominique Wilms. Le duo n'a pas eu la carrière qu'il aurait pu avoir avec des meilleurs scénaristes mais leurs films restent les charmants témoignages d'une autre époque, probablement plus insouciante.



Du reste, Jean Gaven a tourné avec un grand nombre des metteurs en scène les plus réputés du cinéma français : Henri Decoin (Au grand balcon, 1949), Henri Verneuil (Le boulanger de Valorgue, 1953, où il incarne un curé face à Fernandel), Christian-Jaque (Si tous les gars du monde, 1956), Denys de la Patellière (Le bateau d'Emile, 1962), Georges Lautner (Le pacha, 1968), René Clément (La course du lièvre à travers les champs, 1972 ; Le passager de la pluie, 1969) et plus récemment Jean Becker (L'été meurtrier, 1983). On se souvient aussi de Jean Gaven dans la série Maurin des Maures (1970) et dans quelques gentilles comédies de l'après-guerre, à l'image des Pépées font la loi (André, 1955), Les quatre sergents du fort carré (Hugon, 1952), Du riffifi chez les femmes (Joffé, 1959) et même Le trouble-fesses (Foulon, 1976).

La première fois que j'avais écrit à Jean Gaven, il m'avait renvoyé un courrier enthousiaste, heureux de voir que quelqu'un s'intéressait à sa carrière et celle de son épouse. Le temps, toujours, celui-là même qui m'empêche d'avancer autant que je voudrais sur ce blog ou de me déplacer à Paris, m'a empêché de le rencontrer. Le 16 janvier dernier, je l'ai appelé pour lui souhaiter son anniversaire mais, déjà trop affaibli, il n'avait pu me répondre. Je n'oublie pas les mots de Dominique Wilms, ce soir là, ravie de savoir que leur carrière n'est pas oubliée et qu'il y a encore des (jeunes) cinéphiles pour s'en souvenir. C'est à elle, principalement, que je pense aujourd'hui.

lundi 28 avril 2014

Décès de l'actrice Andréa Parisy (1935-2014)

Le temps est mauvais en Bretagne depuis quelques jours et je ne peux mettre à jour le blog L'âge d'or du Cinéma Français autant que je le voudrais, hélas. Et puis ce dimanche après-midi, j'apprends la disparition d'une magnifique actrice de notre cinéma national ; Andréa Parisy est donc partie rejoindre les vadrouilleurs lanceurs de citrouilles dans un ailleurs plus heureux. La réalité est parfois difficile à croire.



Je suis d'autant plus triste que je n'ai eu de cesse de penser à elle depuis plusieurs mois. Nous avions eu l'audace de penser que nous pourrions l'approcher un jour, la rencontrer, lui parler de sa carrière, de ses rencontres. Des semaines nous ont été nécessaires pour trouver, avec un culot que je ne pourrais décrire ici, son numéro de téléphone à Paris. Un soir d'octobre dernier, nous avons sauté le pas ... au bout du fil, la jolie voix d'Andréa Parisy nous félicite de notre détermination à vouloir la contacter ; notre courage aussi, elle qui s'amuse à nous dire qu'elle a une mauvaise réputation dans le métier. Notre projet, le blog, nos envies l'enchantent ; plus l'entretien avance, plus elle semble heureuse de notre appel. Elle nous informe pourtant qu'elle est un peu malade et qu'il faudrait attendre les beaux jours pour se rencontrer, quand elle ira vraiment mieux. Qu'importe, nous sommes exaltés. Vous avez la gentillesse de vous intéresser à moi, je répondrai à toutes vos questions conclue-t-elle avant de nous laisser rêver à cette future rencontre. Sa pudeur a été son élégance envers les jeunes cinéphiles que nous sommes et notre dernier souvenir est probablement le plus beau.

Jeune vedette dans les années 1950, Andréa Parisy détonne avec sa silhouette attrayante, ses beaux cheveux bruns et son sourire charmeur : stricte mais décontractée, elle est la bourgeoise épicurienne, peut-être un peu trop hors codes. Futures Vedettes (Allégret, 1955) la met en scène avec toute la jeune génération mais ne lui offre aucun titre de gloire. Il faut attendre Les tricheurs (1958) de Marcel Carné pour qu'elle explose véritablement. On la retrouve dans 125 rue Montmartre (Grangier, 1959) ou Le Rendez-vous (Delannoy, 1961). Dans 100.000 dollars au soleil (Verneuil, 1963), elle est presque la seule femme au milieu de ce western africain où la virilité finit par perdre cette bande de loups en quête de fortune. Pourtant, chez Verneuil comme chez Oury (La grande vadrouille, 1966) ou Dhéry (Le petit baigneur, 1967), elle n'est qu'une comparse, nonne lanceuse de citrouilles ou femme-potiche d'un Louis de Funès obnubilé par son bateau. Tout juste peut-on noter un premier rôle dans un segment des Grands seigneurs (Lautner, 1965) ou dans La gueule de l'autre (Tchernia, 1979) où elle montre que l'âge n'a pas d'emprise sur sa beauté. Sa carrière s'arrête quasiment là ; ajoutons quelques sympathiques chansons que l'on peut trouver facilement sur internet.

Une carrière que l'on aurait désirée plus longue, plus intense, plus prolifique - il y a, à l'heure de l'épilogue, un vrai sentiment de tristesse. Qu'a-t-elle pensé de sa carrière ? Quelle vision avait-elle d'un métier qu'elle a abandonné rapidement ? Nous ne le saurons pas. Véritablement, Andréa Parisy ne laisse ce soir que des regrets.


vendredi 21 février 2014

Décès de l'acteur Marco Perrin (1927-2014)

C'est avec tristesse que j'ai appris, comme beaucoup, la disparition il y a quelques jours déjà (le 17 février) de l'acteur Marco Perrin. Tous les cinéphiles se souviennent de son visage dur et charmeur de méridional à qui il ne fallait pas la faire. Handicapé depuis 1983, il s'était retiré du métier mais avait retrouvé le devant de la scène des souvenirs grâce à la passion d'un jeune homme, Jérémy Kaplan, qui lui a consacré un documentaire en 2010.



Second rôle que l'on remarque à coup sûr, Marco Perrin fut au casting des Malheurs d'Alfred (Richard, 1971), Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil (Yanne, 1972) bien qu'il n'accepta jamais la pingrerie du réalisateur, Flic Story (Deray, 1975), L'homme pressé (Molinaro, 1977), Comme la lune (Séria, 1977), Le gendarme et les extraterrestres (Girault, 1978), La gueule de l'autre (Tchernia, 1979) ou encore La soupe aux choux (Girault, 1981). Mon meilleur souvenir de Marco Perrin reste sans nul doute sa performance face à Gérard Depardieu dans Les valseuses (Blier, 1973), la caméra tournant sans cesse autour des deux hommes qui, comme deux chiens qui se défient, manquent d'en venir aux mains.

Pour tous les admirateurs de l'acteur qui vient de nous quitter, je ne peux que conseiller la page Facebook tenue par Jérémy Kaplan, mise à jour régulièrement avec passion.

dimanche 22 décembre 2013

Décès de Jacques Besnard (1929-2013)

J'apprends, avec plus d'un mois de retard, la disparition discrète du réalisateur Jacques Besnard qui trouve sa petite postérité cinématographique parce qu'il réalisa en 1967 Le Grand restaurant, avec Louis de Funès en tête d'affiche. On sait par nombre de témoignages et de biographies de l'acteur que le réalisateur fut un technicien au service de la vedette comique, qui improvisait sans cesse avec génie. Toutefois, le film reste très honnêtement mis en scène. Difficile d'en dire autant du Fou du labo 4 (1967), de La situation est grave ... mais pas désespéré (1975) ou du Jour de gloire (1976), nanars pourtant pimentés par les présences talentueuses de Michel Serrault, Pierre Brasseur, Bernard Blier ou Michel Galabru. Reste C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule (1974), pas plus reluisant du reste, mais que j'aime infiniment, pour les dialogues et le jeu exagéré des acteurs.


dimanche 8 décembre 2013

Décès de Mado Maurin (1915-2013)



Presque centenaire, nous apprenons le décès de la comédienne Mado Maurin, apparue dans quelques films des années 1970 et 1980, dont Je sais rien mais je dirai tout (Richard, 1973) où elle incarne une femme qui attend depuis des années à la sécurité sociale - photo ci-dessus -, La femme flic (Boisset, 1979), Un mauvais fils (Sautet, 1980) ou Les misérables (Hossein, 1982). Depuis plusieurs années, outre une activité théâtrale aux côtés de son ami Laurent Baffie, elle consacrait beaucoup de son temps à évoquer la mémoire de son fils, Patrick Dewaere.

Décès de Edouard Molinaro (1928-2013)



J'évoquais avec tristesse il y a quelques jours, lors du décès de Georges Lautner, la triste réalité du titre de cette rubrique, Série Noire. Le destin me rattrape à nouveau, et c'est quelques heures après m'être penché sur la tombe du réalisateur des Tontons flingueurs (1963) à Nice que j'ai appris la disparition de Edouard Molinaro. A croire que tous les grands faiseurs du cinéma français encore en vie vont tous nous laisser seuls à quelques semaines d'intervalles.

J'ai un peu honte d'avouer que, longtemps, le nom de Edouard Molinaro est resté sans visage, puis sans référence cinématographique précise, à l'instar d'un Claude Zidi que je dois toujours considérer comme un bon artisan chez qui il ne faut rien attendre de génial, sinon un honnête divertissement. Mon premier souvenir d'enfance lié au réalisateur disparu remonte à Mon oncle Benjamin (1969), que mon père adore et que nous avions sur une vieille VHS. Le film n'a pas vieilli et j'évoquais il y a quelques temps sa récente sortie en Blu-ray haute définition. Puis ce fut mon ère de Funès, avec Oscar (1967) et Hibernatus (1969), deux comédies très enlevées reposant (presque) entièrement sur le génie comique de son principal interprète. Les cinéphiles connaissent les anecdotes par cœur : Molinaro ne riant pas aux gags de son acteur vedette fit venir un "public" de techniciens pour tourner la grande scène du téléphone ; Claude Rich coléreux face aux remontrances de la star sur ce que faisait Guy Bertil ... Suivirent L'emmerdeur (1973), La cage aux folles (1978), A gauche en sortant de l'ascenseur (1988), d'élégantes adaptations théâtrales très vives, préfigurant (et pour cause !) la future recette des succès d'un certain Francis Veber. Les découvertes du Souper (1992) et de Beaumarchais, l'insolent (1996) furent de très bonnes surprises et j'utilise encore aujourd'hui le dernier film de Edouard Molinaro dans mes cours sur l'Europe des Lumières.

J'ai entendu l'interprète de Beaumarchais, Fabrice Luchini, évoquer l'amour de Molinaro pour ses acteurs. Sur Facebook, Christian Rauth a rendu hommage à sa façon au réalisateur : "J'ai eu le plaisir de travailler sous sa direction, quand en manque de boulot (Eh oui! Le réalisateur de l'Emmerdeur ne bossait plus au cinéma, tout comme Georges Lautner... ) Edouard était venu réaliser des épisodes de Navarro. Un homme d'une grande modestie, d'une grande gentillesse et extrêmement attentif aux travail des acteurs qu'il aimait sincèrement. Pas d'esbroufe, pas de posture, juste l'amour du métier."

A l'image d'un film que j'adore absolument, Pour cent briques t'as plus rien (1982), le cinéma d'Edouard Molinaro semble donc être entièrement dévoué à ses interprètes et de fait, lorsque l'on tourne avec des grandes stars comme lui, aux seconds rôles. Loin des affres de la Nouvelle Vague, Molinaro fut un cinéaste à l'ancienne, classique, offrant la part belle aux acteurs de l'ombre, quitte à en faire aux premiers. Hibernatus est un exemple réussi, et presque unique dans la seconde partie de la carrière de Louis de Funès, où la star comique n'est plus qu'un comparse, un élément de bande autour de son fils, Claude Gensac, Yves Vincent, Paul Preboist ou Bernard Alane. On retrouve cette sensation, de manière plus prononcée, dans Beaumarchais l'insolent ou Mon oncle Benjamin. C'est probablement pour cette raison que les cinéphiles amoureux du cinéma français pleurent aujourd'hui encore la disparition d'un grand nom, populaire, dont il reste à redécouvrir beaucoup de pépites, notamment dans ses premiers films, plus dramatiques. Je ne connais pas grand chose de cette première période et regrette amèrement de m'y intéresser en forme d'hommage posthume.


samedi 23 novembre 2013

Décès de Georges Lautner (1926-2013)

Il y a des jours cruels pour le cinéma français et le titre de cette rubrique - série noire - n'a jamais aussi bien porté son nom, puisqu'il s'agit du troisième article que je consacre en forme d'hommage à un artiste décédé en deux jours. J'apprends donc à l'instant la disparition d'un artisan incontournable à la production cinématographique française, Georges Lautner. Et je dois avouer que c'est encore un peu de ma jeunesse qui s'en va avec ce réalisateur fécond, dont les classiques s'accumulent.



Fils de l'excellente actrice Renée Saint-Cyr, qu'il contribua à sortir de sa difficile période d'après-guerre, Georges Lautner débuta sa carrière avec des films que l'on peut aujourd'hui découvrir en DVD, La môme aux boutons (1958), Marche ou crève (1959) ou Arrêtez les tambours (1960). Dès lors, tous ses films sont presque susceptibles d'êtres revus, à commencer par la série d'espionnage mettant en scène Paul Meurisse en espion flegmatique, le Monocle noir (1961), L’œil du monocle (1962) ou Le monocle rit jaune (1964). Le septième juré (1961), au sujet très fort, avec Bernard Blier, était un de ses films préférés. Quelques films moins notables, tels que Les pissenlits par la racine (1963) ou Les bons vivants (1965), nous permettent quand même de revoir Louis de Funès, Andréa Parisy, Dany Saval ou Mireille Darc dans leur jeunesse. La vie dissolue de Gérard Floque (1986) est un témoignage de la fin d'une époque.


 Je ne sais plus par où j'ai découvert Georges Lautner, mais quand je pense à lui, c'est immédiatement les films de Jean-Paul Belmondo qui me viennent à l'esprit, curieusement. La musique de Flic ou voyou (1979) m'obsède depuis quelques minutes ; depuis que j'ai appris le décès de Lautner. Pourtant, si le film se regarde encore avec délice grâce aux dialogues de Michel Audiard et à la présence charismatique de Belmondo, la mise en scène est passée. Un des traits caractéristiques de Georges Lautner, réalisateur, est à mon sens sa capacité d'adaptation à son époque, avec plus ou moins de bonheur. Un académisme de bon ton mêlé à la mode du moment : ainsi des ralentis ou des trois vues différentes d'un même plan de Flic ou voyou, terriblement datés - ou des gros plans du Professionnel (1981), toujours efficaces trente ans plus tard. Je ne me lasse pas de revoir Le Guignolo (1980) malgré les évidentes lacunes du film, tout comme Joyeuses Pâques (1984), adaptation rythmée de la pièce de Jean Poiret. Je n'ai toujours pas vu L'inconnu dans la maison (1992), son dernier film, terrible échec en son temps.

Georges Lautner était aussi l'un des metteurs en images les plus proches de Michel Audiard et c'est sans doute avec une bonne intention que les médias, en hommage, nous repasserons en boucle la scène de la cuisine des Les tontons flingueurs (1963), probablement son film le plus célèbre, à juste titre un chef d'oeuvre de la comédie française, presque tout autant que Les barbouzes (1964). Ne nous fâchons pas (1966), La grande sauterelle (1967) et Laisse aller c'est une valse (1970) complètent cette période bénie, qui s'achève avec l'arrivée des grandes stars, à l'américaine. Alain Delon d'abord, avec ses exigences absurdes (Georges Lautner se souvient d'avoir été obligé de démonter un travelling complexe pour que le chauffeur de Delon puisse garer la voiture de la star) ; Belmondo ensuite. En passant par Gabin (Le pacha, 1968), Pierre Richard (On aura tout vu, 1976), Michel Serrault (La cage aux folles 3, 1985) et même Robert Mitchum (Présumé dangereux, 1989), on pourrait dire que Georges Lautner doit sa carrière aux noms du haut de l'affiche. Cela serait, à mon sens, un peu rapide et j'aurais tendance à penser comme beaucoup que le réalisateur peut faire les vedettes tout aussi bien que l'inverse.

Georges Lautner fut un grand artisan du cinéma français - en témoignent des scènes légendaires des Tontons flingueurs, des Barbouzes, des Belmondo, des Delon et des autres ... un de mes films favoris n'est-il pas Quelques messieurs trop tranquilles (1972) ? Celui qui fut l'un des réalisateurs les plus prolifiques et les plus rentables du cinéma français avait laissé un livre de mémoires, sous forme d'abécédaire (On aura tout vu, Flammarion) dont j'avais déjà parlé sur ce blog. Avec lui s'éteignent quelques fragments de notre jeunesse, quelques souvenirs cinéphiles et beaucoup de plaisirs en forme d'éclats de rires. De là à citer les Tontons, il n'y aurait qu'une facilité ... mais si juste pour résumer cet hommage. Toute une époque ...


Georges Lautner et Mireille Darc (bonus du DVD des Barbouzes)

vendredi 22 novembre 2013

Décès de Erik Colin (1947-2013)



Décidément, les jours du doublage français sont bien mornes. Après Maurice Sarfati, je viens d'apprendre le décès du comédien Erik Colin, survenu il y a quelques jours déjà, sans la moindre effusion médiatique. Or, si sa carrière cinématographique est plutôt restreinte - une poignée de films - il est entré dans la légende de la comédie à la française grâce à son rôle de Lieutenant Duvauchelle dans Mais où donc passée la 7ème compagnie (Lamoureux, 1973) et dans la suite, où il est fait prisonnier, On a retrouvé la 7ème compagnie (Lamoureux, 1975). Il est également au casting de deux films de Patrick Schulmann, Et la tendresse ? Bordel ! (1979) et Rendez moi ma peau (1980).

A la télévision, il trouva quelques rôles dans les années 1970 et 1980 et prêta sa voix à de nombreux films et téléfilms : il fut notamment la voix française de Michael Douglas dans A la poursuite du diamant vert (Zemeckis, 1984) ou de l'étoile de mer dans Bob l'éponge.

Décès de Maurice Sarfati (1931-2013)



Nous apprenons aujourd'hui la mort à 82 ans du comédien Maurice Sarfati, sympathique figure que l'on retrouve en troisième couteau dans les années 1950 et 1960, notamment dans L'air de Paris (Carné, 1954), OSS 117 n'est pas mort (Sacha, 1956), Notre Dame de Paris (Delannoy, 1956) ou dans Maigret tend un piège (Delannoy, 1958) face à Jean Gabin. Sa carrière à la télévision fut plus prolifique, à l'instar de son rôle face à Jean Gaven dans Maurin des Maures dans les années 1970. Maurice Sarfati était également connu pour sa voix et ses talents en doublage : il fut notamment la voix française de Tony Danza, Robert de Niro ou Dustin Hoffman.

lundi 21 octobre 2013

Décès de Georges Descrières (1930-2013)



Il était le gentleman cambrioleur le plus célèbre de la télévision française. Georges Descrières, héros pour jamais de la série Arsène Lupin (1971-1974), nous a quitté après une carrière bien remplie, notamment au théâtre. Au cinéma, il débuta dans Le rouge et le noir (Autant-Lara, 1954) et participa à quelques films, la plupart du temps face à une grande vedette : ainsi des Aristocrates (La Patellière, 1955), L'homme à la buick (Grangier, 1968) ou Le sucre (Rouffio, 1978). On le retrouve aussi dans plusieurs nanars dont le "classique" Mon curé chez les nudistes (Thomas, 1982) ainsi qu'en mousquetaire, compagnon de Gérard Barray, dans Les trois mousquetaires (Borderie, 1961). Sa voix et son élégante allure n'étaient pas sans rappeler celles de Pierre Fresnay et je suis convaincu que Georges Descrières aurait été excellent dans nombre de ses rôles. Il fut, hélas, sous employé au cinéma.

vendredi 26 juillet 2013

Décès de l'actrice Bernadette Lafont (1938-2013)

Le sourire espiègle et le beau regard de Bernardette Lafont vont manquer à beaucoup de cinéphiles. Si les médias ont voulu rappeler son actif dans les films de la Nouvelle Vague, toujours considérée comme synonyme de haute qualité lors d'un décès, dont l'éprouvant Beau Serge (Chabrol, 1958), Le voleur (Malle, 1967), Une belle fille comme moi (Truffaut, 1972) ou La maman et la putain (Eustache, 1973), ils ont oublié de rappeler l'éclectisme de la belle actrice, aussi à l'aise chez les metteurs en scène bannis des Cahiers du cinéma.



Dès lors, il ne faudrait pas oublier Les bons vivants (Lautner, 1965), Un idiot à Paris (1967), L'ordinateur des pompes funèbres (Pirès, 1976) et l'amusant Retour en force de Jean-Marie Poiré (1980). Bernardette Lafont, entre une énigmatique Fiancée du pirate (Kaplan, 1969) - qui ne m'avait pas laissé un grand souvenir - et une Violette Nozière (Chabrol, 1978) de très bonne facture, se laissa appeler par le doux chant des Raoul André (Les femmes d'abord, 1963), Michel Caputo (Arrêtes de ramer, t'attaques la falaise !, 1979), Max Pécas (On n'est pas sorti de l'auberge, 1982) et Raoul Foulon (Le trouble-fesses, 1976). Un multiculturalisme payant puisqu'elle demeura une actrice populaire, récemment retrouvée grand-mère dans La première étoile (Jean-Baptiste, 2008) ou le décevant Paulette (Enrico, 2012).

Preuve s'il en fallait encore que les carrières ne se font pas que devant les caméras des jeunes loups et que les choix populaires de Bernadette Lafont lui permirent de rester, de 1958 à 2013, en bonne place sur les affiches du cinéma français. L'hommage unanime qui lui est rendu aujourd'hui n'est pas volé, Bernardette Lafont fut une actrice unique, amusante et dramatique - quand elle ne fut pas les deux - parfaitement consciente de l'intérêt divertissant de son art, qu'elle ne voulait pas élitiste.

dimanche 21 juillet 2013

Décès du cinéaste Denys de la Patellière (1921-2013)

Nous apprenons à l'instant, avec peine, la mort du réalisateur français Denys de la Patellière. L'âge d'or du cinéma français lui avait fêté son anniversaire le 8 mars dernier, arguant qu'il était l'un des derniers cinéastes encore en vie de notre époque privilégiée. Il s'est éteint à quelques kilomètres de chez moi, en Bretagne.



Fidèle à ses acteurs et à une mise en scène classique, académique mais au service de l'histoire, il fut le réalisateur célèbre d'Un taxi pour Tobrouk (1960) et du Tatoué (1968), où la rencontre Gabin-Funès fait, aujourd'hui encore, couler beaucoup d'encre. Outre ses deux grands succès passés à la postérité, on lui doit une histoire d'Aristocrates avec Pierre Fresnay (1955, son premier film), Rue des prairies (1959) avec Jean Gabin, Le tonnerre de Dieu (1964), Du rififi à Paname (1965), un étonnant Voyage du père avec Fernandel (1966) et un remake du laborieux Caroline Chérie de Richard Pottier.

Mon film préféré de Denys de la Patellière reste, comme beaucoup, Les grandes familles (1958), excellente histoire familiale où s'affrontent Jean Gabin et Pierre Brasseur, servis par quelques très bonnes répliques et un par un scénario sombre et sans concessions.

lundi 28 janvier 2013

Décès de l'acteur Bernard Dhéran (1926-2013)



Avec sa belle allure, sa voix grave aux accents aristocratiques et ses yeux malicieux mis en valeur par un jeu de sourcils rare, Bernard Dhéran était taillé pour incarner des personnages de l'élite, souvent des nobles et des grands bourgeois racés : on le retrouve ainsi en chevalier face à Jean Marais dans Le capitaine Fracasse (P. Gaspard-Huit, 1961), en magistrat dans Le comte de Monte-Cristo (C. Autant-Lara, 1961), Les bons vivants (G. Lautner, 1965), Rue des prairies (La Patellière, 1959), en assureur cavalier face à Fernandel et Danielle Darrieux dans L'homme à la buick (G. Grangier, 1968) ou en militaire prisonnier du château dans On a retrouvé la 7ème compagnie (R. Lamoureux, 1975). Il fut aussi Voltaire chez Sacha Guitry (Si Paris nous était conté, 1956). Second rôle de grande qualité, sociétaire de la Comédie Française, il était aussi un grand acteur de doublage. Son sourire en coin et sa voix chaude nous manqueront !

On ne s'évade pas, on défile ! (Bernard Dhéran dans On a retrouvé la 7ème compagnie, 1975)

mercredi 16 janvier 2013

Décès de Perrette Pradier (1938-2013)



J'apprends aujourd'hui la disparition de l'actrice Perrette Pradier, à l'âge de 74 ans. Comédienne de doublage et de théâtre principalement, elle a aussi interprété une vingtaine de rôles au cinéma, dont la Constance des Trois mousquetaires de Bernard Borderie (1961) et la Betty au destin fatal de Blague dans le coin aux côtés de Fernandel (Maurice Labro, 1963). On l'a vu aussi chez Robert Hossein, Julien Duvivier (La chambre ardente, 1961) et même Fred Zinnemann (Et vint le jour de la vengeance, 1964).

samedi 6 octobre 2012

Décès de Claude Pinoteau (1925-2012)

Hélas - ou heureusement - pour lui, on ne retiendra de Claude Pinoteau que son grand succès de La Boum où il fit débuter la jeune et prometteuse Sophie Marceau.

La carrière de ce metteur en scène débuta au début des années 1970, donc à la fin de notre âge d'or, mais il fut l'assistant réalisateur de Cocteau (Orphée), Gilles Grangier, Henri Verneuil (Weekend à Zuydcoote, Cent mille dollars au soleil), Max Ophüls (Lola Montès) ou encore René Clair.

Ses premiers films en tant que metteur en scène ont marqué les esprits, même s'ils sont assez inégaux en qualité : Le Silencieux, Le Grand Escogriffe ou L'homme en colère, et surtout La Gifle qui a tout de même pour mérite de lier deux générations du cinéma français, comme une sorte de passage de relais, avec une Isabelle Adjani jeunette et un Lino Ventura dépassé, qui arrive en fin de carrière.

J'avais écrit il y a quelques années à Claude Pinoteau (en 2007), et il m'avait gentiment renvoyé cet autographe.

samedi 15 septembre 2012

Décès de Pierre Mondy (1925-2012), pilier de la comédie !

Je me souviens avoir rencontré Pierre Mondy lorsqu'il était membre d'un jury au Festival du Film Britannique de Dinard, il y a quelques années. Il signait des autographes à tout le monde, avec bonne humeur, et quelle ne fut pas sa surprise en voyant que je lui demandais de me signer une photo prise sur le tournage du Comte de Monte-Cristo (de Claude Autant-Lara, avec Louis Jourdan, 1961). Nous discutâmes quelques instants, et je garde le souvenir d'un homme d'une extrême gentillesse. Quand il s'éloigna de quelques pas, des jeunes l'interpellèrent "Hey vous êtes la 7ème compagnie", "Hey Cordier Juge et Flic !". Habitué, il hocha la tête sans un mot et continua sa route.

Les premiers hommages du net y ressemblent beaucoup, la prose plus académique. Pourtant, au delà de cette série très TF1 qu'est "Les Cordier, Juge et Flic" et dont il ne faut sans doute pas retenir grand chose, au delà de la très amusante série de Robert Lamoureux que constituent Mais où est donc passée la 7ème compagnie ?, On a retrouvé la 7ème compagnie et La 7ème compagnie au clair de lune, il faut se rappeler l'immense carrière de Pierre Mondy.

Comme acteur de cinéma d'abord, où il tourna avec les grands metteurs en scène, Jacques Becker, Christian-Jaque, Jean-Paul Le Chanois, Henri Decoin, Henri Verneuil, interpréta des rôles que l'on retient, comme Napoléon Bonaparte chez Abel Gance, Dhéry dans Week-end à Zuydcoote, un des Copains de Yves Robert, un animateur des Malheurs d'Alfred, et même un militaire dans La nuit des généraux. Comme tout acteur comique, il ne fut pas exempté d'un certain nombre de nanars, tels que Cigarettes, whisky et p'tites pépées, Vous n'avez rien à déclarer ?, Le facteur s'en va-t-en guerre, Vos gueules, les mouettes ! ou encore Le cadeau (où il interprète le mari de Claudia Cardinale !).

Une autre passion était le théâtre, où il fut acteur et metteur en scène important. Il fut le créateur sur scène de Oscar, célèbre pièce comique qui laissa exploser peu après le caractère explosif de Louis de Funès, avec lequel il joua à plusieurs reprises (au cinéma dans Ni vu ... ni connu, au théâtre dans La puce à l'oreille). Il joua aussi sur scène les pièces de Jean Poiret, comme La cage aux folles ou Joyeuses Pâques.

Acteur comique par excellence, toujours juste, Pierre Mondy était de la même famille que Robert Lamoureux ou Jean Poiret, professionnel, incisif et toujours très drôle. Nous ne l'oublierons pas, et continuerons de penser à celui qui fut l'éternel chef Chaudard (l'autographe de 2006 que je vous présente est d'ailleurs tiré de la trilogie).

mercredi 5 septembre 2012

Décès de Christian Marin (1929-2012)

Triste nouvelle pour tous les amateurs du cinéma populaire français, puisque nous apprenons aujourd'hui la mort de l'acteur Christian Marin (1929-2012), que j'évoquais encore il y a quelques jours dans un article sur les acteurs entourant Louis de Funès dans la série du Gendarme de Saint-Tropez.

Christian Marin est donc resté célèbre pour avoir incarné le gendarme Merlot dans les quatre premiers - et meilleurs - épisodes de la série du Gendarme, mais il côtoya aussi Louis de Funès dans Pouic-Pouic (1963), et trouva quelques seconds-rôles dans Allez France ! (1964), Compartiment tueurs (1965) ou Le Chant du monde (1965), sans oublier un certain nombre de nanars réalisés par Jean Bastia (Nous autres à Champignol), Bernard Borderie (Ces dames préfèrent le mambo) ou Raoul André (Y'a un os dans la moulinette).

A la télévision, outre des apparitions dans Au théâtre ce soir et dans divers téléfilms, on retiendra son interprétation de Laverdure dans la célèbre série Les chevaliers du ciel avec Jacques Santi, où il incarnait un pilote de chasse.

Je lui avais envoyé une lettre lui témoignant de ma sympathie en 2006, et il m'avait gentiment renvoyé deux autographes, dont celui-ci.
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