Une anecdote sur ce passage me revient en mémoire : je connais ce film par cœur depuis très longtemps (allez savoir pourquoi) et, il y a quelques années, alors que j'étais en 4ème, je ne sais quelle envie m'a pris d'arriver en cours de SVT en chantant Heidi Heido Heida comme Bernard Blier. J'aimais déjà l'Histoire mais, encore jeune, je n'étais pas très bien informé de tout. Vous imaginez alors la tête du professeur ...
jeudi 27 septembre 2012
Bernard Blier en guise de cadeau d'anniversaire !
Et oui, le 27 septembre - il fallait bien que ça arrive - est la date de mon anniversaire. Ainsi pour fêter mes 24 ans, je m'abandonne à vous parler à nouveau de C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ! Voici un extrait amusant, pas forcément le meilleur toutefois, où l'on voit Bernard Blier déguisé en bavarois typique, aux accents nostalgiques de l'Occupation.
Une anecdote sur ce passage me revient en mémoire : je connais ce film par cœur depuis très longtemps (allez savoir pourquoi) et, il y a quelques années, alors que j'étais en 4ème, je ne sais quelle envie m'a pris d'arriver en cours de SVT en chantant Heidi Heido Heida comme Bernard Blier. J'aimais déjà l'Histoire mais, encore jeune, je n'étais pas très bien informé de tout. Vous imaginez alors la tête du professeur ...
Une anecdote sur ce passage me revient en mémoire : je connais ce film par cœur depuis très longtemps (allez savoir pourquoi) et, il y a quelques années, alors que j'étais en 4ème, je ne sais quelle envie m'a pris d'arriver en cours de SVT en chantant Heidi Heido Heida comme Bernard Blier. J'aimais déjà l'Histoire mais, encore jeune, je n'étais pas très bien informé de tout. Vous imaginez alors la tête du professeur ...
mercredi 26 septembre 2012
Quelques visages de Noël Roquevert !
Qu'est-ce qu'on l'aime Noël Roquevert. Pour certains cinéphiles comme moi, il fait presque partie de la famille, et c'est un régal de le voir apparaître au générique d'un film ou au détour d'une scène. J'ai même acheté des films uniquement parce qu'il jouait dedans (A pied, à cheval et en spoutnik ...) ! Inépuisable et formidable comédien, Noël Roquevert a participé à quelques 190 films et téléfilms !
Amusez vous à reconnaître les films d'où sont tirées ces photographies de Noël Roquevert. Les plus forts y arriveront sans aide, les autres piocheront dans cette liste : Le Grand restaurant, L'assassin habite au 21, Fanfan la Tulipe, Antoine et Antoinette, Un singe en hiver, Le viager, Les diaboliques, L'âge ingrat, Les Barbouzes, Le corbeau.
Amusez vous à reconnaître les films d'où sont tirées ces photographies de Noël Roquevert. Les plus forts y arriveront sans aide, les autres piocheront dans cette liste : Le Grand restaurant, L'assassin habite au 21, Fanfan la Tulipe, Antoine et Antoinette, Un singe en hiver, Le viager, Les diaboliques, L'âge ingrat, Les Barbouzes, Le corbeau.
"JEUX INTERDITS" (de René Clément, 1952)
En quelques mots : En 1940, alors que des milliers de civils se retrouvent sur les routes, les Allemands tuent dans leurs bombardements les parents et le chien de la petite Paulette. Désaxée, elle trouve refuge dans une ferme de la région, et rencontre Michel, de quelques années son aîné. Les deux enfants décident de créer un cimetière pour animaux et de voler des croix pour les tombes.
Et si Jeux interdits était surestimé ? Et si j'osais dire sur ce blog que je ne considère par un des films les plus connus de René Clément, un des films les plus populaires de son temps comme le chef d’œuvre annoncé ? Je vais m'y risquer ici, à mes risques et périls. Les temps troublés que nous connaissons ne prêtent pas à vouloir pratiquer l'insolence, sous peine de devenir une cible, mais gageons que le sûrement très influent fan-club de Jeux Interdits me laissera la vie sauve.
Bien entendu, loin de moi l'idée de classer ce film dans la catégorie "nanar" ou "navet". De très bonne facture, l'histoire a l'intérêt de montrer la guerre à travers le regard de deux enfants, et plus encore l'apprentissage de la religion catholique, si présente à cette époque, d'autant qu'elle accompagne les rituels liés à la mort. Cette dernière est bien présente dans le film, et constitue même la colonne vertébrale de tout le scénario : la mort des parents de Paulette, la mort de Georges, la mort des animaux.
La guerre n'est pas omniprésente à l'écran, mais en toile de fond - une des meilleures séquences du film est d'ailleurs la petite chanson que chante Brigitte Fossey en marchand et en pleurant aux côtés de Michel qui porte les croix.
Mais de récit initiatique, puisqu'il est question de l'apprentissage de la vie et de la découverte du monde par des enfants, Jeux interdits manque d'ambition, à l'ombre de ses thèmes forts (la mort, la guerre, l'orphelinat, la rigueur rurale). Tout reste assez convenu et, si l'ensemble se suit avec plaisir, difficile de retrouver la puissance d'un film comme Les contrebandiers de Moonfleet, tourné quelques années après, où un enfant fait l'apprentissage de la violence du monde qui l'entoure.
Les dernières images, j'imagine, sèment le trouble chez le spectateur : les plus ardents défenseurs y voient la marque du chef d’œuvre ; les plus dubitatifs dans mon genre trouvent ça bâclé,voire un peu facile - si j'osais, je dirais même un peu pompier. Reste un film habilement mis en scène par René Clément, dont je ne vais tout de même pas renier le savoir faire - la scène de la mort de Jacques Marin est d'ailleurs absolument remarquable, dans la manière de la filmer et de placer les personnages qui fait immédiatement penser à un tableau. L'écriture de Aurenche et Bost est aussi très appréciable.
Il est facile de comprendre le succès de ce film, assez émouvant, d'autant plus au sortir de la guerre. A voir les nombreux prix prestigieux récoltés, j'ai immédiatement penser à Marty, film américain avec Ernest Borgnine, de bonne facture lui aussi, qui récolta en son temps une (bien curieuse) moisson de récompenses. Peut-être suis-je trop désenchanté pour apprécier la simplicité de ces œuvres ?
mardi 25 septembre 2012
ON VEUT VOIR : le dernier film de Suzy Delair !
J'inaugure ce soir une nouvelle catégorie dans ce blog : ON VEUT VOIR ! ... qui comme son nom l'indique entend répertorier un certain nombre de requêtes personnelles (ou pas) concernant des films du patrimoine français, actuellement indisponibles.
Et voici quelques semaines que je m'interroge sur le dernier film de Suzy Delair, un certain Oublie moi, Mandoline (1976), réalisé par Michel Wyn - dont les principaux faits de gloire s'apparentent à ses participations en tant qu'assistant-réalisateur à quelques grands films (Le président, Paris brûle-t-il ?). Je suis bien d'accord, le dernier film où apparaît donc notre chère Suzy Delair sent bon le gros nanar, avec un Bernard Menez en tête d'affiche, ô combien spécialiste du genre. On retrouve également au casting André Pousse, Gérard Jugnot, Marie-Hélène Breillat, Jean-Pierre Darras, Marion Game, Ginette Garcin et Jacques Monod. Du beau monde pour cette comédie où une jolie employée d'agence de pub se laisse séduire par un collègue et vole pour lui un dossier important de son patron.
Difficile de savoir quel rôle vient jouer là dedans Suzy Delair ; pire encore le film n'existe pas en DVD, ni en VHS et j'ai beau arpenter les sites spécialisés, aucune trace de Oublie moi, Mandoline. Ce n'est pas tant pour Bernard Menez, mais Gaumont pourrait tout de même nous offrir la joie du dernier rôle au cinéma de Suzy Delair ! Prochainement, avec un peu d'espoir ?
Et voici quelques semaines que je m'interroge sur le dernier film de Suzy Delair, un certain Oublie moi, Mandoline (1976), réalisé par Michel Wyn - dont les principaux faits de gloire s'apparentent à ses participations en tant qu'assistant-réalisateur à quelques grands films (Le président, Paris brûle-t-il ?). Je suis bien d'accord, le dernier film où apparaît donc notre chère Suzy Delair sent bon le gros nanar, avec un Bernard Menez en tête d'affiche, ô combien spécialiste du genre. On retrouve également au casting André Pousse, Gérard Jugnot, Marie-Hélène Breillat, Jean-Pierre Darras, Marion Game, Ginette Garcin et Jacques Monod. Du beau monde pour cette comédie où une jolie employée d'agence de pub se laisse séduire par un collègue et vole pour lui un dossier important de son patron.
Difficile de savoir quel rôle vient jouer là dedans Suzy Delair ; pire encore le film n'existe pas en DVD, ni en VHS et j'ai beau arpenter les sites spécialisés, aucune trace de Oublie moi, Mandoline. Ce n'est pas tant pour Bernard Menez, mais Gaumont pourrait tout de même nous offrir la joie du dernier rôle au cinéma de Suzy Delair ! Prochainement, avec un peu d'espoir ?
lundi 24 septembre 2012
"L'AUBERGE ROUGE" (de Claude Autant-Lara, 1951)
En quelques mots : Au XIXe siècle, en Ardèche. Un couple d'aubergistes et leur domestique assassinent depuis 20 ans tous les clients qui viennent trouver chez eux le pain et le coucher. Une froide nuit d'hiver, arrivent simultanément les passagers d'une diligence abîmée, et un moine accompagné d'un disciple. Résignée à ne pas assassiner un homme d’Église, l'aubergiste se confie à celui qui ne doit pas trahir le secret de la confession.
Fernandel n'aimait pas ce film : croyant, il détesta les aspects anticléricaux du scénario mais ne s'en rendit compte qu'au milieu du tournage ; en outre, la mise en scène et la direction du film lui échappèrent, lui qui était habitué à voir les films se construire uniquement autour de son action. De fait, au premier abord, son personnage de curé comique, gesticulant et grimaçant à l'extrême dans une tradition burlesque, peut perturber le spectacle d'un conte cynique, à l'humour grinçant, bien plus fin qu'une simple pochade. C'est même à se demander si Fernandel était bien l'interprète idéal pour ce rôle - il faut aussi se souvenir que Jean Aurenche, scénariste et dialoguiste du film avait déjà écrit pour le comique marseillais pendant la guerre (Adrien, en 1943) uniquement pour faire travailler son ami René Wheeler, sans enthousiasme particulier pour les gags de la star. Retrouver ce casting à l'affiche d'un même film au sortir de la guerre a presque de quoi faire sourire.
Et pourtant ... quiconque découvre ou redécouvre ce film aujourd'hui ne peut être qu'admiratif de la qualité de l'ensemble, du quasi sans-faute de toute l'équipe pour faire de L'auberge rouge un chef d’œuvre de comédie et d'humour noir ... et l'un des plus grands rôles de Fernandel !
L'acteur semble aussi perdu que le personnage qu'il interprète au milieu de tous ces gens parfaitement étrangers : d'un côté la froideur cruelle de Julien Carette et Françoise Rosay en aubergistes assassins, de l'autre les passagers de la diligence (dont Jean-Roger Caussimon, très drôle qui parvient à faire jouer le moine aux cartes, pour de l'argent !). Fernandel seul se démène à les sauver tous, dans beaucoup de situations amusantes, et s'il est bien la star du film, les autres comédiens ont une forte importance et, plus rare, de l'épaisseur - y compris pour le jeune moinillon qui, en l'espace de quelques scènes, renonce à sa vocation et découvre l'amour d'une jeune fille.
Ainsi la star Fernandel n'est plus la star - il n'arrive véritablement dans le film qu'au bout d'un quart d'heure d'ailleurs. Et s'il impose son charisme dans les premières séquences très amusantes où il se présente, montre son reliquaire et improvise une quête, tout bascule dans l'une des scènes les plus célèbres du film. Françoise Rosay, qui ne veut pas assassiner un religieux, décide de tout lui confier pour le faire fuir - sécurisée par le caractère impénétrable de la confession. En quelques minutes drôles à souhait, le film aurait pu sombrer dans le drame. C'est là que le caractère naturellement comique de Fernandel devient l'élément central du film, qui oscille constamment entre farce et horreur, dans une atmosphère teintée d'humour noir.
Son personnage - et c'est peut-être ce qui lui a déplu - est le plus grotesque de l'histoire (on ne croit même pas à son tonsure) : il manque d'oublier la prière du repas car il a faim, fait la quête pour pouvoir manger en prétextant un don pour un Saint, rechigne à confesser une pécheresse car sa soupe est chaude. Les passagers de la diligence semblent avoir un peu plus la maîtrise d'eux-mêmes. Et pourtant, c'est bien lui, avec son humour en parfait décalage avec la situation (probablement involontaire de sa part, qui plus est) qui assure toute sa force au film. Il est la pointe d'ail qui fait d'un simple gigot un plat exquis, et de L'auberge rouge un chef d’œuvre d'humour noir. Constamment perdu, exubérant, à la limite du cabotinage supportable (toute la séquence du mariage), Fernandel compose un personnage comique qui ne fonctionne - et c'est rare dans sa carrière - qu'en opposition aux autres, en réaction à leur flegme.
On pourrait évoquer L'auberge rouge sur des pages et des pages - je me suis juste borné ici à évoquer le jeu crucial de Fernandel. Je vous propose aussi de réécouter sur ce blog la très jolie complainte du générique de début, écrite par René Cloërec et interprétée par un Yves Montand habité.
Extrait audio : La complainte de l'auberge (par Yves Montand)
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Evelyne Buyle dans "Bons baisers... à lundi" : culte !
Je l'avais évoqué dans l'article consacré au film de Michel Audiard, Bons baisers... à lundi (1974), le point d'orgue est clairement la prestation finale de Evelyne Buyle, chanteuse de pacotille, qui entend faire une démonstration de son "talent" devant la petite assemblée. Jean Carmet, qui n'a pas compris la ruse de Bernard Blier, est prêt à devenir producteur de musique et gagner beaucoup d'argent. Mais dès lors que sa vedette entre en piste, il déchante ... et les autres dépriment. Un grand moment.
dimanche 23 septembre 2012
"FANTÔMAS" (de Jean Sacha, 1947)
En quelques mots : Alors qu'elle est en train de se marier avec le journaliste Fandor, le terrifiant Fantômas intervient pour capturer sa fille Hélène, en vain. Il lance alors un ultimatum aux autorités françaises et réclame un milliard en or, ou il tuera un million de parisiens. Le commissaire Juve mène son enquête.
Neuvième adaptation du Fantômas de Marcel Allain, ce film signé Jean Sacha respecte finalement assez bien la trame littéraire originale en proposant une série B tout juste convenable, avec des rebondissements improbables et de l'action de pacotille. Il n'y a évidemment aucuns moyens pour ce divertissement populaire, si ce n'est la présence intéressante de Marcel Herrand en prince du crime - inquiétant mais terriblement mal mis en valeur. Alexandre Rignault en commissaire Juve sauve clairement le film par sa présence et son dynamisme, et on peut s'amuser de voir Simone Signoret encore jeunette servir d'atout charme au film. Fandor, terne André Le Gall, ne provoque pas le moindre sentiment d'empathie, ni l'élégante Lucienne Lemarchand en Lady Beltham, rôle malheureusement complètement laissé de côté. A noter dans le casting que l'on retrouve Jacques Dynam, dans un petit rôle, qui deviendra en 1964 l'adjoint du commaire Juve/De Funès dans le Fantômas de André Hunebelle.
Le film existe en DVD chez René Chateau dans une copie un peu abîmée. Je ne suis pas sûr de la nécessité de se procurer ce Fantômas, si ce n'est pour les amoureux de Simone Signoret et les inconditionnels de Alexandre Rignault. Les autres s'ennuieront ferme devant ces aventures sans souffle et sans moyens, et le cabotinage insensé de certains seconds rôles. A noter, pour les amateurs, une petite apparition de Françoise Christophe en ... princesse Daniloff, un de ses premiers rôles (on la retrouvera quelques années plus tard en Lady McRashley dans Fantômas contre Scotland Yard).
Neuvième adaptation du Fantômas de Marcel Allain, ce film signé Jean Sacha respecte finalement assez bien la trame littéraire originale en proposant une série B tout juste convenable, avec des rebondissements improbables et de l'action de pacotille. Il n'y a évidemment aucuns moyens pour ce divertissement populaire, si ce n'est la présence intéressante de Marcel Herrand en prince du crime - inquiétant mais terriblement mal mis en valeur. Alexandre Rignault en commissaire Juve sauve clairement le film par sa présence et son dynamisme, et on peut s'amuser de voir Simone Signoret encore jeunette servir d'atout charme au film. Fandor, terne André Le Gall, ne provoque pas le moindre sentiment d'empathie, ni l'élégante Lucienne Lemarchand en Lady Beltham, rôle malheureusement complètement laissé de côté. A noter dans le casting que l'on retrouve Jacques Dynam, dans un petit rôle, qui deviendra en 1964 l'adjoint du commaire Juve/De Funès dans le Fantômas de André Hunebelle.
Le film existe en DVD chez René Chateau dans une copie un peu abîmée. Je ne suis pas sûr de la nécessité de se procurer ce Fantômas, si ce n'est pour les amoureux de Simone Signoret et les inconditionnels de Alexandre Rignault. Les autres s'ennuieront ferme devant ces aventures sans souffle et sans moyens, et le cabotinage insensé de certains seconds rôles. A noter, pour les amateurs, une petite apparition de Françoise Christophe en ... princesse Daniloff, un de ses premiers rôles (on la retrouvera quelques années plus tard en Lady McRashley dans Fantômas contre Scotland Yard).
Bon anniversaire à ... Romy Schneider (1938-1982)
Né le 23 septembre 1938, Romy Schneider aurait fêté aujourd'hui ses 74 ans !
Le dernier rôle à l'écran de ... Fernandel !
Fernandel possède une des plus riches filmographies du cinéma français, et jouit d'un prestige important tout au long de sa vie - à juste titre. Après plus de 50 ans de carrière, un peu affaiblit par la maladie et par une décennie plus inégale en terme de bons films, il endossa une ultime fois le rôle d'un homme simple, dans sa Provence natale.
Échec à sa sortie, Heureux qui comme Ulysse (1970) est considéré par le biographe de Fernandel, Jacques Lorcey, comme un des dix meilleurs films de l'acteur ; j'avoue m'inscrire dans cette lignée et accorder une immense affection pour cette tendre histoire. A le revoir aujourd'hui, on est marqué par les premières paroles de la chanson de Georges Brassens "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage, heureux qui comme Ulysse a vu cent paysages, et puis a retrouvé, après maintes traversées, le pays des vertes années". Conduisant son cheval à pied, à travers le pays de son enfance, vers un lieu de liberté pour qu'il finisse paisiblement sa vie, Fernandel conclut magnifiquement sa carrière. On ne peut s'empêcher d'y voir une métaphore de sa propre existence, elle-même jalonnée de cent paysages et de maintes traversées, avec cette "gueule de cheval" qui fit sa gloire.
Les derniers plans du film sont formidables : après avoir libéré son cheval au milieu des seins, Fernandel s'éloigne tout seul, distance la caméra. On ne peut imaginer qu'il s'agisse du dernier plan de sa carrière, il ne peut pas disparaître comme un cowboy solitaire dans un western. Alors qu'il entend un bruit, il se retourne, le visage sombre et voit apparaître son cheval, qui revient vers lui, comme pour le remercier. Heureux, le tout dernier plan de Fernandel au cinéma est un visage souriant, celui du comique populaire qu'il fut toute sa vie, regardant vers le ciel, apaisé et remercié par celui qu'il a aidé. On n'aurait pu lui souhaiter plus belle sortie.
Échec à sa sortie, Heureux qui comme Ulysse (1970) est considéré par le biographe de Fernandel, Jacques Lorcey, comme un des dix meilleurs films de l'acteur ; j'avoue m'inscrire dans cette lignée et accorder une immense affection pour cette tendre histoire. A le revoir aujourd'hui, on est marqué par les premières paroles de la chanson de Georges Brassens "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage, heureux qui comme Ulysse a vu cent paysages, et puis a retrouvé, après maintes traversées, le pays des vertes années". Conduisant son cheval à pied, à travers le pays de son enfance, vers un lieu de liberté pour qu'il finisse paisiblement sa vie, Fernandel conclut magnifiquement sa carrière. On ne peut s'empêcher d'y voir une métaphore de sa propre existence, elle-même jalonnée de cent paysages et de maintes traversées, avec cette "gueule de cheval" qui fit sa gloire.
Les derniers plans du film sont formidables : après avoir libéré son cheval au milieu des seins, Fernandel s'éloigne tout seul, distance la caméra. On ne peut imaginer qu'il s'agisse du dernier plan de sa carrière, il ne peut pas disparaître comme un cowboy solitaire dans un western. Alors qu'il entend un bruit, il se retourne, le visage sombre et voit apparaître son cheval, qui revient vers lui, comme pour le remercier. Heureux, le tout dernier plan de Fernandel au cinéma est un visage souriant, celui du comique populaire qu'il fut toute sa vie, regardant vers le ciel, apaisé et remercié par celui qu'il a aidé. On n'aurait pu lui souhaiter plus belle sortie.
samedi 22 septembre 2012
"LAISSEZ-PASSER" (de Bertrand Tavernier, 2002)
En quelques mots : Pendant l'Occupation, les destins croisés de deux hommes de cinéma : Jean Aurenche, scénariste, qui décide de ne pas travailler pour les Allemands et de vivre dans l'inconfort ; Jean Devaivre, assistant-réalisateur qui rentre à la Continental Films pour assurer sa sécurité, tout en résistant et en fréquentant des dissidents comme Jean-Paul Le Chanois.
Certes, 2002 c'est un peu récent pour que ce film fasse partie de l'âge d'or du cinéma français ... et pourtant, il en est largement question dans Laissez-passer, plus particulièrement du cinéma français sous l'Occupation. A travers le destin de deux hommes de cinéma, Bertrand Tavernier reconstitue le Paris occupé, les tournages de l'époque, les hommes et les idées. Fait étonnant, j'évoquais il y a quelques jours, en filigrane, le tournage de La main du diable pour rappeler que c'est Jean Devaivre qui prêta sa main pour les besoins d'une scène importante. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le lendemain, dans le film de Bertrand Tavernier, une séquence qui résume cette anecdote (que je vous propose de revoir ici en vidéo).
On se régale de voir reconstitués les tournages de deux films de Maurice Tourneur (très bien interprété par Philippe Morier-Genoud), La main du diable et Cécile est morte, et de Richard Pottier, Huit hommes dans un château et Les caves du Majestic, et de découvrir les détails d'un tournage pendant la guerre : manque de nourriture, scénaristes emprisonnés, manque de bois (réquisitionné pour faire des cercueils !) et metteurs en scène parfois dépassés. Jean Devaivre (formidable Jacques Gamblin) entre à la Continental, et on rencontre avec lui son directeur, le tolérant Alfred Greven qui engagea consciemment un juif communiste comme Jean-Paul Le Chanois parce qu'il savait qu'il était bon scénariste.
| Michel Simon de dos, sur le tournage de Au bonheur des dames (de André Cayatte) |
Les séquences avec le scénariste Jean Aurenche (très bon Denis Podalydès) sont moins fortes, plus personnelles, et cèdent d'ailleurs le pas rapidement aux aventures dans la résistance de Jean Devaivre. La longueur (peut-être un poil excessive) du film ne gâche rien au plaisir, et je ne peux que le conseiller à tous les cinéphiles curieux de cette période.
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