jeudi 4 octobre 2012

"LA MAISON SOUS LA MER" (de Henri Calef, 1947)

En quelques mots : A Flamanville, en Normandie, la vie du village est rythmée par le travail à la mine sous-marine. Lucien et Flore (V. Romance), heureux, sont prêts à se marier et à vivre ensemble. Mais l'arrivée d'un étranger, Constant, vient tout perturber : Flore en tombe amoureuse et se réfugie le plus souvent possible avec lui dans une immense grotte, sorte de maison sous la mer. Au même moment, Lucien et Constant se portent volontaires pour effectuer de dangereuses opérations de surveillance.

La maison sous la mer, adapté du roman de Paul Vialar, est le quatrième long-métrage réalisé par Henri Calef. On pense très vite à Germinal en regardant cette histoire qui mêle, sur une trame identique, la misère des ouvriers-mineurs et leurs conditions de vie, et une histoire d'amour et de rivalité entre deux hommes de la même classe sociale. Constant (Clément Duhour) n'est rien d'autre qu'un Étienne Lantier venu conquérir le cœur d'une Catherine Maheu (Vivane Romance) promise à un Chaval (Guy Decomble). Le déroulement de l'intrigue et le dénouement final y ressemblent également.


L'introduction est très réussie et impose d'emblée un climat particulier - il n'y a pas le moindre mot pendant presque dix minutes - où l'on voit les mineurs finirent leur travail, et remonter vers le village en passant au bord de la mer. Le roman et le films placent en effet leur intrigue en Basse-Normandie, dans les mines de fer de Flamanville. Les paysages marins, de fait, rendent une impression d'immensité sauvage, de terre oubliée des hommes, où les habitants naviguent entre la mine, le bistrot et leur maison. L'arrivée d'un étranger (figure classique du cinéma) ne suscite pas l'enthousiasme mais réchauffe le cœur de la belle Viviane Romance qui, amoureuse, aime à se retrouver dans "la maison sous la mer", une immense grotte dont personne ne connaît l'existence - les plans sont toujours très beaux et très bien filmés.

La mise en scène de Henri Calef est sobre et épurée, et convient parfaitement à cette histoire, superbement photographiée par Claude Renoir. Les dialogues sont soignés, tout comme les silences, et possèdent plusieurs intérêts : ils ne s'intéressent qu'à la classe ouvrière (le patron n'est jamais vu de face, le maire est un cocu notoire qui en rigole) et la montre comme elle est, simple, et sans clichés - il n'y a aucune scène démonstrative sur le quotidien des mineurs ; ils sont interprétés par des comédiens crédibles et toujours justes (aucune star véritable) - Viviane Romance et Guy Decomble en tête - et quelques seconds rôles toujours efficaces (Dalban, Génin, Brochard). Ces qualités effacent les effets spéciaux pénibles (transparences sur les plans en mer) et les quelques scènes faciles.

A noter la première apparition à l'écran de la jeune Anouk Aimée, que Henri Calef rencontra dans la rue et qu'il engagea pour jouer la jeune serveuse, fille du capitaine René Génin.

Dans l'extrait audio que je vous propose d'écouter ici, Guy Decomble et Clément Duhour évoquent leur femme, mais ne savent ni l'un ni l'autre qu'il s'agit de la même.

Extrait audio : "On a chacun la femme qui lui convient !"

DVD : "Henri-Georges Clouzot, le tyran éclairé"

D'abord méfiant face à ce genre de collection sur "les plus grands cinéastes français du XXe siècle", j'ai préféré emprunter ce DVD en bibliothèque plutôt que l'acheter. Le titre ambitieux, quoiqu'un rien racoleur - Henri-Georges Clouzot, le tyran éclairé - terme lourd de sens historique mais bien pratique pour désigner une personnalité ambiguë, ne cache en réalité pas grand chose d'autre qu'un simple documentaire où se croisent des témoignages et des commentaires en voix-off sur des images d'archives et des extraits de films.

Le commentaire est d'un classicisme éprouvant, débité par une voix-off lancinante et monocorde, et n'apprend absolument rien sur les films du grand Clouzot. Il faut dire que le concepteur du film a pris soin d'aller chercher quelques personnalités à questionner, et base ses "analyses" autour d'elles : ainsi on passe très rapidement sur les chefs d'oeuvre que sont Le Corbeau, Quai des orfèvres et Les Diaboliques (car personne à interviewer) mais on s'arrête largement sur Manon et plus encore sur La Vérité, où Brigitte Bardot raconte pendant 10 minutes son calvaire. Suzy Delair, qu'on est toujours très heureux de retrouver, évoque brièvement son mariage et ses films avec Clouzot, mais n'a pas autant de place dans le reportage que Cécile Aubry !

En bref, on n'est pas bien loin du reportage calibré pour TF1 ou TMC, sans recherche ni originalité, insistant largement là où il a quelques informations. Il n'est pas évoqué un instant que L'enfer fut inachevé, et le documentaire ne tente jamais (c'est peut-être mieux ainsi, d'un sens) une quelconque analyse de l’œuvre du cinéaste, se contentant de poncifs comme "tourmentée", "noire" ou "dramatique". Je ne sais pas vraiment pour qui ce DVD peut représenter un intérêt.

Dans la même collection, on retrouve Marcel Carné, Julien Duvivier ... J'essaierai de les voir également.

mercredi 3 octobre 2012

"MON FRANGIN DU SÉNÉGAL" (de Guy Lacourt, 1953)


En quelques mots : Jules Pinson, le photographe du village, est fou amoureux de la belle Annette, la fille de l'épicier. Seulement, celle-ci ne jure que par l'aventure qu'elle voit toutes les semaines au cinéma, et ne voudrait pour mari qu'un véritable héros. Jules s'invente alors un frère jumeau, César, tout droit revenu du Sénégal. Les problèmes commencent.

Raymond Bussières est un acteur que j'adore, toujours très juste et amusant ; il y a quelque chose de Buster Keaton chez lui quand il ne parle pas (même dans le physique), et le début de ce Frangin du Sénégal le confirme largement, tant l'acteur parvient à faire rire sans prononcer le moindre mot, ou presque. Le scénario est simpliste et très classique (la fameuse histoire du jumeau inventé, qui entraine gags et péripéties) mais les dialogues sont suffisamment efficaces pour que l'on ne s'endorme pas devant tant de poncifs. La mise en scène de Guy Lacourt s'adapte bien à ce genre de comique de situation, et certaines scènes rapides sont mêmes assez réussies (le réveil de Jules, qui doit changer de chambre le plus rapidement possible). Seules les scènes finales avec le lion dans la forêt, trop longues, alourdissent un peu le film.

Nous parlions de cinéma colonial avec Avoir 20 ans dans les Aurès, ici les clichés du genre (aventure, brousse, dangers, courage) sont largement détournés et tournés en dérision. Il faut se souvenir de l'engagement communiste de Raymond Bussières, de fait probablement anticolonialiste, qu'il est amusant de voir grimé en explorateur avec casque colonial, fusil et petite moustache à la Errol Flynn. Une réplique du film est d'ailleurs très drôle : à un "Salut la Colonie", Bussières dépité, qui veut faire croire qu'il est suicidaire, n'y répond que "Au train où ça va ... adieu la Colonie !". Quelques mois avant la défaite de Diên Biên Phu et la chute de l'empire colonial français, c'est presque de la réplique militante !


L'autre force de cette gentille petite comédie est son casting : outre Raymond Bussières, on retrouve sa jolie épouse Annette Poivre (et leur fille Sophie Sel) ainsi que Noël Roquevert en épicier dépassé, Marcelle Arnold, éternelle "vraie jeune fille" et Louis de Funès en docteur myope et incompétent (qui en fait des tonnes). Dans l'extrait que je vous présente en vidéo, nous retrouvons également la toujours charmante Paulette Dubost, vexée d'avoir été traitée de "gourgandine" !

Bon anniversaire à ... Jean Lefebvre (1919-2004)

Pour l'anniversaire de Jean Lefebvre, qu'on connaît tous et que j'ai déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog, je me souviens d'une petite scène très amusante de La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry, où il interprète un chef comptable, incapable de répondre à un calcul mental imposé par Louis de Funès. Ce dernier le remet à sa place rapidement, en lui confisquant le panneau "chef".


Né le 3 octobre 1919 à Valenciennes, Jean Lefebvre aurait fêté aujourd'hui ses 93 ans !

Eddie Constantine est ... Lemmy Caution !

J'en suis certain - et j'aimerais qu'ils se dénoncent - il y a des inconditionnels des films de Eddie Constantine qui trainent sur le net, et peut-être sur ce blog ! Je n'en suis pas un, mais je m'efforce pourtant de les regarder, pour voir s'il y a quelque chose à sauver. J'ai un souvenir infernal de Cet homme est dangereux (1953), que j'ai dû regarder en trois fois, pour en venir à bout ! Et pourtant, on peut trouver un charme désuet à cette ambiance, aux acteurs et actrices entourant le bel Eddie, et aux chansons dont certaines sont vraiment sympathiques à écouter.



Mais au fait, combien de films ont été consacrés en France à Lemmy Caution, le célèbre agent du FBI ? Voici la liste, j'espère exhaustive :
  • La môme vert-de-gris (1952), de Bernard Borderie - Avec Dominique Wilms.
  • Les femmes s'en balancent (1953), de Bernard Borderie - Avec Dominique Wilms.
  • Cet homme est dangereux (1953), de Jean Sacha - Avec Colette Deréal.
  • Vous pigez ? (1956), de Pierre Chevalier - Avec Maria Frau.
  • Comment qu'elle est ? (1960), de Bernard Borderie - Avec Françoise Brion.
  • Lemmy pour les dames (1962), de Bernard Borderie - Avec Françoise Brion.
  • A toi de faire, ma mignonne (1963), de Bernard Borderie - Avec Christiane Minazzoli.
  • Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution (1966), de Jean-Luc Godard - Avec Anna Karina.
  • Allemagne 90 neuf zéros (1991), de Jean-Luc Godard, Avec Claudia Michelsen.
Curieux destin que celui de Lemmy Caution/Eddie Constantine, qui commence avec des nanars signés Bernard Borderie et termine dans des films d'auteur de Jean-Luc Godard ! Allez, dans quelques temps, je vais tenter de voir ou revoir ces films pour les chroniquer sur ce blog, promis.

mardi 2 octobre 2012

"AVOIR 20 ANS DANS LES AURÈS" (de René Vautier, 1972)

En quelques mots : Algérie, au début des années 60 ; un groupe de soldats s'engage dans un commando de chasse, commandé par un lieutenant qui a fait l'Indochine. Jeunes et antimilitaristes, ils trainent les pieds, et décident de faire prisonnier le gradé quand ils apprennent le putsch des généraux. Un d'entre eux, Noël, reste le plus solitaire du groupe et n'hésitera pas à jouer les déserteurs le moment venu.

J'ai hésité à chroniquer ce film, tant il semble en marge de ce que j'appelle sur ce blog l'âge d'or du cinéma français : tourné au début des années 70, sans star, par un réalisateur militant et engagé, pour un budget réduit et en 16mm. Pourtant, la découverte de ce film (qui ressort entièrement restauré dans les salles le 3 octobre) m'invite à croire qu'il est ancré dans une certaine tradition du cinéma français, plutôt à gauche, aux idées humanistes et pacifistes. On n'est pas loin de La Grande Illusion de Jean Renoir - l'insolence et la clandestinité en plus, la maîtrise technique et la puissance en moins.


J'ai découvert René Vautier il y a quelques temps déjà, puisqu'il fut au début des années 50 le réalisateur du premier film anticolonialiste français (Afrique 50), sujet qui dans sa globalité me passionne. Avoir 20 ans dans les Aurès était difficilement visible jusqu'à aujourd'hui : bien qu'il fut récompensé à Cannes, son format 16 mm, l'amateurisme de l'équipe technique et des questions de droit en faisaient un film quasi clandestin. Sa ressortie permet de mesurer l'importance du sujet traité : la guerre d'Algérie (tourné 10 ans après les accords d'Evian), des soldats qui rejettent l'armée, jouent avec les conventions, ligotent un officier, violent les femmes et un soldat qui refuse de tirer, avant de s'enfuir avec un prisonnier ennemi.

On peut comprendre que les autorités françaises ne furent pas emballées par ce film, qui fut censuré longtemps et projeté dans des ciné-clubs, la plupart du temps militants. J'ai eu l'occasion de voir ce film en présence de René Vautier (au TNB de Rennes), vieil homme dont la mémoire ne flanche pas, toujours aussi passionnant à écouter. Il raconte notamment les frasques de Philippe Léotard, restant militaire même en dehors du tournage quand il partait se saouler dans les bars alentours.

L'amateurisme se ressent toutefois dans la mise en scène (ce film fut tourné dans des conditions difficiles, en 10 jours !) mais jamais dans le jeu des acteurs, pourtant souvent amateurs : on retrouve aussi Jean-Jacques Moreau, Jean-Michel Ribes et le jeune Alexandre Arcady, pas mauvais acteur. Loin du film colonial français par excellence, tels Pépé le Moko, La Bandera, Trois de Saint-Cyr ou encore L’appel du silence, ce film apporte un petit pendant réaliste et engagé au cinéma que j'ai l'habitude de défendre sur ce blog. D'aucun diront que j'ai une bonne conscience, les autres y verront le goût du beau cinéma, tout simplement.

Extrait audio : Chanson "Le pied dans la m...." (de Yves Branellec)

Le dernier rôle à l'écran de ... Jean Debucourt !

Il fut l'un des grands seconds rôles du cinéma français, en même temps qu'un pilier du théâtre, Jean Debucourt était Sociétaire de la Comédie Française. Il promena sa belle allure et sa voix reconnaissable (la voix du Christ dans la série des Don Camillo, c'était lui !) au travers une centaine de films.



Son dernier rôle est modeste, à son image. Dans Maigret tend un piège (1958), il incarne le temps d'une courte scène le supérieur hiérarchique de Jean Gabin, confiant dans l'audacieux projet du célèbre commissaire. Avare de mots, il lui redonne pourtant tout son soutient et sa confiance. Jean Delannoy filme un Jean Debucourt âgé et un peu amaigri, mais qui n'a rien perdu de sa superbe. Il s'est éteint moins de deux mois après la sortie du film, en janvier 1958.

lundi 1 octobre 2012

L'intégrale Jacques Becker au cinéma, à Nantes !

En octobre, tous les fans de Jacques Becker n'auront qu'un seul lieu pour se retrouver, et pas n'importe lequel : Le Cinématographe, à Nantes ! Ce très joli cinéma de quartier, qui passe tous les jours des classiques du cinéma mondial, propose une rétrospective intégrale des films du célèbre réalisateur français.


Du 3 au 23 octobre 2012, régalez vous à retrouver quasi tous les soirs des films de Jacques Becker, dont certains en réédition, dont Ali Baba et les 40 voleurs, Le Trou, Casque d'or ou Goupi Mains Rouges.

Je n'habite (hélas) pas à Nantes et, bien que n'étant pas spécialement loin, je ne pourrai probablement pas assister à ces séances alléchantes. Si certains visiteurs ou lecteurs de ce blog y vont, qu'ils n'hésitent pas à nous rapporter leurs impressions sur leur expérience !

>> Découvrez toute la programmation de l'intégrale Jacques Becker sur le site du Cinématographe.

Bon anniversaire à ... Philippe Noiret (1930-2006)

Il fut l'un des plus grands acteurs du cinéma français, à n'en pas douter, et on ne compte plus les grands films auxquels il participa. Philippe Noiret débuta véritablement sa carrière au cinéma dans les années 1960. Le voici dans un de ses premiers rôles, en directeur d'une compagnie de théâtre ambulant, qui accueille Jean Marais dit Le Capitaine Fracasse (1961). Dans d'autres plans amusants, on le retrouve en compagnie de Louis de Funès, jeune acteur prêt à exploser sur le grand écran !


Né le 1er octobre 1930 à Lille, Philippe Noiret aurait fêté aujourd'hui ses 82 ans !

"NEZ DE CUIR, Gentilhomme d'amour" (de Yves Allégret, 1952)

En quelques mots : Le jeune Roger de Tainchebraye (J. Marais) est gravement blessé lors de la Campagne de France de 1814. Défiguré, il doit porter un masque et, dès lors, il devient un frénétique coureur de jupons, cynique et mécréant. Pour se prouver à lui-même qu'une femme peut encore l'aimer, il laisse la belle Judith tomber amoureuse de lui.

Il y a quelque chose de pathétiquement beau dans l'histoire de cet homme défiguré, incapable d'aimer puisqu'il se sait devenu monstre, caché sous un masque, et qui termine sa vie seul dans son château, après avoir joué avec l'amour des autres. Le roman original, signé Jean de La Varende, était l'un des préférés de René Barjavel, qui le tenait au rand de chef d’œuvre. Quand Yves Allégret décida de l'adapter avec son scénariste Jacques Sigurd, Jean Marais devenait familier des rôles en costumes (il venait de tourner Ruy Blas et Les chouans notamment), et il fut choisit naturellement. Le rôle lui convient d'ailleurs assez bien, et le jeune acteur adopte sa démarche particulièrement reconnaissable à plusieurs reprises, marchant droit, les bras près du corps, la tête haute et le sourire en coin.


Hélas, cela ne suffit pas à sauver cette pénible adaptation littéraire, privée de toute ambition de mise en scène ou de photographie. Passées les premières séquences où Jean Marais tente de se familiariser avec son nouveau visage (et la présence de Missimo Girotti en médecin, le personnage le plus intéressant du film), il faut beaucoup de courage et/ou d'admiration pour l'acteur vedette (et c'est mon cas) pour aller au bout de cette bluette sans saveur. Jean Debucourt, peu exploité, n'y change rien, et préfère se laisser mourir !

Françoise Christophe minaude pendant des heures pour nous faire comprendre qu'elle aime le beau Jean Marais mais que c'est bien difficile, à peu près autant que Mariella Lotti (présente parce que c'est une co-production franco-italienne). Seule Yvonne de Bray et son personnage de bonne dévouée fait sourire quand elle sort avec ses deux pistolets, prête à faire feu. Restes quelques scènes amusantes, trop rares pour que le film mérite qu'on s'y arrête. Le monologue final de Jean Marais à sa belle est aussi long qu'insupportable, et le soulagement est grand lorsqu'arrive enfin la dernière séquence - assez réussie par ailleurs.

Le DVD édité par Pathé tient mieux la route que le film ; l'image est très bonne, les quelques bonus divertissent plus qu'ils passionnent mais le petit livret est bien écrit et apporte quelques informations intéressantes sur le roman et son adaptation (plus une biographie de Jean Debucourt).

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