Louis Jouvet est né un 24 décembre ! Moi j'ai dit bizarre ? Il faut bien que ça arrive à certains d'entre nous et c'est une formidable occasion de s'en souvenir. Evidemment, Louis Jouvet est l'une des idoles du blog - et des internautes je pense. On peut lui reprocher son drôle de jeu, on peut s'agacer de son intonation, reste une légende et des films incontournables, lui qui n'aimait pas vraiment le cinéma. Je vous propose de retrouver tous les extraits audio de l'ami Jouvet présents sur ce blog :
En quelques mots : Dans un collège du Midi, les enfants n'attendent qu'une chose : pouvoir sortir et rejoindre leurs familles pour fêter Noël. Quelques uns, hélas, doivent rester au pensionnat pendant les vacances et ils sont d'autant plus tristes d'apprendre que leur surveillant la veille de Nativité est celui qu'ils surnomment Merlusse, aussi laid que cruel.
Si d'aventure ou d'infortune quelques internautes solitaires passaient ce soir sur mon blog, parce que leur réveillon est interminable, terminé ou qu'il n'a pas eu le bonheur d'être (ou par pur fanatisme de L'âge d'or du cinéma français, je peux toujours rêver ...), je me devrais d'y avoir laissé un conte de Noël. Lequel choisir pour pareille occasion ? J'aurais pu vous reparler du charmant Assassinat du Père Noël (1941) ou en choisir un autre mais je me suis rappelé d'un amical conseil d'un internaute fidèle qui avait évoqué dans un mail le Merlusse de Marcel Pagnol, charmant petit film qui narre l'histoire d'un vieux professeur dont la guerre a modifié le visage pour toujours, détesté des élèves, mais qui sacrifie son modeste salaire le soir de Noël pour faire des cadeaux à ceux qui n'ont pas pu rejoindre leurs familles pour le réveillon. Un vrai conte plein d'humour, de poésie et de chaleur humaine; et qui plus est une jolie déclaration d'amour au métier de professeur. Inutile aujourd'hui de faire la moindre critique sur la mise en scène de Marcel Pagnol puisque le jeu des enfants est suffisamment spontané pour contraster avec la rigidité d'apparat de Henri Poupon surnommé Merlusse parce qu'il sent la morue.
Idéal pour les fêtes, ce conte de Noël est réjouissant, drôle et attendrissant - donc parfaitement de circonstance. Nul doute que vous serez conquis par ce brave professeur qui ne souhaite que le bonheur de ses élèves, particulièrement des plus démunis.
Souvent à l'honneur sur ce blog, c'est un plaisir de parler à nouveau de Pierre Brasseur pour fêter l'anniversaire de sa naissance, au début du siècle dernier. Interprète de rôles devenus classiques - ou cultes, c'est selon - il reste pour beaucoup l'inoubliable Frédérick des Enfants du Paradis (1945), Lucien du Quai des brumes (1938), Georges des Portes de la nuit ou encore l'avocat des Bonnes causes (1962). J'avais essayé à travers un article de montrer sa formidable interprétation d'un collabo dans le chef d'oeuvre de Henri Calef, Jericho (1946), page que je vous conseille de consulter à nouveau pour entendre un extrait audio qui reste dans les mémoires !
Né le 22 décembre 1905 à Paris, Pierre Brasseur aurait fêté aujourd'hui ses 107 ans !
En quelques mots : Las des vieux livres d'Histoire fait de suppositions, des étudiants demandant à un vieux professeur de leur raconter l'Histoire de Paris avec ses souvenirs et ses yeux contemporains. Comme ils reviennent, il leur conte les aventures de la capitale française, des Rois médiévaux à la Libération de Paris en 1944.
De retour de quelques jours passés à visiter le Paris des Rois de France, je n'ai pu que constater l'omniprésence dans les boutiques de souvenirs des derniers films historiques de Sacha Guitry sur Versailles, Napoléon et Paris. Référence s'il en est, Si Paris nous était conté impressionne toujours par son formidable casting de stars et son ambition de retracer en deux petites heures plusieurs siècles d'histoire d'une des capitales les plus importantes du monde. Pari insurmontable me direz vous et vous n'auriez que trop raison ! Bien que l'ouverture soit très amusante avec un vieux Sacha Guitry qui se joue des historiens et de leur Histoire - riant même dès lors qu'on évoque la francisque ... - et se propose de raconter à des étudiants Paris telle qu'il la voit à travers des souvenirs et des anecdotes. L'Histoire anecdotique est dangereuse car réductrice mais elle est toujours matière à assurer un très bon divertissement de cinéma. Hélas, comme avec son Si Versailles m'était conté trois ans plus tôt, Sacha Guitry se prend les pieds dans le tapis de l'académisme ronronnant et de l'Histoire à deux balles pour ne laisser place rapidement qu'à un véritable ennui - où les deux petites heures du film deviennent subitement très longues !
Au milieu de longues séquences de dialogues inventés, parfois inspirés, on peut s'amuser à retrouver Jean Marais en François Ier qui ne pense qu'à faire l'amour (comme son Louis XV à Versailles en 1954 !), Robert Lamoureux en Latude, célèbre prisonnier de la Bastille qui s'évada plusieurs fois (dont on peut encore admirer l'échelle de corde au Musée Carnavalet à Paris), Michèle Morgan en Gabrielle d'Estrées (maîtresse de Henri IV) dans un très beau dialogue avec Jean Martinelli et bien sûr Sacha Guitry en Louis XI qui s'offre le très beau rôle d'un Roi important mais méconnu. Les plus tolérants y ajouteront Gérard Philipe en troubadour qui revient à toutes les époques pour nous conter fleurette plus que Paris. Il faut reconnaître d'ailleurs que la ville n'est qu'un prétexte à évoquer quelques pages de l'Histoire de France qui n'ont parfois pas grand rapport (le procès de Marie-Antoinette, le bal de Napoléon III et Eugénie). Restent quelques idées de mise en scène, comme les différentes entrées militaires en plan séquence, ou de scénario, à l'image un peu trop voyante d'une taverne pendant la guerre de cent ans où rôde déjà le marché noir ...
Un Si Paris nous était conté tout aussi décevant que son précédent versaillais pour ma part, que je n'ai pas pris grand plaisir à découvrir. Il peut servir, à la rigueur, de grand Qui est-ce ? du cinéma français des années 1950.
J'ai parlé récemment des nombreux coffrets et livres qui sortent sur Louis de Funès à l'occasion de Noël et puisque Laurent Delahousse lui a consacré une émission entière - assez inégale à mon sens, comme à celui de beaucoup d'inconditionnels de l'acteur j'imagine -, je me prête également, avec un opportunisme affiché, à parler un peu plus de celui qui reste un des acteurs comiques les plus populaires en France.
Je me suis prêté au petit jeu de Où est Charlie ?, rebaptisé pour l'occasion Où est Louis de Funès ?, dans le film de Bernard de Latour, Du Guesclin (1949) avec Fernand Gravey dans le rôle du Connétable de France. Cité au générique, il y a souvent désaccord sur le nombre de ses performances dans le film. Je vais essayer ici d'en faire une liste que j'espère complète.
3m30 : "Il était bon entre les bons"
Louis de Funès n'apparaît pas à l'écran mais prononce cette courte phrase en voix-off quand le petit garçon demande à sa mère qui est l'homme représenté devant lui.
37m59 : "Si ce capitaine doit commander l'armée, l'honneur m'en revient !"
Louis de Funès incarne ici un seigneur de France qui aspire à commander l'armée du Dauphin contre les Anglais. "En égard pour mon rang...", phrase qu'il ne peut finir, indique que son personnage est influent à la Cour et probablement dans une partie du Royaume. On peut lire souvent sur internet qu'il s'agit d'un astrologue mais il n'en est rien.
1h03m : "Je connais l'Espagne, c'est un pays sec comme un nombril de couleuvre"
Funès apparaît d'abord en transparence, pour le même personnage, celui de Martin Oriquez "l'espagnol, plus venimeux que vipère". On le retrouve face à Du Guesclin pour cette réplique amusante - la famille de Louis de Funès était d'origine espagnole - et une jolie composition d'un mercenaire des Grandes Compagnies du XIVe siècle, et non un mendiant comme écrit souvent.
1h13m : Rôle muet
Enfin, Louis de Funès apparaît lors de la cérémonie où Du Guesclin est fait Connétable (chef de l'armée) par le Roi de France Charles V ... incarné par Gérard Oury, son futur metteur en scène et ami, un des artisans de sa gloire. Ce rôle n'en est pas un, il s'agit plus d'une figuration où il reprend son rôle de Seigneur.
On peut donc compter deux rôles parlés et une voix-off pour Louis de Funès dans Du Guesclin. Pas de quoi s'affoler puisque ces performances misent bout à bout peinent à dépasser les 2 minutes d'apparition à l'écran, mais un joli coup du hasard puisqu'il retrouva Gérard Oury quelques années plus tard pour des heures plus glorieuses.
En quelques mots : Lorsque Augusta revient vivre chez son père, tout près du Mont Saint-Michel, sa première visite est pour son frère, au cimetière. Disparu en mer, elle veut absolument percer le mystère qui entoure sa mort prématurée. Mais entre son vieux père têtu et son frère infirme, elle se heurte au silence.
Le hasard fait décidément bien les choses puisque je continue d'explorer, après le Du Guesclin de Bernard de Latour (1949), les adaptations cinématographiques de l'oeuvre de l'écrivain Roger Vercel. La même année, c'est donc Henri Calef qui adapte la nouvelle Lames Sourdes pour en faire Les eaux troubles avec Ginette Leclerc dans un de ses premiers bons films d'après guerre et Édouard Delmont en patriarche aux vieilles méthodes d'éducation. Le réalisateur, que j'apprécie beaucoup, poursuit ici son observation de la vie des travailleurs des côtes, deux ans après La maison sous la mer qui décrivait le quotidien difficile des mineurs de Flamanville. Il déclara même que c'était, sur «le plan de l'expression purement cinématographique », son meilleur film autant qu'un « exercice de style ». Si le premier point est discutable malgré d'incontestables qualités dans les cadrages et la photographie (par Roger Dormoy), force est de constater que certains plans ne ressemblent pas à du Henri Calef mais lorgnent plutôt du côté des expressionnistes, voire des surréalistes - avec la captivante scène, quasi onirique, du fils attaché au poteau comme un condamné errant avec son père dans un brouillard sans fin. Le silence des Hommes est ici comblé par les bruits naturels et glaçants de l'environnement et par une musique artificielle un peu languissante sur les bords, et est l'objet de toute la quête de Ginette Leclerc qui cherche à le briser pour connaître la vérité. En cela, Les eaux troubles, reste un très beau film sur les archaïsmes sociétaux de l'immédiate après-guerre qui persistent encore, notamment à la campagne, pendant plusieurs décennies.
Si elle est traitée de garce par une habitante du village, Ginette Leclerc ne l'est pas dans ce film et s'offre un beau personnage de femme, brisée par la disparition d'un frère, sans fards ni beauté. Elle apparaît laide dans plusieurs plans, ce qui ne va pas forcément de soi pour une actrice quoiqu'on en dise, et sert de prétexte à découvrir les plaies qui rongent encore la famille tiraillée entre un vieux père bourru, un frère (Mouloudji) qui n'a plus qu'un seul bras et qui hésite entre l'avenir radieux d'une femme et l'incertitude d'un petit caïd provincial (André Valmy). Les raisons de la mort du jeune frère ne sont pas ce qu'il y a de plus intéressant dans le film mais sont essentielles pour que le vieux Edouard Delmont se livre enfin, raconte son histoire et assume son passé. On pourra trouver un certain classicisme à cette histoire assez brève (1h20) mais son traitement impeccable, inscrit dans l'ambiance si particulière de la baie du Mont Saint-Michel, achève de me convaincre de sa supériorité dans le genre.
Drame familial s'il en est, Les eaux troubles ressemble plus à un film de Ingmar Bergman dans le traitement psychologique de ses personnages et dans la beauté de ses extérieurs. Je vous propose un petit extrait audio entre Delmont et Mouloudji qui vous donnera, je l'espère, envie de découvrir ce film !
Extrait audio : "J'avais de l'eau jusqu'aux chevilles, je suis pas un héros moi !"
En quelques mots : Enfant turbulent, fils d'une petite noblesse bretonne, Bertrand Du Guesclin brille par son aptitude au combat. Vainqueur d'un tournoi où il défait de nombreux chevaliers, il devient un combattant de renom. Au service du Roi de France Charles V, il est fait connétable et décide aux destinées de l'armée royale.
A trop regarder des films, on prend un jour l'assurance de pouvoir en réaliser un - du moins on en rêve secrètement. Et comme les idées coûtent moins chères que les tournages, j'ai développé avec les années plusieurs rêveries : réaliser une vie de Hector Berlioz (d'où peut-être ma déception en regardant La symphonie fantastique), une adaptation de Michel Strogoff (elle aussi assez décevante dans sa version de 1956) et une vie de Bertrand Du Guesclin que j'avais intitulée « Le Dogue Noir ». Acclamé ou méprisé, le connétable de Charles V ne laisse pas indifférent et fait figure aujourd'hui encore de référence quand on évoque les grands noms de la chevalerie française. Longtemps j'ai voulu voir ce film de Bernard de Latour, dont certaines scènes ont été tournées à Dinan (Côtes d'Armor), non loin de chez moi. L'ouverture m'a presque rendu jaloux car dans mon scénario aussi l'action débutait à la basilique Saint-Denis, nécropole des Rois de France où fut inhumé Du Guesclin à sa mort - à la différence que j'ouvrais mon « Dogue Noir » lors des profanations de la Révolution Française, qui n'épargnèrent pas le tombeau du Connétable !
Hélas, cette bonne idée passée, le film s'enfonce avec assurance dans le grotesque du carton-pâte y compris ... pour les extérieurs réels ! La vie de Du Guesclin est caricaturée, vidée de toute ambiguïté - celle-là même qui suscite toujours la colère des nationalistes bretons qui n'hésitent pas à faire sauter les statues du Chevalier - et teintée d'un mysticisme de carnaval. Il faut voir Du Guesclin dire, en plein jour, "Regardez ! L'étoile a disparu !". Les poncifs sur la période médiévale s'accumulent aussi rapidement que défile la vie du héros, sans qu'on ne puisse voir une seule bataille - manque de moyens probablement, de volonté sûrement. Il ne faut pas non plus s'attendre à comprendre quoique ce soit au contexte difficile de l'époque puisque les séquences s'enchainent mécaniquement, presque sans logique et se concentrent autour de Du Guesclin et de son fidèle compagnon. On ne peut s'empêcher de sourire en les voyant se battre à deux, dos au mur, et lancer des coups d'épée sur des adversaires qui tombent comme si on soufflait dessus. Ainsi des grandes étapes de la vie du Connétable, n'espérons pas comprendre ce qu'il part faire en Espagne et comment il a pu devenir le chef des armées royales.
Hélas vraiment, car l'interprétation est de qualité et sauve le film du naufrage. Fernand Gravey apporte beaucoup de crédibilité à son personnage et peut ressembler à l'idée que l'on se fait de Du Guesclin, froid, spadassin et presque analphabète. Gérard Oury campe un sobre Charles V de France, tout comme Junie Astor en Tiphaine et Gisèle Casadesus en Jeanne de Penthièvre. Noël Roquevert n'est pas à sa place dans le rôle du fidèle compagnon et fait beaucoup pour rendre le film involontairement comique (tout comme Howard Vernon en Duc de Lancastre), à la différence d'un jeune Louis de Funès que l'on s'amuse à retrouver dans plusieurs petits rôles ! De quoi, égoïstement, me rendre heureux de penser qu'on est loin du grand film que l'on pourrait consacrer au plus célèbre des Connétables de France.
Jean Marais a gravé dans toutes nos mémoires de cinéphiles ce grand sourire généreux qui ne cachait rien d'autre que le bonheur d'avoir eu de la chance toute sa vie d'homme et d'artiste. Égérie de poète ou héros de cape et d'épée, celui qui est né le 11.12.13 possède encore un large public d'admirateurs qui ne lassent pas de voir et revoir Le Bossu, Le Capitan, La Belle et la bête, la série des Fantômas, Orphée, Le comte de Monte Cristo, Elena et les hommes, Le Masque de fer ou Peau d'Âne.
Nous fêterons l'année prochaine l'anniversaire des 100 ans de la naissance de Jean Marais. Ce 11 décembre 2012, il aurait fêté ses 99 ans !
Nom peut-être méconnu du public, Jean-Marie Robain a débuté sa carrière au cinéma en 1949 dans Le Silence de la Mer (de Jean-Pierre Melville). Cela reste curieusement son rôle le plus mémorable ... alors qu'il ne dit pas un mot du film ! Preuve s'il en faut que le jeu d'un acteur se résume parfois à des regards, des présences dans un espace. On le retrouve en directeur dans Les enfants terribles (1950), en comte d'Artois (futur Charles X) dans Si Versailles m'était conté ... de Sacha Guitry (1953) ou en Baron dans L'armée des ombres (1969).
Le reste de sa carrière cinématographique est parsemée d'apparitions dans des films de Melville (Bob le flambeur, Quand tu liras cette lettre), Duvivier (L'homme à l'imperméable) ou Mocky (Les compagnons de la marguerite).
Né le 8 décembre 1913 à Biard (Vienne), Jean-Marie Robain aurait fêté aujourd'hui ses 99 ans !
En quelques mots : Antoine Fournier est professeur d'anglais dans un collège de Lille. Quand il surprend des élèves en train de voler de l'argent dans son bureau, il décide de leur donner une chance. Ingrats, les trois garçons montent un piège contre l'enseignant et, avec la complicité de Gisèle, le font accuser de viol et renvoyer sans ménagement. Quelques années plus tard, devenu portier d'un palace à Monte-Carlo, il n'a rien oublié et prépare sa vengeance.
Sur une trame extrêmement classique, Léo Joannon propose un film honnête qui raconte la triste histoire d'un brave enseignant, dévoué pour les plus misérables, qui se retrouve compromis dans une machination, sans pouvoir jamais s'en défaire, les faits étant trop graves (accusation de viol sur une mineure avec témoins). On a de la peine pour ce pauvre Pierre Fresnay de voir s'accumuler sur lui autant d'injustices mais son personnage est tellement lisse, tellement bon et sans défauts qu'on peut prendre le parti d'y voir une leçon pour qu'il se révolte. En cela la fin est terriblement conformiste et bien pensante, et vient presque gâcher ce joli film d'acteurs. Car je pense qu'il faut le revoir pour eux, sans quoi cette histoire de plat qui se mange froid n'aurait pas franchement d'intérêt. Annie Girardot est celle qui tire le mieux son épingle du jeu en incarnant une jeune femme manipulatrice (il faut voir avec quel perversité elle simule son agression) à l'extrême, rattrapée par un amour imparfait qui va finalement la pousser encore plus loin. Son amant Gil Vidal est plus fade mais suscite bien l'antipathie de son personnage. Pierre Fresnay semble dépassé et son incarnation rigide des bonnes valeurs pèse un peu sur l'ensemble, hélas, même si l'on croit parfois à des sursauts d’ambiguïté.
L'homme aux clés d'or reste cependant un agréable divertissement et maintient jusqu'à la seconde finale le suspens de savoir comment le pauvre professeur va se venger, avec fausses pistes et rebondissements. Il faut quand même oublier la mise en scène plate de Léo Joannon qui n'arrange rien.