mercredi 16 janvier 2013

Bon anniversaire à ... Jean Gaven (1922)



C'est un grand plaisir pour moi d'évoquer Jean Gaven, second rôle important du cinéma français des années 1950 et 1960, qui a prêté son solide physique aux plus grands réalisateurs : Henri Verneuil (Le boulanger de Valorgue, 1953), Jean Delannoy (Obsession, 1954), Christian-Jaque (Si tous les gars du monde, 1956), André Cayatte (Piège pour Cendrillon, 1965), Georges Lautner (Le Pacha, 1968) ou René Clément (Le passager de la pluie, 1969).

Étonnamment, c'est avec des sympathiques nanars des années 1950 que j'ai vraiment découvert Jean Gaven, aux côtés de celle qui est toujours son épouse aujourd'hui, la belle Dominique Wilms, Les pépées font la loi (1955), La rivière des 3 jonques (1957) et Les aventuriers du Mékong (1958).

Aujourd'hui, il fête ses 91 ans ! Joyeux anniversaire !

mardi 15 janvier 2013

Marcel Dalio dans "Les hommes préfèrent les blondes" (Howard Hawks, 1953)



Décidément, nos acteurs français recrutés par Hollywood sont gâtés. Quand Jacques Marin étreignait Audrey Hepburn dans Charade (Stanley Donen, 1963), Marcel Dalio s'offrait une petite danse privée de la part de la magnifique Jane Russell ... déguisée en Marilyn Monroe ! Dans le classique Les hommes préfèrent les blondes, réalisé par Howard Hawks, Dalio incarne un juge chargé d'éclaircir la disparition d'un bijou de grande valeur. Et pour lui prouver qu'elle est bien Marilyn/Lorelei, Jane Russell et sa perruque blonde font une interprétation savoureuse de Diamonds Are A Girl's Best Friend en plein tribunal !


lundi 14 janvier 2013

"PICPUS" (de Richard Pottier, 1943)



En quelques mots : Alors qu'il est en vacances incognito et ne souhaite pas être dérangé, le commissaire Maigret doit reprendre du service : une femme qui vient de déménager a retrouvé un cadavre dans son armoire. Le lendemain, elle est assassinée après que l'assassin a prévenu de son crime dans les journaux, signé Picpus.

Picpus est le premier opus de la trilogie Maigret avec Albert Préjean dans le rôle du célèbre commissaire, avant Cécile est morte (Maurice Tourneur, 1944) et Les caves du Majestic (Richard Pottier, 1944), produite par la Continental-Films. Au casting donc, on retrouve des têtes que nous aimons : Jean Tissier en doux excentrique, Noël Roquevert comme écrivain en mal d'inspiration, Pierre Palau en médecin légiste, Edouard Delmont en vieux fou - des amis de la famille en somme, dans leurs rôles de prédilection. Mais il faut s'arrêter sur celui, peut-être moins connu, qui s'impose aux côtés de Albert Préjean, André Gabriello, en inspecteur lourdingue au vif débit de paroles et qui ponctue toutes ses phrases d'un C'est immmmpressiooonnnant ! Un régal !

L'adaptation de Jean-Paul Le Chanois reste très efficace, autant que la mise en scène de Richard Pottier qui utilise au début du film, pour résumer les faits au commissaire Maigret qui conduit une voiture, un petit encadré où défilent des images ; une sorte de split screen avant l'heure, assez rare au cinéma avant les années 1960 ! De Paris à la Bretagne, Albert Préjean poursuit son enquête avec le sourire au coin des lèvres tout en gardant sa classe dans les situations les plus excentriques - à l'image de la coiffe indienne qu'il porte lors d'un gala de charité (dans Cécile est morte, on se souvient d'une poursuite en tandem !). Les dialogues permettent à tous les acteurs secondaires de faire leur petit numéro avec talent. Classique mais efficace.



La foule se presse voir Picpus lors de sa sortie au cinéma Normandie à Paris(1943)


Une vie en affiches : Mireille Balin (1909-1968)

Mireille Balin (1909-1968) fut l'une des plus belles actrices françaises des années 1930 et 1940. Celle dont Jean Delannoy affirmait qu'elle avait la plus belle chute de rein de Paris ne tourna pourtant que 29 films, la faute à une carrière brisée à la Libération. Voici sa carrière résumée par les affiches de films !







dimanche 13 janvier 2013

Bon anniversaire à ... Jane Marken (1895-1976)

Comédienne géniale de seconds-rôles, Jane Marken ne semble pas encore sortie du profond oubli dans lequel elle est plongée depuis sa mort en 1976, et pourtant ... sa carrière à de quoi faire frémir n'importe quel cinéphile ! Après avoir débutée dans le muet, elle tourna pour les plus grands, dans des rôles récurrents de tenancière : restauratrice dans Gueule d'amour (Jean Grémillon, 1937), patronne de l'hôtel du Nord dans le film éponyme de Marcel Carné, elle est aussi au casting de L'éternel retour (1943) et des Enfants du Paradis (1945), fait la concierge qui taquine Louis Jouvet dans Copie conforme (Jean Dréville, 1946) et la femme de son prédécesseur dans Knock (Guy Lefranc, 1951).




Elle est une Germaine dans Les portes de la nuit (Marcel Carné, 1946) et dans Dédée d'Anvers (Yves Allégret, 1947) et retrouve ses emplois de patronne dans Une si jolie petite plage (Yves Allégret, 1948), La Marie du port (Marcel Carné, 1949), La passante (Henri Calef, 1949). Elle fut une récurrente des films de Jean Delannoy, Yves Allégret (avec lequel elle tourne Manèges en 1949) et Guy Lefranc. A la fin de sa filmographie, on remarque encore des rôles dans Pot Bouille (Julien Duvivier, 1957), Maxime (Henri Verneuil, 1958) ou Le miroir à deux faces (André Cayatte, 1958) !

Jane Marken aurait fêté aujourd'hui ses 118 ans et méritait bien sa place sur L'âge d'or du Cinéma Français. Nous reparlerons d'elle !

"JUSTIN DE MARSEILLE" (de Maurice Tourneur, 1935)




En quelques mots : Marseille, dans les années 1930. Justin est le sympathique chef d'une bande de trafiquants, l'enfant du pays, respecté de tous. Il est depuis quelques temps concurrencé par un italien, Esposito, qui ne recule devant rien pour prendre le contrôle de la ville. Au milieu des deux bandes rivales, les habitants, un journaliste parisien et une jolie femme qui cherche l'amour.

Étonnante découverte du coffret Maurice Tourneur (Pathé, 2012), Justin de Marseille commence presque comme un reportage, avec une fanfare sur le Vieux Port et un homme, le marseillais éternel, qui vante à un journaliste parisien les mérites de sa ville, que quand on y est venu une fois, on ne peut plus en repartir, que la presse exagère toujours tout, que les journalistes viennent y chercher Chicago et que tout ça, c'est la faute du soleil, peuchère ! Près de 80 ans après la sortie du film, Jean-Claude Gaudin ne dirait pas autre chose si on lui posait une question similaire. Peut-être trouverait-il matière à justifier que le film fut produit aussi parce que le scénariste, Carlo Rim, trouva un défenseur de poids en la personne de Paul Carbone, grande figure du Milieu marseillais des années 1930. Ce dernier fut par ailleurs source d'inspiration d'un autre film de gangster à Marseille, Borsalino, avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo. Jolie réussite de Jacques Deray, le film souffre pourtant, quand on y repense, d'un manque de pittoresque lié aux accents et au décor.

Le réalisme est omniprésent dans l'oeuvre de Maurice Tourneur et ses films des années 1930 permettent de se replonger dans une époque. Justin de Marseille offre alors de magnifiques plans de la cité phocéenne, de son port, de ses ruelles, de ses commerçantes de rue (qui ne sont pas des actrices), de son conducteur de tramway qui siffle, de son restaurant d'où l'on peut entendre le débutant Tino Rossi ou de ses bateaux qui arrivent et repartent. Les acteurs apportent une part non négligeable de leur talent à ce réalisme : Pierre Larquey en bègue, Alexandre Rignault en caïd italien prêt à sortir son flingue à tout moment, et l'excellent Antonin Berval, trop méconnu, qui campe un Justin jubilatoire avec une violence et une intelligence masquée derrière la galéjade. Là encore, comme dans Au nom de la loi (1932), on pense aux influences américaines dans la mise en scène de certaines séquences (le braquage dans le port), manifestées par un clin d'oeil direct à Scarface (avec l'accent, s'il vous plaît), mais elle s'arrêtent dès lors que Maurice Tourneur insuffle la décontraction provençale dans l'action policière : en témoignent les formidables scènes de l'enterrement ou du policier qui s'arrête faire le plein lors d'une poursuite !



Un polar provençal, ce n'est pas courant. Et il faut ajouter au crédit du scénariste de faire de son film un reflet de son époque ; en témoignent les Chinois qui se font voler de l'opium.

Dans le bonus du DVD, un entretien avec Bertrand Tavernier apporte la solution à ce mystère : des Chinois (au même titre que des Indiens du RAJ, par ailleurs), furent payés pour venir en France lors de la Première Guerre Mondiale. Celle-ci terminée, certains se fixèrent à Paris - naissance du célèbre quartier chinois -, d'autres sur le chemin du retour s'arrêtèrent à Marseille. Cela donne dans le film une formidable scène avec Aimos, dit le Fada, personnage important dans tous les films du genre et qui apporte bien souvent la solution, comme un indicateur, ici avec une pointe d'humour. On notera aussi la manière dont Maurice Tourneur envisage le duel final entre les deux rivaux, entièrement en ellipse avec un superbe travail sur le son (pour un film qui date de 1935 !), s'en s'arrêter sur le dénouement, pourtant essentiel, que l'on découvre au hasard d'une scène. Cette trouvaille déconcertante de prime abord est l'une des plus belles du film. La conclusion poétique est terriblement française, romantique et urbaine, avec un mouvement de caméra toujours utilisé aujourd'hui.

Avec Justin de Marseille, qui mérite d'être (re)découvert par tous, Maurice Tourneur, réalisateur parisien par excellence, offre un regard inédit et juste sur la cité phocéenne, loin de toutes les histoires qui firent la gloire de Marcel Pagnol et imposèrent une vision débonnaire de personnages pittoresques - incarnés par Raimu, Charpin et les autres. On ne peut d'ailleurs s'y tromper, Antonin Berval ne fut pas de cette autre équipe talentueuse. Hélas !

samedi 12 janvier 2013

Bon anniversaire à ... Jean Delannoy (1908-2008)

Grand représentant de la qualité française tellement remise en question par la Nouvelle Vague, Jean Delannoy a traversé le XXème siècle et laisse une oeuvre cinématographique assez riche, avec quelques grands succès et des collaborations intéressantes. L'âge d'or du Cinéma Français a évoqué plusieurs fois les films du réalisateur : Macao, l'enfer du jeu (1939), Le Bossu (1944), Dieu a besoin des hommes (1950), Maigret tend un piège (1958), Maigret et l'affaire Saint-Fiacre (1959) mais j'avoue avoir un peu de mal à me lancer sur sa trilogie religieuse de fin de carrière.

A noter qu'il a publié, à la fin des années 1990, des souvenirs, en forme de carnet de bord, de sa longue carrière : Aux yeux du souvenirs, très intéressant sur sa manière de trouver des sujets ou des acteurs - toujours de manière bienveillante.


Jean Delannoy aurait fêté aujourd'hui ses 105 ans !

vendredi 11 janvier 2013

Jacques Marin dans "Charade" (Stanley Donen, 1963)



Pour inaugurer la catégorie Transatlantique (les acteurs français à Hollywood), voici un bel exemple qui a de quoi nous faire pâlir de jalousie ! S'il joue son personnage de policier à l'air grave, je n'ose imaginer quelle émotion ressent Jacques Marin lors de cette scène où la sublime Audrey Hepburn se jette dans ses bras !

Dans le très bon Charade (1963) réalisé par Stanley Donen (Chantons sous la pluie, Un jour à New York, Voyage à deux), Jacques Marin se retrouve en policier français, très classique, à donner la réplique à Audrey Hepburn et Cary Grant ... rien que ça ! Loin d'être un simple figurant, son rôle est même assez étoffé et il apparaît à plusieurs reprises dans le film. La classe !

A bord du Transatlantique !



Évoquer l'anniversaire de Paul Mercey m'a donné une nouvelle idée de rubrique. Ne restons pas entre nous à n'observer que le cinéma français mais regardons aussi, de temps en temps, comment nos acteurs furent employés à Hollywood. Car avant les Vincent Cassel et Jean Dujardin, d'autres acteurs français furent engagés dans des films américains, et souvent pas des moindres. Certains, à l'image de Marcel Dalio ou Louis Jourdan y firent même une jolie carrière !

Cette rubrique intitulée Transatlantique, en hommage au célèbre paquebot France qui fut, dans les années 1960, une des fiertés de notre pays, s'offrira d'en faire une petite liste. Et pour mener l'enquête comme il se doit, j'ai envoyé mon ami Ludovic Cruchot en voyage en Amérique, à bord du célèbre navire ci-dessus !

jeudi 10 janvier 2013

"L'HOMME A L’IMPERMÉABLE" (de Julien Duvivier, 1957)



En quelques mots : Puisque sa femme est partie quelques jours auprès d'un parent malade, le brave Albert Constantin, musicien au Théâtre du Châtelet, s'abandonne à visiter une jolie jeune fille à Montmartre. Mais il n'a pas le temps de s'en aller qu'elle est mystérieusement assassinée dans sa salle de bain. Le lendemain, le voisin de la défunte retrouve Albert et lui demande de l'argent en échange de son silence.

François Truffaut écrivit à la sortie du film que Fernandel ne le faisait plus rire, contrairement à un public moins exigeant, mais plus nombreux, qui continuait de se gondoler devant les pitreries de l'acteur marseillais. Étrange critique, car il serait d'autant plus faux d'affirmer ici qu'il s'agit d'une énième fernandelânerie sans mise en scène et sans histoire. Après une adaptation de Zola (Pot-Bouille, 1957), Julien Duvivier signa avec René Barjavel l'adaptation de ce roman policier de James Hadley Chase, sur un ton comique. Pas tout à fait comédie policière ni sombre polar, L'homme à l'imperméable mélange les genres. Fernandel, étonnant de retenue, y interprète un musicien du Théâtre du Châtelet qui fait la difficile expérience de l'infidélité, ou de l'intention - l'équipe tourna d'ailleurs plusieurs scènes dans les lieux qui étaient occupés par les membres de l'opérette Méditerranée, Fernandel se maquillant le jour dans la loge qu'occupait son ami Tino Rossi le soir. Après une excellente première partie où s'imposent un Fernandel sérieux et aimant, pris de remords lorsqu'il se retrouve dans la chambre d'une autre femme (la sublime Judith Magre), et un Bernard Blier excellent en maître-chanteur tranquille, le film retombe un peu dans les travers d'une intrigue parallèle pas très palpitante et d'une situation qui s'étire trop longtemps. Quelques rares moments de plaisir ponctuent cette comédie noire qui ne sait pas sur quel pied danser (la scène de nuit sous le pont est révélatrice de ce problème) et la fin, convenue, n'arrange rien. Le film jouit aujourd'hui d'une jolie popularité et j'avoue qu'elle me semble un poil surestimée. Si la mise en scène de Julien Duvivier est impeccable (avec une jolie photographie de la nuit) et l'interprétation sans fautes, il manque un petit quelque chose pour accrocher définitivement.



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