Alors que le monde catholique apprend la surprenante nouvelle de la démission du souverain pontif Benoit XVI, les journalistes les plus spécialistes de la question se demandent déjà qui va lui succéder. L'âge d'or du Cinéma Français a déjà sa petite idée ...
lundi 11 février 2013
vendredi 8 février 2013
Bon anniversaire à ... Christian Marin (1929-2012)
On aurait aimé fêter un anniversaire de plus pour Christian Marin. Celui qui fut quatre fois le gendarme Merlot aux côtés de Louis de Funès et Michel Galabru s'est éteint l'année dernière et nous lui avions consacré un petit hommage. Je n'ai toujours pas lu ses mémoires (Mémoires d'un chevalier du ciel, Sillages 2012), faute de temps, mais peut-être un gentil cinéphile internaute s'en est-il chargé ? Il doit certainement y avoir quelques bonnes anecdotes sur le parcours de cet homme qui a traversé avec drôlerie le cinéma des années 1960 et 1970.
Christian Marin aurait fêté aujourd'hui ses 84 ans !
mardi 5 février 2013
Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément !
C'est peut-être l'une des scènes les plus célèbres du cinéma français. Louis de Funès, au volant de sa grosse et puissante Rolls-Royce pulvérisant en quelques secondes la Citroën 2 CV du brave Bourvil qui partait en vacances faire toute l'Italie. Une destruction tragi-comique qui n'est pas seule dans l'oeuvre de Gérard Oury.
Je me suis aperçu, le sourire en coin, que le metteur en scène s'est amusé à maltraiter l'automobile dans une grande partie de ses films - la Cadillac du Corniaud (1965) n'est d'ailleurs pas beaucoup plus épargnée que la 2 CV, si ce n'est qu'elle reste en état de rouler, pas moins que la Jaguar de Saroyan, mise hors d'usage par quelques vulgaires morceaux de sucre. Dans La grande vadrouille (1966), son film suivant, Gérard Oury ruine le parc automobile de la Kommandantur et esquinte des motos allemandes avec des citrouilles !
Dans Le cerveau (1968), la marque Citroën en reprend pour son grade puisque la fameuse DS est coupée en deux par un Jean-Paul Belmondo fou du volant qui s'amuse à déclarer à Bourvil Il te plait pas mon coupé ? Point de voitures dans La folie des grandeurs (1971) mais des carrosses ! Et Blaze/Yves Montand l'avait bien dit Il a pas l'air comme ça, mais il n'est pas très solide ce carrosse. Avec son aide, il est même percé et son illustre occupant se retrouve vidé, à la merci du peuple !
Les aventures de Rabbi Jacob, deux ans plus tard, marquent les débuts des voitures volantes, du taxi de Marcel Dalio porté à bout de bras pour dépasser un embouteillage à la DS de Victor Pivert, déviée vers un étang par un conducteur inattentif. Mais cela ne suffit pas à Gérard Oury qui s'offre à nouveau le luxe de faire explorer en route une voiture restée accrochée à une pompe à essence.
Dans La carapate (1978), Gérard Oury poursuit ses carambolages avec un gigantesque accident de la circulation sur la route causé par ... une femme qui se déshabille ! Plus fort encore, Pierre Richard est assis sur un siège éjectable - c'est le cas de le dire - d'une voiture conduite à toute allure par Victor Lanoux. Le même Pierre Richard qui réitère la frayeur de son prédécesseur Pivert dans Le coup du parapluie (1980) lorsque sa voiture (avec Gérard Jugnot au volant) quitte la chaussée pour dévaler une longue pente et s'arrêter sur une plage !
De là à penser que Gérard Oury en avait après les voitures, il n'y a qu'à un pas ... ou plutôt qu'une vitesse !
"LES CHOUANS" (de Henri Calef, 1946)
En quelques mots : En 1799, après les échecs de la Vendée militaire, le marquis de Montauran revient en Bretagne prendre le commandement des derniers fidèles royalistes prêts à lever les armes contre la République. Alors qu'il attend une importante somme d'argent, il fait la rencontre de Marie de Verneuil, républicaine convaincue, qu'il se propose pourtant d'accompagner à Fougères. Comme il lui offre l'hospitalité, les chouans massacrent son escorte.
Après son second film et premier chef d'oeuvre, Jericho (1945), Henri Calef poursuit sa représentation sur grand écran de la société française de l'après guerre, avec pour cadre historique une autre époque de quasi guerre civile, la fin de la Révolution Française. Les Chouans, adapté du roman de Honoré de Balzac, est plus un film contemporain qu'historique, et montre par la métaphore l'affrontement entre la légitimité et la contestation, à cette différence que la fin du XVIIIe siècle était plus floue : les royalistes peuvent se targuer d'être les représentants de la tradition comme de la contestation, autant que les républicains légitimes dans leur nouveau régime et révolutionnaires dans l'Histoire de France. Comme dans Jericho, Calef s'éloigne des carcans du tout noir ou tout blanc, nuance sa vision, à l'image de cette rencontre entre les chefs de la révolte royaliste et les meneurs des représailles républicaines, qui se disent chacun servir leurs idéaux, quitte à se faire la guerre. En cela, toutes les séquences politiques sont parfaites, comme autant de rappels à l'ambiance nauséabonde de l'épuration des années 1944-1947.
Les attentistes ne sont pas non plus oubliés, symbolisés par ce patron d'auberge qui se déclare ni d'un bord, ni de l'autre. A partir de la trame originelle du roman, le scénariste Charles Spaak brode entre Jean Marais, Madeleine Robinson et Madeleine Lebeau une histoire d'amour un peu pénible, car conventionnelle et teintée des plus nobles sentiments, compromis obligatoire au film d'époque classique. Les atermoiements de Jean Marais plombent le film mais n'empêchent pas le réalisateur, aux commandes avec l'excellent Claude Renoir en directeur de la photographie, de lui offrir une de ses plus belles entrées et une de ses plus belles sorties, dans une ambiance brumeuse qui sied bien au contexte de l'histoire. Henri Calef se garde bien de juger ses personnages et ne prend parti pour aucun camp, y compris pour son héros romantique à qui l'on peut reprocher sa faiblesse ou admirer sa raison.
Si l'histoire minaude un peu, on se raccroche à l'intrigue grâce à l'épatant casting : outre un Jean Marais en pleine possession de ses moyens, ténébreux et passionné, on retrouve Madeleine Robinson en chef exaltée de la révolte royaliste, Madeleine Lebeau en républicaine dont le coeur balance - un personnage bien plat mis en valeur par sa beauté -, et des seconds rôles efficaces : Jean Brochard en chouan acariâtre, Louis Seigner en ecclésiastique guerrier, Paul Amiot en aristocrate, Léo Lapara en paysan, Howard Vernon en capitaine républicain tombé dans une embuscade. Un savoureux duo se distingue dans le camp des bleus : Pierre Dux, fougueux officier républicain aux ordres du mystérieux et sarcastique Marcel Herrand, inquiétant au possible, mais tempéré par une volonté d'épargner le sang des français.
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Bon anniversaire à ... Claude Giraud (1936)
Claude Giraud reste pour beaucoup l'homme d'un seul film : dans Les aventures de Rabbi Jacob (Oury, 1973) il est Mohamed Larbi Slimane, leader révolutionnaire arabe qui croise le chemin de Victor Pivert alias Louis de Funès. Pourchassé par Farès (c'est effarant !), il se déguise en rabbin puis devient le Président de son pays, accueilli en grande pompe par les autorités françaises, aux Invalides.
Dans les années 1960, il fut un second rôle récurent de la série des Angélique dans le rôle de Plessis-Bellières. Il a terminé sa carrière l'année dernière dans un petit rôle de romain dans le mauvais Astérix et Obélix : au service de sa majesté (Tirard, 2012). Les amateurs de doublage, et plus particulièrement du cinéma américain, le connaissent bien : il est la voix française de nombre de films de Tommy Lee Jones, Robert Redford et, pour les inconditionnels de mon genre, de Jeffrey Jones, l'empereur mélomane dans Amadeus (Forman, 1984).
Dans les années 1960, il fut un second rôle récurent de la série des Angélique dans le rôle de Plessis-Bellières. Il a terminé sa carrière l'année dernière dans un petit rôle de romain dans le mauvais Astérix et Obélix : au service de sa majesté (Tirard, 2012). Les amateurs de doublage, et plus particulièrement du cinéma américain, le connaissent bien : il est la voix française de nombre de films de Tommy Lee Jones, Robert Redford et, pour les inconditionnels de mon genre, de Jeffrey Jones, l'empereur mélomane dans Amadeus (Forman, 1984).
Jeune retraité, Claude Giraud fête aujourd'hui ses 77 ans ! Joyeux anniversaire !
dimanche 3 février 2013
"LE FIL A LA PATTE" (de Guy Lefranc, 1954)
En quelques mots : Le comte du Bois d'Enghien est sur le point se marier. Pour se donner bonne conscience et par amour sincère envers sa future femme, il décide de rompre avec sa maîtresse, l’exubérante chanteuse Lucette Gauthier. Tout se complique puisqu'elle celle-ci est toujours folle amoureuse et qu'elle est invitée à chanter aux fiançailles de son amant ...
Les adaptations cinématographiques ou télévisées de l'oeuvre de George Feydeau sont légion et pas toujours dignes de leur inspirateur, en témoignent les deux dernières créations autour d'Un fil à la patte (1894) : au cinéma par Michel Deville avec Charles Berling et Emmanuelle Béart (2005), à la télévision dans une mise en scène de Francis Perrin, la même année, avec des animateurs de France Télévisions. En 1954, Noël-Noël s'était collé à cette dure tâche de transposition à l'écran d'un vaudeville comique à succès - avec une certaine réussite. Bien que confiée à Guy Lefranc, avant que celui-ci ne sombre pour de bon dans une série de nanars avec Fernand Reynaud ou Eddie Constantine, la mise en scène n'est pas lourdingue et évite au possible un théâtre filmé rébarbatif. Il y a quelques années déjà que j'ai lu cette pièce de Feydeau et je ne saurai dire avec précisions si l'adaptation est fidèle dans les dialogues, toutefois il est assez plaisant de retrouver Noël-Noël en amant d'une Suzy Delair plus fantasque que jamais (Oh ce peigne ! Ce peigne, me dépeigne !), perturbés par Jacques Eyser en général sud-américain, Gabrielle Dorziat en belle-mère aimante, Claude Bertrand en bon copain et Bourvil en notaire le jour, chansonnier grivois la nuit. Il faut l'entendre se délecter de ses stupides paroles !
S'il n'est pas leçon de mise en scène ou d'adaptation, force est de reconnaître que ce Fil à la patte tient bien le coup, grâce à son casting savoureux et ses bons moments de comédie. Noël-Noël, qui signe le scénario et les dialogues, semble inspirer son personnage du zig chaplinesque, y compris physiquement (il ressemble à Monsieur Verdoux) et s'offre une scène musicale très réussie dans sa pure lignée.
samedi 2 février 2013
Bon anniversaire à ... Maurice Tourneur (1876-1961)
L'âge d'or du Cinéma Français a déjà évoqué à plusieurs reprises le réalisateur Maurice Tourneur, pour la sortie d'un très beau coffret chez Pathé (c'était même le tout premier article de ce blog), pour son évocation dans le film Laissez-passer (B. Tavernier, 2002) et enfin pour des critiques de films : Les gaîtés de l'escadron (1932), Au nom de la loi (1932), Justin de Marseille (1935) et Cécile est morte (1944). J'aime beaucoup ce metteur en scène réaliste, ancré dans son époque et qui su avec talent nous la restituer, non sans une certaine nostalgie a posteriori. La découverte de La main du diable (1943) fut pour moi une révélation et enclencha un processus de redécouverte du cinéma français, aujourd'hui manifeste au quotidien avec ce blog.
Maurice Tourneur fut également metteur en scène à Hollywood dans les années 1910 et 1920 et ses films, s'ils ne sont pas tous visibles aujourd'hui hélas, restent marquants pour le cinéma américain : Clarence Brown, qui travailla avec Tourneur, déclara à son fils Jacques qu'il avait eu autant d'importance que Griffith. Ce même Jacques Tourneur, cinéaste à son tour qui, enfant, vendait à son père des idées de sujets dix dollars pièce (1), révéla comme d'autres le caractère exigeant, voire tyrannique, de son père Maurice sur les plateaux de tournage. Jean Gabin, quant à lui, en garda un bon souvenir : il fut un des premiers réalisateurs à imposer des horaires fixes aux acteurs !
Maurice Tourneur est né un 2 février, il y a 137 ans !
(1) B. Tavernier, Amis américains, entretiens avec les grands auteurs d'Hollywood, Arles, Actes Sud/Institut Lumière, 2008, p. 423-424.
mardi 29 janvier 2013
"LA GROSSE CAISSE" (de Alex Joffé, 1965)
En quelques mots : Louis Bourdin est poinçonneur dans le métro parisien et écrivain à ses heures perdues. Il vient d'achever son premier roman policier, une histoire de braquage dans le métro, et fait part à qui veut l'entendre de son futur succès en librairie. Hélas, son manuscrit est refusé par toutes les maisons d'édition. Il décide alors de le vendre à des gangsters.
Dans une interview télévisée de 1965, le réalisateur Alex Joffé déclarait, non sans humour, à propos de son nouveau film La grosse caisse s'être demandé Est-ce que je vends le scénario à un producteur ou est-ce que je fais le coup moi-même ? avant d'ajouter que c'était plus facile quand même de faire le film ! Et probablement plus rentable, si l'on devait ajouter un argument intéressant. Sur cet axiome, Joffé brode sur-mesure une gentille comédie pour son acteur fétiche, Bourvil, idéal en faux benêt, jouet d'un bandit gentleman dont on ne pourrait imaginer qu'il ne soit pas interprété par Paul Meurisse, gants blancs et diction aristocratique en toutes circonstances. A leurs côtés, des seconds rôles de talent : Roger Carel en chef de station, Daniel Ceccaldi en employé faux-jeton, Tsilla Chelton en marchande de journaux, le jeune Pierre Vernier en policier, Jacques Legras en facteur aux bonnes idées, Dominique Zardi en truand (tiens donc !) et la jolie Françoise Deldick dans un de ses plus grands rôles à l'écran.
Si elle n'est pas dénuée de quelques petites longueurs, cette comédie permet de sourire à des références savoureuses à la littérature (Fleming, Simenon), au théâtre (Bourvil cite La bonne planque pour désigner le train qui récolte l'argent du métro) et même à la chanson française, l'acteur comique sifflotant nonchalamment le célèbre air pathétique d'un poinçonneur lassé de faire des p'tits trous à longueur de journée. Trois ans avant le film de Gérard Oury, Bourvil était donc déjà Le Cerveau d'un tout autre casse, aussi rentable.
lundi 28 janvier 2013
Décès de l'acteur Bernard Dhéran (1926-2013)
Avec sa belle allure, sa voix grave aux accents aristocratiques et ses yeux malicieux mis en valeur par un jeu de sourcils rare, Bernard Dhéran était taillé pour incarner des personnages de l'élite, souvent des nobles et des grands bourgeois racés : on le retrouve ainsi en chevalier face à Jean Marais dans Le capitaine Fracasse (P. Gaspard-Huit, 1961), en magistrat dans Le comte de Monte-Cristo (C. Autant-Lara, 1961), Les bons vivants (G. Lautner, 1965), Rue des prairies (La Patellière, 1959), en assureur cavalier face à Fernandel et Danielle Darrieux dans L'homme à la buick (G. Grangier, 1968) ou en militaire prisonnier du château dans On a retrouvé la 7ème compagnie (R. Lamoureux, 1975). Il fut aussi Voltaire chez Sacha Guitry (Si Paris nous était conté, 1956). Second rôle de grande qualité, sociétaire de la Comédie Française, il était aussi un grand acteur de doublage. Son sourire en coin et sa voix chaude nous manqueront !
| On ne s'évade pas, on défile ! (Bernard Dhéran dans On a retrouvé la 7ème compagnie, 1975) |
Les débuts à l'écran de ... Louis de Funès !
L'occasion d'un hommage à Louis de Funès s'y prête bien, voici donc sa participation à la rubrique Les débuts à l'écran de ... Force est de reconnaître que l'acteur comique fut avant tout un grand second rôle du cinéma français dans les années 1950. Dans La Tentation de Barbizon (J. Stelli, 1946), il apparaît pour la première fois à l'écran face à l'un des seconds rôles les plus marquants de son époque, Pierre Larquey, dans un petit rôle de portier. Il y prononce deux phrases, Par ici Monsieur puis Il a son compte celui-là aujourd'hui. Je ne peux m'empêcher de préciser que pour le début de sa carrière cinématographique, Louis de Funès ouvre la porte d'un lieu appelé ... le Paradis ! Doit-on y voir un signe ?
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