dimanche 10 mars 2013

L'âge d'or du Cinéma Français ... très très chaud !



Peut-être vous souvient-il d'un article, pas si lointain, où je m'excusais à peine de titrer mon sujet "On veut voir le porno de Bourvil !" dans le but très opportuniste d'attirer les internautes qui ne se contentent que d'une seule recherche sur le net : sexe. Mon ami Alexandre Liéthard, ci-dessus en photo (qui ressemble beaucoup à Bernard Blier dans Elle boit pas, elle fume pas... je vous l'accorde), guichetier de son état et obsédé sexuel notoire, s'occupe tous les jours des statistiques de mon blog. Son dernier bilan est accablant ! Vous êtes de plus en plus nombreux à venir visiter mon blog - et à y revenir - ce dont je vous remercie ... MAIS ... les recherches qui aboutissent sur ces pages et les mots clefs correspondant ont de quoi faire sourire. Voici quelques recherches Google qui aboutissent sur L'âge d'or du Cinéma Français :

fessée déculottée - fessée - fessée actrice - porno âge - porno cinéma français - porno acteur français - porno fessée ... et un collector : fessée jean marais !

Vous remarquez aussi que l'article que vous avez le plus aimé est ... Une fessée déculottée pour Suzy Delair. Mon opportunisme sur l'article de Bourvil semble donc payer ! Et c'est à nouveau par pur intérêt que je consacre un article entièrement à ce phénomène. De là à ce que je rajoute le mot sexe dans une phrase juste par plaisir, il n'y a qu'à un pas ... que je n'oserai franchir. Mais vous devez surement vous demander ce que regarde notre ami Alexandre avec ce regard coquin ? Je vous le donne en mille ...


samedi 9 mars 2013

"LE MONOCLE NOIR" (de Georges Lautner, 1961)



En quelques mots : Dans un vieux château breton se tient une réunion secrète. Des partisans de l'ordre, nostalgiques du IIIe Reich, se retrouvent discrètement en l'honneur d'un compagnon de route de Hitler qui doit prendre la tête de leur réseau. Le vieux marquis, propriétaire de la demeure, accueille alors un allemand, un italien et un mystérieux aveugle au monocle noir. Mais il semblerait que des espions rôdent autour du château.

Le monocle noir est un des premiers films de Georges Lautner - son cinquième - et le premier volet de sa trilogie du Monocle, suivi de L'oeil du monocle (1962) et du Monocle rit jaune (1964), toujours avec Paul Meurisse. Ce premier opus s'ouvre par un avant-propos de Bernard Blier, qui demande au spectateur de ne pas prendre trop au sérieux cette histoire d'espionnage - la marque Lautner diront certains, le réalisateur ayant toujours mélangé avec bonheur la comédie et le drame. Dans ses mémoires (On aura tout vu, 2005), Georges Lautner raconte que le roman était inadaptable à l'écran (avec une scène d'avortement où le marquis breton faisait brûler le fœtus de sa fille dans la cheminée), ce dont était bien conscient l'auteur, le Colonel Rémy, célèbre résistant et écrivain à succès. Du livre d'origine, il ne reste que le titre, le château en Bretagne et le Monocle écrit-il avant d'ajouter Je me suis amusé à faire des scènes très influencées par Orson Welles. De fait, la mise en scène de Georges Lautner est travaillée, très fluide et propose un grand nombre de cadrages intéressants, notamment pour les séquences de poursuite dans les sous-terrains du château.



Mais ce qui fait vraiment toute la force de cette histoire d'espionnage, c'est l'épatant casting réuni par Georges Lautner : les femmes d'abord, de la magnifique Elga Andersen, qui n'est pas sans rappeler un autre charme venu de l'est (Maria Schell) à Catherine Sola en passant par la jeune Marie Dubois, dans un petit rôle sans intérêt, hélas ; Le monocle noir s'inscrit ensuite dans la tradition de ces films de casting, où les petits rôles volent la vedette aux têtes d'affiches : Jacques Marin et Albert Rémy sont formidablement utilisés, presque à contre emploi, le premier en espion, le second en jeune romantique (!) et, accompagnés de Jacques Dufilho en guide à l'accent rustique et Bernard Blier en commissaire, font jeu égal avec les stars que sont Paul Meurisse, impeccable de snobisme flegmatique, et Pierre Blanchar, dont c'est le dernier rôle à l'écran. On s'amuse beaucoup de penser que celui qui tourna des films en Allemagne dans les années 1930, s'exila pendant la guerre, résista, revint à Paris à la tête d'un comité d'épuration termine sa carrière en citant du Hitler, concluant sur un Ah ! Cher Adolf ! nostalgique.

Le monocle noir, rare en DVD (il a été édité chez Pathé) est une excellente petite comédie d'espionnage, moins caricaturale que Les Barbouzes (1964), peut-être moins drôle aussi, malgré quelques bons dialogues, et qui ne doit pas rester méconnue. Gros succès à sa sortie, Georges Lautner avoue que c'est le film qui lança définitivement sa carrière.

"UN GRAND PATRON" (de Yves Ciampi, 1951)



En quelques mots : Le professeur Louis Delage règne en maître, et en icône, sur le service chirurgical de l'hôpital Bichat à Paris. Admiré des uns pour ses réussites dans la greffe de reins, méprisé des autres pour les mêmes raisons, il est sur le point d'entrer à l'Académie de Médecine. Quand une de ses patientes décède suite à une opération, il héberge quelques jours son jeune petit-fils Albert ; dans le même temps, il est confronté à la crise de vocation de son filleul qu'il tente de former.

Je ne sais pas de quelle réputation jouit ce film à l'heure actuelle et quelle fut sa réception à sa sortie ; on peut lire sur internet qu'il fut un grand succès dans les salles, en 1951. Il faut avouer d'emblée que l'intrigue ne présage pas un film à caractère passionnel, les plus directs ne se dérangeraient pas pour dire que ça à l'air chiant ! Un visionnage ne leur donne pas raison mais je me demande bien qui pourrait trouver plaisir à s'en faire un film culte, sinon un jeune médecin en herbe, un rien sûr de lui, aussi antipathique et arriviste que le poulain du Patron qu'incarne Pierre Fresnay. Les autres étudiants en médecine, plus honnêtes dans leur choix disciplinaire, verraient peut-être même dans ce film une insulte à ce que doit représenter un médecin - homme de science avant tout, opérant pour servir, pour sauver, plus que pour briller en société. Un grand patron évoque assez justement cette embourgeoisement négatif d'une partie des grands médecins parisiens, qui portent aussi bien le rouge sur leurs bistouris qu'à leur boutonnière, et qui se parent autant de leurs interventions que d'articles publiés dans des revues scientifiques. Peut-être cette critique acerbe de la bourgeoisie des années 1950 - offrant une scène de bacchanale assez déconcertante sur le sens qu'elle veut lui donner - est-elle un peu erronée aujourd'hui ; et de fait offre un film poussiéreux.



Toutefois, les scènes sont percutantes - à l'image de cette chasse aux voix dans un cimetière, sur les cendres encore chaudes d'un Académicien, de ce jeune médecin fougueux qui ne pense qu'à devenir patron à la place du patron, de cette femme délaissée constamment en représentation mais qui ne peut aller au théâtre. Le jeune filleul, appelé à devenir un grand médecin, remet en cause sa vocation : il se verrait mieux peintre, un peu bohème. On sourit jaune de constater qu'aujourd'hui cette volonté de sortir des rangs fait presque figure de sacerdoce pour la bonne conscience d'une grande partie de la bourgeoisie française.

On regrette presque le personnage de Pierre Fresnay, parvenu mais désireux d'adopter des illusions plus nobiliaires que bourgeoises, dynastiques et ancrées dans des valeurs de classe - peut-être méprisables, mais honnêtes ; rôle à première vue étonnant d'un chirurgien brillant mais cynique pour l'acteur habitué à des compositions unilatérales. Pourtant, à bien y regarder, ce grand patron est honnête dans le rôle que lui impose la société et ses quelques instants désabusés sont peut-être des tentatives avortées de rébellion. Le scénario de Pierre Véry et Yves Ciampi (ce dernier se charge également de la mise en scène, très plate) est donc passionnant, quoique manquant un peu de dynamisme, mais fait figure d'arrêt sur image. Les films trop ancrés dans une époque vieillissent, à mon sens, souvent très mal : c'est le cas de La Marseillaise (Renoir, 1938) ou d'Un monde sans pitié (Rochant, 1989) plus récemment. C'est presque un documentaire, à l'instar de ces gros plans médicaux inutiles lors d'une opération du rein. Les sociologues seront convaincus, les historiens feront la fine bouche et les cinéphiles passeront sans se détourner. Hélas ...

A noter un petit rôle charmant pour la jeune Judith Magre qui débutait sa carrière au cinéma.

vendredi 8 mars 2013

Et la journée de la femme au cinéma ?

Je n'aime pas ce genre de journée dédiée à une catégorie d'individus - sinon, je vous le demande, à quand la journée du blogueur spécialisé dans le cinéma français ? Mais comme une partie de moi n'est pas trop réactionnaire, L'âge d'or du Cinéma Français se propose de se rappeler au bon souvenir de quelques femmes de caractère qui n'ont pas attendu Najat Vallaud-Belkacem pour s'affirmer face aux hommes.

Claire Maurier
Maman d'un jeune garçon turbulent dans Les 400 coups, la belle actrice s'impose comme une maîtresse femme face à Fernandel et Bourvil dans La cuisine au beurre (Grangier, 1963), menant à la baguette les deux hommes, d'abord ennemis. Loin de la gentille caissière du grand café que chante l'acteur marseillais !



Suzy Prim
Même si ce n'est pas son rôle habituel, Suzy Prim compose dans Les pépées font la loi (André, 1955) un personnage de femme gangster plutôt rare. Face à un jeune truand parisien un peu prétentieux, elle parvient à ses fins en pratiquant la torture au tisonnier !

"Il paraît que c'est bon pour la santé les pointes de feu ..."

Patricia Karim
Inoubliable femme du sergent-chef Chaudard, Patricia Karim est Suzanne dans La 7ème compagnie au clair de lune (Lamoureux, 1977). Pas très commode, peut-être même un peu autoritaire !



Dominique Davray
Quelle actrice merveilleuse ! Elle joua les femmes qui ne s'en laissaient pas compter et certaines compositions sont toujours cultes, de la prostituée des Tontons flingueurs jusqu'à ses prestations face à Louis de Funès, comme épouse dans Le Tatoué (La Patellière, 1968) ou comme religieuse dans Le gendarme en balade (Girault, 1970).

"Elle est forte celle-là !" / "Qu'est-ce que vous avez dit ?!"


Micha Bayard
Figure moins populaire que les autres, elle fut pourtant un de ces incarnations de la femme qui porte la culotte. Femme chez qui il pleut dans Le Cerveau (Oury, 1968), boutiquière dans La fiancée du pirate (Kaplan, 1969), elle campe une extraordinaire maîtresse femme dans Les compagnons de la marguerite (Mocky, 1966) face à Michel Serrault, dont l'abattage comique s'y brûle.



Claude Gensac
Épouse dévouée ? Certes. Épouse servile ? Nenni ! Face à son gendarme de mari, Claude Gensac fut autoritaire, persuasive, seule civile capable de donner des ordres à Cruchot ; dans Hibernatus (Molinaro, 1969), c'est même Madame qui possède la société et qui signe les chèques !

"Alors ?! Ça continue la fièvre du samedi soir ?"



Françoise Rosay
Autre femme à qui on ne la faisait pas, Françoise Rosay imposait dès son apparition une certaine autorité. Un des rôles les plus célèbres reste la tenancière de la terrifiante Auberge Rouge (Autant-Lara, 1951) qui n'hésite pas à tuer ses clients et à les enterrer dans le jardin !



Georgette Anys
Son plus grand rôle est légendaire : tenancière autoritaire, castratrice, d'un petit bistrot parisien, elle a la malchance de rencontrer Jean Gabin et Bourvil qui font la Traversée de Paris (Autant-Lara, 1956). Elle ne résiste toutefois pas à la puissance destructrice de Grandgil.



Bon anniversaire à ... Denys de la Patellière (1921)

Denys de la Patellière peut-être considéré, de par son âge et sa filmographie, comme l'un des derniers grands metteurs en scène de l'âge d'or du Cinéma Français encore vivants. Bon artisan, réalisateur appliqué mais sans éclat, il a plusieurs classiques à son actif : Les grandes familles (1958), peut-être son meilleur film, Rue des prairies (1959), Un taxi pour Tobrouk (1960) qui vaut surtout pour les dialogues de Michel Audiard, Le tonnerre de Dieu (1964), Du rififi à Paname (1965), Le voyage du père (1966) ou Le tatoué (1968) réunissant son acteur fétiche, Jean Gabin, face à Louis de Funès.



Il y a de nombreuses années que Denys de la Patellière est retiré du métier, après une fin de carrière à la télévision - pour autant son nom continue de s'inscrire en haut de l'affiche par l'intermédiaire de son fils Alexandre, jeune réalisateur récemment représenté aux Césars pour son film Le Prénom, adapté de sa propre pièce de théâtre.

Né en 1921, c'est avec grand plaisir que nous souhaitons un très joyeux anniversaire à Denys de la Patellière, qui fête aujourd'hui ses 92 ans !

jeudi 7 mars 2013

"LES CAVES DU MAJESTIC" (de Richard Pottier, 1945)

En quelques mots : Monsieur et Madame Petersen passent quelques jours de vacances au palace Majestic, à Paris. Quand le mari s'envole pour Rome, son épouse et sa secrétaire, qui ne peuvent s'entendre, restent seules avec l'enfant du couple. Le lendemain matin, quand un employé des cuisines ouvre son casier, il découvre le corps mort de Madame Petersen, étranglée. Le commissaire Maigret est chargé de l'enquête.

Albert Préjean en commissaire Maigret, voilà qui continue de faire jaser aujourd'hui ; certains ne peuvent regarder les trois films sans maugréer dans leur coin ; d'autres s'en font un véritable plaisir coupable - et j'en suis ! Dans son Simenon à l'écran (1992), Claude Gauteur, plutôt dur contre les trois adaptations de la Continental, rappelle la phrase de Jacques Siclier : [avec Albert Préjean] de Maigret il ne restait que la pipe ! René Clair, plus gentil, se contente de résumer à sa façon la situation : Il change, à coup sûr, la nature de l'oeuvre qu'il est chargé d'interpréter, mais nous avons pas à nous plaindre, car il a toujours la même séduction. Certes, les lecteurs assidus des romans du célèbre directeur de la Police Judiciaire ne retrouvent pas l'épaisse charpente du commissaire sous les traits du sportif et souriant Albert Préjean, mais il faut lui reconnaître le mérite de ne pas sombrer dans ce que Claude Gauteur qualifie d'ersatz de privé américain. On est loin de Nestor "Dynamite" Burma. Quoique parfois ...

Dernier film produit par la Continental, Les Caves du Majestic fut tourné en février 1944, dans un contexte particulier, rappelé en partie dans le film de Bertrand Tavernier, Laissez-Passer (2002). Le scénariste Charles Spaak était emprisonné à Fresnes et surveillé par la Gestapo qui refusa de le libérer pour ses obligations professionnelles : ainsi, il écrivit les dialogues du film en prison, jour après jour, dans des conditions très difficiles. Lui qui ne mangeait pas à sa faim prit un plaisir quasi masochiste à multiplier les séquences culinaires - ainsi des dialogues inutiles sur les sauces avec le chef du Majestic ou de la recette alléchante du lapin dans la maison de Arthur Donge, sans parler du fastueux dîner final, où les deux convives ne mangent rien ! Les Caves du Majestic ne fut distribué au cinéma que l'année suivante, en août 1945, par la nouvelle Union Générale Cinématographique (UGC).



Évoquer ce film policier nous oblige à parler de la grande Histoire, mais il ne faudrait pas oublier la petite. Qu'en est-il finalement de ces caves de palace ? Il faut reconnaître que cette intrigue policière est très agréable à suivre, dans la veine identique de Picpus (Pottier, 1943) et Cécile est morte (Tourneur, 1944), et qu'elle maintient son suspens jusqu'à la dernière seconde, avec une pléiade de bons seconds rôles : de Suzy Prim en épouse assassinée à Charpin en juge d'instruction (peut-être pas son meilleur rôle) en passant par Jacques Baumer, René Génin et Denise Grey. Sans oublier l'excellent André Gabriello en fidèle Lucas dont les élans bégayants pourraient bien devenir cultes. C'est immmmpressssionnnant ! A noter un très beau plan-séquence dans les cuisines du palace.

mercredi 6 mars 2013

Mars 2013 : des nouveautés en pagaille !

Après quelques jours de repos pour le blog - et pour moi principalement (il y en aura peut-être d'autres dans cette longue année universitaire) -, je vous propose de jeter un oeil sur les actualités de l'âge d'or du cinéma français. Comme d'habitude, quelques sorties de la très bonne collection à la demande de Gaumont : L'assassin est dans l'annuaire (Joannon, 1962) ne m'avait pas laissé un grand souvenir, malgré la présence de Fernandel, mais il faudrait le revoir, notamment pour son épatant casting (Roquevert, Dalban, Crémieux, Teynac, Lavalette ...).


En avril, Gaumont édite également le méconnu Les femmes sont marantes (Hunebelle, 1958) avec Micheline Presle, Marthe Mercadier, Sophie Daumier, Yves Robert et Jacques Dynam, d'après une pièce de théâtre à succès. De Sacha Guitry, et réalisé par Pierre Caron, L'accroche-coeur (1938) avec la jolie Jacqueline Delubac, Marguerite Moreno et Julien Carette. Et pour les amateurs du cinéma de Michel Lang - ils doivent bien exister -, ressortie de Tous vedettes ! (1980) avec un casting mené par une Leslie Caron en fin de carrière.

Peu de sorties chez Studio Canal, sinon Diaboliquement vôtre (1967), dernier film de Julien Duvivier, avec Alain Delon, Senta Berger et Claude Piéplu ; début avril. En revanche, René Château continue d'alimenter avec passion la mémoire du cinéma français : succès international oblige, Emmanuelle Riva se retrouve de manière assez improbable en tête des rayons DVD des grandes surfaces, avec notamment Thomas l'imposteur (Franju, 1965) d'après le classique de Jean Cocteau. Les amoureux d'Edith Piaf se régaleront également de découvrir en DVD Montmartre sur Seine (Lacombe, 1941) avec Paul Meurise et Jean-Louis Barrault.


Pour les fans toujours, un gros coffret Daniel Toscan du Plantier est disponible à la vente depuis quelques jours, l'occasion de redécouvrir à travers ce producteur de grands films tels que La nuit de Varennes (Scola, 1982) et Danton (Wajda, 1983), et quelques oeuvres de Maurice Pialat que je me garderai bien d'évoquer ici (le front de l'est serait plus approprié). Chez Bach Films, sortie récente des Pas perdus (Robin, 1964) avec Michèle Morgan et Jean-Louis Trintignant - dont j'ignore à peu près tout. Enfin, signalons, toujours en lien avec l'actualité cinématographique, la ressortie des Misérables de Robert Hossein, avec Lino Ventura dans le rôle principal, un film qui m'avait laissé plutôt un bon souvenir mais qu'il faudrait revoir également pour s'en assurer.


Une nouvelle collection majeure ?
Gaumont à la demande est aujourd'hui incontournable, c'est un fait. Mais les plus tatillons pourront encore reprocher l'absence de restauration, de bonus et le prix un poil élevé du fait de ces manques. Voilà qu'une nouvelle collection débarque : Les pépites StudioCanal. Pour le moment en exclusivité FNAC, on peut retrouver (outre de bons films américains ou britanniques) quelques titres français tels que Monsieur-Personne (Christian-Jaque, 1936) avec Jules Berry, Dernier atout (Becker, 1942) avec Mireille Balin et Mayerling (Litvak, 1936) avec Danielle Darrieux. A suivre de très près, même si je me refuse à acheter des DVD à la FNAC.


Quelques livres
Michel Galabru, que nous aimons tous, publie Tout est comédie, une vision du monde sous forme d'abécédaire où le comédien rappelle la théâtralité du monde, agrémentée de quelques souvenirs personnels, tel Jean Carmet s'écriant "Plus fort s'il vous plaît !" lorsqu'il assista à une répétition du Mime Marceau ! (Christian Bujeau, l'homme qui écrit des biographies plus vite que son ombre, consacre d'ailleurs son prochain ouvrage à Michel Galabru). Clélia Ventura continue de publier sur son célèbre père, toujours avec délicatesse, et nous propose Lino Ventura, carnets de voyages, que je n'ai pas encore eu le loisir de regarder. Et comme si je n'en parlais pas assez, ressortie du livre de Olivier et Patrick de Funès, Ne parlez pas trop de moi, les enfants, intéressant à condition d'aimer le privé et l'anecdotique (voire l'apologie).

Prochainement sortira le livre En toute liberté, signé Roland Giraud, comédien que j'aime infiniment et qui, bien sa carrière sorte largement du cadre de ce blog, m'inspire beaucoup. Dernièrement, il a même rappelé que son acteur modèle n'était autre que ... Pierre Fresnay ! Ce qui n'est pas pour me déplaire, l'acteur devrait probablement raconter sa rencontre chaleureuse avec l'illustre comédien dans cet ouvrage. A suivre ! Robert Hossein publie également ses mémoires, Tout ce que je n'ai pas oublié, et je dois avouer un peu honteusement que ça ne m'intéresse pas du tout. Il faudra qu'un brave internaute fidèle de ce blog nous en fasse une petite synthèse ! Enfin, Paris-Hollywood, le rêve français du cinéma américain propose un titre alléchant ... espérons qu'il ne se bornera pas à évoquer les quelques derniers comédiens en date à avoir quitté la France mais qu'il se fera une bonne alternative à la section Transatlantique de ce blog !

L'année Jean Marais

Nous fêterons en décembre prochain le centième anniversaire de la naissance de Jean Marais ! Pour l'occasion, les distributeurs divers s'échinent à sortir ou ressortir divers produits, pour notre plus grand bonheur. Ainsi du livre majeur de Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le Bien-Aimé, ressort avec une nouvelle couverture et une nouvelle préface (signée Alain Delon, qui semble trouver plaisir depuis quelques temps à assister à tous les enterrements et préfacer tous les ouvrages de cinéma). Cet ouvrage assez documenté présente toutefois quelques défauts à mon sens, puisqu'il exclu de la carrière de Jean Marais tout ce qui a fait de lui une star populaire, à savoir les films de cape et d'épée ou les comédies (type Fantômas), pour ne retenir que sa relation privée et artistique avec Jean Cocteau. De ce point de vue, Le Bien-Aimé est extrêmement complet et on retrouve en annexe des documents inédits.

Côté DVD, les sorties s'accumulent depuis plusieurs mois. On retrouve chez René Chateau Le secret de Mayerling (Delannoy, 1949) avec Dominique Blanchar et Jean Debucourt, et l'oublié Les miracles n'ont lieu qu'une fois (Allégret, 1951) avec Marcelle Arnold. Gaumont à la demande propose dès avril le DVD de 7 hommes et une garce où Jean Marais donne la réplique à Sydney Chaplin (fils de Charles) et Guy Bedos. Sans compter les Blu-ray édités l'année dernière (Le Bossu, Le Capitan, Le masque de fer, Les mystères de Paris). Les complétistes de Jean Marais sont heureux, la filmographie de leur idole n'aura bientôt plus aucun secret pour eux.

Enfin, pour les chanceux qui habitent sur la Côte d'Azur, la Cinémathèque de Nice propose une rétrospective Jean Marais avec une dizaine de films projetés sur grand écran (dont Les Chouans, Nez de cuir, Le gentleman de Cocody, Train d'enfer ...).

Bon anniversaire à ... Henri Jeanson (1900-1970)



Régulièrement, quand on veut résumer grossièrement le cinéma français en deux époques, on évoque les grands dialoguistes : Henri Jeanson pour l'entre-deux-guerres (années 1930-1940) et Michel Audiard pour l'après guerre (années 1950, 1960, 1970). De fait, il est très pratique d'évoquer l'évolution des carrières d'acteurs tels que Bernard Blier, qui mangea à l'Hôtel du Nord (M. Carné, 1938) puis dans la cuisine des Tontons flingueurs (G. Lautner, 1963).

Pour autant, les carrières des deux grands dialoguistes et scénaristes ne se limitent pas à des périodes chronologiques bornées ; ainsi Henri Jeanson dialogua encore Fanfan la Tulipe (Christian-Jaque, 1952), Pot-Bouille (Duvivier, 1957), Marie-Octobre (Duvivier, 1959), La vache et le prisonnier (Verneuil, 1959) et Les Bonnes causes (Christian-Jaque, 1963) après la guerre. Il est vrai aussi qu'on l'associe plus facilement à ses créations des années 1930 et 1940 : Pépé le Moko (Duvivier, 1937), Entrée des artistes (Allégret, 1938), Hôtel du Nord (1938), La nuit fantastique (L'Herbier, 1938), Un revenant (Christian-Jaque, 1946), Les maudits (Clément, 1947), Entre onze heures et minuit (Decoin, 1949).

Henri Jeanson reste l'un des dialoguistes phares du cinéma français et on lui doit quelques unes de ses répliques les plus fameuses à l'image du légendaire Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? d'Arletty. Il fut aussi le défenseur du Corbeau (Clouzot, 1943) lors de son lynchage à la Libération.

Né le 6 mars 1900 à Paris, Henri Jeanson aurait fêté aujourd'hui ses 113 ans !

"GAROU-GAROU LE PASSE MURAILLE" (de Jean Boyer, 1951)

En quelques mots : Léon Dutilleul, célibataire et modeste fonctionnaire, se découvre un soir d'ivresse la faculté de traverser les murs. D'abord embarrassé, puis curieux de s'aventurer en quelques secondes dans des endroits interdits, il fait la rencontre d'une belle jeune femme qui vole dans un hôtel de luxe. Pour la remettre dans le droit chemin, il devient lui aussi voleur et se fait connaître sous le nom de Garou-Garou.

On pourrait attendre beaucoup de cette adaptation de la courte nouvelle de Marcel Aymé, amusante, fantastique et tragique. Le parti d'en tirer un film allongé est intéressant, d'autant que l'adaptation est signée Michel Audiard et que Bourvil semble convenir parfaitement au rôle. Hélas, il est parfois des rencontres qui avortent et des regrets qui en naissent ; on aurait préféré la patte plus légère de Jean Cocteau pour traiter avec poésie cette fable sur l'incroyable destin d'un homme banal ; on aurait aimé que Bourvil soit mieux servi. Car après un début assez convaincant, des personnages secondaires bien plantés (le couple Marcelle Arnold/Jacques Erwin, formidable), cette histoire d'homme qui a le don de traverser les murs s'enlise dans des démêlés romantiques très pénibles que ne sauvent pas les prestations de Gérard Oury (qui se prend des baffes de Bourvil dans une scène amusante) et Joan Greenwood, jeune starlette des studios Ealing qui tourna la même année un autre film avec un homme très recherché, l'excellent Alec Guinness dans L'homme au complet blanc (A. Mackendrick, 1951).



Si l'histoire d'amour est très pénible à suivre - Joan Greenwood minaude à n'en plus finir dans une affreuse voix française -, elle réserve toutefois quelques moments appréciables, et la courte durée du film ne laisse pas un trop mauvais goût. On regrette évidemment que la fin ne soit pas plus fidèle à la nouvelle, bien plus pessimiste ; on se console avec les seconds rôles de qualité : Souplex, Oury, Crémieux, Lannes et les autres.

mardi 5 mars 2013

"BANCO À BANGKOK POUR OSS 117" (de André Hunebelle, 1964)



En quelques mots : En Asie du Sud, un savant fou menace le monde de propager un nouveau virus de la peste ; plusieurs pays sont déjà touchés. Les services secrets américains envoient sur place Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, pour régler cette affaire. Il fait la connaissance d'un mystérieux docteur, de sa charmante soeur dont il tombe amoureux et d'une jolie secrétaire un peu farouche.

Né de la plume de Jean Bruce à la fin des années 1940, Hubert Bonisseur de La Bath, dit OSS 117, est un des grands espions de la littérature de la Guerre Froide, et connut le succès avant son confrère britannique James Bond, dit 007. Passionné par les récits d'espionnage réalistes, type John Le Carré, j'avais commencé à lire les aventures de OSS 117 il y a quelques années ; mais, comme je peux aller au bout d'un film qui ne m'intéresse pas, je ne peux me résoudre à finir un livre dans pareil cas - mon expérience littéraire avec l'espion n'est donc pas concluante et j'aurais du mal à évoquer l'adaptation cinématographique présente. Il faut toutefois remarquer que celle-ci s'inscrit dans un genre assez peu prolifique, la comédie d'espionnage, entre le pastiche caricatural (très réussi dernièrement par Michel Hazanavicius) et le gros film d'action avec explosions et cascades spectaculaires. Constamment sur le fil, Banco à Bangkok pour OSS 117 - quel titre ! - enchaîne ces deux aspects avec plus ou moins de réussite. Si les dialogues sont assez amusants pour nous décrocher quelques sourires, la mise en scène paresseuse de André Hunebelle alliée à des effets spéciaux désolants gâchent un peu cette aventure asiatique pourtant parée de Pier Angeli dans ses dernières années de gloire et de beauté, Robert Hossein en méchant savant fou (grotesque avec son turban pour sa première apparition) et Dominique Wilms en secrétaire revêche.



Tous ces quelques bons points n'empêchent pas le film d'avancer sur un autre fil parallèle, moins glorieux, où chaque réplique, voix française et cascade menacent notre impétueux OSS 117 de se galvauder dans le pur nanar à la française. Selon les goûts, l'allure nonchalante du méconnu Kerwin Mathews et ses dialogues feront sourire ou désoler. La longueur excessive du film ne joue pas en sa faveur (presque deux heures, avec des séquences inutiles), ni même son ridicule dénouement de carnaval - même si un peu de kitsch fait parfois du bien à beaucoup d'entre nous.
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