Je n'aime pas ce genre de journée dédiée à une catégorie d'individus - sinon, je vous le demande, à quand la
journée du blogueur spécialisé dans le cinéma français ? Mais comme une partie de moi n'est pas trop réactionnaire,
L'âge d'or du Cinéma Français se propose de se rappeler au bon souvenir de quelques femmes de caractère qui n'ont pas attendu Najat Vallaud-Belkacem pour s'affirmer face aux hommes.
Claire Maurier
Maman d'un jeune garçon turbulent dans
Les 400 coups, la belle actrice s'impose comme une maîtresse femme face à Fernandel et Bourvil dans
La cuisine au beurre (Grangier, 1963), menant à la baguette les deux hommes, d'abord ennemis. Loin de la gentille
caissière du grand café que chante l'acteur marseillais !
Suzy Prim
Même si ce n'est pas son rôle habituel, Suzy Prim compose dans
Les pépées font la loi (André, 1955) un personnage de femme gangster plutôt rare. Face à un jeune truand parisien un peu prétentieux, elle parvient à ses fins en pratiquant la torture au tisonnier !
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| "Il paraît que c'est bon pour la santé les pointes de feu ..." |
Patricia Karim
Inoubliable femme du sergent-chef Chaudard, Patricia Karim est Suzanne dans
La 7ème compagnie au clair de lune (Lamoureux, 1977). Pas très commode, peut-être même un peu autoritaire !
Dominique Davray
Quelle actrice merveilleuse ! Elle joua les femmes qui ne s'en laissaient pas compter et certaines compositions sont toujours cultes, de la prostituée des
Tontons flingueurs jusqu'à ses prestations face à Louis de Funès, comme épouse dans
Le Tatoué (La Patellière, 1968) ou comme religieuse dans
Le gendarme en balade (Girault, 1970).
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| "Elle est forte celle-là !" / "Qu'est-ce que vous avez dit ?!" |
Micha Bayard
Figure moins populaire que les autres, elle fut pourtant un de ces incarnations de la femme qui porte la culotte. Femme
chez qui il pleut dans
Le Cerveau (Oury, 1968), boutiquière dans
La fiancée du pirate (Kaplan, 1969), elle campe une extraordinaire maîtresse femme dans
Les compagnons de la marguerite (Mocky, 1966) face à Michel Serrault, dont l'abattage comique s'y brûle.
Claude Gensac
Épouse dévouée ? Certes. Épouse servile ? Nenni ! Face à son gendarme de mari, Claude Gensac fut autoritaire, persuasive, seule civile capable de donner des ordres à Cruchot ; dans
Hibernatus (Molinaro, 1969), c'est même Madame qui possède la société et qui signe les chèques !
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| "Alors ?! Ça continue la fièvre du samedi soir ?" |
Françoise Rosay
Autre femme à qui on ne la faisait pas, Françoise Rosay imposait dès son apparition une certaine autorité. Un des rôles les plus célèbres reste la tenancière de la terrifiante
Auberge Rouge (Autant-Lara, 1951) qui n'hésite pas à tuer ses clients et à les enterrer dans le jardin !
Georgette Anys
Son plus grand rôle est légendaire : tenancière autoritaire, castratrice, d'un petit bistrot parisien, elle a la malchance de rencontrer Jean Gabin et Bourvil qui font la
Traversée de Paris (Autant-Lara, 1956). Elle ne résiste toutefois pas à la puissance destructrice de Grandgil.