lundi 18 mars 2013
"BAL CUPIDON" (de Marc-Gilbert Sauvageon, 1949)
En quelques mots : Un vieil homme riche et malade est retrouvé assassiné dans le bureau du directeur d'un cabaret de nuit. Une jeune avocate, Isabelle, et un juge sont chargés de l'affaire. Pour mener l'enquête, le détective Flip est assurément le meilleur. Problème, Isabelle vient de le condamner à de la prison ferme pour conduite en état d'ivresse !
Charmante trouvaille de la collection Les films du collectionneur, Bal Cupidon (rebaptisé pour l'occasion par le distributeur Le bal de Cupidon) est une comédie policière très classique, menée avec charme et humour par un joli duo Pierre Blanchar - Simone Renant, le premier, souvent décrié pour son jeu monolithique et démodé, étant curieusement l'atout comique du film. Il incarne un personnage que l'on retrouve régulièrement dans le cinéma français et américain, le détective privé nonchalant, gentleman, farceur et cynique quand il faut l'être - et grand amateur de femmes, cela va sans dire (Dis donc, ça n'a pas l'air d'aller très fort tous les deux ! - Ça va on ne peut plus mal. Vous verrez que ça finira par un mariage !). Simone Renant, charmante à souhait, transforme petit à petit l'avocate froide et distante qu'elle est en belle femme débridée et aimante. Yves Vincent complète le casting, dans le rôle important mais ingrat du méchant patron de cabaret. En vieillard antipathique, Henri Crémieux est quasi invisible ; André Bervil s'en sort à peine mieux dans un rôle clef.
Bal Cupidon n'est pas un grand film oublié - la mise en scène de Marc-Gilbert Sauvageon est terriblement datée (insupportable séquence des témoins filmés à la suite en contre plongée), la musique de Jean Marion pas très originale, le début laborieux - mais il y a quelque chose de réjouissant à visionner cette comédie policière, à l'image de cette scène de bagarre générale dans le cabaret ou des répliques cinglantes de Pierre Blanchar. Un temps, on s'imagine même que ça va durer jusqu'au bout. Hélas, la fin retombe dans des travers de banalité que parviennent tout juste à sauver les fantaisies du couple vedette.
Bon anniversaire à ... Robert Lombard (1921-2003)
En plus de 40 ans de carrière, Robert Lombard s'est forgé une solide filmographie qu'il a marqué de sa présence en incarnant régulièrement des notables, des hommes de bonne situation. Héritier dans Le plaisir (Ophüls, 1951), il est le riche et faible mari de Annie Girardot dans L'homme aux clefs d'or (Joannon, 1956), l'agent immobilier à la recherche de Fernandel dans Le couturier de ces dames (Boyer, 1956), un contrôleur dans Les espions (Clouzot, 1957), un gendarme dans A pied, à cheval et en spoutnik (Dréville, 1958), l'avocat de Trois enfants dans le désordre (Joannon, 1966), l'homme qui n'est pas impressionné par l'hiberné dans Hibernatus (Molinaro, 1969) ou encore le patron inquiet de la Coquille d'or au début de L'aile ou la cuisse (Zidi, 1976). Ces quelques rôles célèbres n'empêchent pas Lombard de tourner un certain nombre de nanars avec Pécas, Girault ou Lang. Il termine sa carrière au cinéma dans Les morfalous (Verneuil, 1983).
Né le 18 mars 1921 à Le Raincy, Robert Lombard aurait fêté aujourd'hui ses 92 ans !
dimanche 17 mars 2013
Le monologue du Capitaine Fracasse (1943)
J'ai déjà eu l'occasion de parler longuement du chef d'oeuvre qu'est, à mon sens, Le Capitaine Fracasse de Abel Gance, réalisé en pleine Occupation, avec Fernand Gravey dans le rôle titre - et de sa fameuse scène de duel, inspiré dans le verbe par Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand.
Le baron de Sigognac (F. Gravey) est amoureux d'une jolie femme ; hélas pour lui, il n'est pas le seul : le puissant duc de Vallombreuse (J. Weber) courtise aussi la belle Isabelle. Les deux hommes décident donc, en bons gentilshommes, de régler cette question par un duel - pourtant interdit par ordonnance royale. Dans un cimetière, magnifiquement éclairé par Nicolas Hayer, le spectateur assiste alors à une véritable joute verbale, très influencée par le panache de Cyrano de Bergerac (auquel il est fait référence), chorégraphiée comme un vrai duel de cape et d'épée. Un régal que je vous propose d'écouter sur ce blog, à défaut de pouvoir vous proposer la vidéo.
Extrait audio : "J'ai peur d'être en retard à mon enterrement !"
La partition de Arthur Honegger joue beaucoup pour la réussite de cette séquence, qu'on peut trouver un peu exagérée dans son déroulement, peut-être même dans l'intonation très théâtrale de Fernand Gravey. Il faut replacer ce duel dans le temps long du film, filmé entièrement comme la propre mise en scène de la vie d'un baron ruiné devenu comédien. Ainsi cette séquence a des accents oniriques, presque fantastiques, à l'instar d'une partie du film. C'est aussi un formidable hommage à la littérature de cape et d'épée - à Rostand, mais aussi à Paul Féval, la leçon d'escrime en plusieurs points n'étant pas sans rappeler Le Bossu.
Le baron de Sigognac (F. Gravey) est amoureux d'une jolie femme ; hélas pour lui, il n'est pas le seul : le puissant duc de Vallombreuse (J. Weber) courtise aussi la belle Isabelle. Les deux hommes décident donc, en bons gentilshommes, de régler cette question par un duel - pourtant interdit par ordonnance royale. Dans un cimetière, magnifiquement éclairé par Nicolas Hayer, le spectateur assiste alors à une véritable joute verbale, très influencée par le panache de Cyrano de Bergerac (auquel il est fait référence), chorégraphiée comme un vrai duel de cape et d'épée. Un régal que je vous propose d'écouter sur ce blog, à défaut de pouvoir vous proposer la vidéo.
Extrait audio : "J'ai peur d'être en retard à mon enterrement !"
La partition de Arthur Honegger joue beaucoup pour la réussite de cette séquence, qu'on peut trouver un peu exagérée dans son déroulement, peut-être même dans l'intonation très théâtrale de Fernand Gravey. Il faut replacer ce duel dans le temps long du film, filmé entièrement comme la propre mise en scène de la vie d'un baron ruiné devenu comédien. Ainsi cette séquence a des accents oniriques, presque fantastiques, à l'instar d'une partie du film. C'est aussi un formidable hommage à la littérature de cape et d'épée - à Rostand, mais aussi à Paul Féval, la leçon d'escrime en plusieurs points n'étant pas sans rappeler Le Bossu.
samedi 16 mars 2013
"DU MOURON POUR LES PETITS OISEAUX" (de Marcel Carné, 1963)
En quelques mots : Armand Lodet est le propriétaire d'un petit immeuble dont il loue les appartements à des habitants et commerçants du quartier. Respecté et secret, son seul plaisir est de s'occuper de ses canaris. Mais derrière la belle façade, la réalité est différente : histoires de sexe et d'argent rythment la vie de cette communauté, et les réalités pourraient bien éclater au grand jour.
Ce film méconnu de Marcel Carné est assez mal considéré en général, ne rencontra pas le succès à sa sortie, déchaînant les critiques négatives, et se contente aujourd'hui de quelques bons avis isolés. Découvrir cette adaptation de Albert Simonin par Marcel Carné a quelque chose de réjouissant et j'aimerais réhabiliter cette petite comédie, certes sans prétention, mais bourrée de séquences très amusantes. L'idée même de retrouver à l'écran cette impressionnante bande de comédiens séduit et il ne faut pas longtemps au spectateur pour rentrer dans l'atmosphère de cet immeuble peuplé de petites gens trop ordinaires pour êtres honnêtes. De fait, le scénario - et les dialogues appréciables de Jacques Sigurd - est une déconstruction quasi burlesque des façades lisses des habitants : un boucher qui trompe sa femme avec une petite jeune, elle-même intéressée et idéaliste, sous les yeux d'une concierge antipathique qui soigne une vieille femme apparemment infirme, le tout chez un propriétaire cynique, riche et obsédé par ses petits oiseaux.
Marcel Carné n'avait rien tourné depuis Terrain Vague (1960) et s'était égaré dans plusieurs projets avortés. Ses films d'après-guerre marchaient moins bien, le public cherchant les ingrédients qui avaient fait le succès de ses grands films des années 1930 et 1940. Pour autant, Du mouron pour les petits oiseaux est bien un film de Marcel Carné, l'auteur. La Nouvelle Vague ne fut pas toujours tendre avec le réalisateur, lui reprochant peut-être une certaine forme d'académisme dans les histoires, la mise en scène, les thèmes. De fait, quand les jeunes loups des Cahiers du Cinéma s'intéressaient aux misères d'âme de la jeune bourgeoisie urbaine, Marcel Carné poursuivait son oeuvre du populaire, avec ce qui peut apparaître comme une suite d'Hôtel du Nord (1938) transposée dans les années 1960 et ses nouveautés : la jeunesse libérée, les femmes rebelles, la remise en question de l'autorité masculine. Carné et Sigurd semblent s'amuser de leur préoccupations nostalgiques : Vous retardez Monsieur Lodet, il est fini le temps de la concierge de papa ! s'exclame Suzanne Gabriello. Les maquereaux ne sont plus ce qu'ils étaient : Louis Jouvet avait de l'allure, Paul Meurisse héberge les flics.
Evidemment, le film n'a pas la force de son illustre prédécesseur mais la continuité est évidente. Marcel Carné, s'il succombe aux charmes de la jolie Dany Saval, s'entoure de fortes personnalités pour les rôles secondaires : Jean Richard en boucher adultère, Suzy Delair en commerçante qui aime les petits jeunes, Jeanne Fusier-Gir en vieille menteuse, Suzanne Gabriello en concierge grande gueule, Dominique Davray en tenancière, Pierre Mirat en patron de bistrot, Roland Lesaffre en fou mystique, Robert Dalban en flic roublard ; pour un peu, Paul Meurisse ferait pâle figure s'il n'était servi pas de magnifiques dialogues d'un cynisme qui lui sied plutôt bien - il faut voir sa première apparition dans le film, tordante.
vendredi 15 mars 2013
"FRANÇOIS 1er" (de Christian-Jaque, 1937)
En quelques mots : Honorin, simple acteur de fête foraine, est heureux de pouvoir enfin interpréter le rôle de ses rêves. Pour mieux s'y préparer, il demande à un ami hypnotiseur de l'envoyer à la Renaissance, au temps de François Ier. A Amboise, il est immédiatement mêlé à une affaire de coeur qui l'oblige à affronter en duel un seigneur. Accompagné de son fidèle petit Larousse, Honorin a le pouvoir de lire dans l'avenir.
Pour finir sur l'élection du nouveau pape François, un clin d'oeil évident, partagé sur la page Facebook du blog par les internautes fidèles, le film de Christian-Jaque intitulé sobrement et assez curieusement François 1er. Car si Fernandel s'envole bien vers la Renaissance française, il n'est que peu question au final du célèbre Roi mais plus de ses courtisans. J'avais un bon souvenir d'enfant de ce film en costumes et je me faisais une joie de terminer ma journée sur cette note nostalgique. Peut-être étais-je justement un peu trop conditionné pour ce nouveau visionnage ? Toujours est-il que ce François 1er m'a laissé un petit goût de déception. L'ouverture dans la fête foraine est poussive tout autant que l'arrivée du visiteur du temps dans le château du Roi de France - si ce n'est quelques mimiques de Fernandel ou sa façon si naturelle de demander à une nourrice du XVIè siècle Vous ne connaissez pas la foire du trône ou la fête à Neu-Neu ?
Les moments incontournables restent savoureux : la prédiction de l'avenir aux grands du royaume, des lapalissades de La Palice (dont l'injuste traitement de l'histoire populaire ne s'arrange pas avec ce film) et l'inévitable scène de torture avec la chèvre. Comme toujours, Fernandel vole toutes les scènes, y compris aux excellents René Génin, Alexandre Rignault et Alice Tissot, impuissants. Le reste ne manque pas de scènes trop longues ou datées (la scène de danse est interminable, le fantôme trop artificiel). Quitte à blasphémer, j'oserais dire que Le bon Roi Dagobert (Chevalier, 1963), dans un genre semblable, assume mieux l'anachronisme et laisse une meilleure part aux seconds rôles.
Pour finir sur l'élection du nouveau pape François, un clin d'oeil évident, partagé sur la page Facebook du blog par les internautes fidèles, le film de Christian-Jaque intitulé sobrement et assez curieusement François 1er. Car si Fernandel s'envole bien vers la Renaissance française, il n'est que peu question au final du célèbre Roi mais plus de ses courtisans. J'avais un bon souvenir d'enfant de ce film en costumes et je me faisais une joie de terminer ma journée sur cette note nostalgique. Peut-être étais-je justement un peu trop conditionné pour ce nouveau visionnage ? Toujours est-il que ce François 1er m'a laissé un petit goût de déception. L'ouverture dans la fête foraine est poussive tout autant que l'arrivée du visiteur du temps dans le château du Roi de France - si ce n'est quelques mimiques de Fernandel ou sa façon si naturelle de demander à une nourrice du XVIè siècle Vous ne connaissez pas la foire du trône ou la fête à Neu-Neu ?
Les moments incontournables restent savoureux : la prédiction de l'avenir aux grands du royaume, des lapalissades de La Palice (dont l'injuste traitement de l'histoire populaire ne s'arrange pas avec ce film) et l'inévitable scène de torture avec la chèvre. Comme toujours, Fernandel vole toutes les scènes, y compris aux excellents René Génin, Alexandre Rignault et Alice Tissot, impuissants. Le reste ne manque pas de scènes trop longues ou datées (la scène de danse est interminable, le fantôme trop artificiel). Quitte à blasphémer, j'oserais dire que Le bon Roi Dagobert (Chevalier, 1963), dans un genre semblable, assume mieux l'anachronisme et laisse une meilleure part aux seconds rôles.
jeudi 14 mars 2013
Bon anniversaire à ... Robert Rollis (1921-2007)
Robert Rollis débuta sa carrière jeune dans des petits rôles de collégiens comme dans Les disparus de Saint-Agil (Christian-Jaque, 1938), Carrefour (Bernhardt, 1938) ou La fin du jour (Duvivier, 1939) avant de s'imposer comme un incontournable troisième couteau du cinéma français, le plus souvent dans des comédies. Groom dans le sérieux Justice est faite (Cayatte, 1950), l'Alibi dans Papa, maman, la bonne et moi ... (Le Chanois, 1954) et sa suite, Robert Rollis se spécialise chez les metteurs en scène de seconde zone, Berthomieu, Boisrond, Lefranc pour le plus grand plaisir du public.
De sa longue filmographie, on retient quelques petits rôles amusants : le soldat va-t-en-guerre de On a retrouvé la 7ème compagnie (Lamoureux, 1975), le marin étonné de voir son bateau troué dans Le petit baigneur (Dhéry, 1967), Marcel dans Les Gaspards (Tchernia, 1974), un soldat à vélo dans Week-end à Zuydcoote (Verneuil, 1964), un VRP dans Mélodie en sous-sol (Verneuil, 1963), un voyageur dans Signé Arsène Lupin (Robert, 1959) ou le coiffeur de La Belle américaine (Dhéry, 1961). Il fut aussi un récurent personnage de Thierry la Fronde.
De sa longue filmographie, on retient quelques petits rôles amusants : le soldat va-t-en-guerre de On a retrouvé la 7ème compagnie (Lamoureux, 1975), le marin étonné de voir son bateau troué dans Le petit baigneur (Dhéry, 1967), Marcel dans Les Gaspards (Tchernia, 1974), un soldat à vélo dans Week-end à Zuydcoote (Verneuil, 1964), un VRP dans Mélodie en sous-sol (Verneuil, 1963), un voyageur dans Signé Arsène Lupin (Robert, 1959) ou le coiffeur de La Belle américaine (Dhéry, 1961). Il fut aussi un récurent personnage de Thierry la Fronde.
Né le 14 mars 1921 à Épinal, Robert Rollis aurait fêté aujourd'hui ses 92 ans !
Une rue pour Albert Willemetz !
Je me rends compte avec effroi que j'ai oublié de souhaiter sur ce blog l'anniversaire de Albert Willemetz le 14 février dernier, alors que je m'étais rendu sur sa tombe quelques semaines auparavant, en même temps que sur celle de Maurice Chevalier, à Marnes-la-Coquette. Ce mélodiste de grand talent est certainement l'un des plus fameux de son époque et on lui doit des classiques tels que Sous les palétuviers (chantée par Pauline Carton dans Toi, c'est moi), Ah ! Si vous connaissiez ma poule !, Dans la vie faut pas s'en faire, Félicie aussi, Paris sera toujours Paris, Elle faisait du strip-tease, Valentine.
Il composa aussi plusieurs chansons pour des films, parfois tirés d'une de ses opérettes, comme Dédé (Guissart, 1934) avec Danielle Darrieux et Albert Préjean, Tout ça n'vaut pas l'amour (Tourneur, 1931) avec Jean Gabin ou Zouzou (Allégret, 1934) avec Joséphine Baker, Gabin et Viviane Romance.
Grand ami de Sacha Guitry, avec lequel il entretint une large correspondance, Albert Willemetz eu les honneurs du maître dans son film Bonne chance ! (1935) quand celui-ci, l'oeil malicieux, s'étonne d'un "Ah ? Déjà !" devant une rue au nom du compositeur dans un 21ème arrondissement imaginaire. Rue qui existe réellement à Paris depuis 1978 !
mercredi 13 mars 2013
Un nouveau souffle pour les catholiques ?
C'est la grande question de tous les journalistes à la suite de l'élection du Pape François Ier, originaire de l'Amérique latine. L'Eglise retrouvera-t-elle un nouveau souffle, un nouveau visage ? L'âge d'or du Cinéma Français, toujours présent en direct pour les grands évènements, a déjà quelques témoignages venus de la place Saint-Pierre, à Rome.
Max/André Pousse, fidèle serviteur de la Princesse dans Elle cause plus ... elle flingue ! (Audiard, 1972) a été le premier à reconnaître Jésus Christ parmi les hommes. Il était présent ce soir au Vatican et semblait ému, avec son baluchon sur l'épaule.
Le cardinal Michel Galabru se voyait pape lui aussi, mais il n'a pas été élu - bien qu'il fut un des premiers à visiter les quartiers les plus pauvres des environs de la capitale française, à se prosterner aux pieds de celui qu'il avait reconnu comme Jésus-Christ. La prochaine fois peut-être ?
Habemus Papam !
C'est dans la petite église de Brescello, inondée une fois de plus, que Don Camillo a suivi l'élection du nouveau Pape, François Ier. L'âge d'or du Cinéma Français avait pensé que l'inoubliable adversaire du communiste Peppone ferait un bon successeur de Saint-Pierre, le destin en a décidé autrement. Mais Don Camillo semble heureux, apaisé, de voir que le nouvel évêque de Rome se préoccupe des pauvres et des plus misérables. Don Camille a été en URSS, peut-être partira t-il bientôt en Argentine ...
mardi 12 mars 2013
Les plus belles ouvertures du cinéma français : Jean Marais dans "Les Chouans" (1947)
Les ouvertures des films de Henri Calef sont toujours soignées et offrent de beaux moments de cinéma. S'il n'est pas son meilleur film, Les Chouans (1947) permet, peut-être, toutefois au réalisateur de composer, avec son chef-opérateur Claude Renoir, l'une de ses plus belles séquences introductives. Au crépuscule, une petite barque arrive lentement sur une plage ; un occupant en descend en silence et regarde s'éloigner l'embarcation. En trois plans, on comprend qu'il s'agit de l'infiltration discrète d'un homme important. De fait, Jean Marais / Marquis de Montauran arrive d'Angleterre pour prendre la tête d'un réseau de Chouans. Le parallèle avec l'Occupation - bien plus manifeste par la suite - n'est plus à démontrer.
Toutefois la star du film se présente d'abord de dos, le regard fixé sur l'horizon (où l'on voit le Mont St-Michel, présent également en arrière-plan de La maison sous la mer (1948). D'abord seul, les pieds dans l'eau, éloigné de la caméra, solitaire devant la barque qui repart, Jean Marais dévoile son visage assuré dans une magnifique contre-plongée magnifiant le caractère décidé de celui qui doit être un chef. De trois-quart, le regard sombre et fixé vers l'avenir, comme un portrait princier - cette image construite que le spectateur doit avoir de lui au début du film, que les Chouans qui n'attendent qu'un chef doivent se faire de cet émigré. Lorsqu'il s'enfonce à pieds dans les terres de la Bretagne, on imagine cet homme replonger dans la clandestinité d'une guerre de l'ombre. Un bruit de ralliement. Les chouans l'attendent ...
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