Il était le gentleman cambrioleur le plus célèbre de la télévision française. Georges Descrières, héros pour jamais de la série Arsène Lupin (1971-1974), nous a quitté après une carrière bien remplie, notamment au théâtre. Au cinéma, il débuta dans Le rouge et le noir (Autant-Lara, 1954) et participa à quelques films, la plupart du temps face à une grande vedette : ainsi des Aristocrates (La Patellière, 1955), L'homme à la buick (Grangier, 1968) ou Le sucre (Rouffio, 1978). On le retrouve aussi dans plusieurs nanars dont le "classique" Mon curé chez les nudistes (Thomas, 1982) ainsi qu'en mousquetaire, compagnon de Gérard Barray, dans Les trois mousquetaires (Borderie, 1961). Sa voix et son élégante allure n'étaient pas sans rappeler celles de Pierre Fresnay et je suis convaincu que Georges Descrières aurait été excellent dans nombre de ses rôles. Il fut, hélas, sous employé au cinéma.
lundi 21 octobre 2013
Décès de Georges Descrières (1930-2013)
Il était le gentleman cambrioleur le plus célèbre de la télévision française. Georges Descrières, héros pour jamais de la série Arsène Lupin (1971-1974), nous a quitté après une carrière bien remplie, notamment au théâtre. Au cinéma, il débuta dans Le rouge et le noir (Autant-Lara, 1954) et participa à quelques films, la plupart du temps face à une grande vedette : ainsi des Aristocrates (La Patellière, 1955), L'homme à la buick (Grangier, 1968) ou Le sucre (Rouffio, 1978). On le retrouve aussi dans plusieurs nanars dont le "classique" Mon curé chez les nudistes (Thomas, 1982) ainsi qu'en mousquetaire, compagnon de Gérard Barray, dans Les trois mousquetaires (Borderie, 1961). Sa voix et son élégante allure n'étaient pas sans rappeler celles de Pierre Fresnay et je suis convaincu que Georges Descrières aurait été excellent dans nombre de ses rôles. Il fut, hélas, sous employé au cinéma.
dimanche 20 octobre 2013
Jean Marais en DVD et Blu-Ray !
1. Cocteau-Marais
Difficile d'y échapper, d'autant qu'il y a souvent deux clans chez les aficionados de Jean Marais : les "aventuriers", admirateurs de l'époque cape et épée ; et les "poétiques", plutôt penchés sur sa relation artistique avec Jean Cocteau. La renommée de celui que Carole Weisweiller appelle le poète est toujours très vive, il est donc normal que sa carrière au cinéma soit parfaitement éditée en DVD/Blu-Ray. La belle et la bête (Cocteau, 1946), chef d'oeuvre intemporel reste le plus célèbre : une ressortie en salles et une nouvelle magnifique édition Blu-Ray et DVD éditée.
On trouve aussi sans problème L'aigle à deux têtes (Cocteau, 1948) en DVD, ainsi que Les parents terribles (Cocteau, 1948), parfois en coffret. Orphée (Cocteau, 1950) est également édité chez SNC ; Le testament d'Orphée (Cocteau, 1960) chez Studio Canal. L'éternel retour (Delannoy, 1943) est trouvable dans la jolie collection SNC, souvent agrémentée d'un bonus avec un historien. Ruy Blas (Billon, 1948), également scénarisé par Jean Cocteau, est disponible pour un prix avoisinant généralement la dizaine d'euros chez le même éditeur. Enfin, La princesse de Clèves (Delannoy, 1961), scénarisé et dialogué par le poète, est trouvable dans la collection rouge de Studio Canal (Classics) et Thomas l'imposteur (Franju, 1965) chez René Chateau. L'intégralité de la relation cinématographique Cocteau-Marais est donc disponible en DVD. Centenaire oblige, une grande partie de ces films sera présente dans un joli coffret SNC à paraître en novembre pour 80 euros environ.
2. Sans peur et sans reproche
L'image lui colle à la peau autant que ses costumes moulants. Jean Marais, pour beaucoup, reste ce héros d'une époque révolue, romantique un peu, idéaliste sûrement ; ici à chevaucher pour sauver une belle dame en détresse, là à ferrailler pour venger son honneur. Les titres sont nombreux et bien présents également dans les boutiques de DVD.
Comme pour SNC, il faut rendre hommage à Gaumont qui a eu la bonne idée de ressortir un certain nombre de films de Jean Marais (et pas que !) : Le Bossu (Hunebelle, 1960) en tête, dans une superbe édition Blu-Ray ou DVD, restauré et documenté. De même pour Le masque de fer (Decoin, 1962) et Les mystères de Paris (Hunebelle, 1962), disponibles dans de très belles copies en haute définition. Le Capitan (Hunebelle, 1960), autre classique du cape et d'épée à la française est désormais trouvable chez Pathé en Blu-Ray.
Je n'ai pas eu l'occasion de tester ou d'entendre parler de la qualité de la restauration, je ne connais, quant à moi, que l'édition René Chateau (épuisée ?). Chez l'éditeur historique de la mémoire du cinéma français, on trouve deux films d'aventures : Le Capitaine Fracasse (Gaspard-Huit, 1961) et La Tour, prends garde ! (Lampin, 1957). Les Chouans (1947), bon film d'Henri Calef existe dans la collection SNC, dans une très bonne copie, de même que Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour (Allégret, 1951). Le Miracle des loups (Hunebelle, 1961) n'a, semble-t-il, pas été édité en DVD alors qu'il existait en VHS chez René Chateau. On peut toutefois se le procurer neuf grâce à une collection Cape et épée des Editions Atlas, sur des sites de ventes aux enchères notamment. Peut-être peut-on considérer Peau d'âne (Demy, 1970), comme un film historique ? Toujours est-il qu'il existe encore en DVD, image restaurée, mais à des prix assez improbables (édition épuisée probablement).
Côté seconds-rôles historiques, il est possible sans problèmes de trouver Austerlitz (Gance, 1960) chez Studio Canal Classics. Pour les fresques de Sacha Guitry, Si Versailles m'était conté (1954), Napoléon (1955) et Si Paris nous était conté (1956), il faut se rendre chez René Chateau, pour d'honnêtes copies. Les misérables (Lelouch, 1994) est disponible, souvent pour quelques euros, chez TF1 Vidéos.
3. L'aventurier
Le sourire ravageur, le costume bien taillé et parfois même le chapeau melon ? Jean Marais était un gentleman, à la ville comme à l'écran ; c'est tout naturellement qu'il a endossé plusieurs fois ce rôle de bel homme viril, jamais en retard pour une bagarre, un baiser volé ou une scène d'action.
SOS Noronha (Rouquier, 1957) existe en DVD chez les excellents Documents cinématographiques, qui n'ont jamais aussi bien portés leur nom - il faut aimer Jean Marais ! Chez René Chateau, on trouve L'honorable Stanislas, agent secret (Dudrumet, 1963) et Pleins feux sur Stanislas (Dudrumet, 1965). Chez Gaumont Classiques, deux raretés, Le gentleman de Cocody (Christian-Jaque, 1965) et Le Paria (Carliez, 1968). Chez LCJ Editions (Les Films du Collectionneur), Le Saint prend l'affût (Christian-Jaque, 1965).
4. Comédies et romances
J'aurais pu commencer par là pour compléter mon modeste hommage à la série littéraire des Fantômas. La trilogie de Hunebelle, Fantômas (1964), Fantômas se déchaîne (1965) et Fantômas contre Scotland Yard (1967) existent dans un joli coffret DVD et, depuis peu, dans un coffret Blu-Ray. Attention toutefois, certaines éditions Blu-Ray (les plus anciennes) proposent une image semblable à celle d'un DVD ... pour un prix plus élevé.
Carmen (Christian-Jaque, 1942) existe depuis peu, à faible tirage, chez Cristaldi Films. En outre, Voyage sans espoir (Christian-Jaque, 1943) est édité par M6 Vidéo, dans la collection SNC et Le secret de Mayerling (Delannoy, 1948) et Les miracles n'ont lieu qu'une fois (Allégret, 1950) sont chez René Chateau. Gaumont propose, en exclusivité FNAC, un beau coffret Jean Marais, avec six films pour 30€ dont Le château de verre (Clément, 1950) et 7 hommes et une garce (Borderie, 1966).
Julietta (Allégret, 1953) existe dans la collection SNC, tout comme Futures vedettes (Allégret, 1955). Depuis plusieurs années également, on trouve chez LCJ Editions les rares Les amants de minuit (Richebé, 1953) et Goubbiah mon amour (Darène, 1955), dans des copies que j'imagine tout à fait honnêtes. Tous les films de Jean Marais édités chez LCJ sont d'ailleurs disponibles dans un coffret (Inoubliable Jean Marais, 2013), idéal pour les fêtes de Noël. Elena et les hommes (Renoir, 1956) a été édité il y a quelques temps chez Gaumont en DVD et Blu-ray dans une très belle copie restaurée. Chez René Chateau encore, on retrouve La vie à deux (Duhour, 1957) et Chaque jour a son secret (Boissol, 1958). Enfin, Parking (Demy, 1985) existe en DVD mais je ne l'ai pas trouvé autre part que dans un imposant coffret consacré à son réalisateur, et Beauté volée (Bertolucci, 1995) se trouve pour quelques euros chez DVDY Films.
5. La dolce vita
Comme quelques acteurs français de sa génération, Jean Marais a été appelé à jouer en Italie. Difficile de trouver de très grands films en règle générale, à quelques exceptions. Nuits blanches (Visconti, 1957) s'achète sur Amazon pour une poignée d'euros, tout comme Ponce Pilate (Callegari, 1962), chez Studio Canal.
6. Wanted !
Osons le dire, car ce n'est pas toujours le cas, les inconditionnels de Jean Marais pourrons, après lecture attentive de cet article, cela va de soi, se procurer 49 films en DVD ou Blu-ray pour se construire une très solide collection. Si on part du principe que l'acteur est à l'affiche de 80 films en tant qu'interprète - courts-métrages et téléfilms exclus, et qu'il apparaît une dizaine de fois en tant que figurant, c'est déjà beaucoup !
Reste donc une trentaine de films absents ; parfois trop rares pour apparaître au souvenir des distributeurs, parfois de manière assez incompréhensible, on peine à mettre la main sur Le comte de Monte-Cristo (Vernay, 1954), disponible en VHS d'occasion chez René Chateau. En VHS d'occasion toujours, on retrouve L'enlèvement des sabines (Pottier, 1961), Napoléon II l'Aiglon (Boissol, 1961), Train d'enfer (Grangier, 1965) ou L'amour madame (Grangier, 1951). Des collectionneurs de VHS doivent posséder sur des enregistrements personnels ces quelques films, ou peut-être même L'appel du destin (Lacombe, 1952), Toute la ville accuse (Boissol, 1955), Amour de poche (Kast, 1957), Le guérisseur (Yves Ciampi), Typhon sur Nagaski (Ciampi, 1957) ou même Cherchez l'idole (Boisrond, 1963). Il en va de même de certains films italiens, totalement introuvables en France. L'année 2013 n'est pas encore terminée. Réservera-t-elle de jolies surprises ?
samedi 19 octobre 2013
Bon anniversaire à ... Micheline Francey (1919-1969)
Les internautes fidèles connaissent ma fascination pour l'actrice Micheline Francey, une des récurrentes du blog L'âge d'or du Cinéma Français. Son anniversaire de naissance est l'occasion pour moi d'y revenir à nouveau et de vous annoncer, si vous n'étiez pas encore au courant, que j'ai créé il y a quelques mois une page Facebook où il est possible de manifester son attachement à l'actrice, ainsi que de découvrir des photos de films (plus nombreuses que sur le présent blog) et des documents d'époque. N'hésitez pas à parcourir cette page et à y participer ! ... [Micheline Francey sur Facebook]
Un peu solitaire dans mon admiration, je me suis peiné de voir à quel point le souvenir de Micheline Francey est tombé dans l'oubli. Comme bien d'autres, il ne reste d'elle que quelques informations, quelques mots sur internet et des photos de ses films les plus célèbres. Alors, en bon historien, je cherche. A la manière d'Alain Corbin, je tente de découvrir un monde retrouvé de Micheline Francey qui, sait-on jamais, paraîtra peut-être un jour dans les librairies sous la forme d'une enquête biographique. Me rendre sur sa tombe en juillet dernier a été une épreuve ; non loin de Charpin et Ray Ventura, une petite sépulture abandonnée, sans fleurs ni souvenirs, rappelle que Micheline Francey s'est éteinte il y a plus de quarante ans.
Reconstituer sa filmographie n'est pas simple : outre les classiques, tels La charrette fantôme (Duvivier, 1939), Le corbeau (Clouzot, 1943) ou La cage aux rossignols (Dréville, 1945) et quelques ressorties occasionnelles, prétextes à célébrer un peu plus la gloire de Tino Rossi (Destins, 1946) ou Luis Mariano (Violettes impériales, 1952), il est difficile de se procurer des films intrigants ou qui jouissent déjà d'une bonne réputation (Monsieur La Souris, 1942). Alors il faut être patient ... ou insistant. C'est ce qui anime chaque jour des dizaines de passionnés de mon genre, garants de la mémoire d'un acteur ou d'une actrice, qui s'efforcent de faire connaître leurs carrières, parfois passées dans l'ombre. Mais où est l'ombre ? Où est la lumière ?
Un peu solitaire dans mon admiration, je me suis peiné de voir à quel point le souvenir de Micheline Francey est tombé dans l'oubli. Comme bien d'autres, il ne reste d'elle que quelques informations, quelques mots sur internet et des photos de ses films les plus célèbres. Alors, en bon historien, je cherche. A la manière d'Alain Corbin, je tente de découvrir un monde retrouvé de Micheline Francey qui, sait-on jamais, paraîtra peut-être un jour dans les librairies sous la forme d'une enquête biographique. Me rendre sur sa tombe en juillet dernier a été une épreuve ; non loin de Charpin et Ray Ventura, une petite sépulture abandonnée, sans fleurs ni souvenirs, rappelle que Micheline Francey s'est éteinte il y a plus de quarante ans.
Reconstituer sa filmographie n'est pas simple : outre les classiques, tels La charrette fantôme (Duvivier, 1939), Le corbeau (Clouzot, 1943) ou La cage aux rossignols (Dréville, 1945) et quelques ressorties occasionnelles, prétextes à célébrer un peu plus la gloire de Tino Rossi (Destins, 1946) ou Luis Mariano (Violettes impériales, 1952), il est difficile de se procurer des films intrigants ou qui jouissent déjà d'une bonne réputation (Monsieur La Souris, 1942). Alors il faut être patient ... ou insistant. C'est ce qui anime chaque jour des dizaines de passionnés de mon genre, garants de la mémoire d'un acteur ou d'une actrice, qui s'efforcent de faire connaître leurs carrières, parfois passées dans l'ombre. Mais où est l'ombre ? Où est la lumière ?
Micheline Francey aurait eu 94 ans aujourd'hui !
jeudi 17 octobre 2013
Johnny Hallyday dans "Les diaboliques" (1955)
En 1955, Jean-Philippe Smet avait 12 ans et commençait déjà son métier d'artiste. Difficile de faire de meilleurs débuts : une des premières apparitions à l'écran du futur Johnny Hallyday se fit entre Simone Signoret, Pierre Larquey et Michel Serrault, sous la caméra de Henri-Georges Clouzot dans Les diaboliques (1955) ! Son rôle n'est guère important, il s'agit plus de figuration, mais on reconnaît sans mal les traits d'une des figures les plus célèbres de la francophonie depuis plusieurs décennies.
Jean Gabin et Fréhel dans "Pépé le Moko" (1937)
Chef d'oeuvre du cinéma français, Pépé le Moko (Julien Duvivier, 1937) l'est incontestablement, et on pourrait à loisir disserter sur des scènes devenues légendaires, à l'image du final poignant entre Jean Gabin et Mireille Balin. Quand je repense à ce film, un petit moment me revient toujours en mémoire ; cette courte scène entre Gabin et la chanteuse Fréhel, où la mélancolie s'installe dans un magnifique gros plan.
Pépé ne peut pas quitter Alger et sa Casbah - il sait quel sort l'attend si on l'arrête. En une scène de quelques minutes, Julien Duvivier parvient à filmer une réalité méconnue, oubliée, que l'on retrouve trop peu dans les films coloniaux : la nostalgie du colon. Loin de l'image d’Épinal du fier soldat qui s'engage dans la Coloniale ou du bel aventurier parti explorer des mondes inconnus (image par ailleurs nuancée dans Les aventuriers du Mékong avec le personnage de Jean Gaven), une grande part des colons européens sombraient dans l'ennui, la solitude, l'alcoolisme, à tel point que des images nous reviennent en mémoire, terriblement risibles à notre époque, comme cette radio française qui diffusait en Afrique ... du musette, pour que les déracinés le soient un peu moins. L'épopée colonialiste des XIXe et XXe siècles fut marquée par cette réalité - s'explique ainsi, parfois, l'architecture improbable de villes asiatiques ou africaines, entre quartiers indigènes traditionnels et quartiers à l'européenne.
Quand Fréhel enclenche le disque et se met à chanter par dessus sa voix de jeunesse, c'est toute l'aventure coloniale qui est remise en question : les européens ne se sont jamais vraiment habitués à leurs nouvelles contrées. La vieille chanteuse ne pleure pas que sa gloire passée, elle pleure son Paris, si loin d'elle : Où est-il donc ? Où est-il mon moulin d'la place blanche ? Où sont-ils les amis, les copains ? Où sont-ils tous mes vieux bals musettes ? Pépé ne dit pas un mot, il écoute. Gabin ne pleure que rarement. Ici, la nostalgie est intérieure, contenue, à l'instar de sa condition de prisonnier de la Casbah.
Cette petite scène, que je vous propose de redécouvrir ici en vidéo, est une de mes préférées dans le cinéma français et je me désole qu'il n'en existe plus beaucoup aujourd'hui, tout en simplicité et en pudeur. Troisième nostalgie, contemporaine. Alors comme Fréhel, "Quand j'ai trop le cafard ... je change d'époque."
mardi 15 octobre 2013
Bon anniversaire à ... André Gabriello (1896-1975)
Quand je pense à André Gabriello, c'est immédiatement sa composition loufoque et comique, très personnelle aussi, de l'inspecteur Lucas, fidèle compagnon du commissaire Maigret dans la trilogie avec Albert Préjean. Dans Picpus (Pottier, 1943), Cécile est morte (Tourneur, 1944) et Les caves du Majestic (Pottier, 1945), Gabriello impose sa franche bonhomie et participe pour beaucoup du plaisir que je prends à revoir ces films.
André Gabriello a promené son imposante silhouette de français moyen et sa diction approximative, où les mots semblent vouloir sortir d'un seul et même souffle, au risque de l'incompréhension comique, chez des réalisateurs réputés, tels Ophüls (Divine, 1935), Renoir (Partie de campagne, Les bas-fonds, 1936). On le retrouve en flic chahuté dans L'assassin habite au 21 (Clouzot, 1942) et de nouveau face à Pierre Fresnay dans La main du diable (Tourneur, 1943). Très actif sous l'Occupation, il s'offre une carrière d'après-guerre moins pertinente. On le voit dans beaucoup de mauvais films, les réalisateurs prenant peut-être peur de ce personnage si atypique, difficile à intégrer. C'est encore La rue sans loi (Gibaud, 1950), La Tour de Nesle (Gance, 1955) ou Le diable et les dix commandements (Duvivier, 1962). Dernier tour de piste dans le "Mocky's Circus", tel qu'il est nommé par Serge Regourd, en 1966 dans le méconnu La bourse et la vie, où il interprète un frère jumeau de Remoleux et Gualdi (les Robinhoude !). Un excentrique par excellence.
André Gabriello a promené son imposante silhouette de français moyen et sa diction approximative, où les mots semblent vouloir sortir d'un seul et même souffle, au risque de l'incompréhension comique, chez des réalisateurs réputés, tels Ophüls (Divine, 1935), Renoir (Partie de campagne, Les bas-fonds, 1936). On le retrouve en flic chahuté dans L'assassin habite au 21 (Clouzot, 1942) et de nouveau face à Pierre Fresnay dans La main du diable (Tourneur, 1943). Très actif sous l'Occupation, il s'offre une carrière d'après-guerre moins pertinente. On le voit dans beaucoup de mauvais films, les réalisateurs prenant peut-être peur de ce personnage si atypique, difficile à intégrer. C'est encore La rue sans loi (Gibaud, 1950), La Tour de Nesle (Gance, 1955) ou Le diable et les dix commandements (Duvivier, 1962). Dernier tour de piste dans le "Mocky's Circus", tel qu'il est nommé par Serge Regourd, en 1966 dans le méconnu La bourse et la vie, où il interprète un frère jumeau de Remoleux et Gualdi (les Robinhoude !). Un excentrique par excellence.
Né le 15 octobre 1896 à Paris, André Gabriello aurait fêté aujourd'hui ses 117 ans !
samedi 27 juillet 2013
Bon anniversaire à ... Bourvil (1917-1970)
Le hasard fait toujours bien les choses sur L'âge d'or du Cinéma Français ! Puisque je dispose d'un peu de vacances estivales, un petit tour en Normandie s'impose ; et quelle plus belle occasion pour se rendre à Prétot-Vicquemare et Bourville (Seine Maritime), villages d'enfance de André Raimbourg, dit Bourvil, que cette promenade ?
Bourvil reste l'un des acteurs les plus populaires de l'histoire du cinéma français, faisant presque l'unanimité auprès du public - à croire même, qu'à la différence de Louis de Funès et Fernandel, plus sujets à des réticences, personne ne le déteste parfaitement. Inégalé et incontournable depuis les années 1950, il a laissé derrière lui un vide que seuls ses films peuvent maigrement combler : des gentilles comédies, Le passe muraille (Boyer, 1951), Poisson d'avril (Grangier, 1954), La grosse caisse (Joffé, 1965) ; des films noirs ou dramatiques, Le miroir à deux faces (Cayatte, 1958), Fortunat (Joffé, 1960), Le cercle rouge (Melville, 1970), sans compter les classiques du cinéma français que sont La traversée de Paris (Autant-Lara, 1956), Le Corniaud (Oury, 1965) et La grande vadrouille (Oury, 1966). Énumérer ses réussites serait trop long.
Personne ne l'a jamais critiqué et son succès reste complet, encore aujourd'hui, à croire que dans le cas de Bourvil, nul besoin d'imprimer une légende qui surpasserait la vérité. Son comique et sa gentillesse n'étaient pas feintes, leur postérité répare l'injustice qui frappa l'acteur un soir de septembre 1970.
Bourvil reste l'un des acteurs les plus populaires de l'histoire du cinéma français, faisant presque l'unanimité auprès du public - à croire même, qu'à la différence de Louis de Funès et Fernandel, plus sujets à des réticences, personne ne le déteste parfaitement. Inégalé et incontournable depuis les années 1950, il a laissé derrière lui un vide que seuls ses films peuvent maigrement combler : des gentilles comédies, Le passe muraille (Boyer, 1951), Poisson d'avril (Grangier, 1954), La grosse caisse (Joffé, 1965) ; des films noirs ou dramatiques, Le miroir à deux faces (Cayatte, 1958), Fortunat (Joffé, 1960), Le cercle rouge (Melville, 1970), sans compter les classiques du cinéma français que sont La traversée de Paris (Autant-Lara, 1956), Le Corniaud (Oury, 1965) et La grande vadrouille (Oury, 1966). Énumérer ses réussites serait trop long.
Personne ne l'a jamais critiqué et son succès reste complet, encore aujourd'hui, à croire que dans le cas de Bourvil, nul besoin d'imprimer une légende qui surpasserait la vérité. Son comique et sa gentillesse n'étaient pas feintes, leur postérité répare l'injustice qui frappa l'acteur un soir de septembre 1970.
Né le 27 juillet 1917, Bourvil aurait fêté aujourd'hui ses 96 ans !
vendredi 26 juillet 2013
Décès de l'actrice Bernadette Lafont (1938-2013)
Le sourire espiègle et le beau regard de Bernardette Lafont vont manquer à beaucoup de cinéphiles. Si les médias ont voulu rappeler son actif dans les films de la Nouvelle Vague, toujours considérée comme synonyme de haute qualité lors d'un décès, dont l'éprouvant Beau Serge (Chabrol, 1958), Le voleur (Malle, 1967), Une belle fille comme moi (Truffaut, 1972) ou La maman et la putain (Eustache, 1973), ils ont oublié de rappeler l'éclectisme de la belle actrice, aussi à l'aise chez les metteurs en scène bannis des Cahiers du cinéma.
Dès lors, il ne faudrait pas oublier Les bons vivants (Lautner, 1965), Un idiot à Paris (1967), L'ordinateur des pompes funèbres (Pirès, 1976) et l'amusant Retour en force de Jean-Marie Poiré (1980). Bernardette Lafont, entre une énigmatique Fiancée du pirate (Kaplan, 1969) - qui ne m'avait pas laissé un grand souvenir - et une Violette Nozière (Chabrol, 1978) de très bonne facture, se laissa appeler par le doux chant des Raoul André (Les femmes d'abord, 1963), Michel Caputo (Arrêtes de ramer, t'attaques la falaise !, 1979), Max Pécas (On n'est pas sorti de l'auberge, 1982) et Raoul Foulon (Le trouble-fesses, 1976). Un multiculturalisme payant puisqu'elle demeura une actrice populaire, récemment retrouvée grand-mère dans La première étoile (Jean-Baptiste, 2008) ou le décevant Paulette (Enrico, 2012).
Preuve s'il en fallait encore que les carrières ne se font pas que devant les caméras des jeunes loups et que les choix populaires de Bernadette Lafont lui permirent de rester, de 1958 à 2013, en bonne place sur les affiches du cinéma français. L'hommage unanime qui lui est rendu aujourd'hui n'est pas volé, Bernardette Lafont fut une actrice unique, amusante et dramatique - quand elle ne fut pas les deux - parfaitement consciente de l'intérêt divertissant de son art, qu'elle ne voulait pas élitiste.
jeudi 25 juillet 2013
Bon anniversaire à ... Yvonne Printemps (1894-1977)
Le nom de Yvonne Printemps reste lié aujourd'hui en grande partie à celui de Pierre Fresnay, son compagnon de longue date. Le célèbre couple vécut longtemps à Neuilly - où ils sont enterrés. Sa filmographie est restreinte, même pas dix films, mais sous la direction de grands metteurs en scène : La dame aux camélias (Gance, 1934), Adrienne Lecouvreur (L'Herbier, 1938), Je suis avec toi (Decoin, 1943), Les condamnés (Lacombe, 1948). Partenaire de Pierre Fresnay à plusieurs reprises, elle tourna même sous sa direction en 1939 pour Le Duel. L'absence de classiques dans cette filmographie n'a peut-être pas aidé à se souvenir de l'image de la belle Yvonne Printemps, aujourd'hui un peu oubliée. Ci-dessous dans La valse de Paris (Achard, 1949), avec Pierre Fresnay en Jacques Offenbach.
Née le 25 juillet 1894, Yvonne Printemps aurait fêté aujourd'hui ses 119 ans !
dimanche 21 juillet 2013
Décès du cinéaste Denys de la Patellière (1921-2013)
Nous apprenons à l'instant, avec peine, la mort du réalisateur français Denys de la Patellière. L'âge d'or du cinéma français lui avait fêté son anniversaire le 8 mars dernier, arguant qu'il était l'un des derniers cinéastes encore en vie de notre époque privilégiée. Il s'est éteint à quelques kilomètres de chez moi, en Bretagne.
Fidèle à ses acteurs et à une mise en scène classique, académique mais au service de l'histoire, il fut le réalisateur célèbre d'Un taxi pour Tobrouk (1960) et du Tatoué (1968), où la rencontre Gabin-Funès fait, aujourd'hui encore, couler beaucoup d'encre. Outre ses deux grands succès passés à la postérité, on lui doit une histoire d'Aristocrates avec Pierre Fresnay (1955, son premier film), Rue des prairies (1959) avec Jean Gabin, Le tonnerre de Dieu (1964), Du rififi à Paname (1965), un étonnant Voyage du père avec Fernandel (1966) et un remake du laborieux Caroline Chérie de Richard Pottier.
Mon film préféré de Denys de la Patellière reste, comme beaucoup, Les grandes familles (1958), excellente histoire familiale où s'affrontent Jean Gabin et Pierre Brasseur, servis par quelques très bonnes répliques et un par un scénario sombre et sans concessions.
Fidèle à ses acteurs et à une mise en scène classique, académique mais au service de l'histoire, il fut le réalisateur célèbre d'Un taxi pour Tobrouk (1960) et du Tatoué (1968), où la rencontre Gabin-Funès fait, aujourd'hui encore, couler beaucoup d'encre. Outre ses deux grands succès passés à la postérité, on lui doit une histoire d'Aristocrates avec Pierre Fresnay (1955, son premier film), Rue des prairies (1959) avec Jean Gabin, Le tonnerre de Dieu (1964), Du rififi à Paname (1965), un étonnant Voyage du père avec Fernandel (1966) et un remake du laborieux Caroline Chérie de Richard Pottier.
Mon film préféré de Denys de la Patellière reste, comme beaucoup, Les grandes familles (1958), excellente histoire familiale où s'affrontent Jean Gabin et Pierre Brasseur, servis par quelques très bonnes répliques et un par un scénario sombre et sans concessions.
"PAMELA" (de Pierre de Hérain, 1945)
En quelques mots : Sous le Directoire, le jeune dauphin, fils de Louis XVI, reste prisonnier dans une cellule de la prison du Temple. Paul Barras est l'homme fort du moment et exerce, par son autorité et son intelligence, un pouvoir mesuré face aux intrigues royalistes visant à faire échapper l'héritier au trône de France. Paméla, une commerçante pleine de charme, se rallie à la cause loyaliste et use de ses charmes pour piéger Barras.
Paméla apparaît un titre bien mal choisi pour cette intrigue historique que l'on aurait préféré nommée, à l'image du sous-titre de l'affiche, L'énigme du Temple. L'un des grands intérêts du film est, en effet, d'évoquer les mystères qui entourent l'existence du fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, le jeune Louis-Charles, que l'on connaît également comme Louis XVII, puisque successeur de droit à son défunt père. Emprisonné au Temple, le jeune garçon fut l'objet de toutes les convoitises : des républicains qui voulaient conserver cette graine de tyran dans ses geôles ; des royalistes qui voyaient en lui le Roi de France légitime. L'argument du film est l'exploration romancée d'une rumeur selon laquelle le jeune Dauphin aurait été libéré par des partisans et considéré comme mort puisque remplacé par un autre petit garçon, décédé dans sa cellule en 1795. Nous savons aujourd'hui, par des analyses ADN que Louis XVII est bien mort dans sa prison - son cœur repose dans la basilique Saint-Denis - mais le film, réalisé au milieu des années 1940, pouvait encore se permettre de croire à cette substitution historique.
Romancée et parsemée d'incohérences, l'histoire de Paméla n'en demeure pas moins prenante, malgré de longues séquences mondaines inutiles. Le réalisateur Pierre de Hérain, aujourd'hui plus célèbre pour être le gendre du Maréchal Pétain que pour son oeuvre, met en scène quelques beaux moments de cinéma, bien éclairés, réunissant pour l'occasion un Fernand Gravey impeccable en Barras manipulateur et Renée Saint-Cyr en Paméla intrépide et rusée. René Génin, Gisèle Casadesus (Joséphine de Beauharnais), Jeanne Fusier-Gir, Georges Marchal (inexploité) et Raymond Bussières (très bon) complètent la distribution.
Le film est daté pour plusieurs raisons de circonstance - la thèse de départ, les moyens de production, les accents théâtraux de certains acteurs, la pauvreté des décors - mais ne mérite pas une opprobre qui serait bien injuste. Tout passionné d'Histoire trouvera un intérêt dans ce film de 1945 qui oppose deux France, sans que l'on retrouve pour autant la force cinématographique et métaphorique des Chouans de Henri Calef (1946).
samedi 20 juillet 2013
Bon anniversaire à ... Mireille Balin (1909-1968)
Mireille Balin appartient à la légende du Cinéma Français, par son étonnante et courte carrière, pourtant parsemée de plusieurs chefs d’œuvres ; par son terrible destin, à l'image de la femme qu'elle représentait, typiquement cinématographique, dramatique. Pour lui rendre un hommage, que l'on retrouve assez peu sur internet, j'avais représenté toute sa carrière sur grand écran grâce aux affiches de ses films.
Son magnétisme, sa beauté sont inoubliables. Ses airs de Marlène Dietrich et son phrasé sans fards, presque populaire, firent d'elle une des actrices françaises les plus emblématiques du cinéma français des années 1930. Personne n'a oublié ses compositions de vamps face à Jean Gabin dans Pépé le Moko (Duvivier, 1936), Gueule d'amour (Grémillon, 1937). Un simple regard éclairé par les reflets du soleil asiatique dynamite littéralement l'ouverture dramatique de Macao, l'enfer du jeu (Delannoy, 1940), illumination que l'on retrouve à la fin de L'assassin à peur la nuit (Delannoy, 1942). A la Libération, elle fut victime de ses amours étrangers : violée et battue par des résistants, sa carrière fut brisée et elle termina sa vie dans la misère et l'alcoolisme.
Son magnétisme, sa beauté sont inoubliables. Ses airs de Marlène Dietrich et son phrasé sans fards, presque populaire, firent d'elle une des actrices françaises les plus emblématiques du cinéma français des années 1930. Personne n'a oublié ses compositions de vamps face à Jean Gabin dans Pépé le Moko (Duvivier, 1936), Gueule d'amour (Grémillon, 1937). Un simple regard éclairé par les reflets du soleil asiatique dynamite littéralement l'ouverture dramatique de Macao, l'enfer du jeu (Delannoy, 1940), illumination que l'on retrouve à la fin de L'assassin à peur la nuit (Delannoy, 1942). A la Libération, elle fut victime de ses amours étrangers : violée et battue par des résistants, sa carrière fut brisée et elle termina sa vie dans la misère et l'alcoolisme.
Née le 20 juillet 1909 à Monte-Carlo, Mireille Balin aurait fêté aujourd'hui ses 104 ans !
vendredi 19 juillet 2013
"DESTINS" (de Richard Pottier, 1946)
En quelques mots : André Cartier, célèbre chanteur qui a fait fortune aux Etats-Unis, revient en France et entame un tour de chant dans une grande salle parisienne. Au même moment, Fred, son frère jumeau sort de prison et, face à la pression de son intrigante fiancée, décide d'obtenir de l'argent de son richissime frère. D'abord conciliant, le chanteur cède puis refuse de payer.
D'emblée, je dois préciser que cet achat chez René Chateau n'est motivé que par la présence de Micheline Francey au générique et par la curiosité de voir Tino Rossi faire l'acteur devant la caméra. Destins lui est tout entier dévoué et n'est qu'un prétexte à contenter les aficionados du chanteur, qui enchaîne cinq ou six chansons, dont son célèbre Petit Papa Noël. L'histoire se résume à une classique rivalité entre frères jumeaux (quelques séquences réussies par ailleurs) et à un enlèvement convenu, servis par une mise en scène pantouflarde de Richard Pottier, qui n'a d'autre choix que de subir l'omniprésence de sa vedette. Le projet est tellement peu crédible que personne ne s'embarrasse, par exemple, de cette interminable scène de chanson dans un parc, où plusieurs midinettes entonnent Y'a d'l'amour, en marge de l'histoire, de toute cohérence scénaristique. Seule la version live de Petit Papa Noël (que l'on entend quand même trois fois dans le film !), mélancolique, reste appréciable aujourd'hui.
Du reste, Destins se suit quand même sans déplaisir. Tino Rossi assure correctement son double rôle, sans éclat mais avec sa présence habituelle. Les seconds rôles ne sont pas gâtés par la faiblesse du scénario mais je retrouve avec plaisir Micheline Francey en secrétaire fidèle - ainsi que son fils Thierry qui interprète le petit Jackie - et Mila Parély, seul rôle un peu intéressant, en garce manipulatrice et intéressée. A noter également, la jolie composition de Armand Bernard, en imprésario au bord de la crise de nerf. A réserver principalement aux inconditionnels de Tino Rossi.
D'emblée, je dois préciser que cet achat chez René Chateau n'est motivé que par la présence de Micheline Francey au générique et par la curiosité de voir Tino Rossi faire l'acteur devant la caméra. Destins lui est tout entier dévoué et n'est qu'un prétexte à contenter les aficionados du chanteur, qui enchaîne cinq ou six chansons, dont son célèbre Petit Papa Noël. L'histoire se résume à une classique rivalité entre frères jumeaux (quelques séquences réussies par ailleurs) et à un enlèvement convenu, servis par une mise en scène pantouflarde de Richard Pottier, qui n'a d'autre choix que de subir l'omniprésence de sa vedette. Le projet est tellement peu crédible que personne ne s'embarrasse, par exemple, de cette interminable scène de chanson dans un parc, où plusieurs midinettes entonnent Y'a d'l'amour, en marge de l'histoire, de toute cohérence scénaristique. Seule la version live de Petit Papa Noël (que l'on entend quand même trois fois dans le film !), mélancolique, reste appréciable aujourd'hui.
Du reste, Destins se suit quand même sans déplaisir. Tino Rossi assure correctement son double rôle, sans éclat mais avec sa présence habituelle. Les seconds rôles ne sont pas gâtés par la faiblesse du scénario mais je retrouve avec plaisir Micheline Francey en secrétaire fidèle - ainsi que son fils Thierry qui interprète le petit Jackie - et Mila Parély, seul rôle un peu intéressant, en garce manipulatrice et intéressée. A noter également, la jolie composition de Armand Bernard, en imprésario au bord de la crise de nerf. A réserver principalement aux inconditionnels de Tino Rossi.
mercredi 12 juin 2013
Quelques nouvelles de juin !
Non, le blog n'est ni mort, ni abandonné ! C'est un fait, voilà quelques temps qu'il n'a plus été mis à jour mais que voulez vous, je suis encore un peu étudiant, peut-être futur professeur d'Histoire, et je manque parfois de temps pour voir des films et les commenter sur le blog. Publier une critique propre et détaillée, rédigée correctement, illustrée avec des captures d'images est un travail de longue haleine que je ne veux pas sacrifier au profit de la médiocrité. Vos commentaires, dans l'ensemble élogieux, sur le blog et sur la page Facebook du blog, me poussent à croire que vous appréciez mon travail. Je vous en remercie encore !
Sociabilités
Je le disais donc, malgré le manque de mises à jour récentes - ce qui ne va pas durer, rassurez vous, l'été arrive avec sa période de repos estudiantine - vous êtes de plus en plus nombreux sur la page Facebook du blog, toujours disponible à cette adresse. On y échange un peu, on lit beaucoup et on se donne des adresses intéressantes. Si vous désirez suivre l'évolution du blog au quotidien, c'est l'adresse idéale. En ce qui concerne Twitter, je n'en vois pas réellement l'intérêt pour le moment. Toutefois, si vous êtes nombreux à me demander l'ouverture d'un compte dédié au cinéma français, je l'ouvrirai. Avis aux twittos, le profil de notre ami Philippe Morisson relaye beaucoup d'informations intéressantes. N'hésitez pas à y faire un tour !
Quelques sorties DVD
Gaumont n'en fini pas de nous étonner et sort à un très bon rythme des classiques et inédits du cinéma français, devenant petit à petit un éditeur de référence pour tous les cinéphiles.
Citons ainsi Le fil à la patte (1955), que j'avais évoqué il y a quelques temps sur ce blog, bonne comédie de Guy Lefranc, interprétée par une belle bande de comédiens dont Noël-Noël, Suzy Delair et Bourvil. Gaumont en a d'ailleurs profité pour bloquer mon extrait vidéo de ce film sur YouTube mais qu'importe ... De 1956, Paris Palace Hôtel de Henri Verneuil avec Charles Boyer, Françoise Arnoul et Julien Carrette ; et Le diable probablement de Robert Bresson (1977) pour les amateurs.
Dans les trésors de la télévision, notons la sortie de l'intégrale Maurin des Maures, série télévisée des années 1970 avec Jean Gaven en tête d'affiche, accompagné de Albert Dinan et Maurice Sarfati. Jean Gaven fut un second rôle actif à partir des années 1950 et j'ai eu la chance d'avoir de ses nouvelles récentes : à 91 ans, il est toujours marié à la charmante Dominique Wilms et se réjouit de savoir que l'on s'intéresse toujours à lui ! Ce coffret, qui vient de sortir, doit le ravir.
Livres
Outre quelques intéressantes sorties consacrées au cinéma américain (Cecil B. DeMille, Kirk Douglas ...), pas grand chose à déclarer du côté du cinéma français, si ce n'est des curiosités : les mémoires de Line Renaud d'une part, pour ceux que ça intéresse ; une étude sur le réalisateur Jean-Claude Biette d'autre part, critique des Cahiers du Cinéma. Un énième livre sur Lino Ventura a été publié en avril dernier (par Pascal Djeema, sobrement intitulé Le grand acteur de Perce-Neige).
Plus intéressant, un livre sur Fernand Raynaud, que je n'ai pas encore consulté, écrit par son meilleur ami et compagnon de route. Son oeuvre cinématographique n'est pas aussi réputée que ses sketchs, à juste titre, mais il faudrait surement les revoir pour s'en assurer. Notons aussi une curiosité qu'il faudrait survoler, Les enfants du cinéma, par François-Guillaume Lorrain qui s'intéresse aux destins des principaux enfants devenus célèbres chez les cinéphiles pour un rôle de légende.
Enfin, et ce fut un plaisir de le revoir lors de l'hilarante conférence de presse de Jerry Lewis au dernier festival de Cannes, un ouvrage sur l'oeuvre méconnue de Pierre Etaix, qui semble très complet en documents et entretiens. Un acteur réalisateur qu'il faudra réhabiliter.
Mémoire du cinéma français
Le Musée de Louis, consacré à Louis de Funès, dans son petit village du Cellier (Loire Atlantique), dont je vous avais parlé, continue de faire parler de lui avec succès. Une première soirée autour de La folie des grandeurs (Oury, 1971) a été organisée et a enchantée le public présent. Prochaine soirée, pour les amateurs de comédie ou ceux qui voudraient découvrir les bords de Loire, le 5 juillet, avec une projection du Petit Baigneur (Dhéry, 1968).
Pour les parisiens, la Cinémathèque Française propose ce mois de juin une rétrospective en hommage au réalisateur René Clément avec un certain nombre de films dont Gervaise (1955), Jeux interdits (1951) et l'excellent film Les Maudits (1946), un des rares films de sous-marin français.
Enfin, à partir du 19 juin, l'excellent cinéma de Nantes, Le Cinématographe, bien connu des cinéphiles, propose une rétrospective Jean Renoir avec la projection de 17 films et un documentaire de Jacques Rivette, l'occasion de revoir des classiques et des films rares (dont son Tire au flanc) sur grand écran.
mardi 26 mars 2013
"DYNAMITE JACK" (de Jean Bastia, 1961)
En quelques mots : De France, Antoine Espérandieu arrive en Arizona pour faire fortune. Hélas son ami français est mort, tué par le redoutable Dynamite Jack, terreur de la région et fin tireur. Antoine, plein d'inconscience, se rend compte trop tard qu'il est l'exact sosie de Dynamite Jack et s'expose à de grands dangers ... et à l'amour de jolies femmes !
Le western français est un sous-genre qu'il serait bon d'étudier, ne serait-ce que pour rendre compte de la diversité insoupçonnée des productions, de Joe Hamman et Jean Durand à Fernand Reynaud et Robert Hossein. Fernandel s'y est aventuré, c'est le cas de le dire, plusieurs fois : avec La terreur de la pampa (Cammage, 1932) ou Ernest le rebelle (Christian-Jaque, 1938). Dynamite Jack, tourné au début des années 1960, quelques années avant les débuts réels du western européen, dont le spaghetti est le plus fameux, est tout de même le plus célèbre et le plus assumé. Le résultat est catastrophique, difficilement visible pour plusieurs raisons : la mise en scène de Jean Bastia est d'une lenteur insupportable, sans aucun rythme et réduit à néant toute tentative de gag (la longue scène de poker entre Fernandel et son double) ; les décors, trouvés en Camargue probablement, sonnent faux - un cactus dans chaque coin d'angle pour montrer qu'on est dans le Sud des Etats-Unis ne rend pas plus crédible cette histoire que les intérieurs de pacotille (quoique le saloon soit appréciable) ; Fernandel enfin n'est fait pas assez, étonnamment (!), pour sauver ce nanar de l'ennui total passées les vingt premières minutes. Son personnage de hors-la-loi laconique lui va mal et il faut une sacrée admiration pour oser aller au bout de cette histoire à rebondissements.
Avec un peu de bonne volonté, on peut quand même s'amuser - pour passer le temps du film - à noter les quelques références aux classiques du genre : un gunfight de saloon dans le noir, à la lueur des balles, rappelle (surement involontairement) Le Cavalier de la mort (De Toth, 1951), en moins bien ; le vieux personnage interprété avec entrain par Lucien Raimbourg peut évoquer le Stumpy/Brennan de Rio Bravo (Hawks, 1959). Mais le plus amusant est le caractère avant-gardiste de Dynamite Jack puisqu'il devance d'une année l'une des scènes les plus célèbres de l'histoire du western, le duel à trois de L'homme qui tua Liberty Valance (Ford, 1962) où celui qui tue le méchant n'est pas celui qu'on croit, appliquant ainsi avant l'heure la formule selon laquelle quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende.
lundi 25 mars 2013
Découvertes et coup de gueule !
Internet
Au gré de mes soirées, quand elles ne sont pas consacrées à la géographie ou l'Histoire, je peux découvrir quelques sites dignes d'intérêt. En témoigne le blog officiel des Amis de Jean Delannoy, consacré au célèbre réalisateur régulièrement mis à l'honneur sur L'âge d'or du Cinéma Français, qui vous offre de nombreuses informations sur l'actualité de l'association et continue à faire vivre la mémoire de Jean Delannoy, cinéaste un peu tombé en désuétude hélas.
Leurs liens m'informent également de l'existence d'un site officiel du Comité Jean Cocteau, largement documenté et qui peut même vous proposer des expertises sur demande. A visiter absolument !
Autre découverte, hélas plus triste, un site consacré à l'acteur Fransined, le frère méconnu de Fernandel, comme un hommage. Francis Contandin, qui est apparu dans une trentaine de films (jamais avec son frère) dont Borsalino (Deray, 1970), Jean de Florette (Berri, 1985) ou Le garçon sauvage (Delannoy, 1951), est, en effet, décédé à Marseille en octobre 2012 dans l'indifférence. Ceux qui l'ont connu ou qui voudrait lui rendre hommage peuvent aller sur le site Fransined.com
Le château de Louis de Funès est aujourd'hui presque aussi célèbre que son ancien illustre propriétaire et le petit village du Cellier, non loin de Nantes, accueille toujours beaucoup de visiteurs admirateurs de l'acteur. La preuve, j'y suis allé il y a quelques années ! Dans quelques temps, la commune possédera un Musée consacré à l'acteur comique, apparemment en lien avec la nature environnante, le théâtre, la danse, le jardinage ... Une interactivité appréciable qui se précise jour après jour. Pour les plus curieux, visitez le site officiel ou la page Facebook (pour les toutes dernières informations).
Un blog qui est partenaire de L'âge d'or du Cinéma Français depuis plusieurs mois mais dont je n'avais pas encore parlé dans un article, enfin. Sobrement intitulé Cinéma Français, il est un formidable agenda télévisé et vous rappelle quels films français passent à la télévision prochainement, avec un petit résumé et quelques informations techniques. Incontournable également. N'hésitez pas à rejoindre le groupe Facebook.
Livres
Qu'on se le dise, je n'ai rien contre Marilyn Monroe, bien au contraire, mais ce n'est plus possible. Plus les années passent, plus le nombre de monographies aussi barbantes qu'inutiles envahissent les rayons cinéma des grandes surfaces, déjà assez monotones dans leurs choix. Ce soir, pas moins de douze ouvrages sur la belle blonde, dans un centre Leclerc de Rennes ! Avec malice, je me suis toutefois permis de les cacher derrière une imposante biographie de Clint Eastwood par Patrick McGilligan. Que je ne puisse choisir un livre sur le cinéma français à mettre en avant est assez révélateur ... Un coup d'oeil au sommaire de l'ouvrage de Christophe Geudin et Jérémie Imbert, Les comédies à la française - 250 films incontournables du cinéma français ! est aberrant : deux pages seulement pour résumer le cinéma comique des années 1930 et 1940, une quinzaine pour les années 1950 - et n'espérez pas sortir des Fernandeleries. Tout juste un Mocky pourra probablement sembler intrépide, un rien underground, aux auteurs. Pauvres Georges Milton, Pauline Carton, Saturnin Fabre, Max Linder et autres Raymond Cordy, ils ne sont pas prêts de sortir de leur oubli. Le livre se contente d'accumuler les clichés, faisant la part belle à Louis de Funès et Bourvil, jusqu'à Dany Boon et Bienvenue chez les ch'tis. Pierre Richard se charge d'une courte préface assez révélatrice du reste : lui non plus n'a pas grand chose à dire de nouveau. 25€ le plat réchauffé, c'est cher.
Le petit Gabin illustré par l'exemple (Philippe Durant, Nouveau Monde) semble plus intéressant sur le principe, quoique là aussi assez limité dans les clichés. Il fait écho au Petit Audiard illustré par l'exemple (2011) du même auteur, ramassis insolent et inutile de bons mots de l'auteur (mieux vaut revoir les films ou reprendre l'ouvrage édité chez René Chateau, Audiard par Audiard). Une quinzaine d'euros à débourser pour un travail sans saveur. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas eu le temps de me faire un avis sur Fernandel, le rire aux larmes de André Ughetto dont le titre pompier ne me plaît guère, ni même sur Les grandes gueules du cinéma français (Philippe Lombard, 2012). Le sponsor Studio CinéLive de ce dernier me fait peur, je dois l'avouer ... Le Jean Renoir de Pascal Mérigeau est toujours en rayons, bien propre dans son papier d'emballage.
Je l'avais évoqué dans un article précédent, l'autobiographie de Roland Giraud (En toute liberté, 2013) propose quelques bons moments, dont l'un qui m'est cher, sa rencontre avec Pierre Fresnay. Je ne voudrais pas vous ôter le plaisir des deux pages consacrées à l'acteur et vous incite donc à cet achat.
Au gré de mes soirées, quand elles ne sont pas consacrées à la géographie ou l'Histoire, je peux découvrir quelques sites dignes d'intérêt. En témoigne le blog officiel des Amis de Jean Delannoy, consacré au célèbre réalisateur régulièrement mis à l'honneur sur L'âge d'or du Cinéma Français, qui vous offre de nombreuses informations sur l'actualité de l'association et continue à faire vivre la mémoire de Jean Delannoy, cinéaste un peu tombé en désuétude hélas.
Leurs liens m'informent également de l'existence d'un site officiel du Comité Jean Cocteau, largement documenté et qui peut même vous proposer des expertises sur demande. A visiter absolument !
Autre découverte, hélas plus triste, un site consacré à l'acteur Fransined, le frère méconnu de Fernandel, comme un hommage. Francis Contandin, qui est apparu dans une trentaine de films (jamais avec son frère) dont Borsalino (Deray, 1970), Jean de Florette (Berri, 1985) ou Le garçon sauvage (Delannoy, 1951), est, en effet, décédé à Marseille en octobre 2012 dans l'indifférence. Ceux qui l'ont connu ou qui voudrait lui rendre hommage peuvent aller sur le site Fransined.com
Le château de Louis de Funès est aujourd'hui presque aussi célèbre que son ancien illustre propriétaire et le petit village du Cellier, non loin de Nantes, accueille toujours beaucoup de visiteurs admirateurs de l'acteur. La preuve, j'y suis allé il y a quelques années ! Dans quelques temps, la commune possédera un Musée consacré à l'acteur comique, apparemment en lien avec la nature environnante, le théâtre, la danse, le jardinage ... Une interactivité appréciable qui se précise jour après jour. Pour les plus curieux, visitez le site officiel ou la page Facebook (pour les toutes dernières informations).
Un blog qui est partenaire de L'âge d'or du Cinéma Français depuis plusieurs mois mais dont je n'avais pas encore parlé dans un article, enfin. Sobrement intitulé Cinéma Français, il est un formidable agenda télévisé et vous rappelle quels films français passent à la télévision prochainement, avec un petit résumé et quelques informations techniques. Incontournable également. N'hésitez pas à rejoindre le groupe Facebook.
Livres
Qu'on se le dise, je n'ai rien contre Marilyn Monroe, bien au contraire, mais ce n'est plus possible. Plus les années passent, plus le nombre de monographies aussi barbantes qu'inutiles envahissent les rayons cinéma des grandes surfaces, déjà assez monotones dans leurs choix. Ce soir, pas moins de douze ouvrages sur la belle blonde, dans un centre Leclerc de Rennes ! Avec malice, je me suis toutefois permis de les cacher derrière une imposante biographie de Clint Eastwood par Patrick McGilligan. Que je ne puisse choisir un livre sur le cinéma français à mettre en avant est assez révélateur ... Un coup d'oeil au sommaire de l'ouvrage de Christophe Geudin et Jérémie Imbert, Les comédies à la française - 250 films incontournables du cinéma français ! est aberrant : deux pages seulement pour résumer le cinéma comique des années 1930 et 1940, une quinzaine pour les années 1950 - et n'espérez pas sortir des Fernandeleries. Tout juste un Mocky pourra probablement sembler intrépide, un rien underground, aux auteurs. Pauvres Georges Milton, Pauline Carton, Saturnin Fabre, Max Linder et autres Raymond Cordy, ils ne sont pas prêts de sortir de leur oubli. Le livre se contente d'accumuler les clichés, faisant la part belle à Louis de Funès et Bourvil, jusqu'à Dany Boon et Bienvenue chez les ch'tis. Pierre Richard se charge d'une courte préface assez révélatrice du reste : lui non plus n'a pas grand chose à dire de nouveau. 25€ le plat réchauffé, c'est cher.
Le petit Gabin illustré par l'exemple (Philippe Durant, Nouveau Monde) semble plus intéressant sur le principe, quoique là aussi assez limité dans les clichés. Il fait écho au Petit Audiard illustré par l'exemple (2011) du même auteur, ramassis insolent et inutile de bons mots de l'auteur (mieux vaut revoir les films ou reprendre l'ouvrage édité chez René Chateau, Audiard par Audiard). Une quinzaine d'euros à débourser pour un travail sans saveur. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas eu le temps de me faire un avis sur Fernandel, le rire aux larmes de André Ughetto dont le titre pompier ne me plaît guère, ni même sur Les grandes gueules du cinéma français (Philippe Lombard, 2012). Le sponsor Studio CinéLive de ce dernier me fait peur, je dois l'avouer ... Le Jean Renoir de Pascal Mérigeau est toujours en rayons, bien propre dans son papier d'emballage.
Je l'avais évoqué dans un article précédent, l'autobiographie de Roland Giraud (En toute liberté, 2013) propose quelques bons moments, dont l'un qui m'est cher, sa rencontre avec Pierre Fresnay. Je ne voudrais pas vous ôter le plaisir des deux pages consacrées à l'acteur et vous incite donc à cet achat.
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