dimanche 8 décembre 2013

Décès de Edouard Molinaro (1928-2013)



J'évoquais avec tristesse il y a quelques jours, lors du décès de Georges Lautner, la triste réalité du titre de cette rubrique, Série Noire. Le destin me rattrape à nouveau, et c'est quelques heures après m'être penché sur la tombe du réalisateur des Tontons flingueurs (1963) à Nice que j'ai appris la disparition de Edouard Molinaro. A croire que tous les grands faiseurs du cinéma français encore en vie vont tous nous laisser seuls à quelques semaines d'intervalles.

J'ai un peu honte d'avouer que, longtemps, le nom de Edouard Molinaro est resté sans visage, puis sans référence cinématographique précise, à l'instar d'un Claude Zidi que je dois toujours considérer comme un bon artisan chez qui il ne faut rien attendre de génial, sinon un honnête divertissement. Mon premier souvenir d'enfance lié au réalisateur disparu remonte à Mon oncle Benjamin (1969), que mon père adore et que nous avions sur une vieille VHS. Le film n'a pas vieilli et j'évoquais il y a quelques temps sa récente sortie en Blu-ray haute définition. Puis ce fut mon ère de Funès, avec Oscar (1967) et Hibernatus (1969), deux comédies très enlevées reposant (presque) entièrement sur le génie comique de son principal interprète. Les cinéphiles connaissent les anecdotes par cœur : Molinaro ne riant pas aux gags de son acteur vedette fit venir un "public" de techniciens pour tourner la grande scène du téléphone ; Claude Rich coléreux face aux remontrances de la star sur ce que faisait Guy Bertil ... Suivirent L'emmerdeur (1973), La cage aux folles (1978), A gauche en sortant de l'ascenseur (1988), d'élégantes adaptations théâtrales très vives, préfigurant (et pour cause !) la future recette des succès d'un certain Francis Veber. Les découvertes du Souper (1992) et de Beaumarchais, l'insolent (1996) furent de très bonnes surprises et j'utilise encore aujourd'hui le dernier film de Edouard Molinaro dans mes cours sur l'Europe des Lumières.

J'ai entendu l'interprète de Beaumarchais, Fabrice Luchini, évoquer l'amour de Molinaro pour ses acteurs. Sur Facebook, Christian Rauth a rendu hommage à sa façon au réalisateur : "J'ai eu le plaisir de travailler sous sa direction, quand en manque de boulot (Eh oui! Le réalisateur de l'Emmerdeur ne bossait plus au cinéma, tout comme Georges Lautner... ) Edouard était venu réaliser des épisodes de Navarro. Un homme d'une grande modestie, d'une grande gentillesse et extrêmement attentif aux travail des acteurs qu'il aimait sincèrement. Pas d'esbroufe, pas de posture, juste l'amour du métier."

A l'image d'un film que j'adore absolument, Pour cent briques t'as plus rien (1982), le cinéma d'Edouard Molinaro semble donc être entièrement dévoué à ses interprètes et de fait, lorsque l'on tourne avec des grandes stars comme lui, aux seconds rôles. Loin des affres de la Nouvelle Vague, Molinaro fut un cinéaste à l'ancienne, classique, offrant la part belle aux acteurs de l'ombre, quitte à en faire aux premiers. Hibernatus est un exemple réussi, et presque unique dans la seconde partie de la carrière de Louis de Funès, où la star comique n'est plus qu'un comparse, un élément de bande autour de son fils, Claude Gensac, Yves Vincent, Paul Preboist ou Bernard Alane. On retrouve cette sensation, de manière plus prononcée, dans Beaumarchais l'insolent ou Mon oncle Benjamin. C'est probablement pour cette raison que les cinéphiles amoureux du cinéma français pleurent aujourd'hui encore la disparition d'un grand nom, populaire, dont il reste à redécouvrir beaucoup de pépites, notamment dans ses premiers films, plus dramatiques. Je ne connais pas grand chose de cette première période et regrette amèrement de m'y intéresser en forme d'hommage posthume.


lundi 2 décembre 2013

Documents : Lady Paname (1950)

Pour compléter mon article sur la seule réalisation de Henri Jeanson, Lady Paname (1950), voici la couverture et la quatrième d'un document d'époque, bien connu des cinéphiles collectionneurs, le magazine Mon Film, numéro 216, du 11 octobre 1950.


samedi 30 novembre 2013

"SALONIQUE, NID D'ESPIONS" (de Georg Wilhelm Pabst, 1937)

En quelques mots : A la fin de la Première Guerre Mondiale, sur le front d'Orient. Mademoiselle Docteur, insaisissable espionne au service de l'Allemagne, est envoyée à Salonique, en Grèce, pour aider l'empire germanique à lancer une contre attaque sur les forces des Alliés. Mais un traître menace de la démasquer.

Salonique, nid d'espions est une très belle surprise. Réalisée en 1937 par Georg Wilhelm Pabst, réalisateur allemand exilé en France depuis l'arrivée au pouvoir des nazis dans son pays, cette aventure d'espionnage mériterait d'être redécouverte. Servie par un imposant casting franco-allemand, elle a l'originalité de proposer une histoire traitant des services d'espionnage pendant la Première Guerre Mondiale, qui plus est sur le front d'Orient entre la Grèce et la Bulgarie - une partie de l'Europe en guerre souvent méconnue du grand public, à l'image du Capitaine Conan de Vercel (adapté au cinéma par Bertrand Tavernier en 1996). En outre, l'espion de grand talent et recherché activement par les Alliés est une femme, autour de qui tout s'organise. Cette seconde originalité ne doit, toutefois, pas faire illusion, Salonique est un film d'hommes, où LA femme est un homme comme les autres. L'argument posé, le film offre tous les éléments classiques d'un grand film d'aventures, fait de jolies femmes mystérieuses, d'agents doubles, de traîtres, d'hommes d'honneurs, d'exotisme et d'un petit brin de fantaisie.



Le seul problème du film vient, hélas, de la copie abîmée, très médiocre et aujourd'hui introuvable dans une meilleure version DVD - d'où parfois un souffle ou des plans coupés qui rendent inintelligibles quelques scènes, ce qui dérange dans un film d'espionnage où chaque élément a son importance. Qu'importe puisque le résultat est plus qu'agréable à visionner. On y retrouve pêle-mêle Pierre Blanchar en agent à double tranchant, argument comique du film avec son improbable fez vissé sur la tête ; Louis Jouvet en sombre espion allemand, très sobre même lors d'une jolie séquence comique avec Jean-Louis Barrault, manifestement fou ; Charles Dullin dans un trop court rôle d'officier ; Pierre Fresnay dans un ersatz sans épaisseur du capitaine de Boëldieu de La Grande Illusion (Renoir), tournée la même année ! ; Viviane Romance sous employée à jouer les charmantes danseuses de cabaret, même si son rôle est important ; Dita Parlo enfin, en espionne sensuelle et courageuse.


Salonique souffre de quelques longueurs, dues à une baisse de rythme que l'on retrouve dans beaucoup de films de cette époque, qui n'utilisent pas assez la musique. Pourtant, force est de reconnaître l'évident plaisir qui se dégage de ces scènes entre Pierre Blanchar, Pierre Fresnay et Dita Parlo ; Louis Jouvet et Jean-Louis Barrault. Le réalisateur sert un grand spectacle sur un fond historique oublié, avec suspens et action (une jolie course poursuite en voitures à la fin). Une sortie restaurée en DVD serait vraiment une grande idée et permettrait au plus grand nombre de redécouvrir ce charmant film d'espionnage.

vendredi 29 novembre 2013

Les idoles sont sur Facebook !

L'âge d'or du Cinéma Français est présent sur Facebook depuis maintenant quelques mois et rencontre un succès que je n'aurais pas imaginé. Vous êtes aujourd'hui près de 350 à suivre régulièrement les mises à jour du blog, les actualités, les partages des internautes. Je ne peux que vous remercier à nouveau de votre fidélité et encourage les visiteurs qui le souhaitent à aimer la page Facebook du blog, avec ce lien ou grâce au menu de gauche. Certains internautes inscrits sur la page ont également pu voir que j'ai créé dernièrement un certain nombre de pages fan, consacrées entièrement à un acteur ou une actrice. Dans cette immense usine à gaz, certains tirent leur épingle du jeu et il n'est pas rare de voir de jeunes starlettes à la maigre filmographie dépasser le million de fans. Ainsi Facebook peut-il devenir, à mon sens, un tremplin pour réhabiliter un artiste oublié, continuer à parler de sa carrière, de ses films. Dès lors, vous pouvez consulter et liker les pages fan des artistes suivants :

          | Page Facebook de Suzy Delair
               | Page Facebook de Pierre Blanchar
                    | Page Facebook de Micheline Francey
                         | Page Facebook de Jacques Dufilho

jeudi 28 novembre 2013

"LA BÊTE HUMAINE" (de Jean Renoir, 1938)



En quelques mots : Lantier est le conducteur d'un train qui relie régulièrement Paris au Havre. Victime de pulsions meurtrières, il a cessé de boire de l'alcool et ne semble apaisé que sur sa locomotive. Retenu en Normandie après une avarie, il tombe amoureux de la femme du sous-chef de la gare, lequel vient de tuer l'amant de celle-ci.

C'est toujours une grande joie de revoir, sur grand écran et en version restaurée, un film de Jean Gabin. Il y a quelques mois c'était La Grande Illusion (Renoir, 1937), aujourd'hui La Bête humaine est à l'honneur un peu partout en France pour accompagner la sortie du Blu-ray (StudioCanal). La scène d'ouverture n'a rien perdu de son souffle - la première image est une chaudière qui hurle, Gabin et Carette ne peuvent pas s'entendre et communiquent par signaux. A toute vapeur, la caméra nous plonge pendant une dizaine de minutes sur les derniers kilomètres du Paris-Le Havre dans les années 1930, à tel point que le spectateur peut croire sans mal qu'il est à l'intérieur de la locomotive. Le roman original de Zola est adapté par Jean Renoir, un peu rapidement parfois, et souffre aujourd'hui d'un classicisme encombrant : des scènes d'amour pudiques avec des fins où les deux personnages regardent vers l'horizon, joue contre joue ; des interprétations théâtrales de la part de Simone Simon ; une trame romanesque un peu longuette (propre aussi au roman). De quoi remettre en question le qualificatif de Chef d'oeuvre, rapidement évoqué dans la presse pour cette ressortie au cinéma. L'âge d'or du Cinéma Français n'ira pas jusqu'à là.



Toutefois, force est de reconnaître que La Bête humaine peut se targuer de nombreuses qualités, notamment sur la manière de filmer une classe sociale. Dès les premiers plans du film, on se croit et on se rêve cheminot, dans la suie, l'huile et l'enfer d'une locomotive à vapeur. Les films contemporains ne s'aventurent que très rarement à filmer des petites gens, des ouvriers, préférant la nouvelle petite bourgeoisie urbaine et fortunée. Chez Renoir, les hommes sont libres, face à leurs destins, dignes. De fait, l'excellent casting y participe : Julien Carette en compagnon de route, Fernand Ledoux en assassin brisé, Blanchette Brunoy pour quelques minutes de grâce à la campagne, Jean Renoir en ouvrier gueulard ou encore Marcel Pérès, éternel troisième couteau.

Jean Gabin trouve là l'un de ses meilleurs rôles, d'une intensité remarquable malgré des dialogues souvent mièvres. Sa folie est contenue - il n'a d'ailleurs rien d'une bête humaine - mais explose lorsqu'il approche du bonheur. Par son ascendance familiale (il est le fils de Gervaise et se fend d'une longue tradition d'alcoolisme), il est devenu un inadapté à tout ce que la société peut lui offrir de bon, sa vie se résume au train d'enfer qu'il conduit vers un seul endroit, son propre terminus. La manière dont Renoir filme d'ailleurs son suicide est remarquable car sans les fards d'une multitude de plans. Lantier a sauté en marche, avec allure. Et déjà il faut dégager la voie pour que tout continue.

Documents : L'assassin a peur la nuit (1942)

Publié en 1946, ce Nouveau Film Complet était consacré entièrement au film L'assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942), avec la jolie Louise Carletti en couverture.


Documents : L'homme au chapeau rond (1947)

Comme beaucoup de cinéphiles, légèrement monomaniaques sur les bords, je collectionne tous les documents qui touchent de près ou de loin à ma passion pour le cinéma français (et américain). Ce blog me paraît l'endroit idéal pour continuer à partager avec les internautes, toujours plus nombreux, quelques pièces. J'ouvre donc cette nouvelle rubrique, intitulée simplement Documents, avec un petit magazine publié en 1947, Le Nouveau Film Complet, consacré à L'homme au chapeau rond (Billon, 1946) dernier film de Raimu.


mercredi 27 novembre 2013

Bon anniversaire à ... Clément Michu (1936-...)



Clément Michu, sympathique troisième couteau du cinéma français a prêté son physique de français moyen et ses beaux yeux bleus à une soixantaine de films ou téléfilms. Au cinéma, il fut habitué des nanars tels que Le caïd de Champignol (Bastia, 1965), Le grand bidule (André, 1967) ou Le trouble-fesses (Foulon, 1976). Les cinéphiles connaissent bien son visage grâce à ses diverses apparitions dans les films de Louis de Funès : il est un postier à la Gare de Lyon dans La Grande Vadrouille (Oury, 1966), celui qui confirme à Bourvil que le train vient de partir ; le valet qui annonce "Monsei...sei...c'est la..la,la....la Reine !" dans La folie des grandeurs (Oury, 1971) ou le gendarme septique devant le racisme latent de Victor Pivert dans Les aventures de Rabbi Jacob (Oury, 1973). On l'a revu dernièrement chez Olivier Marchal (MR 73, 2007).

C'est un grand plaisir de souhaiter un très joyeux anniversaire à Clément Michu, 
qui fête aujourd'hui ses 77 ans !


lundi 25 novembre 2013

Bon anniversaire à ... Armand Mestral (1917-2000)



Armand Mestral est un acteur pour lequel j'ai beaucoup d'affection même si, hélas, on ne parle plus beaucoup de lui aujourd'hui. Chanteur à la belle voix grave (il est l'interprète d'une jolie version du Chant du départ), il fut aussi aussi acteur dans une soixantaine de films ou téléfilms, trouvant quelques bons rôles avec Sacha Guitry (Napoléon, 1954), Claude Autant-Lara (Vive Henri IV, vive l'amour, 1960), Jean-Paul Le Chanois (Mandrin, bandit gentilhomme, 1962), Julien Duvivier (Chair de poule, 1963), José Giovanni (Deux hommes dans la ville, 1972) ou Robert Hossein (Les misérables, 1982).

Outre le fait d'avoir été le patron sportif de Bourvil dans Le tracassin ou les plaisirs de la ville (Joffé, 1961), le beau-frère de Jacques Brel dans l'efficace Mon oncle Benjamin (Molinaro, 1969), je considère que son meilleur rôle reste celui de Lantier, l'amant de la Gervaise de René Clément en 1956. Son charisme et son charme sont indéniables et il y a de quoi regretter qu'ils ne furent plus exploités par la suite.

Né le 25 novembre 1917 à Paris, Armand Mestral aurait fêté aujourd'hui ses 96 ans !

dimanche 24 novembre 2013

De nouvelles idées de cadeaux ?

Dans un mois, la plupart d'entre nous aura la chance de découvrir au pied d'un sapin quelques jolis cadeaux de Noël. Hélas, pour ceux qui ne croient plus au Père Noël, le mois précédent est source d'anxiété pour trouver ces fameux présents. L'âge d'or du Cinéma Français se propose de faire le point sur quelques sorties récentes ou à venir, de quoi aider les plus cinéphiles d'entre vous à faire un choix !

Des Blu-ray façon puzzle !


A paraître ou déjà sortis, quelques Blu-ray de classiques du cinéma français : Un singe en hiver (Verneuil, 1962), indémodable depuis plus de cinquante ans et qui cartonne toujours lors de ses passages à la télévision, ressort en Haute Définition agrémenté de bons bonus ; tout comme Le clan des siciliens (Verneuil, 1969), l'excellent Président (Verneuil, 1961) et Mélodie en sous-sol (Verneuil, 1963), avec lequel j'ai plus de mal. Ces ressorties semblent de très bonne qualité aux dires des spécialistes. A noter qu'un coffret Blu-ray avec ces titres existent à la FNAC.

Coïncidence un peu triste bien sûr, les 50 ans de la sortie des Tontons flingueurs (1963) sont marqués par la disparition de leur réalisateur, un des derniers tontons de l'équipe (restent Venantino Venantini que l'on a vu dévasté de chagrin, Claude Rich ...).Gaumont, qui ne perd pas le Nord, offre aux spectateurs les plus monomaniaques un superbe coffret collector (édition limitée à 5000 exemplaires) regroupant le Blu-ray, le DVD, des montagnes de bonus, un livre sur Michel Audiard, la bande originale de Michel Magne et le scénario original du film ... pour la petite somme de 120€. Un intérêt assez limité, il faut bien le reconnaître, mais qui plaira forcément à quelques inconditionnels ... les Années Laser parlent d'édition définitive et lui octroient un 10/10. De quoi attendre avec impatience les surprises de l'édition du centième anniversaire ! Gageons que Les barbouzes (Lautner, 1964) connaîtront peut-être le même sort l'année prochaine. Soyons fous, puisque c'est bientôt Noël, à quand ce type de coffret pour Quelques messieurs trop tranquilles (1972) ?


Yves Robert reste, lui aussi, un indémodable ... sur quelques titres. Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) ressortent en Blu-ray, toujours dans l'excellente collection restaurée de Gaumont et rejoignent le génial Alexandre le bienheureux (1967) sorti en avril dernier. De même, signalons le cadeau de Noël indispensable, le Blu-ray de l'Assassin habite au 21 (Clouzot, 1942), un des très grands films de Henri-Georges Clouzot avec Pierre Fresnay et ... notre chère Suzy Delair, qui m'a confirmé n'avoir pas été appelée pour le documentaire en bonus. Rageant ! Évoquons aussi les sorties en HD du très agréable Mon oncle Benjamin (Molinaro, 1969) avec un Jacques Brel en grande forme et de très bon seconds rôles ; des Risques du métier (Cayatte, 1967) avec Brel et Emmanuelle Riva ; de la Folie des grandeurs (Oury, 1971) qui ne fait jamais de mal à personne !

Des classiques et des raretés en DVD


Commençons pour une fois par René Chateau, qui ne se modernise pas beaucoup mais qui a l'avantage de rester fidèle à une certaine tradition. En sortie récente, Retour à l'aube (Decoin, 1938) avec la belle Danièle Darrieux, Les mains sales (Rivers, 1951) avec Pierre Brasseur et Daniel Gélin, Le bal des pompiers (Berthomieu, 1949) avec Paulette Dubost, Claude Dauphin et Henri Crémieux, Le portrait de son père (Berthomieu, 1954) avec Jean Richard et Brigitte Bardot ou Quartier latin (Colombier, 1939) avec Blanchette Brunoy et Yves Deniaud.


Dans la collection rouge de chez Gaumont, en sorties non restaurées, signalons Les lions sont lâchés (Verneuil, 1961) avec Claudia Cardinale et Michèle Morgan et Vive Henri IV, vive l'amour (1961) où Claude Autant-Lara réunissait un impressionnant casting pour un film d'époque. Déjà en rayons depuis quelques jours, l'excellent Miroir à deux faces (Cayatte, 1958) réunissant Michèle Morgan, Gérard Oury et Bourvil. Depuis le 13 novembre sont également disponibles Avec le sourire (Tourneur, 1936) avec Maurice Chevalier et Il suffit d'une fois (Felix, 1946) avec Edwige Feuillère et Fernand Gravey. Pour Noël, Gaumont propose quelques coffrets de films rares (3 DVD) pour 20€ généralement : au menu des coffrets Fernandel, Julien Duvivier, Suzy Delair, Claude Autant-Lara, Caroline Chérie, Yves Robert etc. C'est encore assez rare pour être signalé !

Chez LCJ Éditions, moins connu mais diablement efficace, la collection Les films du collectionneur s'enrichie de quelques titres supplémentaires, tels Le bateau à soupe (Gleize, 1947) avec Charles Vanel et Alfred Adam, Le baron fantôme (Poligny, 1943) ou Le vieux fusil (Enrico, 1975) - disponible également en Blu-ray depuis septembre dernier, et qui a rencontré un beau succès à la vente ! LCJ propose également plusieurs coffrets typiquement recherchés à Noël, avec à chaque fois trois DVD ; sont à l'honneur Jean Marais, Jean-Louis Trintignant, Michel Serrault, Romy Schneider, Jean Cocteau et Lino Ventura. L'intérêt de ces coffrets un poil chers est d'offrir des films un peu moins connus tels Le saint prend l'affût (Christian-Jaque, 1966), Le maître nageur (Trintignant, 1978) ou Le bateau d'Emile (La Patellière, 1962). Toujours disponibles : Le chant de l'exilé (Hugon, 1943) pour les inconditionnels de Tino Rossi.

Et allez, puisque les cinéphiles ne sont pas bornés, un mot pour signaler la ressortie en Blu-ray prestige d'un chef d'oeuvre du cinéma américain, La porte du Paradis (Cimino, 1980) avec la jolie Isabelle Huppert, et d'un chef d'oeuvre suédois, Le septième sceau (Bergman, 1957).

Un peu de littérature cinéphile ?

Noël n'est pas forcément la bonne période pour trouver de bons livres sur le cinéma puisque l'occasion est trop belle pour certains éditeurs de sortir quelques vieux torchons réchauffés par des journalistes. Mais cherchons quand même quelques perles, avec un peu d'espoir.


Des mémoires ou livres de souvenirs d'abord - même s'ils sont parfois opportunistes, il y a toujours quelques bonnes choses à sauver dans la vie des artistes qu'on aime ! Jean Rochefort publie Ce genre de choses (Stock) dont je n'ai lu que des bribes, sympathiques ; Mireille Darc publie Une femme libre (Flammarion), sorte de journal de bord si j'ai bien tout compris mais dont j'ignore à peu près tout. Le titre a de quoi rebuter mais il faudra se faire un avis. On reparle aussi de Michel Serrault intime, par sa fille, ce qui peut rassurer un peu. Là encore, je n'ai même pas encore feuilleté le livre mais il tombe à pic pour que Laurent Delahousse consacre un nouveau Un jour, un destin au comédien ... opportunisme, quand tu nous tiens.

Plus intéressant, José-Alain Fralon consacre une biographie à Maurice Ronet, excellent acteur instinctif, au regard et au jeu puissants, mort très jeune d'un cancer et dont la discrétion n'a pas aidé à la postérité. Pour 19€ il sera désormais possible de se faire une idée sur la vie de celui qui fut, entre autres, le rival à l'écran de Alain Delon dans Plein Soleil (Clément, 1960). Chez City Editions, à paraître en novembre 2013, une énième biographie sur Jean Marais, Une histoire vraie. Pour fêter le centenaire de sa naissance, c'est sympathique mais l'auteur étant déjà le responsable d'un Louis de Funès intime et d'un Bourvil, une histoire vraie, j'ai la plus grande méfiance. Je préfère encore me rabattre sur La belle et la bête, les coulisses d'un tournage de Dominique Marny. On trouvera aussi facilement des livres sur Michel Audiard (qui aurait cru qu'un dialoguiste, fut-il de grand talent, serait à ce point sollicité par les éditeurs ?), tout autant que sur Audrey Hepburn ou Marilyn, à croire qu'il faut avoir écrit sur elles pour vendre.

A paraître, un livre de Victor Lanoux (2 heures à tuer au bord de la piscine). J'adore cet excellent comédien mais il y a peu de chances que j'achète cet ouvrage. A vous de me dire si c'est une erreur. Plus intriguant (encore que ...), Raimu mon grand-père, l'occasion de se rappeler au bon souvenir de cet acteur fabuleux.

Enfin, et c'est un grand plaisir de pouvoir l'évoquer, la sortie chez Christian Navarro éditeur des mémoires de Yves Vincent, sympathique comédien populaire né en 1921 et manifestement toujours en forme, que tout le monde connaît grâce à ses incursions dans les films de Louis de Funès. Voulez vous en sourire avec moi ? est disponible sur le site de l'éditeur pour 24€.
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