lundi 9 décembre 2013

Sur les traces de Maurice Chevalier à Marnes-la-Coquette (92)

J'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique simplement intitulée Mémoire. Tous les cinéphiles et probablement une grande partie des visiteurs de ce blog la font vivre chaque jour en regardant des films, publiant des articles, éditant des DVD, achetant des vieux magazines ou en se rendant sur des lieux chargés d'un passé cinématographique ou nostalgique.



C'est à une première visite que je vous invite aujourd'hui et je suis convaincu que vous avez été nombreux à la faire avant moi. Lorsque je me rends à Versailles admirer les grandeurs lointaines de notre beau pays, je ne manque jamais de faire un petit crochet par Marnes-la-Coquette, charmant petit village des Hauts-de-Seine où Maurice Chevalier possédait sa fameuse demeure, La Louque, ainsi nommée en hommage à sa mère adorée. Et comme Victor Hugo à qui, jadis, on pouvait écrire en sa rue, c'est dans une allée portant le nom de l'illustre artiste que je m'engouffre.



La Louque est une imposante bâtisse au milieu de la rue Maurice Chevalier, la plupart du temps fermée, encore qu'on pouvait parfois avoir la chance d'y pénétrer il y a peu. Aujourd'hui, la maison est à vendre pour un peu moins de dix millions d'euros.



Enfin, un petit détour par le cimetière de Marnes-la-Coquette permet d'admirer l'imposante dernière demeure de Maurice Chevalier où l'artisan de France, comme il est inscrit sur la pierre tombale, repose aux côtés de sa mère depuis 1972.
Photos personnelles

Documents : Maurice Chevalier

Ce lundi 9 décembre, une grande partie de la collection privée de la célèbre Louque de Maurice Chevalier, sa maison à Marnes-la-Coquette, est dispersée aux enchères à l'hôtel Drouot. Ainsi la maison qui était restée inchangée depuis 1972 va perdre un peu de sa valeur sentimentale - pour de tristes raisons financières, comme souvent. Pour évoquer avec vous le souvenir de Maurice de Paris, je vous propose cette fiche que les cinéphiles connaissent bien, issue des Portraits de Stars : Encyclopédie du Cinéma.


dimanche 8 décembre 2013

Décès de Mado Maurin (1915-2013)



Presque centenaire, nous apprenons le décès de la comédienne Mado Maurin, apparue dans quelques films des années 1970 et 1980, dont Je sais rien mais je dirai tout (Richard, 1973) où elle incarne une femme qui attend depuis des années à la sécurité sociale - photo ci-dessus -, La femme flic (Boisset, 1979), Un mauvais fils (Sautet, 1980) ou Les misérables (Hossein, 1982). Depuis plusieurs années, outre une activité théâtrale aux côtés de son ami Laurent Baffie, elle consacrait beaucoup de son temps à évoquer la mémoire de son fils, Patrick Dewaere.

Décès de Edouard Molinaro (1928-2013)



J'évoquais avec tristesse il y a quelques jours, lors du décès de Georges Lautner, la triste réalité du titre de cette rubrique, Série Noire. Le destin me rattrape à nouveau, et c'est quelques heures après m'être penché sur la tombe du réalisateur des Tontons flingueurs (1963) à Nice que j'ai appris la disparition de Edouard Molinaro. A croire que tous les grands faiseurs du cinéma français encore en vie vont tous nous laisser seuls à quelques semaines d'intervalles.

J'ai un peu honte d'avouer que, longtemps, le nom de Edouard Molinaro est resté sans visage, puis sans référence cinématographique précise, à l'instar d'un Claude Zidi que je dois toujours considérer comme un bon artisan chez qui il ne faut rien attendre de génial, sinon un honnête divertissement. Mon premier souvenir d'enfance lié au réalisateur disparu remonte à Mon oncle Benjamin (1969), que mon père adore et que nous avions sur une vieille VHS. Le film n'a pas vieilli et j'évoquais il y a quelques temps sa récente sortie en Blu-ray haute définition. Puis ce fut mon ère de Funès, avec Oscar (1967) et Hibernatus (1969), deux comédies très enlevées reposant (presque) entièrement sur le génie comique de son principal interprète. Les cinéphiles connaissent les anecdotes par cœur : Molinaro ne riant pas aux gags de son acteur vedette fit venir un "public" de techniciens pour tourner la grande scène du téléphone ; Claude Rich coléreux face aux remontrances de la star sur ce que faisait Guy Bertil ... Suivirent L'emmerdeur (1973), La cage aux folles (1978), A gauche en sortant de l'ascenseur (1988), d'élégantes adaptations théâtrales très vives, préfigurant (et pour cause !) la future recette des succès d'un certain Francis Veber. Les découvertes du Souper (1992) et de Beaumarchais, l'insolent (1996) furent de très bonnes surprises et j'utilise encore aujourd'hui le dernier film de Edouard Molinaro dans mes cours sur l'Europe des Lumières.

J'ai entendu l'interprète de Beaumarchais, Fabrice Luchini, évoquer l'amour de Molinaro pour ses acteurs. Sur Facebook, Christian Rauth a rendu hommage à sa façon au réalisateur : "J'ai eu le plaisir de travailler sous sa direction, quand en manque de boulot (Eh oui! Le réalisateur de l'Emmerdeur ne bossait plus au cinéma, tout comme Georges Lautner... ) Edouard était venu réaliser des épisodes de Navarro. Un homme d'une grande modestie, d'une grande gentillesse et extrêmement attentif aux travail des acteurs qu'il aimait sincèrement. Pas d'esbroufe, pas de posture, juste l'amour du métier."

A l'image d'un film que j'adore absolument, Pour cent briques t'as plus rien (1982), le cinéma d'Edouard Molinaro semble donc être entièrement dévoué à ses interprètes et de fait, lorsque l'on tourne avec des grandes stars comme lui, aux seconds rôles. Loin des affres de la Nouvelle Vague, Molinaro fut un cinéaste à l'ancienne, classique, offrant la part belle aux acteurs de l'ombre, quitte à en faire aux premiers. Hibernatus est un exemple réussi, et presque unique dans la seconde partie de la carrière de Louis de Funès, où la star comique n'est plus qu'un comparse, un élément de bande autour de son fils, Claude Gensac, Yves Vincent, Paul Preboist ou Bernard Alane. On retrouve cette sensation, de manière plus prononcée, dans Beaumarchais l'insolent ou Mon oncle Benjamin. C'est probablement pour cette raison que les cinéphiles amoureux du cinéma français pleurent aujourd'hui encore la disparition d'un grand nom, populaire, dont il reste à redécouvrir beaucoup de pépites, notamment dans ses premiers films, plus dramatiques. Je ne connais pas grand chose de cette première période et regrette amèrement de m'y intéresser en forme d'hommage posthume.


lundi 2 décembre 2013

Documents : Lady Paname (1950)

Pour compléter mon article sur la seule réalisation de Henri Jeanson, Lady Paname (1950), voici la couverture et la quatrième d'un document d'époque, bien connu des cinéphiles collectionneurs, le magazine Mon Film, numéro 216, du 11 octobre 1950.


samedi 30 novembre 2013

"SALONIQUE, NID D'ESPIONS" (de Georg Wilhelm Pabst, 1937)

En quelques mots : A la fin de la Première Guerre Mondiale, sur le front d'Orient. Mademoiselle Docteur, insaisissable espionne au service de l'Allemagne, est envoyée à Salonique, en Grèce, pour aider l'empire germanique à lancer une contre attaque sur les forces des Alliés. Mais un traître menace de la démasquer.

Salonique, nid d'espions est une très belle surprise. Réalisée en 1937 par Georg Wilhelm Pabst, réalisateur allemand exilé en France depuis l'arrivée au pouvoir des nazis dans son pays, cette aventure d'espionnage mériterait d'être redécouverte. Servie par un imposant casting franco-allemand, elle a l'originalité de proposer une histoire traitant des services d'espionnage pendant la Première Guerre Mondiale, qui plus est sur le front d'Orient entre la Grèce et la Bulgarie - une partie de l'Europe en guerre souvent méconnue du grand public, à l'image du Capitaine Conan de Vercel (adapté au cinéma par Bertrand Tavernier en 1996). En outre, l'espion de grand talent et recherché activement par les Alliés est une femme, autour de qui tout s'organise. Cette seconde originalité ne doit, toutefois, pas faire illusion, Salonique est un film d'hommes, où LA femme est un homme comme les autres. L'argument posé, le film offre tous les éléments classiques d'un grand film d'aventures, fait de jolies femmes mystérieuses, d'agents doubles, de traîtres, d'hommes d'honneurs, d'exotisme et d'un petit brin de fantaisie.



Le seul problème du film vient, hélas, de la copie abîmée, très médiocre et aujourd'hui introuvable dans une meilleure version DVD - d'où parfois un souffle ou des plans coupés qui rendent inintelligibles quelques scènes, ce qui dérange dans un film d'espionnage où chaque élément a son importance. Qu'importe puisque le résultat est plus qu'agréable à visionner. On y retrouve pêle-mêle Pierre Blanchar en agent à double tranchant, argument comique du film avec son improbable fez vissé sur la tête ; Louis Jouvet en sombre espion allemand, très sobre même lors d'une jolie séquence comique avec Jean-Louis Barrault, manifestement fou ; Charles Dullin dans un trop court rôle d'officier ; Pierre Fresnay dans un ersatz sans épaisseur du capitaine de Boëldieu de La Grande Illusion (Renoir), tournée la même année ! ; Viviane Romance sous employée à jouer les charmantes danseuses de cabaret, même si son rôle est important ; Dita Parlo enfin, en espionne sensuelle et courageuse.


Salonique souffre de quelques longueurs, dues à une baisse de rythme que l'on retrouve dans beaucoup de films de cette époque, qui n'utilisent pas assez la musique. Pourtant, force est de reconnaître l'évident plaisir qui se dégage de ces scènes entre Pierre Blanchar, Pierre Fresnay et Dita Parlo ; Louis Jouvet et Jean-Louis Barrault. Le réalisateur sert un grand spectacle sur un fond historique oublié, avec suspens et action (une jolie course poursuite en voitures à la fin). Une sortie restaurée en DVD serait vraiment une grande idée et permettrait au plus grand nombre de redécouvrir ce charmant film d'espionnage.

vendredi 29 novembre 2013

Les idoles sont sur Facebook !

L'âge d'or du Cinéma Français est présent sur Facebook depuis maintenant quelques mois et rencontre un succès que je n'aurais pas imaginé. Vous êtes aujourd'hui près de 350 à suivre régulièrement les mises à jour du blog, les actualités, les partages des internautes. Je ne peux que vous remercier à nouveau de votre fidélité et encourage les visiteurs qui le souhaitent à aimer la page Facebook du blog, avec ce lien ou grâce au menu de gauche. Certains internautes inscrits sur la page ont également pu voir que j'ai créé dernièrement un certain nombre de pages fan, consacrées entièrement à un acteur ou une actrice. Dans cette immense usine à gaz, certains tirent leur épingle du jeu et il n'est pas rare de voir de jeunes starlettes à la maigre filmographie dépasser le million de fans. Ainsi Facebook peut-il devenir, à mon sens, un tremplin pour réhabiliter un artiste oublié, continuer à parler de sa carrière, de ses films. Dès lors, vous pouvez consulter et liker les pages fan des artistes suivants :

          | Page Facebook de Suzy Delair
               | Page Facebook de Pierre Blanchar
                    | Page Facebook de Micheline Francey
                         | Page Facebook de Jacques Dufilho

jeudi 28 novembre 2013

"LA BÊTE HUMAINE" (de Jean Renoir, 1938)



En quelques mots : Lantier est le conducteur d'un train qui relie régulièrement Paris au Havre. Victime de pulsions meurtrières, il a cessé de boire de l'alcool et ne semble apaisé que sur sa locomotive. Retenu en Normandie après une avarie, il tombe amoureux de la femme du sous-chef de la gare, lequel vient de tuer l'amant de celle-ci.

C'est toujours une grande joie de revoir, sur grand écran et en version restaurée, un film de Jean Gabin. Il y a quelques mois c'était La Grande Illusion (Renoir, 1937), aujourd'hui La Bête humaine est à l'honneur un peu partout en France pour accompagner la sortie du Blu-ray (StudioCanal). La scène d'ouverture n'a rien perdu de son souffle - la première image est une chaudière qui hurle, Gabin et Carette ne peuvent pas s'entendre et communiquent par signaux. A toute vapeur, la caméra nous plonge pendant une dizaine de minutes sur les derniers kilomètres du Paris-Le Havre dans les années 1930, à tel point que le spectateur peut croire sans mal qu'il est à l'intérieur de la locomotive. Le roman original de Zola est adapté par Jean Renoir, un peu rapidement parfois, et souffre aujourd'hui d'un classicisme encombrant : des scènes d'amour pudiques avec des fins où les deux personnages regardent vers l'horizon, joue contre joue ; des interprétations théâtrales de la part de Simone Simon ; une trame romanesque un peu longuette (propre aussi au roman). De quoi remettre en question le qualificatif de Chef d'oeuvre, rapidement évoqué dans la presse pour cette ressortie au cinéma. L'âge d'or du Cinéma Français n'ira pas jusqu'à là.



Toutefois, force est de reconnaître que La Bête humaine peut se targuer de nombreuses qualités, notamment sur la manière de filmer une classe sociale. Dès les premiers plans du film, on se croit et on se rêve cheminot, dans la suie, l'huile et l'enfer d'une locomotive à vapeur. Les films contemporains ne s'aventurent que très rarement à filmer des petites gens, des ouvriers, préférant la nouvelle petite bourgeoisie urbaine et fortunée. Chez Renoir, les hommes sont libres, face à leurs destins, dignes. De fait, l'excellent casting y participe : Julien Carette en compagnon de route, Fernand Ledoux en assassin brisé, Blanchette Brunoy pour quelques minutes de grâce à la campagne, Jean Renoir en ouvrier gueulard ou encore Marcel Pérès, éternel troisième couteau.

Jean Gabin trouve là l'un de ses meilleurs rôles, d'une intensité remarquable malgré des dialogues souvent mièvres. Sa folie est contenue - il n'a d'ailleurs rien d'une bête humaine - mais explose lorsqu'il approche du bonheur. Par son ascendance familiale (il est le fils de Gervaise et se fend d'une longue tradition d'alcoolisme), il est devenu un inadapté à tout ce que la société peut lui offrir de bon, sa vie se résume au train d'enfer qu'il conduit vers un seul endroit, son propre terminus. La manière dont Renoir filme d'ailleurs son suicide est remarquable car sans les fards d'une multitude de plans. Lantier a sauté en marche, avec allure. Et déjà il faut dégager la voie pour que tout continue.

Documents : L'assassin a peur la nuit (1942)

Publié en 1946, ce Nouveau Film Complet était consacré entièrement au film L'assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942), avec la jolie Louise Carletti en couverture.


Documents : L'homme au chapeau rond (1947)

Comme beaucoup de cinéphiles, légèrement monomaniaques sur les bords, je collectionne tous les documents qui touchent de près ou de loin à ma passion pour le cinéma français (et américain). Ce blog me paraît l'endroit idéal pour continuer à partager avec les internautes, toujours plus nombreux, quelques pièces. J'ouvre donc cette nouvelle rubrique, intitulée simplement Documents, avec un petit magazine publié en 1947, Le Nouveau Film Complet, consacré à L'homme au chapeau rond (Billon, 1946) dernier film de Raimu.


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