Nous apprenons à l'instant, avec peine, la mort du réalisateur français Denys de la Patellière. L'âge d'or du cinéma français lui avait fêté son anniversaire le 8 mars dernier, arguant qu'il était l'un des derniers cinéastes encore en vie de notre époque privilégiée. Il s'est éteint à quelques kilomètres de chez moi, en Bretagne.
Fidèle à ses acteurs et à une mise en scène classique, académique mais au service de l'histoire, il fut le réalisateur célèbre d'Un taxi pour Tobrouk (1960) et du Tatoué (1968), où la rencontre Gabin-Funès fait, aujourd'hui encore, couler beaucoup d'encre. Outre ses deux grands succès passés à la postérité, on lui doit une histoire d'Aristocrates avec Pierre Fresnay (1955, son premier film), Rue des prairies (1959) avec Jean Gabin, Le tonnerre de Dieu (1964), Du rififi à Paname (1965), un étonnant Voyage du père avec Fernandel (1966) et un remake du laborieux Caroline Chérie de Richard Pottier.
Mon film préféré de Denys de la Patellière reste, comme beaucoup, Les grandes familles (1958), excellente histoire familiale où s'affrontent Jean Gabin et Pierre Brasseur, servis par quelques très bonnes répliques et un par un scénario sombre et sans concessions.
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dimanche 21 juillet 2013
vendredi 8 mars 2013
Bon anniversaire à ... Denys de la Patellière (1921)
Il y a de nombreuses années que Denys de la Patellière est retiré du métier, après une fin de carrière à la télévision - pour autant son nom continue de s'inscrire en haut de l'affiche par l'intermédiaire de son fils Alexandre, jeune réalisateur récemment représenté aux Césars pour son film Le Prénom, adapté de sa propre pièce de théâtre.
Né en 1921, c'est avec grand plaisir que nous souhaitons un très joyeux anniversaire à Denys de la Patellière, qui fête aujourd'hui ses 92 ans !
jeudi 2 août 2012
"LES GRANDES FAMILLES" (de Denys de la Patellière, 1958)
En quelques mots : Noël Schoudler (J. Gabin) règne sur un empire industriel familial en patriarche, et tente tant bien que mal de s'opposer aux vues réformatrices de son fils héritier (J. Desailly). Il décide même de lui donner une leçon de vie en lui confiant la responsabilité d'une partie de la société. Reste, en marge de la famille, un cousin excentrique (P. Brasseur), qui entend bien avoir sa part du gâteau.
On jubile d'avance à voir l'affiche et le casting de ce très bon film de Denys de la Patellière, regroupant autour de Jean Gabin, magistral, Pierre Brasseur dans le rôle du cousin "vilain petit canard", frivole et rusé, Jean Desailly et sa jeunesse aventureuse, Françoise Christophe en tendre épouse, Bernard Blier en secrétaire dévoué et Louis Seigner en banquier attiré par le gain. Le tout dialogué avec brio par Michel Audiard, d'après un roman de Maurice Druon.
Les grandes familles reste donc, on l'aura compris, un film de dialoguiste et d'acteurs - la mise en scène étant, comme toujours chez la Patellière, très sage (la présentation des personnages est l'illustration de cette lourdeur). Jean Gabin est évidemment tout trouvé pour ce rôle de patriarche imposant et respecté, tout comme Bernard Blier, encore habitué à cette époque aux personnages effacés et intelligents ; rôle qu'il fera évoluer quelques années plus tard, dans un même registre, avec Le Président (de Henri Verneuil, 1961), toujours face à Gabin.
Pierre Brasseur est l'élément comique du film, qui s'ouvre avec une scène très drôle dans une église, pour l'enterrement d'un personnage important de la famille, académicien. Le cousin indésirable arrive alors avec une femme à son bras, et s'installe derrière Gabin pour ironiser malicieusement de la situation. Le paroxysme est atteint lors de la quête, où il annonce, en lâchant quelques billets, "Laissez ! C'est ma tournée !"
Malgré ces quelques moments amusants, le film est grave, se concentrant sur la difficile relation père-fils (Gabin/Desailly) et sur les retors financiers d'une opération de restructuration de l'entreprise. En cette période de crise, Les grandes familles apparaît, à l'instar du film de Verneuil, encore plus intéressant, car largement en dessous de ce qui existe probablement aujourd'hui - les boursicoteurs et grands banquiers sont assez faciles à piéger.
La fin, classique, reste assez sobre et juste, après un tournant dramatique intense (où l'on voit même, fait rare, Gabin pleurer).
Extraits audio :
/ Pierre Brasseur sur les "Droites" :
/ Gabin/Desailly sur Picasso et la presse :
On jubile d'avance à voir l'affiche et le casting de ce très bon film de Denys de la Patellière, regroupant autour de Jean Gabin, magistral, Pierre Brasseur dans le rôle du cousin "vilain petit canard", frivole et rusé, Jean Desailly et sa jeunesse aventureuse, Françoise Christophe en tendre épouse, Bernard Blier en secrétaire dévoué et Louis Seigner en banquier attiré par le gain. Le tout dialogué avec brio par Michel Audiard, d'après un roman de Maurice Druon.
Les grandes familles reste donc, on l'aura compris, un film de dialoguiste et d'acteurs - la mise en scène étant, comme toujours chez la Patellière, très sage (la présentation des personnages est l'illustration de cette lourdeur). Jean Gabin est évidemment tout trouvé pour ce rôle de patriarche imposant et respecté, tout comme Bernard Blier, encore habitué à cette époque aux personnages effacés et intelligents ; rôle qu'il fera évoluer quelques années plus tard, dans un même registre, avec Le Président (de Henri Verneuil, 1961), toujours face à Gabin.
Pierre Brasseur est l'élément comique du film, qui s'ouvre avec une scène très drôle dans une église, pour l'enterrement d'un personnage important de la famille, académicien. Le cousin indésirable arrive alors avec une femme à son bras, et s'installe derrière Gabin pour ironiser malicieusement de la situation. Le paroxysme est atteint lors de la quête, où il annonce, en lâchant quelques billets, "Laissez ! C'est ma tournée !"
Malgré ces quelques moments amusants, le film est grave, se concentrant sur la difficile relation père-fils (Gabin/Desailly) et sur les retors financiers d'une opération de restructuration de l'entreprise. En cette période de crise, Les grandes familles apparaît, à l'instar du film de Verneuil, encore plus intéressant, car largement en dessous de ce qui existe probablement aujourd'hui - les boursicoteurs et grands banquiers sont assez faciles à piéger.
La fin, classique, reste assez sobre et juste, après un tournant dramatique intense (où l'on voit même, fait rare, Gabin pleurer).
Extraits audio :
/ Pierre Brasseur sur les "Droites" :
/ Gabin/Desailly sur Picasso et la presse :
| Bernard Blier et Jean Gabin dans Les grandes familles (1958) |
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