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mardi 20 novembre 2012

"MONSIEUR VINCENT" (de Maurice Cloche, 1947)



En quelques mots : Au XVIIe siècle, le nouveau curé de Châtillon, Vincent de Paul, découvre avec effroi que les habitants laissent mourir une femme pestiférée et s'enferment dans leurs maisons. Avec un ancien soldat, il l'enterre et sauve sa petite fille. Dès lors, une aura entoure le nouveau prêtre qui doit bien vite retourner à Paris où sa réputation le précède.

Vincent de Paul est devenu Saint en 1737, près de 80 ans après sa mort et représente pour beaucoup, encore aujourd'hui, un modèle de charité et de dévouement envers son prochain. Réaliser un film sur un Saint est très compliqué car il ne s'agit pas de tomber dans l'hagiographie sans nuances ou de montrer volontairement des choses qui pourraient entacher une telle figure. Monsieur Vincent, du surnom qu'on lui donna de son vivant, échappe à ces deux extrêmes et tente de représenter une partie de la vie de celui qui fonda La Congrégation de la Mission et Les Sœurs de Saint Vincent de Paul, particulièrement sa prise de conscience de la misère et des inégalités du monde qui l'entoure. Réalisé en 1947, le film est aussi une ode à l'apaisement des tensions entre toutes les couches de la société, riches et pauvres, et montre que dans des temps difficiles il y a toujours un homme de bien qui fait honneur à l'Humanité. Pierre Fresnay, qui avait connut des difficultés au sortir de la guerre pour son engagement à la Continental et pour sa participation au Corbeau (1942), incarne ici l'un des hommes les plus admirés de l'Histoire de France, des plus rassembleurs, bien au dessus de tout clivage.

Évidemment, ce thème reste d'actualité - il y a même fort à parier qu'il sera de plus en plus universel - et le film conserve une grande force pour des séquences qui font écho à ce que nous entendons au quotidien dans les médias. Face à Monsieur Vincent qui vient demander du pain et de l'argent, il n'est pas étonnant d'entendre le chancelier dire que "la France aussi a faim : de sécurité, d'ordre" et d'ajouter qu'il n'y aura plus de pauvres car ils vont être arrêtés et internés. La figure du mal nourri est toujours très justement replacée dans sa dualité, écart immense entre le misérable que l'on veut aider mais qui nous répugne par sa misère. Les scènes majeures du film sont d'ailleurs toutes là, des discussions de riches dames qui se concurrencent pour savoir qui va aider le plus de pauvres ou de religieuses qui finissent pas baisser les bras devant des affamés qui ne les respectent pas.


Au milieu de tout ça, Vincent de Paul fait figure de Saint, c'est le cas de le dire. La transformation physique de Pierre Fresnay est tout à fait étonnante de mimétisme, l'acteur disparaissant progressivement au profit de l'âme du religieux, particulièrement dans une des dernières scènes du film où Monsieur Vincent, vieillard admiré de tous, discute avec la Reine de France au coin du feu. On ne peut s'étonner qu'il fut récompensé à la Biennale de Venise par le prix d'interprétation masculine, qui n'est pas dû qu'au maquillage.

D'un classicisme de circonstance, le réalisateur Maurice Cloche n'offre pas une mise en scène de génie mais adaptée à son scénario - il aurait d'ailleurs été vain de vouloir en faire trop avec une telle histoire - et habilement mise en lumière par l'excellent Claude Renoir qui joue sans cesse avec les contrastes comme dans cette magnifique séquence où les bienfaitrices demandent à en faire moins, Vincent passant de l'obscurité à la lumière. On peut également louer le travail de Jean Anouilh et Jean-Bernard Luc sur le scénario et les dialogues, offrant à leur interprète principal des moments pour la mémoire (la séquence finale). On peut aussi avoir plaisir à retrouver Jean Debucourt, Jean Carmet, Pierre Dux ou Gabrielle Dorziat. Michel Bouquet, dans son premier rôle au cinéma, fait comprendre à Vincent, par un très beau monologue, que les pauvres ne peuvent pas s'attendrir sur la misère des pauvres ; Marcel Pérès obtient un tout aussi beau rôle de soldat au cœur tendre sous une allure insolente.

Pour autant, le film ne plaira pas au plus grand nombre ; certains y verront la pénible histoire d'un homme sans défauts, les autres un film où l'académisme s’étouffe dans les bons sentiments et la caricature. J'ose y voir quant à moi l'histoire d'un Saint homme restituée le plus humblement possible par un grand acteur. C'est déjà beaucoup et ça fait du bien.

mardi 6 novembre 2012

Bon anniversaire à ... Michel Bouquet (1925-...)

On en parle avec beaucoup de respect aujourd'hui de Michel Bouquet. A presque 90 ans, on le retrouve toujours sur les planches, même si ce n'est pas toujours pour les bonnes raisons (il avait déclarer continuer à travailler, parfois avec peine, car il n'avait pas d'argent) et de temps à autre au cinéma. Le promeneur du Champs-de-Mars (2004) était une formidable composition et le film ne reposait que sur ses épaules. Pour son anniversaire, et par plaisir personnel, je me permets de vous proposer une photo du film Pattes Blanches (1949), un de ses premiers rôles au cinéma. Et à qui appartient cette jolie main sur son épaule ? A Suzy Delair !


Né le 6 novembre 1925 à Paris, Michel Bouquet fête aujourd'hui ses 87 ans !

mercredi 8 août 2012

"BONS BAISERS... A LUNDI" (de Michel Audiard, 1974)

En quelques mots : Trois braqueurs minables s'introduisent chez Frankie Strong, un homme riche et excentrique, pour le dévaliser. Manque de chance, ils débarquent en pleine soirée privée et personne n'a d'argent liquide. Frankie accepte de faire un chèque, mais les gangsters doivent attendre l'ouverture des banques et passer le weekend avec leurs otages. Une longue, pleine de rebondissements, s'annonce.

Michel Audiard n'a pas été un bon metteur en scène, et si drôle soient les dialogues de Faut pas prendre les enfants du bon Dieu..., Comment réussir dans la vie... ou Elle cause plus, elle flingue, la réalisation reste plate, souvent inerte et fait perdre beaucoup des qualités des films. Ce dernier long-métrage ne déroge pas à la règle, encore qu'il ne soit pas le pire de tous. C'est donc pour les acteurs et les dialogues qu'il faut voir Bons baisers... à lundi, et pour les quelques moments de pure comédie qu'ils renferment.



La première partie en huit clos est la moins digeste, malgré quelques bons moments. Il faut attendre le départ vers la maison de campagne pour savourer quelques très bons dialogues du maître - j'ai d'ailleurs sélectionné deux passages en vidéo pour ce blog, où l'on rigole dès qu'on entend la voix de André Pousse "Alors bande de ploucs, on sort le tracteur !" ; un second où Bernard Blier évoque une chaude soirée avec de jeunes nageuses. Le casting haut de gamme rehausse un peu l'ennui du film, et il est bon de retrouver Julien Guiomar, André Pousse ou Michel Bouquet dans des petits rôles amusants.
Bons baisers... à lundi est aussi l'occasion de voir la charmante et amusante Evelyne Buyle, que j'adore, qui livre ici un formidable, improbable numéro de chanson et de danse.


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