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mercredi 11 décembre 2013

"JEUNES FILLES EN DÉTRESSE" (de Georg Wilhelm Pabst, 1939)



En quelques mots : Jacqueline est la fille délaissée d'un célèbre avocat, spécialisé dans les procédures de divorces, et d'une docteur de grande réputation. Envoyée dans une pension pour jeunes filles, elle se lie d'amitié avec la gentille Margot et découvre avec peine que la plupart de ses amies sont des enfants de divorcés. Elle décide alors de créer une Ligue contre la séparation des parents.

Un internaute m'a gentiment fait remarquer récemment que L'âge d'or du Cinéma Français n'évoquait pas assez la jolie Jacqueline Delubac. Il est vrai que je n'ai chroniqué que Bonne Chance ! (Guitry, 1935) et c'est avec un grand plaisir que j'ai découvert Jeunes filles en détresse, sympathique comédie réalisée par l'exilé Georg Wilhelm Pabst à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Et, si elle montre avec un peu d'humour la sclérose de société bourgeoisie des années 1930, le film reste étonnamment moderne sur le fond. Ces jeunes filles malheureuses et délaissées par leurs parents, éloignés, décident de parer à la fatalité et fondent une Ligue Contre le Divorce des Parents qu'elles présentent au ministre de la justice. Cette dernière séquence, très bien écrite, explique avec pédagogie qu'une loi est faite avant tout pour ceux qui ne veulent pas la respecter, que la meilleure des lois va de soi et qu'elle n'a pas à être édictée. L'ensemble est hélas un peu bancal car empêtré dans une mise en scène classique, des situations datées où l'on cherche les quelques bonnes scènes. L'une d'entre elles notamment, la grande réunion des parents et des enfants, commentée par Louise Carletti, est un régal d'humour sardonique où les papas et les mamans continuent à se déchirer au dessus de leurs filles, des nouveaux couples devisent comme si tout était normal et la directrice de l'institution de conclure que, décidément, tout ceci est charmant et respire le bonheur. L'ensemble reste tout à fait sympathique, malgré les ressors dramatiques éculés.



Le film doit beaucoup à son interprétation. Chez les adultes, André Luguet et Marcelle Chantal forment un couple bourgeois intéressant, désireux de placer leur fille en pension malgré l'amour qu'ils lui porte. Marguerite Moreno, à son aise, interprète la directrice de la pension et manque de finir dans une piscine ! Pierre Bertin est un sympathique greffier et Jacqueline Delubac, gracieuse, est la belle actrice, maîtresse sensuelle et mère attentive. Chez les jeunes filles, deux gamines prometteuses : Micheline Chassagne devenue Micheline Presle (du nom de son personnage !) et Louise Carletti, la bonne copine dont tout le monde rêve. Elles insufflent au film un peu de fraîcheur, accompagnées d'une jolie bande.


jeudi 28 novembre 2013

Documents : L'assassin a peur la nuit (1942)

Publié en 1946, ce Nouveau Film Complet était consacré entièrement au film L'assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942), avec la jolie Louise Carletti en couverture.


jeudi 17 janvier 2013

"L'ASSASSIN A PEUR LA NUIT" (de Jean Delannoy, 1942)

En quelques mots : Après un dernier casse, le séduisant Olivier décide de raccrocher et de se mettre au vert quelques temps, dans le Sud de la France, délaissant sa maîtresse Lola. Il y rencontre un jeune ouvrier, Gilbert, et sa jolie soeur Monique, dont il tombe amoureux. Mais l'appât du gain n'est jamais très loin et, à Paris, un antiquaire tente de faire chanter Lola.

Il y aurait beaucoup à dire sur les titres français de certains films américains de la période classique ; à l'image d'un High Noon (Fred Zinnemann, 1953) transformé en Train sifflera trois fois ou She Wore A Yellow Ribbon (John Ford, 1949) devenu La charge héroïque. Je suis d'ailleurs de ceux qui achètent un film ou une affiche pour un titre qui fait déjà rêver. Combien de fois ais-je fantasmé sur Les aventures du Capitaine Wyatt (Raoul Walsh, 1951) juste pour l'exaltante promesse exotique du titre ? Dans le cas présent, je ne peux que constater ma déception devant ce titre prometteur un rien mensonger : l'assassin en question ne l'est pas vraiment - ou pas comme on voudrait qu'il le soit - et de nuit, il n'y a que la lumière d'une chambre d'hôtel. Evidemment, la nouvelle originale est éponyme, belle excuse, et le titre est cinématographique. Pour autant, n'allez pas croire que mon amertume sur ce film de Jean Delannoy n'est liée qu'au titre, ça serait trop simple, mais comme si tout le monde était conscient de sa faiblesse globale, les leurres s'accumulent : jaquette de DVD sur Jules Berry, visage torturé et arme au poing ; Mireille Balin comme star d'un film où elle n'a que quatre scènes.



De fait, L'assassin a peur la nuit est plus un drame sentimental qu'un film policier et après une très bonne ouverture (y compris une petite scène avec deux policiers, géniale), intrigante, bien mise en scène et formidablement éclairée, plus rien ne se passe. On prend plaisir à voir Mireille Balin jouer les femmes fatales, sans éclats, et Jules Berry l'antiquaire fourbe et intéressé ; on suit les aventures amicales puis amoureuses du trio Jean Chevrier/Louise Carletti/Gilbert Gil mais force est de reconnaître qu'il n'y a rien de palpitant. Le film s'étire sur une heure quarante en accumulant les séquences convenues ; seul le geste final du policier pour son prisonnier - lui détacher les menottes pour qu'il puisse saluer sa fiancée - nous sort de notre léthargie volontaire. Restent les décors naturels assez éloignés de l'image grise que l'on peut se faire de l'Occupation.



Jean Delannoy tourna cette adaptation de Pierre Véry (auteur des romans, adaptés au cinéma, Les disparus de Saint-Agil, L'assassinat du Père Noël, Goupi-Mains rouges, Un grand patron ...) en Zone Libre en 1942, trois ans après Macao, l'enfer du jeu. Il semblerait que ce drame ait été pour lui l'occasion de continuer à travailler sans la pression de l'occupant allemand. Du reste, il n'en a jamais gardé un grand souvenir et commença le tournage de Pontcarral, colonel d'empire quelques semaines après.
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