Chef d'oeuvre du cinéma français, Pépé le Moko (Julien Duvivier, 1937) l'est incontestablement, et on pourrait à loisir disserter sur des scènes devenues légendaires, à l'image du final poignant entre Jean Gabin et Mireille Balin. Quand je repense à ce film, un petit moment me revient toujours en mémoire ; cette courte scène entre Gabin et la chanteuse Fréhel, où la mélancolie s'installe dans un magnifique gros plan.
Pépé ne peut pas quitter Alger et sa Casbah - il sait quel sort l'attend si on l'arrête. En une scène de quelques minutes, Julien Duvivier parvient à filmer une réalité méconnue, oubliée, que l'on retrouve trop peu dans les films coloniaux : la nostalgie du colon. Loin de l'image d’Épinal du fier soldat qui s'engage dans la Coloniale ou du bel aventurier parti explorer des mondes inconnus (image par ailleurs nuancée dans Les aventuriers du Mékong avec le personnage de Jean Gaven), une grande part des colons européens sombraient dans l'ennui, la solitude, l'alcoolisme, à tel point que des images nous reviennent en mémoire, terriblement risibles à notre époque, comme cette radio française qui diffusait en Afrique ... du musette, pour que les déracinés le soient un peu moins. L'épopée colonialiste des XIXe et XXe siècles fut marquée par cette réalité - s'explique ainsi, parfois, l'architecture improbable de villes asiatiques ou africaines, entre quartiers indigènes traditionnels et quartiers à l'européenne.
Quand Fréhel enclenche le disque et se met à chanter par dessus sa voix de jeunesse, c'est toute l'aventure coloniale qui est remise en question : les européens ne se sont jamais vraiment habitués à leurs nouvelles contrées. La vieille chanteuse ne pleure pas que sa gloire passée, elle pleure son Paris, si loin d'elle : Où est-il donc ?Où est-il mon moulin d'la place blanche ? Où sont-ils les amis, les copains ? Où sont-ils tous mes vieux bals musettes ? Pépé ne dit pas un mot, il écoute. Gabin ne pleure que rarement. Ici, la nostalgie est intérieure, contenue, à l'instar de sa condition de prisonnier de la Casbah.
La scène impose une double lecture : au-delà de la mélancolie coloniale, c'est aussi le passé d'une femme qui coule dans les larmes de Fréhel. La chanteuse interprète quasiment son propre rôle dans ce film de 1937, une ancienne vedette dont il reste une photo et des disques, mais qui n'existe plus que dans le regard d'un marginal. Julien Duvivier n'aurait pu mieux filmer cette scène que par ce gros plan, interminable de douleur.
Cette petite scène, que je vous propose de redécouvrir ici en vidéo, est une de mes préférées dans le cinéma français et je me désole qu'il n'en existe plus beaucoup aujourd'hui, tout en simplicité et en pudeur. Troisième nostalgie, contemporaine. Alors comme Fréhel, "Quand j'ai trop le cafard ... je change d'époque."
En quelques mots : Puisque sa femme est partie quelques jours auprès d'un parent malade, le brave Albert Constantin, musicien au Théâtre du Châtelet, s'abandonne à visiter une jolie jeune fille à Montmartre. Mais il n'a pas le temps de s'en aller qu'elle est mystérieusement assassinée dans sa salle de bain. Le lendemain, le voisin de la défunte retrouve Albert et lui demande de l'argent en échange de son silence.
François Truffaut écrivit à la sortie du film que Fernandel ne le faisait plus rire, contrairement à un public moins exigeant, mais plus nombreux, qui continuait de se gondoler devant les pitreries de l'acteur marseillais. Étrange critique, car il serait d'autant plus faux d'affirmer ici qu'il s'agit d'une énième fernandelânerie sans mise en scène et sans histoire. Après une adaptation de Zola (Pot-Bouille, 1957), Julien Duvivier signa avec René Barjavel l'adaptation de ce roman policier de James Hadley Chase, sur un ton comique. Pas tout à fait comédie policière ni sombre polar, L'homme à l'imperméable mélange les genres. Fernandel, étonnant de retenue, y interprète un musicien du Théâtre du Châtelet qui fait la difficile expérience de l'infidélité, ou de l'intention - l'équipe tourna d'ailleurs plusieurs scènes dans les lieux qui étaient occupés par les membres de l'opérette Méditerranée, Fernandel se maquillant le jour dans la loge qu'occupait son ami Tino Rossi le soir. Après une excellente première partie où s'imposent un Fernandel sérieux et aimant, pris de remords lorsqu'il se retrouve dans la chambre d'une autre femme (la sublime Judith Magre), et un Bernard Blier excellent en maître-chanteur tranquille, le film retombe un peu dans les travers d'une intrigue parallèle pas très palpitante et d'une situation qui s'étire trop longtemps. Quelques rares moments de plaisir ponctuent cette comédie noire qui ne sait pas sur quel pied danser (la scène de nuit sous le pont est révélatrice de ce problème) et la fin, convenue, n'arrange rien. Le film jouit aujourd'hui d'une jolie popularité et j'avoue qu'elle me semble un poil surestimée. Si la mise en scène de Julien Duvivier est impeccable (avec une jolie photographie de la nuit) et l'interprétation sans fautes, il manque un petit quelque chose pour accrocher définitivement.
La nouvelle année me donne plein d'idées ! C'est souvent ainsi mais ça ne dure jamais bien longtemps, rassurez vous. Pourquoi ne pas s'attacher à un réalisateur en particulier pendant une petite période ? La rétrospective est bien connue des cinéphiles et des internautes, pas de surprise donc à ce que L'âge d'or du Cinéma Français s'y colle ! Et puisque tout un chacun a besoin de soleil, de bonne humeur et d'humour en cette froide période hivernal, rien de mieux que l'univers de Julien Duvivier pour se donner un petit coup de fouet au moral.
C'est entendu, je vous fais marcher puisque le réalisateur Julien Duvivier est réputé pour son univers sombre, violent et pessimiste. Pourtant, ainsi que l'affirmait fièrement Bernardette Bourdelle dans les années 1940, Tout n'est pas tout blanc, tout n'est pas tout noir ! La rétrospective n'est pas l'intégrale mais j'essaierai, avec ce petit choix de films, de survoler l'ensemble de la carrière du réalisateur, entre classiques et méconnus.
Années 1930 Allo Berlin ? Ici Paris (1932) Poil de carotte (1932) La Bandera (1935) Pépé le Moko (1937) La fin du jour (1939)
Evidemment, rien ne m'empêche de rajouter un film à cette liste si le désir m'en prend ou si un internaute exige que son film culte soit représenté.
Bibliographie
- Bonnefille, E., Julien Duvivier, le mal aimant du cinéma français (1896-1940), Paris, L'Harmattan, 2002
- Bonnefille, E., Julien Duvivier, le mal aimant du cinéma français (1940-1967), Paris, L'Harmattan, 2003
- Desrichard, Y., Julien Duvivier, Paris, Durante, 2001
- Niogret, H., Julien Duvivier, 50 ans de cinéma, Paris, Bazaar&Co, 2010
En quelques mots : Dans un quartier populaire de Paris, le corps d'une femme est retrouvé dans un terrain vague. La police enquête, le voisinage parle et une jolie brune, qui sort de prison, débarque pour retrouver son amant, Alfred. Au dessus de tout le monde, l'étrange Monsieur Hire, taciturne et solitaire, semble mener sa vie sans se soucier de qui que ce soit. Jusqu'au jour où il révèle à la nouvelle arrivante le nom de l'assassin.
J'ai toujours aimé les films sur la rumeur, terrifiante, mystérieuse, aussi dévastatrice qu'un fléau, et je me souviens avoir ébauché un synopsis de court-métrage après avoir lu dans la presse un terrible fait divers : accusé d'être le pédophile qui sévissait dans la région, un vieil homme qui avait juste raccompagné une petite fille perdue fut traqué par une meute d'habitants en colère et mourut d'une crise cardiaque dans le hall d'un immeuble où il s'était retranché, complètement apeuré. La panique est cinématographique, il n'y a pas à dire, et donne l'occasion à Julien Duvivier de réaliser son premier chef d'oeuvre de l'après-guerre, juste après son retour des Etats-Unis, où il s'était exilé pendant la guerre. Adapté des Fiançailles de Monsieur Hire (Georges Simenon, 1933) par Charles Spaak et Julien Duviver, Panique est assez libre du roman original, lequel fut retranscrit sur l'écran à nouveau en 1988 par Patrice Leconte (Monsieur Hire) avec Michel Blanc dans le rôle titre, de manière plus fidèle. Chose rare, cette seconde adaptation est, à mon sens, aussi bonne que la première puisqu'elle envisage l'intrigue différemment.
Il faut dire que dans le roman de Simenon, Monsieur Hire est juif et un peu escroc sur les bords. Avec beaucoup d'intelligence de la part des scénaristes, cet aspect du personnage est effacé du film de Julien Duvivier, tourné au lendemain de la guerre. Le contraire aurait probablement choqué - il ne s'agissait pas de véhiculer à nouveau les clichés de l'exposition Le juif et la France, ni même de blâmer des bons français un peu délateurs (la polémique sur Le Corbeau n'était pas tout à fait terminée) - et aurait fait perdre au film sa force universelle et intemporelle sur la noirceur des Hommes. D'ailleurs, aucune époque n'est mentionnée, tout juste sait-on que l'on est quelque part dans Paris.
Monsieur Hire n'est plus qu'un simple étranger au coeur d'un quartier où tout le monde se connait et s'apprécie (en apparence), et son métier de voyant, rendu honnête par le personnage, l'éloigne la journée de son domicile. Il observe bien peu sa voisine de sa fenêtre, si ce n'est pour s'assurer de sa bonne santé. Amoureux, c'est sa passion, le sentiment le plus humain qui soit, qui va le détruire. De quoi se pencher des heures sur le caractère sombre et pessimiste de l'oeuvre de Julien Duvivier ! Force est de reconnaître la violence de Panique : les habitants qui ne veulent que la sécurité, bien légitime, sont pourtant prêts à tout pour l'obtenir, quitte à lyncher l'asocial. Disserter sur la peur de l'étranger à partir de ce film serait trivial et je ne m'y risquerai pas, mais elle revêt un terrifiant caractère lorsque l'on sait qu'il fut tourné en 1946, deux ans après l'abrogation des lois anti-juives. Une scène est particulièrement marquante : lors d'un combat de lutte dans une grande salle, un couple s'enfuit. L'homme du dessus qui a entendu le mot "assassin" le répète fort, de sorte que la folie gagne tout le public qui s'enfuit sans savoir pourquoi. La panique est-elle un reflet de la bêtise humaine ou au contraire un réflexe de survie ? Toujours est-il qu'elle sert de catalyseur à bon nombre de défauts, de la violence à la lâcheté. Cette scène chorale que je vous propose de découvrir en vidéo en est une superbe représentation.
Rendons également hommage aux acteurs du film ; Viviane Romance, rayonnante, cache derrière son sourire les fêlures d'une femme dévouée à celle qu'elle aime, quitte à le suivre dans le pire. Quand elle se cache le visage à la fin, sa tête secouée comme inactive, on sait qu'elle ne pourra s'en remettre. Paul Bernard est un épatant caïd de quartier mais dégonflé quand il faut être un homme - on pense au Pierre Brasseur du Quai des brumes (Marcel Carné, 1938). Quant à Michel Simon, tout en retenue, il est la force de la nature que l'on vient voir mourir, comme une bête traquée. Les habitants remettent la musique des manèges dès que son corps est caché dans l'ambulance. Impressionnant de charisme, il trouve probablement là un de ses meilleurs rôles, sans cabotinage.
Les seconds-rôles sont essentiels, comme toujours. Outre Marcel Pérès (toujours là ?) et son physique de costaud, on trouve retrouve Max Dalban en boucher père de famille nombreuse, commerçant estimé et qui veut savoir ..., Emile Drain, Guy Favières, Charles Dorat en inspecteur au nez fin, Jean Sylvain ou Lucas Gridoux. Tous représentent la société dans son hétérogénéité, de l'artisan gouailleur au notable éduqué, qui se retrouvent à former un cercle autour de Monsieur Hire, à lui cracher des insanités et à le pousser sur les toits d'un immeuble dont il ne pourra pas sortir.
Le film fut un échec, on peut l'imaginer. Qui aurait voulu, après quatre années d'occupation, renouer avec les instincts les plus négatifs de la nature humaine ? Le cinéma comme miroir de ce que nous sommes est rarement celui qui rapporte le plus. Profondément ancré dans la réalité, Panique tend toutefois régulièrement vers un monde chimérique : les astres de Michel Simon, la fête foraine - lequel est fatal à Monsieur Hire, mais continue de servir de cache-misère aux autres : c'est la musique des auto-tampons qui revient la première après sa mort, là même où il fut pris pour cible la première fois par tout le village qui trouvait enfin une occasion de s'en prendre directement à lui.
En quelques mots : Lily travaille dans un standard téléphonique à Paris ; Erich dans un standard de Berlin. A force de se parler au quotidien, ils sympathisent, se séduisent et décident de se rencontrer. Mais leurs collègues respectifs décident eux-aussi de saisir leur chance, malgré la barrière de la langue.
Il y a quelque chose de magnifique à voir des Allemands chanter au son de "vive la liberté" quelques mois avant l'arrivée de Hitler au pouvoir suprême. 1932 sous l’œil de Julien Duvivier semble encore être une époque de plaisir et de fête. Des tavernes de Berlin au plus vieux cabaret de Montmartre, le film est un hymne à l'amitié franco-allemande qu'il est très plaisant de découvrir aujourd'hui, à l'heure où les dirigeants des deux pays ont fêtés les ... 50 ans de la réconciliation. De quoi conforter les nostalgiques adeptes du classique "c'était mieux avant !", et les cinéphiles qui peuvent constater à quel point le réalisateur français n'est pas surestimé.
Car l'adhésion qu'emporte Allo Berlin ? Ici Paris ! est due en grande partie à la mise en scène inventive de Julien Duvivier, qui se plait à faire bouger sa caméra pour créer des séquences originales, telle la visite de Paris dans un bus trop rapide ou l'arrivée pluvieuse du président d'un organisme à Berlin.
Le film est à plusieurs niveaux une transition. D'abord dans le contexte historique - l'Allemagne entre dans les années nationales-socialistes l'année suivante ; dans la carrière de Duvivier qui s'apprête à tourner ses films les plus connus ; en ce qui concerne la sonorisation du film : Allo Berlin ? Ici Paris ! n'est pas un film muet mais il en contient les derniers stigmates (longues séquences sans dialogues, bruits de téléphones absents, omniprésence ou absence d'une musique qui accompagne l'intensité dramatique) ; dans le genre qu'il amorce enfin, le film étant à l'évidence une sorte d'ancêtre de la screwball comedy américaine (les comédies de Capra, Hawks, Cukor) avec ses situations comiques involontaires au cœur d'une intrigue amoureuse.
Une scène est particulièrement belle et audacieuse, celle où l'on voit Josette Day se changer, en ombres chinoises derrière un rideau - ce même rideau qui apparaît et tombe dans New York-Miami de Frank Capra.
Évidemment le film souffre des années, notamment quand il faut assimiler les personnages (aucune star, si ce n'est la belle Josette Day) et les situations, ou dans certaines séquences muettes où l'on aimerait qu'il se passe quelque chose. Toutefois, il me semble essentiel de ne pas passer a côté de ce formidable film de Julien Duvivier, que Gaumont à eu la bonne idée d'éditer en DVD (collection à la demande). L'image est terriblement sale, le son pas toujours heureux, mais la copie reste largement visible.
En quelques mots : Don Camillo est exilé dans un petit village de montagne, difficilement accessible et plongé dans le froid. A Brescello, devant la menace d'une terrible inondation, Peppone fait tout pour construire une digue, mais se heurte au refus d'un grand propriétaire de vignes. Devant son incapacité à régler le problème et la fuite de certains habitants, il décide de rappeler Don Camillo.
Le film commence exactement là où Le petit monde de Don Camillo (1952) s'était arrêté, lorsque le célèbre curé partait pour son exil. On le retrouve donc dans le train, prêt à découvrir sa nouvelle paroisse, perdue dans une montagne cachée par le brouillard. Peppone non plus n'a pas changé et exerce son autorité de maire communiste avec force, méprisant le nouveau curé et forçant un propriétaire terrien à céder ses terres pour le bien des camarades. Il est même affublé d'une petite troupe de choc, pas loin d'être une milice prête à tout pour arriver à ses fins.
Cette suite des aventures de Don Camillo est toujours mise en scène avec talent par Julien Duvivier, qui propose de très jolis cadrages (malgré quelques transparences aujourd'hui pénibles), et il faut noter la très belle photographie de Anchise Brizzi.
Rien ne change réellement dans cette suite où le pouvoir civil et le pouvoir religieux s'affrontent gentiment, mais elle reste tout à fait au niveau de l'original, avec quelques très belles séquences : Don Camillo qui passe un dimanche après-midi avec le fils de Peppone, malheureux dans son collège, ou la séquence de fin et le sermon du curé devant le village engloutis par les flots (émouvant).
Jean Debucourt assure encore la magnifique voix de Jésus, qui parle régulièrement à Don Camillo et s'amuse avec lui ; quant à Édouard Delmont, il est un des personnages comiques du film, jouant un vieux médecin qui n'arrête pas de mourir et de ressusciter. Un des autres jolis moments du film est la Passion du Christ de Camillo qui retourne une nuit chercher sa croix et la remonte seul, sur le dos, le long de sa montagne, sous la neige. Épuisé, il est sauvé par Jésus lui-même, symbolique assez marquante que l'on retrouve à la fin, avec l’inondation, qui n'est pas sans rappeler le Déluge.
Je vous propose de revoir un des passages les plus amusants du film, lorsqu'un ancien adversaire de Camillo et Peppone revient en ville et que les deux compères entendent bien se venger avec de l'huile de ricin :
Plus que les colères et l'insolence de Pierre Fresnay, que j'adore, plus que les boniments sarcastiques de Louis Jouvet, et plus encore que la solide mise en scène de Julien Duvivier, c'est des regards angéliques de Micheline Francey que je me souviens quand je pense à La Charrette fantôme (1939).
Cette très belle actrice, un peu oubliée, à la carrière assez inégale - bien qu'on y compte quelques classiques - resplendit dans ce film aux accents fantastiques en incarnant la pureté même, en la personne d'une sœur de l'Armée du Salut, qui s'use la santé et l'âme à vouloir ramener dans le droit chemin un pauvre diable incarné par Fresnay. L'occasion d'un rôle où Micheline Francey apparaît, aidée par la très belle photographie de Jules Kruger, comme une apparition divine, éclipsant de sa présence les charismatiques Fresney et Jouvet.
Je n'oublierai jamais une des scènes du film où Sœur Édith se rend dans une taverne, insalubre et fréquentée par tous les diables du village, pour y retrouver la trace de l'homme qu'elle veut aider. Devant une table et trois hommes avinés, elle tente d'obtenir sa réponse quand un poivrot lui jette son verre un visage, sans raison. Impassible et lumineuse, elle ne dit rien. Le tavernier, comme s'il avait eu une apparition, en restera marqué.