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samedi 27 octobre 2012
"ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT" (de Henri Decoin, 1949)
En quelques mots : Il s'en passe des choses entre onze heures et minuit ! Le cadavre d'un avocat est à peine découvert par l'inspecteur Carrel que celui-ci apprend qu'un homme a été tué dans un tunnel et qu'il lui ressemble à s'y méprendre. La nouvelle n'est pas diffusée et le mort réapparaît sous les traits du policier qui va intégrer la pègre et mener son enquête de l'intérieur.
Les premières minutes donnent le tournis et annoncent un film incontournable ! L'introduction en voix-off n'est pas sans en rappeler une autre, celle de La dame d'onze heures, par son originalité de ton ; on y voit en effet un couple sortir du cinéma, septique sur l'existence des sosies, et se retrouver face à leurs doubles. Elle cite en outre de véritables films et acteurs : Edward G. Robinson dans Toute la ville en parle (1935) et ... Louis Jouvet dans Copie conforme ! Il fallait oser.
Lequel Jouvet apparaît quelques minutes plus tard, éclairé par un métro qu'on imagine être le cadre de la scène. Erreur puisqu'il s'agit d'une fenêtre ouverte dans un appartement, formidable idée de mise en scène du réalisateur Henri Decoin, très en forme sur ce film. Je ne me lasserai jamais d'entendre les premiers mots de Jouvet au début d'un film et quelques répliques, signées Henri Jeanson, qui lui vont comme un gant : "Vous m'avez l'air d'être un sacré cheval, vous !" lâche-t-il à la gentille secrétaire d'un avocat assassiné.
Après dix minutes aussi réussies, le reste paraît - il fallait s'y attendre - un peu plus banal, bien que la tenue de ce film soit absolument irréprochable. Mieux qu'un simple polar, le spectateur découvre les éléments de l'enquête en même temps que Louis Jouvet, glissé dans la peau d'un gangster grâce à son étonnante ressemblance avec lui, ce qui assure toute l'intérêt de ce film prenant, au dénouement un peu mou.
Admirablement photographié et réalisé, Entre onze heures et minuit offre également, ce qui est rare, un excellent travail sur le son. Il faut écouter avec quel soin la plupart des scènes sont mixées, notamment quand il y a une fenêtre ouverte, et rendre hommage à l'ingénieur du son William-Robert Sivel.
Outre Jouvet, vieillissant mais impérial, on retrouve Madeleine Robinson, efficace sans être irremplaçable, la jolie Gisèle Casadesus au début de sa carrière cinématographique, Robert Vattier dans un rôle de patron truand et Léo Lapara que son ami et maître Jouvet passe son temps à appeler "imbécile" - une vengeance scénaristique de Henri Jeanson paraît-il ...
samedi 15 septembre 2012
"LE VOYAGEUR DES SIECLES" (Série TV, 1971)
En quelques mots : En 1981, le jeune Philippe d'Audigné est porté disparu ... et pour cause ! Grâce à une machine à remonter le temps, il est partit rejoindre son ancêtre le professeur François d'Audigné, à la fin du XIXe siècle ! De là, il entend avoir des explications sur le portrait de famille dont il est tombé amoureux, celui d'une jeune femme morte sur l'échafaud pendant la Révolution Française.
Le premier carton du générique annonce "Une Julvernerie moderne de Noël-Noël", celui-ci ayant en effet depuis très longtemps cet ambitieux projet de voyage à travers le temps pour le cinéma. Hélas, long et cher, il ne vit pas le jour comme le souhaitait son auteur, mais fut réalisé pour la télévision (avec des moyens réduits), en quatre épisodes. Diffusés pendant des vacances scolaires, il n'attira pas le public et passa complètement inaperçu. Noël-Noel lui-même, qui ne voyait pas son projet se concrétiser comme il l'aurait souhaité, n'y participe pas en tant qu'acteur. Toutefois, la mise en scène est signé de Jean Dréville, son complice de La cage aux rossignols ou A pied, à cheval et en spoutnik.
Cette mini-série télévisée, ressortie dernièrement en DVD (édité par l'INA), est une franche réussite inventive, où l'on prend plaisir à suivre les aventures dans le temps des Audigné, incarnés par les méconnus Robert Vattier et Hervé Jolly. Évidemment le manque de moyens se fait régulièrement sentir, surtout lorsqu'il s'agit de montrer le Paris de l'époque moderne, mais la mise en scène évite la plupart du temps ces plans larges, recentrant l'action sur les regards étonnés de nos deux héros. Et il y a de quoi s'étonner dans cette histoire de voyage à travers le temps !
- Prologue : "L'étrange disparition de Philippe d'Audigné".
- Épisode 1 : "L'homme au tricorne".
- Episode 2 : "L'album de famille".
- Épisode 3 : "Le grain de sable".
Au château, les deux hommes se jouent du temps : ils se présentent comme s'appelant Winston Churchill et Bob Dylan, récitent des vers de Verlaine et se prennent une cuite. Mais lorsque Philippe découvre sa belle en chair et en os, il décide de bouleverser le cours de l'Histoire ...
- Épisode 4 : "Le bonnetier de la rue Tripette".
Il faut avouer toutefois que la mise en scène laisse parfois à désirer, et qu'on ressent la sensation d'urgence de réalisation propre aux téléfilms. Cependant, elle ne gâche jamais le plaisir que l'on a à suivre cette Histoire revisitée. Curieusement, on se prend vite au jeu et les découvertes de Louis XVI ou Napoléon sont autant de moments très forts, comme si il s'agissait d'un extraordinaire documentaire !
Notons aussi le plaisir de reconnaître ça et là quelques figures sympathiques du cinéma ou du théâtre français : Lucien Raimbourg en professeur septique, Roger Carel en Napoléon Bonaparte, Laurence Badie en Madame Bonaparte, Guy Delorme en brigand ou Pierre Mirat en Louis XVI. La mini-série vaut aussi pour ses quelques inventions. Ci-dessous, découvrez pêle-mêle ce qui aurait pu exister en 1808 : un téléphone, une voiture à bras roulante, une sorte de voiture individuelle, ou en 1981 ... la voiture volante du facteur !
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