dimanche 20 octobre 2013

Jean Marais en DVD et Blu-Ray !

2013 est le centenaire de Fantômas - plus précisément de La fin de Fantômas, dernier opus d'une série de 23 titres, gigantesque oeuvre écrite à deux mains en quelques années par Pierre Souvestre et Marcel Allain, que Cendrars considérait comme "l'Enéide des temps modernes". Aujourd'hui, force est de reconnaître que le nom du Génie du crime reste connu grâce aux films avec Louis de Funès ... et Jean Marais, qui fête lui aussi ses 100 ans ! L'occasion de revenir sur la carrière d'un des grands noms du cinéma français et de s'intéresser à la filmographie qu'il est possible de s'offrir dans le commerce. Petit coup d'oeil, le plus exhaustif possible.


1. Cocteau-Marais

Difficile d'y échapper, d'autant qu'il y a souvent deux clans chez les aficionados de Jean Marais : les "aventuriers", admirateurs de l'époque cape et épée ; et les "poétiques", plutôt penchés sur sa relation artistique avec Jean Cocteau. La renommée de celui que Carole Weisweiller appelle le poète est toujours très vive, il est donc normal que sa carrière au cinéma soit parfaitement éditée en DVD/Blu-Ray. La belle et la bête (Cocteau, 1946), chef d'oeuvre intemporel reste le plus célèbre : une ressortie en salles et une nouvelle magnifique édition Blu-Ray et DVD éditée.

On trouve aussi sans problème L'aigle à deux têtes (Cocteau, 1948) en DVD, ainsi que Les parents terribles (Cocteau, 1948), parfois en coffret. Orphée (Cocteau, 1950) est également édité chez SNC ; Le testament d'Orphée (Cocteau, 1960) chez Studio Canal. L'éternel retour (Delannoy, 1943) est trouvable dans la jolie collection SNC, souvent agrémentée d'un bonus avec un historien. Ruy Blas (Billon, 1948), également scénarisé par Jean Cocteau, est disponible pour un prix avoisinant généralement la dizaine d'euros chez le même éditeur. Enfin, La princesse de Clèves (Delannoy, 1961), scénarisé et dialogué par le poète, est trouvable dans la collection rouge de Studio Canal (Classics) et Thomas l'imposteur (Franju, 1965) chez René Chateau. L'intégralité de la relation cinématographique Cocteau-Marais est donc disponible en DVD. Centenaire oblige, une grande partie de ces films sera présente dans un joli coffret SNC à paraître en novembre pour 80 euros environ.

2. Sans peur et sans reproche

L'image lui colle à la peau autant que ses costumes moulants. Jean Marais, pour beaucoup, reste ce héros d'une époque révolue, romantique un peu, idéaliste sûrement ; ici à chevaucher pour sauver une belle dame en détresse, là à ferrailler pour venger son honneur. Les titres sont nombreux et bien présents également dans les boutiques de DVD.


Comme pour SNC, il faut rendre hommage à Gaumont qui a eu la bonne idée de ressortir un certain nombre de films de Jean Marais (et pas que !) : Le Bossu (Hunebelle, 1960) en tête, dans une superbe édition Blu-Ray ou DVD, restauré et documenté. De même pour Le masque de fer (Decoin, 1962) et Les mystères de Paris (Hunebelle, 1962), disponibles dans de très belles copies en haute définition. Le Capitan (Hunebelle, 1960), autre classique du cape et d'épée à la française est désormais trouvable chez Pathé en Blu-Ray.

Je n'ai pas eu l'occasion de tester ou d'entendre parler de la qualité de la restauration, je ne connais, quant à moi, que l'édition René Chateau (épuisée ?). Chez l'éditeur historique de la mémoire du cinéma français, on trouve deux films d'aventures : Le Capitaine Fracasse (Gaspard-Huit, 1961) et La Tour, prends garde ! (Lampin, 1957). Les Chouans (1947), bon film d'Henri Calef existe dans la collection SNC, dans une très bonne copie, de même que Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour (Allégret, 1951). Le Miracle des loups (Hunebelle, 1961) n'a, semble-t-il, pas été édité en DVD alors qu'il existait en VHS chez René Chateau. On peut toutefois se le procurer neuf grâce à une collection Cape et épée des Editions Atlas, sur des sites de ventes aux enchères notamment. Peut-être peut-on considérer Peau d'âne (Demy, 1970), comme un film historique ? Toujours est-il qu'il existe encore en DVD, image restaurée, mais à des prix assez improbables (édition épuisée probablement).

Côté seconds-rôles historiques, il est possible sans problèmes de trouver Austerlitz (Gance, 1960) chez Studio Canal Classics. Pour les fresques de Sacha Guitry, Si Versailles m'était conté (1954), Napoléon (1955) et Si Paris nous était conté (1956), il faut se rendre chez René Chateau, pour d'honnêtes copies. Les misérables (Lelouch, 1994) est disponible, souvent pour quelques euros, chez TF1 Vidéos.

3. L'aventurier

Le sourire ravageur, le costume bien taillé et parfois même le chapeau melon ? Jean Marais était un gentleman, à la ville comme à l'écran ; c'est tout naturellement qu'il a endossé plusieurs fois ce rôle de bel homme viril, jamais en retard pour une bagarre, un baiser volé ou une scène d'action.


SOS Noronha (Rouquier, 1957) existe en DVD chez les excellents Documents cinématographiques, qui n'ont jamais aussi bien portés leur nom - il faut aimer Jean Marais ! Chez René Chateau, on trouve L'honorable Stanislas, agent secret (Dudrumet, 1963) et Pleins feux sur Stanislas (Dudrumet, 1965). Chez Gaumont Classiques, deux raretés, Le gentleman de Cocody (Christian-Jaque, 1965) et Le Paria (Carliez, 1968). Chez LCJ Editions (Les Films du Collectionneur), Le Saint prend l'affût (Christian-Jaque, 1965).

4. Comédies et romances

J'aurais pu commencer par là pour compléter mon modeste hommage à la série littéraire des Fantômas. La trilogie de Hunebelle, Fantômas (1964), Fantômas se déchaîne (1965) et Fantômas contre Scotland Yard (1967) existent dans un joli coffret DVD et, depuis peu, dans un coffret Blu-Ray. Attention toutefois, certaines éditions Blu-Ray (les plus anciennes) proposent une image semblable à celle d'un DVD ... pour un prix plus élevé.


Carmen (Christian-Jaque, 1942) existe depuis peu, à faible tirage, chez Cristaldi Films. En outre, Voyage sans espoir (Christian-Jaque, 1943) est édité par M6 Vidéo, dans la collection SNC et Le secret de Mayerling (Delannoy, 1948) et Les miracles n'ont lieu qu'une fois (Allégret, 1950) sont chez René Chateau. Gaumont propose, en exclusivité FNAC, un beau coffret Jean Marais, avec six films pour 30€ dont Le château de verre (Clément, 1950) et 7 hommes et une garce (Borderie, 1966).

Julietta (Allégret, 1953) existe dans la collection SNC, tout comme Futures vedettes (Allégret, 1955). Depuis plusieurs années également, on trouve chez LCJ Editions les rares Les amants de minuit (Richebé, 1953) et Goubbiah mon amour (Darène, 1955), dans des copies que j'imagine tout à fait honnêtes. Tous les films de Jean Marais édités chez LCJ sont d'ailleurs disponibles dans un coffret (Inoubliable Jean Marais, 2013), idéal pour les fêtes de Noël. Elena et les hommes (Renoir, 1956) a été édité il y a quelques temps chez Gaumont en DVD et Blu-ray dans une très belle copie restaurée. Chez René Chateau encore, on retrouve La vie à deux (Duhour, 1957) et Chaque jour a son secret (Boissol, 1958). Enfin, Parking (Demy, 1985) existe en DVD mais je ne l'ai pas trouvé autre part que dans un imposant coffret consacré à son réalisateur, et Beauté volée (Bertolucci, 1995) se trouve pour quelques euros chez DVDY Films.

5. La dolce vita

Comme quelques acteurs français de sa génération, Jean Marais a été appelé à jouer en Italie. Difficile de trouver de très grands films en règle générale, à quelques exceptions. Nuits blanches (Visconti, 1957) s'achète sur Amazon pour une poignée d'euros, tout comme Ponce Pilate (Callegari, 1962), chez Studio Canal.


6. Wanted !

Osons le dire, car ce n'est pas toujours le cas, les inconditionnels de Jean Marais pourrons, après lecture attentive de cet article, cela va de soi, se procurer 49 films en DVD ou Blu-ray pour se construire une très solide collection. Si on part du principe que l'acteur est à l'affiche de 80 films en tant qu'interprète - courts-métrages et téléfilms exclus, et qu'il apparaît une dizaine de fois en tant que figurant, c'est déjà beaucoup !


Reste donc une trentaine de films absents ; parfois trop rares pour apparaître au souvenir des distributeurs, parfois de manière assez incompréhensible, on peine à mettre la main sur Le comte de Monte-Cristo (Vernay, 1954), disponible en VHS d'occasion chez René Chateau. En VHS d'occasion toujours, on retrouve L'enlèvement des sabines (Pottier, 1961), Napoléon II l'Aiglon (Boissol, 1961), Train d'enfer (Grangier, 1965) ou L'amour madame (Grangier, 1951). Des collectionneurs de VHS doivent posséder sur des enregistrements personnels ces quelques films, ou peut-être même L'appel du destin (Lacombe, 1952), Toute la ville accuse (Boissol, 1955), Amour de poche (Kast, 1957), Le guérisseur (Yves Ciampi), Typhon sur Nagaski (Ciampi, 1957) ou même Cherchez l'idole (Boisrond, 1963). Il en va de même de certains films italiens, totalement introuvables en France. L'année 2013 n'est pas encore terminée. Réservera-t-elle de jolies surprises ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour,

Sauf erreur de ma part, sur le DVD de "L'éternel retour", il y a en bonus les premiers essais cinématographiques de Jean Marais alors qu'il était adolescent.

Julien Morvan a dit…

Merci pour cette précision :)

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