mardi 5 février 2013

Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément !



C'est peut-être l'une des scènes les plus célèbres du cinéma français. Louis de Funès, au volant de sa grosse et puissante Rolls-Royce pulvérisant en quelques secondes la Citroën 2 CV du brave Bourvil qui partait en vacances faire toute l'Italie. Une destruction tragi-comique qui n'est pas seule dans l'oeuvre de Gérard Oury.

Je me suis aperçu, le sourire en coin, que le metteur en scène s'est amusé à maltraiter l'automobile dans une grande partie de ses films - la Cadillac du Corniaud (1965) n'est d'ailleurs pas beaucoup plus épargnée que la 2 CV, si ce n'est qu'elle reste en état de rouler, pas moins que la Jaguar de Saroyan, mise hors d'usage par quelques vulgaires morceaux de sucre. Dans La grande vadrouille (1966), son film suivant, Gérard Oury ruine le parc automobile de la Kommandantur et esquinte des motos allemandes avec des citrouilles !



Dans Le cerveau (1968), la marque Citroën en reprend pour son grade puisque la fameuse DS est coupée en deux par un Jean-Paul Belmondo fou du volant qui s'amuse à déclarer à Bourvil Il te plait pas mon coupé ? Point de voitures dans La folie des grandeurs (1971) mais des carrosses ! Et Blaze/Yves Montand l'avait bien dit Il a pas l'air comme ça, mais il n'est pas très solide ce carrosse. Avec son aide, il est même percé et son illustre occupant se retrouve vidé, à la merci du peuple !

Les aventures de Rabbi Jacob, deux ans plus tard, marquent les débuts des voitures volantes, du taxi de Marcel Dalio porté à bout de bras pour dépasser un embouteillage à la DS de Victor Pivert, déviée vers un étang par un conducteur inattentif. Mais cela ne suffit pas à Gérard Oury qui s'offre à nouveau le luxe de faire explorer en route une voiture restée accrochée à une pompe à essence.



Dans La carapate (1978), Gérard Oury poursuit ses carambolages avec un gigantesque accident de la circulation sur la route causé par ... une femme qui se déshabille ! Plus fort encore, Pierre Richard est assis sur un siège éjectable - c'est le cas de le dire - d'une voiture conduite à toute allure par Victor Lanoux. Le même Pierre Richard qui réitère la frayeur de son prédécesseur Pivert dans Le coup du parapluie (1980) lorsque sa voiture (avec Gérard Jugnot au volant) quitte la chaussée pour dévaler une longue pente et s'arrêter sur une plage !

De là à penser que Gérard Oury en avait après les voitures, il n'y a qu'à un pas ... ou plutôt qu'une vitesse !

3 commentaires:

Chonchon a dit…

En tous cas, celle-ci est une scène cultissime ! Je ne m'en lasse pas, elle est géniale et si drôle !

Al Capitaine a dit…

Franchement j'approuve ta méthode de travail surtout dans le cas de cette analyse ! Ça a dû te prendre du temps à l'écrire et à faire toutes ces copies d'écran. Respect ! Tous les films que tu cites, c'est bien simple je les adore !!! Avec une affection pour La Carapate (j'aime ce film, l'idée de le faire en plein Mai 68 est une bonne idée) et Le Coup de Parapluie. Films que je n'ai pas vu depuis longtemps... (deux ans !!! Mais pour moi c'est long).

Bon samedi soir.

Julien Morvan a dit…

Merci de ce gentil compliment ! J'y passe un peu de temps oui, mais toujours avec plaisir :)

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